La Cité Antique / Étude sur Le Culte, Le Droit, Les Institutions de la Grèce et de Rome

Notes

Ce serait avoir une idée bien fausse de la nature humaine que de croire que cette religion des anciens était une imposture et pour ainsi dire une comédie. Montesquieu prétend que les Romains ne se sont donné un culte que pour brider le peuple. Jamais religion n'a eu une telle origine, et toute religion qui en est venue à ne se soutenir que par cette raison d'utilité publique, ne s'est pas soutenue longtemps. Montesquieu dit encore que les Romains assujettissaient la religion à l'État; c'est le contraire qui est vrai; il est impossible de lire quelques pages de Tite-Live sans en être convaincu. Ni les Romains ni les Grecs n'ont connu ces tristes conflits qui ont été si communs dans d'autres sociétés entre l'Église et l'État. Mais cela tient uniquement à ce qu'à Rome, comme à Sparte et à Athènes, l'État était asservi à la religion; ou plutôt, l'État et la religion étaient si complètement confondus ensemble qu'il était impossible non seulement d'avoir l'idée d'un conflit entre eux, mais même de les distinguer l'un de l'autre.

 

NOTES

[1] [Grec: Sotaeria ton poleon sundeipna]. Athénée, V, 2.

[2] Homère, Odyssée, III.

[3] Athénée, X, 49.

[4] Athénée, IV, 17; IV, 21. Hérodote, VI, 57. Plutarque, Cléomène, 43.

[5] Cet usage est attesté, pour Athènes, par Xénophon, Gouv. d'Ath., 2; le Scholiaste d'Aristophane, Nuées, 393; pour la Crète et la Thessalie, par des auteurs que cite Athénée, IV, 22; pour Argos, par une inscription, Boeckh, 1122; pour d'autres villes, par Pindare, Ném., XI; Théognis, 269; Pausanias, V, 15; Athénée, IV, 32; IV, 61; X, 24 et 25; X, 49; XI, 66.

[6] Plutarque, Solon, 24. Athénée, VI, 26.

[7] Démosthènes, Pro corona, 53. Aristote, Politique, VII, 1, 19. Pollux, VIII, 155.

[8] Fragment de Sapho, dans Athénée, XV, 16.

[9] Athénée, XV, 19.

[10] Platon, Lois, XII, 956. Cicéron, De legib., II, 18. Virgile, V, 70, 774; VII, 135; VIII, 274. De même chez les Hindous, dans les actes religieux, il fallait porter une couronne et être vêtu de blanc.

[11] Athénée, I, 58; IV, 32; XI, 66.

[12] Athénée, IV, 19; IV, 20.

[13] Aristote, Politique, IV, 9, 3.

[14] Denys, II, 23. Aulu-Gelle, XII, 8. Tite-Live, XL, 59.

[15] Tibulle, II, 1. Festus, v° Amburbiales.

[16] Varron, VI, 16. Virgile, Géorg., I, 340-350. Pline, XVIII. Festus, v° Vinalia. Plutarque, Quest. rom., 40; Numa, 14.

[17] Loi de Solon, citée par Démosthènes, in Timocrat.

[18] Censorinus, 22. Macrobe, I, 14; I, 15. Varron, V, 28; VI, 27.

[19] Diogène Laërce, Vie de Socrate, 23. Harpocration, [Grec: Pharmachos]. De même on purifiait chaque année le foyer domestique: Eschyle, Choéph., 966.

[20] Varron, L. L., VI, 86. Valère-Maxime, V; l, 10. Tite-Live, I, 44; III, 22; VI, 27. Properce, IV, l, 20. Servius, ad Eclog., X, 55; ad Aen., VIII, 231. Tite-Live attribue cette institution au roi Servius; on peut croire qu'elle est plus vieille que Rome, et qu'elle existait dans toutes les villes aussi bien qu'à Rome. Ce qui l'a fait attribuer à Servius, c'est précisément qu'il l'a modifiée, comme nous le verrons plus tard.

[21] Les citoyens absents de Rome devaient y revenir pour la lustration; aucun motif ne pouvait les en dispenser. Velléius, II, 15.

[22] Aristophane, Acharn., 44. Eschine, in Timarch., 1, 21; in Ctesiph., 176, et Scholiaste. Dinarque, in Aristog., 14.

[23] Aristophane, Acharn., 171.

[24] Aristophane, Thesmoph., 381, et Scholiaste: [Grec: stephanon hethos haen tois legousi stephanousthai proton.]

[25] Varron cité par Aulu-Gelle, XIV, 7. Cicéron, ad Famil., X, 12. Suétone, Aug., 35. Dion Cassius, LIV, p. 621. Servius, VII, 153.

[26] Andocide, De myst., 44; De red., 15. Antiphon, Pro chor., 45. Lycurgue, in Leocr., 122. Démosthènes, in Midiam, 114. Diodore, XIV, 4.

[27] Aristophane, Guêpes, 860-865. Homère, Iliade, XVIII, 504.

[28] Denys, II, 73. Servius, X, 14.

[29] Denys, IX, 57. Virgile, VII, 601. Xénophon, Hellen., VI, 5.

[30] Hérodote, VIII, 6. Plutarque, Agésilas, 6; Publicola, 17. Xénophon, Gouv. de Lacéd., 14. Denys, IX, 6. Stobée, 42. Julius Obsequens, 12, 116.

[31] Eschyle, Sept chefs, 252-260. Euripide, Phénic., 573.

[32] Diodore, IV, 5. Photius: [Grec: thriambos, epideixis nixes, pompe].

[33] Varron, L. L., VI, 64. Pline, H. N., VII, 56. Macrobe, I, 19.