La Cité Antique / Étude sur Le Culte, Le Droit, Les Institutions de la Grèce et de Rome

Notes

On pouvait accueillir l'étranger, veiller sur lui, l'estimer même, s'il était riche ou honorable; on ne pouvait pas lui donner part à la religion et au droit. L'esclave, à certaine égards, était mieux traité que lui; car l'esclave, membre d'une famille dont il partageait le culte, était rattaché à la cité par l'intermédiaire de son maître; les dieux le protégeaient. Aussi la religion romaine disait-elle que le tombeau de l'esclave était sacré, mais que celui de l'étranger ne l'était pas. [17]

Pour que l'étranger fût compté pour quelque chose aux yeux de la loi, pour qu'il pût faire le commerce, contracter, jouir en sûreté de son bien, pour que la justice de la cité pût le défendre efficacement, il fallait qu'il se fît le client d'un citoyen. Rome et Athènes voulaient que tout étranger adoptât un patron. [18] En se mettant dans la clientèle et sous la dépendance d'un citoyen, l'étranger était rattaché par cet intermédiaire à la cité. Il participait alors à quelques-uns des bénéfices du droit civil et la protection des lois lui était acquise.

 

NOTES

[1] Aristote, Politique, II, 6, 21 (II, 7).

[2] Boeckh, Corp. inscr., 3641 b.

[3] Velléius, II, 15. On admit une exception pour les soldats en campagne; encore fallut-il que le censeur envoyât prendre leurs noms, afin qu'inscrits sur le registre de la cérémonie, ils y fussent considérés comme présents.

[4] Démosthènes, _in Neoeram, 113, 114. Être citoyen se disait en grec [Grec: suntelein], c'est-à-dire faire le sacrifice ensemble, ou [Grec: meteinai leron chai osion].

[5] Virgile, En., III, 406. Festus, v° Exesto: Lictor in quibusdam sacris clamitabat, hostis exesto. On sait que hostis se disait de l'étranger (Macrobe, I, 17); hostilis facies, dans Virgile, signifie le visage d'un étranger.

[6] Digeste, liv. XI, tit. 6, 36.

[7] Plutarque, Aristide, 20. Tite-Live, V, 50.

[8] Démosthènes, in Neoeram, 89, 91, 92, 113, 114.

[9] Plutarque, Solon, 24. Cicéron, Pro Coecina, 34.

[10] Aristote, Politique, III, 4, 3. Platon, Lois, VI.

[11] Démosthènes, in Neaeram, 49. Lysias, in Pancleonem.

[12] Gaius, fr. 234.

[13] Gaius, I, 67. Ulpien, V, 4-9. Paul, II, 9. Aristophane, Ois., 1652.

[14] Ulpien, XIX,4. Démosthènes, Pro Phorm.; in Eubul.

[15] Cicéron, Pro Archia, 5. Gaius, II, 110.

[16] Pausanias, VIII, 48.

[17] Digeste, liv. XI, tit. 7, 2; liv. XLVII, tit. 12, 4.

[18] Harpocration, [Grec: prostates].