L’Ampoule n°8 - Alcôves et Souterrains

Juin 2013 · Chapitre 10 sur 15

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L’Ampoule n°8 - Alcôves et Souterrains

Les Collines de Hurlefou

Ah ! Un animal géant se redressa, et du coup Hagard, essoufflé, il termina sa course près d’un

ouvrit davantage l’ouverture de sa grotte tout en petit pont qui indiquait la fin de la colline

criant de peur ou de colère, des pans entiers de puisqu’on pouvait y lire le même panneau

terre et de roches tombaient. Victor Morand le indicateur. Il s’écroula au sol, heureux d’avoir

reconnut immédiatement (des gravures anciennes échappé au massacre et tout fier de ses photos.

de cet animal mythique, dont on ne savait même Malheureusement, il se rendit vite compte que le

pas si elles étaient vraies, lui revinrent brutalement bouton de son appareil était resté sur « Off ».

en mémoire) : le Piqu’à Chou géant à crête dorée et « Arrggghhh ! » Il se mordit le doigt jusqu’au sang

dos gris ! Le chaînon manquant ! L’animal de ses bafouilles et autres crétineries ! Sans ces

mythique ! Aventurier avant tout, Victor prit à la photos, personne ne le croira !

sauvette (car il se sauvait) quelques photos et

balança de droite à gauche des flashs réitérés. « Heigh-ho, heigh-ho, heigh-ho, heigh-ho

L’animal hurla, se frappa le torse en arrachant Heigh-ho

hautes graminées géantes et petits arbres. Heigh-ho, heigh-ho

Bon dieu ! Ils seraient ovovivipares ? se On rentre du boulot ! »

demandait Victor en activant sa course.

Au passage, il fit une prise de judo à un Victor se cacha promptement en entendant

kangourou roux qui se mettait en travers (comme beugler cette chansonnette enfantine.

quoi, l’entraide existe chez les Marsupiaux ; à Ce qu’il vit le stupéfia : son ami Sam Frémalle

étudier, mais plus tard !), courut, courut, sentant sa déambulait, ainsi qu’une charmante femme-

mort proche, car de tous côtés tombaient de perroquet, et tous deux chantaient à tue-tête ; ils

grands arbres dans des affolements extrêmes. Il semblaient fort gais, voire sans doute un peu

imagina une veillée funèbre, mais allait-on pompette. Sam se déplaçait bizarrement et tenait à

retrouver son corps ? « La mort ne m’aura pas la main un jerricane. Ils tournaient de temps en

vivant » disait J. C., et Victor courait en zigzaguant, temps sur eux-mêmes comme des totons ou des

tout en se dirigeant habilement vers le volcan qui danseurs soufis. Et ça riait !

semblait enfin se rapprocher. ― Halte là ! Que faites-vous ? cria-t-il en

surgissant du fossé.

Chapitre 4