Forbidden lover: Trahison (French Edition)

Angèle Line · Chapitre 17 sur 37

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Forbidden lover: Trahison (French Edition)

Chapitre 15

J e n’en peux plus, je tourne en rond chez moi. Mes parents font comme si de rien n’était, ils ont repris leur vie alors que nous venons d’enterrer Corey. Il a été retrouvé mort dans son bureau, une balle dans la tête. La dernière personne à l’avoir visualisé vivant est une jeune femme aux cheveux bruns. Ce que je ne comprends pas, c’est comment elle a pu entrer avec toute la protection, mais le résultat est là. Corey, président des Devils of Anarchy depuis des années, est décédé.

 

Abattu de sang-froid. Mon père a hérité des rênes du gang, il est devenu le nouveau pre’z. Il a vite repris le flambeau, alors nous le voyons moins, car il doit apprendre ses responsabilités.

Puis il y a Camilia, que je n’ai pas revue depuis. Nous discutons par textos tous les soirs. Elle me donne les cours par mail pour que je n’en loupe pas trop, car, depuis la mort de mon oncle de cœur, je n’ai pas remis les pieds au lycée. C’est décidé, je vais aller lui rendre visite aujourd’hui. Je lui ai envoyé un message dans la matinée, nous devons nous voir cet après-midi, mais je n’en peux plus d’attendre, donc je choisis de prendre ma voiture et d’aller la retrouver chez elle.

Je sonne à la porte. C’est Maria qui m’ouvre, le sourire toujours aux lèvres. Cette femme a la joie de vivre incarnée en elle.

— Monsieur Cameron, que faites-vous ici ?

— Je suis venue voir Camilia.

— Oh, ma douce Camilia n’est pas encore rentrée, elle avait… des choses à régler aujourd’hui. Mais vous pouvez l’attendre dans sa chambre.

— Merci, Maria.

Je monte l’escalier et arrive dans la tanière de ma copine. Tout est comme le dernier coup, c’est bien rangé, quelques livres sont positionnés sur les rayons d’une bibliothèque. Je regarde la tranche des livres, la plupart sont des thrillers, il y a un peu de romance et un peu plus de fantastique. Je m’installe sur son lit pour lui envoyer un message. Son odeur de pomme embaume la pièce, c’est fou comme elle m’a manqué. Je n’en reviens pas, je suis devenu rapidement accro à elle. Mon téléphone sonne, c’est elle qui me répond.

Camilia : D’accord ! J’en ai encore pour une heure ou deux ! Fais comme chez toi.

Bon, je vais devoir me dégoter une occupation. J’allume son PC pour trouver un film en streaming. Merde, il faut un mot de passe. Je cherche un peu sur son bureau, avec un peu de chance, elle l’a écrit quelque part. Je soulève quelques feuilles, une chemise rouge tombe au sol. Je vais pour la ramasser quand son intitulé me fige sur place « Contrat Corey Morgans ». C’est quoi, ce délire ?! Pourquoi Camilia détiendrait-elle un dossier au nom de Corey ?

D’une main tremblante, je le prends et l’ouvre. Ce qui se trouve à l’intérieur me glace le sang.

Nom de la victime : Corey Morgans,

Président des Devils Of Anarchy

Demandeur du contrat : Inconnu

Délai : Non renseigné

Tueur engagé : Raven

Note : Carte blanche, mais la victime doit mourir !

Il y a également des clichés du pre’z, en moto avec mon père, avec d’autres bikers, et une photo de Corey, avec Tiago et moi. Je ne comprends pas ! Je passe un bout de temps à regarder toutes les infos qui se trouvent dans cette pochette rouge. Pourquoi Camilia a-t-elle ce dossier ? Pourquoi ai-je un mauvais pressentiment en repensant à la dernière personne à avoir vu mon oncle de cœur vivant ? J’espère que je me trompe, mais l’ultime note écrite par Camilia me coupe les jambes. Mon palpitant tambourine, ce n’est pas possible, elle n’a pas pu faire ça ? Je suis toujours en train de fixer le bout de papier quand la porte s’ouvre. Ma copine – du moins, ce que je pensais – entre dans sa chambre. Son beau sourire s’efface lorsqu’elle remarque ce que je tiens dans les mains. Sa bouche s’ouvre, mais je ne lui laisse pas le temps !

— Dis-moi que ce n’est pas vrai ?

— Ce… Je… Merde !

— Tu t’es royalement foutue de ma gueule !

Je m’avance vers elle, le sang dans mes veines me brûle, je n’ai jamais été autant en colère, blessé. Je m’arrête à quelques centimètres d’elle. Son odeur possède le pouvoir de m’apaiser, merde, il ne faut pas que je me laisse avoir par cette manipulatrice.

— Bébé, écoute…

— Je t’interdis de m’appeler ainsi, tu en as perdu le droit au moment où j’ai découvert que je n’étais qu’un moyen de t’approcher de Corey et de le buter, car tu es une putain de tueuse à gages.

— Cameron… C’est loin d’être ce que tu crois !

— Ferme ta gueule ! Tu n’es qu’une garce, Raven. C’est ton nom, non ? Tu joues avec les sentiments des gens. Ose me dire le contraire !

Elle a les larmes aux yeux, son menton tremble, elle donne l’impression qu’elle va pleurer. Putain, elle est forte ! Une excellente actrice.

— Je te promets, Cameron, quand je te disais que je t’aimais, je le pensais. Au début, oui, j’ai joué avec toi, mais tu me plaisais sans que je veuille me l’avouer, je te voulais. Et le piège s’est retourné contre moi. Je n’avais pas prévu ça ! Je… Putain, Cam ! J’ai reçu ce contrat après notre rencontre, après que… Tu m’as attiré bien avant cette histoire, ça s’est fait si vite. Je te jure que je ne voulais pas, je souhaitais tout arrêter, pour toi.

— Tu es douée, très forte, je pourrais presque croire que tu es sincère, lui craché-je en applaudissant. Je t’aimais ! Je n’ai jamais ressenti ça avant pour quelqu’un d’autre ! Personne ! Je t’aime, merde !

— Cameron…

Putain, pourquoi sa bouche me fascine toujours autant ? Pourquoi, même si je sais qu’elle m’a manipulé, qu’elle a tué Corey, j’ai envie de l’embrasser ? Une larme coule sur sa joue, machinalement, du pouce, je lui efface. La sensation de sa peau m’enflamme et je craque ! Je l’embrasse sauvagement, l’attire à moi pour la sentir une dernière fois. Je la veux une dernière fois.

— Non !

Je la pousse, plus brutalement que prévu. Je ne peux pas faire ça ! Je toupine dans sa chambre, tire sur mes cheveux. Putain, cette traîtresse m’attire autant que je la déteste. Elle avance vers moi, pose ses mains sur mes avant-bras.

— Cam, je suis dé…

— Tais-toi, ne me dis pas que tu es désolée, car tout ce qui sort n’est que mensonge. Comment tu as pu me faire ça !

Je m’écarte pour fuir son contact, ses bras retombent, elle me fixe, les yeux rougis. Elle ouvre la bouche pour parler, mais mon envie d’elle dépasse tout et je fonds sur son corps si attrayant. Sa langue trouve la mienne dans une dance frénétique, sauvage, brutale ! Je l’attrape par les hanches, ses jambes s’enroulent autour de ma taille. Elle me tire les cheveux, je grogne, elle gémit quand je lui mords la lèvre inférieure. Ses mains sont partout, comme si elle désirait se souvenir de toutes les parties de mon anatomie à jamais. Comme si, elle aussi voulait abuser de cette dernière étreinte. Je n’en peux plus, il faut que je la prenne ! Je passe ma paume sous sa jupe et d’un coup sec lui arrache son sous-vêtement. L’humidité que je trouve entre ses replis me dit qu’elle en a autant envie que moi et me fait disjoncter. Je sors de mon pantalon mon sexe bandé et d’un coup de reins, je l’empale.

— Putain !

— Cam… Cameron

— Chutt !

Je ne veux pas l’entendre, je veux juste la baiser violemment. Je la pilonne de plus en plus vite, de plus en plus fort. Ses parois étranglent ma queue. Elle hurle de plaisir, étouffe les spasmes qui la font mouiller encore plus, refoule ses gémissements. Au fond de moi, je sais que je me fais du mal, car elle s’en tape de moi, mais à ce moment précis, j’ai besoin d’y croire encore. Tout ceci ne peut pas être totalement faux ! J’ai besoin de me sceller, de m’ancrer en elle, juste une fois, une toute dernière fois.

— Cameron, je vais jouir !

J’espérais qu’elle souffre autant que moi, me venger d’elle en la possédant ainsi. Mais je vois bien la sensation que je lui procure, la douleur qu’elle ressent est une forme de volupté pour elle aussi, comme si elle souhaitait que la punisse. Elle m’a trahi et pourtant, elle s’égosille pour moi, m’expose son plaisir qui ne fait qu’accroître le mien. Une ultime étreinte, comme un adieu commun.

— Pour moi, mon ange, jouis une dernière fois !

Je lâche tout en elle quand celle-ci crie mon prénom. Je suis vidé. Je la repose au sol, elle chancelle un peu, c’est vrai que je n’ai pas été tendre, mais je n’avais pas envie de l’être. Je referme mon pantalon et prends la direction de la sortie, j’étouffe, je souffre trop.

— Cameron…

Je me retourne vers elle. Camilia sanglote, ce n’est plus une goutte solitaire, non, cette fois-ci, elle pleure véritablement. Quelle connasse ! Elle ne chiale pas à cause de notre échange, enfin, je ne pense pas, ne l’espère pas. Dans le fond, je refuse qu’elle garde cette dernière image de moi. Mais j’ai tellement la haine, qu’à cette seconde, je m’en tape de ce qu’elle ressent, si elle m’aime vraiment, alors qu’elle partage ma souffrance, je me fous de lui briser le cœur comme elle a fracassé le mien.

— Non, je ne veux plus rien entendre de toi. C’est parce que je t’aime que je ne te dénoncerai pas à ma famille ni à la police. C’est parce que je t’aime que je te laisse une chance. Parce que, oui, je t’aime, comme jamais j’ai aimé, moi, j’étais sincère. Mais je pose une condition. Casse-toi, tire-toi de cette ville, du pays s’il le faut, je ne veux plus jamais te voir, ne plus jamais croiser ta route ! Sinon, je peux t’assurer que je dirai tout.

Avant de me barrer, je l’entends murmurer.

— Ça ne devait pas se passer comme ça ! Je ne souhaitais rien de tout ça.

Et sans un regard en arrière, je ferme sa porte et quitte cette maison de malheur. C’est seulement une fois dans ma voiture que je craque. Je hurle à m’en arracher les cordes vocales, explose mes poumons, déverse toute ma rage contre mon volant, je chiale de douleur, ma poitrine me fait mal. Je pleure Corey, je pleure de m’être fait avoir comme un bleu et surtout, je pleure pour l’amour perdu.

Mais c’est fini, on ne m’y reprendra plus !

Je ne sais pas si je serai un jour capable d’aimer à nouveau, de l’oublier.

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