Forbidden lover: Trahison (French Edition)
Chapitre 7
T out en attendant le doc, j’écoute Skinny love de Birdy et je nettoie mes Beretta. Je suis à l’aise au combat à mains nues, mais je préfère mes pistolets. Quand je suis en mission, je ne sors jamais sans eux. Miguel ne devrait pas tarder pour panser mes blessures.
Ce soir, c’était chaud, je ne sais pas ce que mon père a depuis quelque temps, mais ça fait plusieurs contrats où je risque ma peau. Aujourd’hui, il m’a mandatée dans un squat de drogués et de trafiquants pour aller massacrer un certain Papei. Il distribuait des amphétamines à des adolescents sur notre territoire. Mon paternel et son équipe ne sont pas des enfants de chœur, nous sommes des passeurs d’armes et de stupéfiants, mais nous ne vendons rien aux mineurs. Hélas, ce connard était bien entouré de ses copains, j’ai terminé mon taf, mais j’ai bien failli me faire descendre. En même temps, mon père m’a envoyée sur ce site toute seule, sans personne pour me couvrir.
J’ai comme l’impression qu’il me teste, qu’il cherche à me punir pour une erreur que je n’ai pas commise.
Je suis sûre qu’il se pose des questions quant à la réussite de ma mission chez les D.O.A. Il est parano, se montre beaucoup plus froid que d’habitude, m’en demande toujours plus.
Miguel entre dans ma chambre après que je lui ai donné l’autorisation.
— Hola, Princesa ! Tu as bien morflé aujourd’hui on dirait !
— Et encore, le visage, ce n’est rien.
Je retire mon t-shirt et remonte mon débardeur pour lui exposer le pansement que je me suis fait sur le flanc gauche.
— Eh bah, ils ne t’ont pas loupée, me dit-il pendant qu’il enlève la compresse.
Effectivement, alors que j’essayais de maîtriser deux gars, un autre a sorti son revolver et m’a tiré dessus. Heureusement, la balle n’a fait que m’effleurer, mais ça m’a entaillé la peau. En plus de ça, j’ai l’arcade sourcilière ouverte et la lèvre inférieure explosée.
— Ouais, tu as vu ça, mais t’inquiète, juste quelques points et ça repart, rigolé-je
— Oublie ça, Princesa, je vais dire à ton père de te laisser un peu tranquille. Tu es complètement épuisée, encore une ou deux missions aussi compliquées et c’est à la morgue que je te retrouve, et je n’ai pas envie de perdre ma meilleure amie. Donc, repos, ordre du médecin. Et pour le grand patron, je m’en occupe, tu sais qu’il m’écoutera. Il ne me fait pas peur.
Miguel a beau être taillé comme un cure-dents, pas musclé du tout, il est l’une des rares personnes qui ne tremblent pas devant le parrain et qui arrivent à lui faire comprendre certaines choses. Je rigole à sa connerie en me tenant les côtes et regarde mon ami jouer de l’aiguille pour refermer mes chairs. Et à son habitude, ce petit con m’a à peine anesthésié la blessure, donc je sens tous les points. J’ai pourtant l’habitude, mais ce n’est jamais agréable.
Après que Mig m’a recousue, je m’allonge sur mon lit, passe ma main sur mon visage et grimace de douleur, ça va être marrant de dissimuler ça lundi. J’ai réussi tant bien que mal à cacher les précèdent hématomes, laissant apparentes seulement les bandes adhésives qui maintiennent mes plaies fermées. Bring me to life d’Evanescence résonne dans ma chambre lorsque je reçois un message. Je souris malgré moi quand je vois l’expéditeur.
Cameron :Coucou Petite Chose, toujours OK pour le ciné demain ?
Merde, j’avais complètement oublié ce détail. S’il savait que la petite chose vient de tuer cinq types et a la gueule cassée… Va falloir que je trouve une excuse pour mes blessures, car je n’ai vraiment pas envie d’annuler. Je désire le voir, j’en ai besoin.
Moi :OK pour demain, Bonne nuit Cam.
J’écourte rapidement la conversation, je ne veux pas tergiverser durant des heures, je suis exténuée.
Je me suis vite endormie hier soir, à croire que les médocs que Miguel m’a donnés pour la douleur m’ont gentiment assommée. D’ailleurs, celui-ci entre dans ma chambre après avoir tapé à la porte.
— Salut, comment se porte ma princesse ? me demande-t-il en m’embrassant sur la joue.
— Un peu courbaturée, mais ça va.
— Bien, n’hésite pas à m’appeler si tu ne te sens pas bien.
— T’inquiète, beau gosse, j’en ai vu des pires. Ce n’est pas ça qui va me tuer !
Miguel est un grand brun aux yeux verts de vingt-cinq ans, il pourrait être le type idéal pour pas mal de filles, mais il a un faible pour les concombres ! Ouais, mon meilleur pote préfère la saucisse et enfiler des perles !
On pourrait se demander ce que fout un gay dans la mafia. C’est simple ! Celui-ci est tombé amoureux d’un sbire de mon père alors qu’ils n’ont rien en commun. Lui est d’une bonté, une guimauve, un véritable petit bonbon ! Romuald, lui, est un vrai connard, un macho de première. Pourtant, même s’ils doivent se montrer discrets chaque fois qu’ils sont ensemble, qu’ils se voient, leurs yeux dégoulinent d’amour, de tendresse et tout le tralala ! Mon vieux a pété un câble quand il a appris l’orientation sexuelle de son garde du corps, mais étant l’un des meilleurs éléments de son équipe, et voulant n’être suivi que par l’excellence, il a laissé tomber l’idée de le virer. Seulement, le couple a pour ordre de rester discret. Ouais, le bonheur devant mon père… c’est comme le chocolat face à une princesse au régime : intolérable et interdit !
De plus, quand mon géniteur a su que Miguel était en fac de médecine, il a vu une opportunité d’avoir un toubib dans ses rangs. C’est ainsi qu’il est entré dans la Famille et qu’il est devenu mon confident, après avoir soigné toutes mes plaies lors de mes entraînements plus jeune. Et il y en a eu un bon paquet !
— C’est cet aprèm ton rencard avec le beau brun ?
— Comment… ?
— Comment je m’en souviens, alors que toi non ? C’est facile, car je te connais, princesse.
— Oui, c’est aujourd’hui, mais Mig, ce n’est pas un rendez-vous, tu le sais bien. C’est juste un plan, une mission…
— À d’autres ! Si ce n’était que ça, tu n’aurais pas ce sourire sur ton joli minois depuis que l’on en parle, me taquine-t-il en faisant tournoyer son index devant mon visage. Ça se voit que t’es cramée ! Et ça se comprend, je n’aimerais pas être à ta place.
— Moi non plus…
— Bon, ce n’est pas que je m’ennuie avec toi, mais d’autres patients m’attendent.
Il dépose un baiser sur mon front et repart à ses occupations.
Une fois dans la salle de bains, je m’examine dans le miroir et grimace en voyant le résultat. J’ai une pommette bleue, une croûte a remplacé la coupure sur ma lèvre et mon arcade est légèrement gonflée.
Je me déshabille et entre dans la douche tout en faisant attention à mon pansement. Pendant que l’eau glisse sur ma peau, je repense à ce qu’a lâché tout à l’heure Miguel. Qu’est-ce que j’éprouve pour Cameron ? Rien…
Je ne dois rien ressentir ! Mais quand il se situe près de moi, j’ai des frissons, mon cœur bat plus vite et que dire quand nous nous embrassons. J’ai réellement l’impression d’être une jeune adolescente qui va vivre son premier bisou, sa première amourette. Il ne faut vraiment pas que je me fasse prendre à mon propre piège, cela nuirait à la mission.
Pourtant, je m’en cogne, moi, de cette mission ! Pourquoi ne pourrais-je pas abandonner ?
Parce que je n’ai pas envie de crever, tiens !
Je dois mettre de côté ces sentiments, je n’ai pas le choix. Je ne dois pas tomber amoureuse de lui. Mais s’il était déjà trop tard ?
Quatorze heures arrivent vite, je suis devant le ciné en train d’attendre Cam, quand une Ducati noire se gare auprès de moi, je reconnais sans mal sa moto. Cameron avance vers moi tout en retirant son casque et je le regarde passer sa main dans ses cheveux tout en me mordant la lippe. Cela devrait être interdit d’être aussi canon.
Il se plante devant moi avec le sourire aux lèvres.
— Ce que tu vois te plaît ? me taquine-t-il.
Il s’incline et dépose un léger baiser sur ma bouche, je suis sous le choc, je pensais qu’il me ferait la bise.
— Désolé, mais j’en avais trop envie depuis l’autre jour.
Je m’accroche aux pans de sa veste, le force à se pencher et me mets sur la pointe des pieds pour combler le vide entre nous. Quand nos lèvres se touchent à nouveau et que nos langues dansent un tango enivrant, c’est le feu d’artifice dans mon ventre.
Je retiens de justesse un gémissement de souffrance lorsque ses paumes se posent sur mes hanches pour que nos corps se fondent l’un à l’autre. Je romps ce baiser et me décale légèrement, cela devenait trop douloureux. Cameron ne remarque rien, heureusement pour moi !
— Wahoo, bonjour à toi aussi, petite chose.
— Désolée, j’en avais envie.
Nous rigolons timidement ensemble, puis je lui propose d’aller voir le film et l’entraîne vers le cinéma en lui prenant la main.
J’ai dit mettre mes sentiments de côté hein ? Pourtant, c’est bien eux qui me portent à cet instant. Je ne suis pas juste en mission, ça va bien plus loin, je suis dépassée.
***
Cameron
Je n’ai rien fait paraître devant elle, mais je ne suis pas myope, j’ai remarqué ses récents hématomes sur sa pommette, sa lèvre et son arcade. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais on ne l’a pas loupée. Je distingue souvent de nouvelles traces, habituellement, je ne commente pas, même si ce n’est pas l’envie qui m’en manque.
Nous sommes installés devant le large écran, dans la salle, il n’y a pas grand monde. Nous grignotons les pop-corn en attendant que le film commence. J’essaie de ne pas m’inquiéter, mais c’est plus fort que moi. J’ai besoin de savoir.
— Dis-moi, petite chose, je ne veux pas être indiscret, mais il t’est arrivé quoi ?
— Oh, ça, pas grand-chose, je me suis pris les pieds dans le tapis et j’ai dévalé les escaliers, me répond-elle avec un sourire que je sens forcé.
À d’autres !
Je me suis battu de nombreuses fois, je différencie des blessures de chute et de coups. Ça me fait mal qu’elle n’ait pas confiance en moi, même si nous ne nous connaissons pas encore totalement, mais je n’arrive pas à tenir ma langue.
— Camilia, je sais déjà ce que tu vas répondre, mais si quelqu’un te frappe, tu peux me le dire.
— Quoi ? Mais non, qu’est-ce que tu racontes ? Cam, je suis tombée dans l’escalier chez moi. Tout va bien !
— Ne te fous pas de moi, ce sont des marques de bagarre ! Qui te cogne ? Ton père ? Un mec ?
— Arrête tes conneries, mon vieux a bien des défauts, mais il ne me taperait pas dessus.
— Alors, qui ? m’emporté-je
— Ce ne sont pas tes oignons… Merde ! Tu fais chier ! elle se lève de son siège et quitte le ciné.
— Putain ! gueulé-je dans la salle en jetant la boîte de maïs soufflés avant de partir à sa poursuite.
Elle n’est pas possible, cette nana ! J’ai l’impression de retrouver la Camilia du début, celle qui se renferme chaque fois que je me rapproche trop d’elle, celle qui me rend fou d’elle, mais qui fuit quand tout devient sérieux.
Je sors en trombe de l’établissement, je ne vais pas la laisser filer comme ça !
Je zieute de chaque côté de la rue et je la vois s’éloigner sur la gauche. Une fois à sa portée, je lui attrape le bras, la force à me faire face, mais elle me résiste encore et toujours.
— Lâche-moi, Cameron !
— Pardonne-moi, d’accord ! Je n’aurais pas dû me mêler de ce qui ne me concerne pas.
— Non, tu n’aurais pas dû, en effet !
Elle se retourne vers moi, son regard un peu triste, mais un léger sourire habille son visage.
— J’accepte tes excuses, mais plus de questions. S’il te plaît, arrête d’insister quand je te dis que tout va bien.
— OK ! soufflé-je
— Promis ?
— Promis !
Je suis un homme de parole en général, mais, là, je viens de lui mentir outrageusement, car je ne lâcherai pas l’affaire. Quitte à demander à quelqu’un chez les Devils of Anarchy de se renseigner sur elle, mais je veux savoir qui lui fait du mal. Je l’attire à moi et l’étreins, sa tête se pose sur mon torse pendant qu’elle m’entoure la taille. J’embrasse le sommet de son crâne, par-dessus son bonnet qu’elle ne quitte jamais.
J’aime ce bonnet, j’adore cette fille. Je ne peux m’empêcher de tenir à elle.
— Je crois que c’est mort pour la séance ciné. Ça te dit d’aller mater un truc chez moi ? lui demandé-je en la gardant toujours dans mes bras.
— OK, mais pas un de tes films pourris.
— Eh ! Je ne te permets pas, tu me brises le cœur là ! lui réponds-je d’une façon théâtrale, la main sur la poitrine.
Elle sourit devant mon air idiot, ça réchauffe mon être.
Nous nous dirigeons vers ma bécane, je lui tends mon casque, tant pis, je roulerai sans. Je n’ai seulement pas intérêt de croiser un gars des Devils of Anarchy ou même mes parents, sinon je suis mort.
Nous arrivons chez moi sans soucis. Quelques motos, que je reconnais, se trouvent dans notre allée. Je sens ma passagère se crisper, je lui caresse les mains qui encerclent ma taille pour la rassurer.
— T’inquiète, ma belle, c’est juste la famille ! Je ne savais pas qu’ils seraient là aussi.
C’est main dans la main que nous entrons dans la maison, quand cinq visages masculins se tournent vers nous. Je souris à mon entourage, les salue et fais aussitôt les présentations.
— Camilia, voici Hash, mon père, Logan, celui de Tessa, Leo, Teo et Corey.
— Tessa ? La petite copine de ton frère ?
Putain, la boulette ! J’ai oublié de la prévenir ! Je vois le regard de Logan changer lorsqu’il comprend l’information et part en trombe en direction de la chambre de Tiago, suivi de mon paternel. Ça va barder ! Et mon frangin va me tuer !
— J’ai dit quelque chose qui ne fallait pas ? s’inquiète-t-elle.
— Disons que, grâce à toi, maintenant, ils savent. C’était censé rester secret ! Tant pis.
Je m’excuse auprès des autres membres du club et j’entraîne Camilia dans ma piaule tout en rigolant. J’avais conseillé à mon frère de leur annoncer, là, il va morfler !
OceanofPDF.com