La Cité Antique / Étude sur Le Culte, Le Droit, Les Institutions de la Grèce et de Rome
Notes
Souvent encore il arriva que les hommes d'un certain pays vivaient sans lois et sans ordre, soit que l'organisation sociale n'eût pas réussi à s'établir, comme en Arcadie, soit qu'elle eût été corrompue et dissoute par des révolutions trop brusques, comme à Cyrène et à Thurii. Si un législateur entreprenait de mettre la règle parmi ces hommes, il ne manquait jamais de commencer par les répartir en tribus et en phratries, comme s'il n'y avait pas d'autre type de société que celui-là. Dans chacun de ces cadres il instituait un héros éponyme, il établissait des sacrifices, il inaugurait des traditions. C'était toujours par là que l'on commençait, si l'on voulait fonder une société régulière. [12] Ainsi fait Platon lui-même lorsqu'il imagine une cité modèle.
NOTES
[1] Homère, Iliade, II, 362. Varron, De ling. lat., V, 89. Isée, II, 42.
[2] Aulu-Gelle, XV, 27.
[3] Démosthènes, in Eubul. Isée, VII, IX. Lycurgue, I, 76. Schol., in Demosth., p. 438. Pollux, VIII, 105. Stobée, De republ.
[4] [Grec: Katagene], Plutarque, Thésée, 24; ibid., 13.
[5] Pausanias, I, 15; I, 31; I, 37; II, 18.
[6] Plutarque, Thésée, 18.
[7] Id., ibid., 14. Pollux, VI, 105. Étienne de Byzance, [Grec: echelidai].
[8] Philochore cité par Strabon, IX. Thucydide, II, 16. Pollux, VIII, 111.
[9] Pausanias, I, 38.
[10] Thucydide, II, 15. Plutarque, Thésée, 24. Pausanias, I, 26; VIII, 2.
[11] Plutarque et Thucydide disent que Thésée détruisit les prytanées locaux et abolit les magistratures des bourgades. S'il essaya de le faire, il est certain qu'il n'y réussit pas; car longtemps après lui nous trouvons encore les cultes locaux, les assemblées, les rois de tribus. Boeckh, Corp, inscr., 82, 85. Démosthènes, in Theocrinem. Pollux, VIII, III. — Nous laissons de côté la légende d'Ion, à laquelle plusieurs historiens modernes nous semblent avoir donné trop d'importance en la présentant comme le symptôme d'une invasion étrangère dans l'Attique. Cette invasion n'est indiquée par aucune tradition. Si l'Attique eût été conquise par ces Ioniens du Péloponèse, il n'est pas probable que les Athéniens eussent conservé si religieusement leurs noms de Cécropides, d'Érechthéides, et qu'ils eussent, au contraire, considéré comme une injure le nom d'Ioniens (Hérodote, I, 143). A ceux qui croient à cette invasion des Ioniens et qui ajoutent que la noblesse des Eupatrides vient de là, on peut encore répondre que la plupart des grandes familles d'Athènes remontent à une époque bien antérieure à celle où l'on place l'arrivée d'Ion dans l'Attique. Est-ce à dire que les Athéniens ne soient pas des Ioniens, pour la plupart? Ils appartiennent assurément à cette branche de la race hellénique; Strabon nous dit que dans les temps les plus reculés l'Attique s'appelait Ionia et Ias. Mais on a tort de faire du fils de Xuthos, du héros légendaire d'Euripide, la tige de ces Ioniens; ils sont infiniment antérieurs à Ion, et leur nom est peut-être beaucoup plus ancien que celui d'Hellènes. On a tort de faire descendre de cet Ion tous les Eupatrides et de présenter cette classe d'hommes comme une population conquérante qui eût opprimé par la force une population vaincue. Cette opinion ne s'appuie sur aucun témoignage ancien.
[12] Hérodote, IV, 161. Cf. Platon, Lois, V, 738; VI, 771.