Forbidden lover: Trahison (French Edition)
Chapitre 6
A près deux jours d’insomnie, vu que Cameron a tenu sa promesse et baise Samantha comme un dégénéré, j’ai trouvé un moyen de me venger. J’ai passé toute la nuit dessus, pour préparer mes blagues. À défaut de pouvoir fermer l’œil, je compte bien lui faire payer sa gaminerie !
J’espère que cela le calmera un peu. Je suis en repos aujourd’hui, il est l’heure d’aller réveiller le petit monstre pour l’école. Je m’approche du lit et lui caresse les cheveux, celui-ci se retourne en grognant… Punaise ! J’ai l’impression de voir son père quand nous étions jeunes.
— Riley, faut de se lever.
— Grfhnekhdenj ! me répond-il la tête dans l’oreiller
— Mais encore, je n’ai pas le décodeur !
— Pas envie.
— Si tu ne bouges pas, tu vas subir l’attaque spéciale maman.
— Même pas peur.
— Oh, tu le prends comme ça.
En moins de temps qu’il en faut pour le dire, je lui chatouille les côtes. Riley est plié en deux et rigole à en pleurer. À cette torture, j’ajoute l’invasion de bisous dans le cou, sachant pertinemment qu’il est très sensible à cet endroit depuis tout petit. Comme moi lorsque son père pose ses lèvres dans le mien… Mais pourquoi je pense à ça !
— Ma… Maman a… arrête, je me… lève, mais arrête.
— J’ai encore gagné ! lui dis-je en stoppant tout.
— Mais tu triches aussi, t’es pas chatouilleuse, toi.
— C’est parce que je suis « Super Maman ». Allez, mon cœur, debout, je vais préparer tes céréales pendant que tu t’habilles. Tu veux lesquelles ?
— Les tigres pour être fort comme toi.
J’embrasse son front et me dirige dans la cuisine. Je retrouve ma collègue le nez dans sa tasse, je dépose une bise sur sa joue et concocte le petit déjeuner. Je ne parle pas à Lili, cela ne sert à rien, car, tant qu’elle n’a pas ses deux doses de caféine, son cerveau n’est pas connecté. Mon fils arrive et s’installe sur la table basse devant le bol que j’ai posé avant de donner les graines à Rococo et ouvrir sa cage pour qu’il se dégourdisse les ailes. Pendant que tout le monde déjeune, je file m’habiller, je verrai plus tard pour la douche, parce que je compte aller à la salle aujourd’hui. J’ai de la tension à évacuer.
Après avoir mis Riley à l’école, je m’y rends directement, salue Troy et pars dans les vestiaires. J’enfile ma brassière, mon legging noir ainsi que mes tennis, j’attache mes cheveux en queue-de-cheval et je sors.
Je commence à m’échauffer quand Cameron entre. Après un coup d’œil vers, moi il se dirige vers son bureau.
— Alors, ma belle, as-tu bien reçu son numéro hier ? me questionne Troy
— Oui, merci, mais je ne lui ai encore rien demandé, je le ferai de vive voix.
J’ai envoyé un texto cette nuit à Troy pour obtenir les coordonnées de Cameron, inventant un gros bobard pour qu’il accepte. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que cela m’a servi pour débuter ma vengeance. Ce qui me surprend, c’est qu’il n’a pas rechigné.
— Pas de soucis. Bon, tu souhaites bosser quoi aujourd’hui ?
— Je pense travailler le cardio.
— Je te laisse faire et on pourra se faire un combat si tu veux avant de partir, un vrai, cette fois-ci ! me dit-il en me lançant un clin d’œil. Sans coup foireux, miss tigresse.
Il m’abandonne et se dirige à l’accueil, il n’y a pas encore grand monde ce matin. Deux gars courent sur les tapis et trois nanas discutent, j’imagine qu’elles sont plus là pour faire figuration et attendre de draguer les proprios des lieux. J’attrape une corde à sauter et commence une session de dix minutes. Mon cher voisin arrive près de son pote et ils parlent ensemble quand son portable se met à sonner.
— Oui ? Non, je ne me débarrasse pas de ma moto ! Ouais, c’est ça, râle-t-il en raccrochant.
— Qu’est-ce que tu as, mon frère ? demande Troy.
— C’est toi qui m’as fait une blague ?
— Euh, non, pourquoi ?
— Il y a un plaisantin qui a foutu ma bécane à vendre et depuis ce matin, c’est bien le vingtième coup de téléphone. Sérieux, elle a été mise à mille dollars ! Mon bébé a si peu de valeur pour cette personne ? Il faut être cruel pour oser me faire ça !
Intérieurement, je rigole que la vengeance s’enclenche et cela ne fait que débuter. Il a voulu jouer, alors nous allons nous amuser, il ne sait pas qu’il est tombé sur plus fort que lui. Je suis une vraie psychopathe quand on me cherche ! Un tapis de course se libère, je prends place et commence par une marche rapide. De plus, je suis bien placée, car je vois l’accueil et Cameron qui continue de s’énerver sur son téléphone.
— Calme-toi, mon pote. Tu as une idée de qui a pu faire ça ?
— Ouais… mais elle n’a pas mon numéro. Donc, je ne pense pas.
Son regard accusateur se pose sur moi une fraction de seconde et se détourne pour répondre à son portable. Moi, je souris intérieurement, fière de mon manège.
— Oui… Non, je ne vends pas ma moto… Non, ce n’est pas moi qui ai posté l’annonce, c’est une putain de plaisanterie. C’est ça… au revoir !
Il a à peine raccroché que ça resonne, encore et encore, et plus les appels se succèdent, plus il devient furax. Il ne prend même plus de pincettes quand il répond. C’est vraiment jouissif de le voir perdre la tête comme ça et la partie ne fait que commencer…
— Quoi ? Non, ma moto n’est pas à vendre, au revoir.
Je pense qu’il finit par éteindre son portable, car celui-ci ne bipe plus. Il disparaît dans son bureau, quant à moi, je suis en nage, j’ai poussé la cadence et cela fait un moment que je suis en vitesse course. J’arrête le tapis et pars m’hydrater. Troy arrive près de moi.
— Un combat, ça te dit, ma belle ?
— OK, mais patiente deux minutes que je boive un coup, je suis desséchée, rigolé-je.
— Pas de soucis, on fait jambe-main ou juste les mains ?
— Comme tu le sens, de toute façon, je vais te battre.
— C’est ce que l’on va voir, maintenant, je sais à quoi m’attendre. On va pimenter le jeu, le gagnant a le droit de demander ce qu’il veut à l’autre. Ça te va ? Un bon vieux gage ?
J’accepte, j’ai toujours adoré les défis. Puis c’est un excellent adversaire, je l’ai déjà observé se battre avec Cameron et, comment dire, le spectacle était… agréable à regarder. Deux hommes musclés, transpirants. Même si Troy est moins développé que mon ex, il n’est pas à plaindre. Il est plutôt pas mal malgré qu’il ne soit pas mon brun préféré.
***
Cameron
J’ai trouvé l’annonce et je l’ai signalée, dans les vingt-quatre heures, elle sera supprimée. J’ai beau réfléchir, je ne vois qu’une personne capable de me faire ça, mais elle ne possède pas mon numéro, donc ça ne peut pas être elle. J’ai envoyé un message à mon frère et ma sœur, car cela peut leur ressembler. Laissant mon portable dans le bureau, je décide d’effectuer un tour dans la salle afin de saluer les habitués.
Quand j’arrive dans la pièce, le spectacle me cloue sur place. Troy et Camilia se battent – encore – l’un contre l’autre, ça me fout les boules de les voir toujours fourrés ensemble.
Je déteste leur proximité. Même si j’ai donné l’autorisation à mon acolyte de tenter sa chance, ça m’emmerde royalement et ça m’énerve de ressentir ça. Ma jalousie monte d’un cran quand mon ex bondit et s’enroule autour du cou de mon pote, croise ses jambes, arrive à bloquer l’un de ses bras et qu’elle se penche en arrière pour les faire tomber. Elle attrape le bras libre de Troy, puis le tire, il ne met pas longtemps à frapper trois fois sur le tapis. La visualiser sur un autre me fait mal, me donne la rage. Camilia le relâche et saute de joie. Ils se cognent les poings et discutent. Mes yeux lorgnent l’anatomie de la brune et mon érection, qui grossissait déjà rien qu’à la regarder sur le ring, ne s’améliore pas.
Foutues hormones, putains de réactions. Je n’en peux plus de voir mon corps appeler le sien, la désirer.
Ils se saluent et mon ami arrive près de moi.
— Non, mais c’est quoi, cette meuf ? Elle m’a littéralement botté le cul. Je n’en reviens pas qu’elle ait pu me mettre au tapis comme ça.
— C’était une tueuse à gages professionnelle, donc…
Lorsque je remarque ses yeux écarquillés, je comprends que j’ai dit ça à voix haute et que je viens de lâcher une bombe.
— Que… Quoi ?
— Dans le bureau, je ne peux pas en parler ici, lui sommé-je en zieutant les adhérents de la salle.
J’ai à peine le temps de fermer la porte que Troy s’affole.
— C’est quoi, ce délire, tu as laissé entrer une tueuse à gages et surtout, tu es sortie avec elle ?
— Ex-tueuse à gages, à ce qu’il paraît. Apparemment, elle a déposé les armes, et puis c’est toi qui l’as inscrite, donc ne mets pas cette faute sur moi.
— Mais tu aurais dû me le dire quand tu m’as raconté que c’était ton ex !
— Arrête de te la jouer coincé du cul, je te rappelle que tu as aussi du sang sur les mains, tout comme moi.
— Mais ce n’est pas pareil ! C’était une pro et elle m’a foutu au tapis !
— Alors, explique-moi la différence ? Merde, elle a été embarquée dans cette vie, elle avait seize ans, son père la modelait pour qu’elle lui ressemble et qu’elle reprenne les rênes. Elle n’a pas choisi, elle ! On lui a imposé. Dans ce métier, tu plies ou tu crèves !
Je vois mon pote réfléchir, encaisser tout ce que je viens de lui apprendre. Je ne comprends pas pourquoi il réagit comme ça, car nous ne sommes pas des enfants de chœur non plus.
— Mais non, ce n’est pas qu’elle ait tué qui me gêne. Comme tu l’as dit, dans ce buis, tu te plies ou tu crèves. Mais merde, je n’ai aucune chance de la battre, je ne suis pas aussi doué que toi en boxe, rigole-t-il. Bon, lâche la bombe, j’exige toute l’histoire !
— Pas tout de suite, passe à la maison ce soir et je t’explique tout. Ça te va ?
— D’accord, ça marche. Non, parce que, du coup, je veux savoir si j’annule ou pas notre rencard de samedi.
Je m’étouffe presque en entendant sa dernière phrase. Il vient de dire quoi là ? Il a un rendez-vous avec elle ? Avec ma psychopathe ? Ma brune qui me rend fou ? Pourquoi lui ai-je donné mon aval ?
Parce que je n’ai qu’une envie, lui foutre mon poing dans sa gueule et crier au monde entier qu’elle m’appartient ! Mais qu’est-ce que je raconte ? Je la hais, je ne veux plus d’elle. Du moins, c’est ce que je me répète comme mantra depuis que je l’ai revue.
Sauf que, plus je me le répète, moins j’y crois.
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