Forbidden lover: Trahison (French Edition)

Angèle Line · Chapitre 3 sur 37

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Forbidden lover: Trahison (French Edition)

Chapitre 1

« L ibéréeee, délivréeee, je ne mentirai plus jamais. Libéréeee, délivréeee… »

— AAAH ! Putain, c’est quoi ce bordel, qui a osé toucher à mon réveil ?!

Je me redresse en sursaut, attrape mon téléphone pour éteindre cette sonnerie de merde, quand j’aperçois le message d’alerte qui s’affiche :

« Vengeance. »

Je comprends tout de suite la coupable de cette blague foireuse. J’ai nommé ma formidable et adorable grande sœur, Dylane, qui n’a visiblement pas apprécié le coup de la teinture rouge dans son shampoing. Bon, c’est sans rancune, je crois. Bien entendu, elle s’est assurée de me faire une farce pourrie alors qu’elle est partie hier après-midi pour sa fac de droit. Mais elle aurait pu trouver mieux, c’est limite trop facile. J’éclate de rire, je me doutais qu’elle se vengerait, ce n’est pas ma frangine pour rien. Mais elle peut être certaine qu’elle me le paiera et très cher ! Franchement, la Reine des neiges ! Sérieusement, elle ne pouvait pas mettre plus casse-couilles comme musique. Je vais l’avoir dans la tête toute la journée maintenant ! Fait chier !

Je décide qu’il est temps de me lever pour me préparer. Aujourd’hui, c’est un nouveau jour, une autre année au bahut. Sauf que, moi, je ne suis pas comme tous ces loosers qui ont peur à la rentrée. Non, moi, je suis unique.

En même temps, c’est toujours plus simple, quand on est le roi du lycée, lorsque tout le monde te respecte, t’admire, te craint. Que tous les élèves t’envient. Bon, ce n’est pas exactement ça, car, ce titre, je le partage avec mon double, mon frère jumeau. Comme on peut s’y attendre, nous sommes identiques. L’unique particularité qui nous différencie, ce sont nos yeux. J’ai les iris noisette de notre père et Tiago, lui, les a verts de notre mère.

Une fois dans la salle de bain, j’allume la douche. Le temps que l’eau chauffe, je m’observe dans le miroir, mate mes muscles et rigole, seul comme un con devant la glace. J’ai l’air d’un blaireau à imiter les bodybuilders ! Ça m’éclate de me la jouer un peu. Je vire mon boxer et entre dans la cabine.

Lavé, habillé, je descends dans la cuisine engloutir mon petit-déj. En passant devant la porte de la chambre de mon frère, je cogne un grand coup. Le connaissant, il est sûrement encore en train de pioncer. Il n’arrive jamais se lever à l’heure et après, il court. C’est une limace, ou une feignasse, je n’en sais rien.

— Debout, là-dedans, tu vas être à la bourre ! Et si tu veux avoir le temps de rouler ta pelle du siècle à Tessa, tu ferais bien de te bouger le cul !

— Ta gueule, du con.

— Monsieur du con, s’il te plaît !

— La ferme !

Je me marre tout en me dirigeant vers les escaliers. Il n’est vraiment pas du matin !

Nos parents, ainsi que ceux de Tessa, ne sont pas au courant que ces deux andouilles se fréquentent.

Peut-être qu’ils ont raison de ne rien dire. Car quand on y pense, en fin compte, en connaissant Logan, il lui referait le portrait. Il ne faut pas toucher à son bébé, famille ou pas. En plus d’être le père de Tessa, il est le meilleur pote de notre daron !

Il est également sergent d’arme des Devils of Anarchy.

En revanche, je ne saisis pas pourquoi mon frère ne le dit pas à nos parents. C’est vrai, ils sont cool, ils comprendraient.

J’arrive dans la cuisine, embrasse le front de ma mère comme chaque matin, puis me sers mon café.

— Tu vas bien, Cam ? Prêt pour cette nouvelle journée ?

— Nickel, maman. Ouais, je suis paré, et toi ?

La radio tourne sur les nouvelles, elle aime savoir ce qu’il s’est passé, c’est son petit rituel. Pourtant, il n’y a jamais rien de bien intéressant dans la ville.

« Flash info. Tard dans la nuit, le violeur en série, Salvatore Davis, récemment libéré pour bonne conduite, a été retrouvé assassiné chez lui. D’après les premiers éléments de l’enquête, il aurait été ligoté à une chaise. Exécuté d’une balle en pleine tête, il aurait d’abord été passé à tabac, puis torturé. C’est son agent de probation qui a découvert le corps tôt ce matin, après qu’il ne s’est pas présenté pour effectuer son pointage. Après plusieurs appels, il serait allé à son domicile, car celui-ci ne répondait pas au téléphone. Une enquête est actuellement en cours, mais aucune preuve n’a été trouvée. Le parquet pense déjà qu’il pourrait s’agir d’une vengeance ou l’œuvre d’un… »

Ma mère coupe le son, je vois ses yeux se voiler. Elle soupire, fatiguée. Je sais ce qu’il se passe dans sa tête : nos parents nous ont raconté, quand nous avons atteint l’âge de comprendre les choses, ce qu’elle a subi plus jeune. Dès qu’un événement de ce genre surgit aux infos, elle revit son calvaire à travers les victimes. Elle en a bavé, mais elle est forte.

— Une ordure de moins sur cette terre, j’espère qu’il a souffert et qu’ils n’attraperont jamais son tueur.

J’enlace ma mère.

— Je le souhaite aussi maman. Bon, je vais chercher ce qui me sert de frère et préparer mes affaires pour partir. À plus tard.

Je dépose un baiser sur son front et sors de la cuisine.

Vingt minutes plus tard, nous sommes prêts. Cuir sur le dos, le casque sous le bras, Tiago et moi nous dirigeons vers nos motos. Une Harley pour T et une Ducati pour moi.

Que voulez-vous ? C’était obligé, que nous tombions dedans, nous sommes nés entourés de deux-roues ! Nous n’allions pas rouler en voiture ! Même si nous possédons notre bagnole, nous préférons clairement nos bécanes. C’est un plaisir inégalé.

Une fois arrivés au lycée, nous nous garons à nos places habituelles. Nous retrouvons tous nos potes, nous avons grandi tous ensemble, nos parents sont amis depuis de nombreuses années.

La matinée est rapidement passée. Comme d’habitude, nous sommes en train de faire les cons dans le couloir quand je bouscule une petite chose qui rangeait ses affaires dans son casier.

— Oh, merde ! Je suis désolé.

Quand elle sort la tête, je reste figé. Interdit. C’est une nana d’environ un mètre soixante, la capuche de son sweat noir lui recouvre le sommet de son crâne. En dessous, j’aperçois un bonnet de la même couleur d’où de longs cheveux bruns s’échappent. Franchement, qui met des bonnets en cette saison ? Nous sommes en septembre, la température extérieure est encore chaude. Derrière ses lunettes, je la vois qui me regarde de la tête aux pieds, me fixe quelques instants, puis sans me répondre, elle referme rapidement son casier. Elle baisse la tête, coupant la connexion qu’il y a entre nous, et me contourne sans un mot.

Mon corps réagit bizarrement à cet échange, je n’ai pas l’habitude que l’on m’ignore, elle vient de me lancer un défi silencieux.

Je veux savoir qui elle est, c’est la première fois que je l’aperçois dans notre lycée. Et déjà, elle m’obsède.

***

Quatre jours que je ne l’ai pas vue ni aperçue. Ça me rend dingue !

Nous sommes dehors à organiser la fête de demain avec les potes, lorsque je remarque une petite silhouette, assise en tailleur dans l’herbe. Un sweat noir, la capuche sur la tête. Je la fixe un moment, n’écoutant plus les discussions autour de moi. Je ne regarde qu’elle, il faut que j’y aille, que je lui parle. Je tape sur l’épaule de mon frère, lui coupant la parole.

— Je vous abandonne deux secondes, T, je te laisse gérer.

Je m’approche d’elle, les mains dans les poches, tout en l’observant. J’aperçois son bonnet toujours vissé sur son crâne. Ça lui donne un style mystérieux, ça me plaît. La tête baissée, elle est en train de lire un dossier, je suppose que c’est très certainement pour les cours. Je m’installe près d’elle, à moitié allongé, une jambe étendue alors que la seconde est repliée. J’appuie un bras sur mon genou avec nonchalance pendant que l’autre me soutient.

— Salut, petite chose.

 Mais rien ! Je ne récolte qu’un silence. Je remarque alors un fin cordon blanc qui relie son portable posé près d’elle à ses oreilles. Machinalement, je tire dessus pour lui enlever ses écouteurs.

— Eh ! Faut pas se gêner !

— Bonjour à toi aussi.

— Qu’est-ce que tu me veux ?

— Tu vas bien ? lui demandé-je en éludant volontairement sa question.

— Si je te dis oui, tu me ficheras la paix ?! me répond-elle avec un doux mordant.

— Peut-être, peut-être pas ! Ça dépend de mon humeur.

Elle soulève les yeux au ciel.

Je remarque un léger bleu au ras de sa pommette, vaguement caché par du fond de teint, et une plaie fraîchement refermée au niveau de la lèvre, mais je ne relève pas. Me voyant l’observer, elle réplique par un grognement, remballe ses affaires en vitesse, puis se lève. Je me mets debout rapidement et lui attrape le bras.

— Attends une seconde ! Avec mon frère, on fait une soirée demain, je me demandais si ça te disait de venir.

Je me surprends moi-même, je ne saisis pas pourquoi elle m’intrigue autant. Enfin, si je sais. Elle me résiste, elle ne succombe pas directement comme toutes les nanas avec qui j’ai couché. Ça me plaît. Les autres sont superficielles, se jettent toutes à mon cou, mais qu’elle, elle me recale, je ne comprends pas. J’ai besoin d’en connaître plus.

— Non, je n’ai pas envie, je ne viendrai pas…

— Je te laisse mon adresse, si tu changes d’avis.

J’attrape de quoi écrire dans mon sac, mais quand je me redresse pour lui donner le papier, je suis seul.

Elle s’est barrée !

Je me suis fait avoir comme un débutant, j’ai oublié de lui demander son prénom ! Je suis con ou quoi ?!

Je dois absolument la voir, que j’arrive à la retrouver avant de partir pour lui filer mon coupon.

Après les cours, nous sommes allés chercher ce qu’il faut pour la soirée. Nous sommes sur le point de déguerpir avec mon frère et sa meuf. Je suis franchement dégoûté, je n’ai pas recroisé la petite chose de la journée pour lui donner mon adresse et mon numéro de portable.

C’est débile, mais j’en avais vraiment envie.

Tiago et Tessa se chamaillent, comme tout le temps, ce qui est chaque fois à mourir de rire. On dirait deux gosses !

— Tu n’es qu’un petit con.

— Oui, mais tu m’aimes comme ça.

— Ça dépend des moments, je te jure.

— Bon, les tourtereaux, vous êtes mignons hein, mais on a encore pas mal de choses à préparer pour demain, les engueulé-je en rigolant. Donc, si vous pouviez arrêter de jouer au chat et à la souris, ça m’arrangerait !

Nous nous dirigeons vers nos motos restées sur le parking du lycée. Tiago et moi nous installons sur nos engins, il tend la main à Tessa pour l’aider à grimper dessus. Il peut quelquefois se montrer galant.

 — Tiens, tu as mis une culotte aujourd’hui ?

J’ai bien dit parfois.

Tessa lui donne une claque derrière le crâne pendant que cette andouille se bidonne. J’enfile mon casque lorsqu’un mouvement sur ma droite me fait instinctivement tourner la tête. Je suis surpris de voir l’objet de mes pensées sortir du lycée et se diriger vers le parking. La petite chose est là, à quelques mètres de moi. Je saisis la chance qui s’offre à moi, descends de ma Ducati, vire ma protection et cours la rejoindre.

Elle soupire quand elle me remarque.

— Si tu viens me demander pour ta soirée, je t’ai déjà dit que je ne suis pas intéressée. Tu peux d’ores et déjà économiser ta salive et faire demi-tour.

— Tiens, si jamais tu changes d’avis, tu sauras où me trouver. Et si… tu veux m’appeler, il y a mon numéro. Imaginons que tu as besoin d’un chauffeur, je serai ravi de passer te chercher !

Je fouille dans ma poche arrière, attrape son bras et lui fourre le coupon dans la main.

— Ça ne risque pas ! me répond-elle. Je t’ai dit que je n’étais pas intéressée.

— On ne sait jamais, annoncé-je, un rictus au coin des lèvres.

Elle remue la tête, mais met tout de même mon petit bout de papier dans sa poche.

Je souris comme un débile, la salue tout en retournant vers ma moto. Je grimpe sous le regard amusé de mon frère et de sa copine. Je tente de les ignorer, mais je sens que je vais en entendre parler.

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