Forbidden lover: Trahison (French Edition)
Chapitre 14
J e gare la voiture devant l’immeuble après avoir récupéré Riley et effectué quelques courses. Je n’ai plus ressenti cette mauvaise sensation depuis ce matin.
Après avoir halluciné la présence de mon père, enfin, de Paolo Sanchez, à Seattle. Malgré tous les détectives qu’il peut avoir, il ne peut pas me retrouver, c’est impossible, sauf si… non ! J’ai bien protégé mes arrières.
Je remercie toutes ces années de formation pour être le parfait petit jouet qu’il pouvait manipuler comme il le voulait. Je monte mon fils dans l’appartement, l’installe avec son goûter devant les dessins animés pendant que je redescends récupérer les courses. Je prends un premier voyage de sacs et repars chercher les derniers. Je suis au coffre de ma voiture quand mon portable se met à biper, un message d’un numéro inconnu. Ce que j’y trouve dans ce message me glace le sang ! Plusieurs photos de moi à mon travail, avec Riley au parc, dans la rue, devant mon immeuble, avec Cameron sur le parking…
J’aurais dû me faire confiance ! Écouter mon instinct ! Je le sentais que j’étais surveillée, mais je refuse toujours de croire que le parrain de la mafia soit derrière ça, il ne peut pas me retrouver.
Si ça se trouve, c’est juste quelqu’un qui cherche à me faire peur, une personne qui connaît mon identité, que je crains Paolo… Mais qui ?
Je reste bloquée sur les images, essayant de comprendre, de savoir par qui cela m’a était envoyé. Mais je n’ai pas la solution. Je décide de remonter dans l’appart, ça fait un moment que mon fils est seul.
S’il le faut, nous abandonnerons tout, encore une fois, je renoncerai à Cameron, à mon grand désespoir, mais je me dois de les protéger tous les deux !
Je franchis la porte quand je l’entends parler tout seul.
— Bah tu sais, Rococo, il dit plein de gros mots ! C’est trop rigolo.
— Riley ?
J’arrive dans la salle et me fige sur place, Cameron se trouve dans la pièce, devant la cage du perroquet. Mon fils se tourne vers moi, et là, je suis foutue.
— Maman ! Je fais voir Rococo à mon nouveau copain. Il s’appelle Cameron ! Il est trop gentil, en plus, c’est notre voisin !
Mon ex écarquille les yeux, il regarde ma progéniture, puis moi.
— Maman ?
— Bah oui ! C’est ma maman ! Elle est trop belle, tu trouves pas ?! C’est ma super héroïne !
— Si, elle est très jolie…
— Riley, mon cœur, tu peux aller dans ta chambre ?
— Pourquoi, j’ai fait une bêtise ?
— Non, pas du tout, bébé, mais je dois parler avec Cameron et c’est une discussion de grands. Tu comprends ?
Il soupire, mais obtempère.
C’est maintenant que les choses vont être plus compliquées. Cameron garde le silence pendant un moment, j’ai l’impression que cela dure une éternité avant qu’il ne reprenne la parole.
— Il a quel âge ?
— Il va avoir cinq ans dans deux mois.
Ses yeux me lancent des éclairs, je le sais qu’il se doute du problème. Il vient de comprendre pourquoi je m’enfuis le matin quand je suis dans ses bras, mais il me pose tout de même la question.
— C’est lui. Le tatouage, c’est pour lui ?
— Oui.
— Maintenant, dis-moi la vérité. Qui est le père de Riley, Camilia ?
***
Cameron
J’ai entendu Camilia rentrer, j’attends un peu et je vais aller la voir pour discuter de ce matin. Je m’en veux de ce que je lui ai dit, car putain, non, je n’ai pas envie qu’elle aille avec quelqu’un d’autre. Je défoncerais n’importe quel pauvre type qui oserait la toucher.
Elle peut dire ce qu’elle veut, mais elle m’appartient, ç’a toujours été le cas, je pensais le contraire. Je l’aime à en crever et je suis presque sûr qu’elle aussi. Je le sens, ses yeux, son regard, elle me scrute de la même façon que quand nous étions jeunes. Comme je la vois. Je ne veux plus rester loin d’elle. C’est fini ! Je dois lui dire, tout avouer et tant pis si j’en souffre encore, si elle me brise le cœur une nouvelle fois. Je la veux pour moi, pour toujours.
Je sors de chez moi et frappe à la porte. C’est le gamin de l’autre jour, Riley. Plus je le regarde et plus il me rappelle quelqu’un avec sa peau caramel et ses yeux noisette.
— Cameron !
— Hey, bonhomme, tu vas bien ?
— Viens voir Rococo, me demande-t-il tout en me tirant par la main.
Nous arrivons dans la salle où se trouve un magnifique ara bleu en train de se nettoyer les plumes. L’oiseau s’arrête en nous entendant et nous fixe.
— Rococo, je te présente Cameron.
— PAPA, PAPA, s’époumone le perroquet
Le gamin le regarde, puis tourne son visage vers moi et se met à rire.
— Tu dis des bêtises Rococo, Cameron est mon copain.
— Cameron… P’tite bite, p’tite bite.
Alors, celle-là, c’est la première fois qu’on me la sort ! C’est plutôt tout le contraire, enfin, c’est ce que racontent toutes les nanas que j’ai baisées. Riley est mort de rire, à croire que quoi que prononce le piaf, ça le fait marrer. Nous entendons la porte d’entrée s’ouvrir.
— Ça doit être maman ou tata qui rentre.
C’est Camilia que nous percevons. C’est hallucinant comment mon corps réagit instantanément à sa présence, à sa voix. Elle pénètre dans la pièce et se fige sur place. Ses yeux vont et viennent entre Riley et moi. Je continue de la regarder, elle est magnifique. Putain, ouais, cette nana est à moi ! C’est clair que je la veux et je compte bien lui dire ! Tout de suite !
— Maman ! Je fais voir…
Mon cerveau se met en bug, j’ai bien entendu comment il l’a appelée ? Maman ? Tout s’imbrique dans mon esprit, sa ressemblance, son prénom, le tatouage, l’âge du gosse, la dernière fois que je l’ai vue. Je suis certain de la conclusion que je suis en train de faire dans ma tête et pourtant, je ne peux me retenir de demander des comptes. Camilia réclame au gamin de filer dans sa chambre, prétextant devoir me parler.
Et c’est là que je pige que cette discussion ne va pas me plaire, car je sais ce qu’elle va me dire.
Elle s’apprête à confirmer ce que j’ai compris, ce que j’ai besoin de savoir.
— Il a quel âge ?
— Il va avoir cinq ans dans deux mois.
Voilà, la vérité est tombée. Je suis furieux contre elle, elle aurait dû me le dire, elle n’avait pas le droit de me cacher un truc aussi énorme.
En fait, elle n’a pas changé, elle est toujours cette garce manipulatrice. Je comprends également pourquoi le piaf m’a appelé papa. Sérieusement, même un perroquet le savait avant moi. Comme il y a cinq ans, j’ai besoin de l’entendre de vive voix.
— Qui est le père de Riley, Camilia ?
— Je ne voulais pas que tu l’apprennes comme ça.
— Putain, réponds ! Qui est le père ? m’énervé-je.
— Toi ! C’est toi, espèce d’idiot ! Ça se voit, non ! C’est ton portrait craché !
— Tu es sûre ? Non, car vu la garce que tu étais il y a…
Je me frotte la joue, surpris par la gifle que je viens de recevoir, me coupant en même temps la parole. Je sais que je suis le père, mais j’ai besoin de lui faire mal, comme elle me le fait encore en ce moment.
— Je t’ai peut-être menti dans le passé, et même si c’était pour notre bien, ton bien, j’ai toujours été sincère envers toi ! Je ne t’ai jamais trompé, pas une seule fois ! Tu étais le seul ! Quand je te disais je t’aime, je le pensais, je l’ai sans cesse pensé. Mes sentiments pour toi ont constamment été authentiques, ils n’ont jamais changé ! Et tu ne vas pas me faire croire que tu ne te retrouves pas dans les traits de Riley. Il a tes yeux, ta foutue tignasse, ton regard ! Même quand il dort, j’ai l’impression de te voir !
— Comment ?
Elle me toise, ne comprenant pas où je veux en venir.
— Comment quoi ?!
— On a toujours mis une capote et tu prenais la pilule !
— Et non, tête de nœud ! Tu te rappelles la dernière fois, quand on a fait l’amour, le jour où tu as su pour Raven ? Le jour où tu as décidé de te venger, de me baiser une dernière fois en emportant mon cœur avec toi ? Tu as oublié de mettre une capote, sombre crétin ! Pour la contraception, cela ne protège qu’à quatre-vingt-dix-neuf pour cent !
Je recule et m’écroule dans le canapé, réalisant réellement. Je suis papa ! J’ai un gamin de cinq ans dont je ne connais rien.
— Tu comptais me le dire quand ?
— Je ne sais pas !
Je me lève et me dirige vers elle d’un pas rageur. Plus j’avance, plus elle recule, jusqu’à buter dans le mur derrière elle. J’ai comme une sensation de déjà-vu.
— Tu es sérieuse, tu ne sais pas ? J’AI LE DROIT, J’AVAIS LE DROIT D’ÊTRE AU COURANT ! m’énervé-je. Tu n’as pas changé, tu es toujours la même. Une connasse manipulatrice. Et moi qui venais te dire que je désirais reprendre là où on s’était arrêtés il y a cinq ans, tu sais, le même nombre d’années où tu m’as caché que j’avais un fils. Je souhaitais te dire que non, cette situation ne me convient pas ! Je n’ai pas envie que tu te barres tous les matins, que t’en voies un autre que moi, parce que je te veux pour moi et moi seul ! Parce que malgré tout ce que j’ai pu te dire, moi aussi, je n’ai pas cessé de te mentir ! Tu m’attires toujours autant, je te désire toujours autant ! Je suis toujours raide dingue de toi ! Et toi… TU ME CACHES MON FILS ! J’ai un fils, tu réalises ce que je peux ressentir ?!
— Je suis…
— Si tu t’excuses encore une fois, je ne réponds plus de rien. Tu m’as encore menti, tu ne sais que faire ça. Tu es une pourriture, comme ton vieux…
Elle me gifle de toutes ses forces, celle-là, je ne l’ai pas vue venir non plus. Ma rage augmente, mais elle explose sous le coup de l’émotion.
— Ne me compare jamais à ce salaud ! Ce n’est pas mon père ! Tu ne sais rien ! Et je t’interdis de me parler comme ça ! Tu requérais que je fasse quoi ?! QUE JE VIENNE TE VOIR ?! Tu m’as demandé de sortir de ta vie ! Tu ne m’aurais même pas crue ! Oui, Riley est ton fils et j’ai toujours voulu te le dire ! J’avais tellement peur, tu ne comprends rien ! Je devais fuir, rester loin de toi ! C’est la plus belle chose qui me soit arrivée ! TU M’AS DIT DE PARTIR ! Je suis partie ! Tu me menaçais ! Tu crois réellement que j’allais venir te cueillir comme une fleur pour t’annoncer que tu allais être père ? Vraiment ?!
— J’en ai marre de toi et de tes mensonges, de tes manigances ! Je ne veux plus entendre parler de toi, je ne veux plus te voir, ni ici, ni dans ma salle, ni nulle part. Et attends-toi à recevoir une lettre de mes avocats, je veux récupérer mon rôle auprès de Riley, rôle dont tu m’as privé depuis sa naissance.
Elle tombe à genoux, pleurant à chaudes larmes, me suppliant de l’écouter encore une fois, de la comprendre, mais je l’ignore et sors de chez elle, sans un regard en arrière. J’ai besoin d’en parler à quelqu’un. J’attrape mon portable et appelle mon père, faut qu’il contacte ses avocats, je veux reprendre mon fils.
— Allô.
— Papa, c’est moi !
— Comment tu vas ?
Je ne saurais le dire moi-même, vu ce que je viens d’apprendre, mon cerveau, mon cœur sont tout retournés. Je pensais avoir retrouvé la nana que j’ai aimée ado, qu’elle avait changé, j’étais prêt à lui octroyer une nouvelle chance et de laisser mon palpitant revivre, mais elle me l’a encore broyé. Je suis à bout.
— J’ai… J’ai un fils ! Je souhaiterais que tu contactes tes bureaucrates. Je veux le récupérer.
— Comment l’as-tu découverte, l’existence de Riley ?
— Je… Attends… Comment, TOI, tu es au courant ?
— Euh… Camilia nous l’a annoncé quelques jours après la naissance et elle nous envoie régulièrement des photos.
— Et vous n’avez pas jugé nécessaire de me le notifier ? VOUS TROUVEZ ÇA NORMAL QUE J’APPRENNE QUE J’AI UN FILS CINQ ANS APRÈS ?! gueulé-je
— Déjà, baisse d’un ton, je suis toujours ton père, et ensuite, rentre à la maison ce week-end, on en discutera. Tu ne connais pas toute l’histoire… Rentre, on en parle plus tard.
Puis il raccroche comme-ci de rien n’était.
C’est hallucinant, je suis le dernier au courant, mon frère m’a-t-il menti ? Ils m’ont tous planté un couteau dans le dos. Je ne comprends pas pourquoi ma famille m’a trahi ainsi. Je sens qu’il y a autre chose que je devrais savoir, mais on me le cache ! Quel secret pourrait être pire que ça, qu’est-ce qui justifierait toutes ces années de mensonges ? Je suis fou de rage, je suis perdu. J’ai besoin de prendre l’air, d’aller m’aérer.
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