L’Ampoule n°8 - Alcôves et Souterrains
Les Collines de Hurlefou
Texte : Marc Laumonier Illustrations : Marray
Les Collines de Hurlefou
Résumé des chapitres précédents : Seul (son ami Sam héros s’engouffrait ; la forêt allait s’épaississant, le
Frémalle ayant été fait prisonnier par la redoutable tribu des chemin devenait surnaturel, et la pluie se fit moins
hommes-perroquets), Victor Morand poursuit sa juste quête vive. Victor avait l’impression d’être en sursis, mais
et se perd dans une vallée où les mirages abondent. Berné de quoi ? La nuit, finalement, il décida de la passer,
par un Lugowski robotique dans le Parc naturel régional lové, au creux d’un baobab gris et géant ruisselant
des Collines de Hurlefou, il traverse ensuite des paysages d’un lierre argenté, dont la base était garnie d’une
oniriques ainsi qu’un château mystérieux. Par une nuit large mousse étrangement sèche.
d’orage, il atteint le sommet d’une colline où se trouve la Il se reprocha avec amertume d’avoir laissé son
tombe d’un inconnu. compagnon Sam Frémalle planté sur son poteau de
couleur ; certes, c’était du meilleur effet pour le
Fasciné par ces lettres de lumière, Victor déroulement de l’histoire, mais cela n’avait pas été
Morand ne se rendit pas compte de suite que la bien courageux. Ni bien fair-play. Enfin, demain
pluie tombait drue et avec violence. Il fallait quitter matin, direction : le volcan ! La colline du volcan
cette tombe mystérieuse. Le chemin opposé des- n’était séparée que par une seule autre colline, ça
cendait abruptement. Face à lui, les contours d’un allait être du gâteau, un cadeau.
volcan se dessinaient au loin, phare rouge dans le
noir zébré d’éclairs : un amer. Fusil dans le dos, À l’aube claire et parmi le chant des oiseaux et
notre aventurier décida de descendre dans le noir les cris des singes, Morand se mit en route. Des-
absolu. Seuls le feu du ciel et les lueurs du volcan cendant des sentes parfumées et dont les déclivités
lui permettaient de se déplacer. En progressant, il descendantes lui rappelaient son pays natal, la
découvrit de nombreuses autres tombes assez Beauce, il franchit un petit gué nommé « Les Trois
petites et plutôt verticales, en pierre, vestiges d’un Sautets » (une pancarte l’indiquait), il fit donc trois
temps ancien ; elles lui rappelaient les tombes petits sauts comme un cabri insouciant et réussit
Waruga, celles où les morts étaient posés accroupis tout juste à passer. S’il avait lu plus attentivement le
et debout. Victor commençait à avoir froid et il panneau, il aurait vu que quatre, voire cinq sauts
accéléra sa descente, bizarrement la transparence étaient également autorisés, moyennant une
de la pluie violente et les éclairs fréquents créaient amende forfaitaire somme toute raisonnable. Mais
une sorte de sillon lumineux dans lequel notre tel était Victor Morand : un aventurier !
Chapitre 4