L’art du bien-être extrême

Cheryl Richardson · Chapitre 3 sur 15

Pages du PDF

L’art du bien-être extrême

Chapitre 2

 

Miroir, mon beau miroir

 

Il y a quelques mois, j’ai été invitée à participer à l’émission télévisée The Oprah Winfrey Show pour parler de la Loi de l’Attraction. Je fus rejointe sur le plateau par Martha Beck, l’auteure de Trouver sa bonne étoile et le chemin de la réalisation de soi, et par Louise Hay, l’auteure de Vous pouvez changer votre vie ! et la fondatrice de la maison d’édition Hay House, éditeur de ce livre. Durant l’émission, alors que la discussion tournait autour du fait d’utiliser le pouvoir de l’esprit pour diriger le cours de nos vies, Louise a insisté plusieurs fois sur l’importance d’apprendre à s’aimer soi-même, qu’elle jugeait indispensable pour attirer la joie, l’abondance, le bien-être, les expériences significatives et autres.

 

E lle a suggéré à plusieurs reprises que les spectateurs présents dans le studio et les téléspectateurs répètent, sur une base quotidienne, un exercice consistant à dire : « Je t’aime » chaque fois qu’ils se regardent dans un miroir. Lorsque l’émission approchait à sa fin, je me suis dit que je devais porter une attention particulière à ce qu’elle disait.

À quatre-vingt-deux ans, Louise est une âme pleine de sagesse, une femme qui a connu une vie extraordinaire et qui a été une source d’inspiration pour des millions de personnes. J’étais émue et impressionnée de la voir aussi convaincue du pouvoir de l’exercice du miroir. Après tout, il était question de l’importance de s’aimer et de s’accepter soi-même, ce que je considère comme étant la base du concept du bien-être extrême. Par conséquent, j’ai aussitôt décidé de prendre les conseils de Louise très au sérieux. J’allais commencer à dire : « Je t’aime, Cheryl » chaque fois que je me regarderais dans un miroir, tous les jours pendant un mois, et voir ce qui se passerait.

* * *

Pour la majorité des gens, la simple idée de se dire : « Je t’aime » lorsqu’ils se regardent dans un miroir est un exercice délicat. Le simple fait d’y penser peut sembler embarrassant ou absurde et ce n’est pas une chose facile à faire. En fait, pendant les jours qui suivirent l’émission, malgré mon intention de mettre en pratique les suggestions de Louise, j’oubliais sans cesse de le faire. Puis, un soir avant de me coucher, je me suis souvenue de mon intention. Finalement, je me suis placée juste devant le miroir et, me regardant droit dans les yeux, j’ai dit : « Je t’aime, Cheryl. » Aussitôt, je me suis sentie gênée, comme si quelqu’un me regardait. J’ai fait une autre tentative et j’ai détourné aussitôt le regard en me sentant embarrassée. À ma troisième tentative, je me suis rendu compte que je me concentrais sur les rides autour de mes yeux, sur mes sourcils qui avaient besoin d’être épilés et sur la façon dont la peau de mon cou semblait se relâcher. « Super, me suis-je dit, j’essaie de m’aimer davantage et voilà que je porte un regard critique sur mon processus de vieillissement. » J’avais échoué lamentablement.

Qu’y a-t-il d’aussi absurde dans le fait de nous dire que nous nous aimons ? Pourquoi est-ce si difficile de faire quelque chose qui paraît si simple ? Parce que nous regarder intensément, particulièrement dans les yeux, est un acte très intime. Même si nous utilisons un miroir pour notre toilette quotidienne et notre maquillage, nous prenons rarement le temps de nous observer pendant plus de quelques secondes. Quand nous le faisons, nous devons faire face à la réalité. La plupart d’entre nous se trouvent confrontés au fait que nous avons abandonné la personne que nous voyons dans le miroir.

Je sais que lorsque je me suis regardée dans les yeux en répétant la phrase : « Je t’aime, Cheryl », j’ai été confrontée au fait que cette affirmation sonnait faux. En réalité, je voyais les défauts bien avant de ressentir de l’amour. Et c’était là, le problème.

Pour pratiquer le principe du bien-être extrême, vous devez apprendre à vous aimer d’une façon incondition-nelle ainsi qu’à accepter vos imperfections et vos faiblesses. D’un point de vue spirituel, il s’agit de reconnaître que vous êtes une âme incarnée dans un corps physique, et que vous êtes ici pour apprendre à exprimer davantage ce que vous êtes réellement. Quand vous vous traitez et quand vous vous voyez avec le respect que vous méritez, vous trouvez la paix que procure le fait d’être présent à vous-même. La raison pour laquelle il est si difficile de vous regarder profondément dans les yeux est parce que cela force l’amour-propre à s’écarter pendant que vous expérimentez un moment où vous voyez votre vraie nature : un être spirituel abrité dans une coquille physique.

Le test du miroir fonctionne vraiment !

Après avoir entendu que Louise était très sérieuse quand elle parlait de l’exercice du miroir et avoir vu ce qu’elle avait créé dans sa propre vie, j’ai été poussée à la prendre au sérieux. J’ai donc décidé d’exécuter scrupuleusement le test de miroir pendant les trente jours qui ont suivi — je voulais voir ce qui se passerait si je m’entraînais à le pratiquer avec une grande régularité. Chaque fois que je passais devant un miroir, je me regardais dans les yeux en disant : « Je t’aime, Cheryl. » Que ce soit en lavant mon visage, en conduisant ma voiture, en essayant des vêtements dans une cabine d’essayage ou en regardant mon reflet sur l’écran de mon ordinateur, j’essayais de voir plus loin que les pensées typiques de critique pour détecter l’essence de ma vraie nature. Après la troisième journée, un phénomène très intéressant a commencé à se produire.

Chaque fois que je disais : « Je t’aime, Cheryl », je me sentais un peu moins ridicule et un peu plus indulgente envers moi-même. Ce n’était toujours pas facile, mais cela devenait un peu moins embarrassant. À la fin de la première semaine, j’ai remarqué que les voix critiques que j’entendais dans ma tête avaient commencé à s’adoucir. Quand mon esprit se tournait vers mes faiblesses, je recadrais lentement mes pensées et je me rappelais que j’apprenais à m’aimer et à m’accepter, au lieu de tenir un inventaire de ce qui devait être changé ou amélioré. Durant la deuxième semaine, ce point de vue plus complaisant et plus bienveillant a commencé à se répercuter dans ma vie de tous les jours. Je devenais plus patiente envers les autres aussi bien qu’envers moi-même. J’étais maintenant capable de guider mon esprit vers le présent au lieu de me soucier autant du passé ou du futur. Et j’étais moins prompte à me pousser à faire des choses que je ne voulais pas faire. « Hum, pensai-je, cet exercice n’est peut-être pas aussi ridicule, après tout. »

Alors que je continuais à pratiquer cet exercice durant le mois en cours, un changement interne s’est produit. Je commençais à développer une relation plus profonde et plus respectueuse avec moi-même. Je remarquais que même si je me retrouvais dans une situation stressante ou dérangeante, je ne me sentais pas aussi déprimée et je passais bien vite à autre chose. Au lieu de cela, je restais calme et pondérée… plus à même de trouver mon équilibre. Quand quelque chose me frustrait, je cessais d’intensifier l’ampleur du drame et je me contentais de laisser aller. Si quelqu’un disait ou faisait quelque chose qui me blessait, j’en faisais aussitôt état.

Je commençais également à me préoccuper davantage de ce qui entrait dans mon esprit et dans mon corps, en évitant les nouvelles déprimantes ou violentes, et j’allais jusqu’à choisir plus d’aliments nutritifs.

Et alors que je persistais à exécuter l’exercice du miroir, j’ai commencé à voir une partie plus affectueuse de moi-même se refléter dans d’autres secteurs de ma vie — des secteurs que je n’avais jamais pris en considération ou sur lesquels je n’avais pas porté mon attention auparavant. Par exemple, mon mari et moi avions adopté un magnifique chartreux bleu-gris que nous avions trouvé dans un refuge. Alors que nous nous attachions à ce chaton que nous avons appelé Poupon, je pouvais me rendre compte que je changeais. La façon dont je traitais Poupon était celle que j’avais apprise pour me traiter moi-même.

Il est étonnant de voir à quel point les animaux de compagnie peuvent nous aider à voir tout l’amour que nous avons à donner. C’est assurément le cas pour moi. Quand je suis avec Poupon, j’utilise un ton de voix plus gentil et plus doux. J’aime le nourrir avec des aliments de qualité et lui donner de l’eau fraîche et pure durant la journée. Je prends toujours le temps — même si je suis très occupée — de jouer avec lui et de lui donner l’attention et les soins dont il a besoin, et de lui faire faire de l’exercice. Et s’il fait une bêtise, comme casser un verre ou faire tomber les plantes, je me contente de l’éloigner patiemment et de nettoyer les dégâts. Je ne le réprimande jamais pour ses erreurs.

Tout comme mon chat est un merveilleux miroir pour me montrer la façon dont je dois me traiter, vous avez, vous aussi, un miroir qui reflète un côté plus affectueux et plus tendre de votre personnalité. C’est peut-être votre enfant, votre petit-enfant ou votre jardin — ce qui vous importe le plus et envers qui vous démontrez une grande affection et vous faites preuve d’une grande patience, détient des indices qui vous montrent la façon dont vous devez prendre soin de vous plus régulièrement.

Plus longtemps j’utilisais l’exercice du miroir, plus je commençais à voir qu’un important changement se produisait : d’une bonne fille, je devenais une bonne mère. À un niveau fondamental, c’est ce que représente le bien-être extrême : un amour maternel extraordinaire. Une bonne mère sait ce qui aide un enfant à se sentir bien dans toutes les situations. Elle développe un sens très aiguisé qui lui permet de savoir ce dont ses enfants ont besoin, et, avec un regard aimant et perspicace, elle fait de son mieux pour combler leurs besoins.

Tout en réfléchissant au sujet du concept d’être une bonne mère pour soi-même, je me suis souvenue d’une expérience que j’ai eue alors que j’enseignais le concept du bien-être extrême à Kripalu, un centre de ressourcement situé dans la magnifique région des Berkshires, à l’ouest du Massachusetts. Comme je le fais souvent au cours de mes séjours de retraite, j’ai fait jouer un de mes CD préférés — Mother Divine par Kurt Van Sickle —, un chant qui aide les participants à calmer leur esprit préoccupé durant un exercice de méditation. Quelques minutes après le début de la musique, plusieurs personnes se sont mises à pleurer. Parcourant la salle du regard, j’ai songé au nombre de fois où j’avais assisté à une telle scène au fil des ans. À plusieurs reprises, lorsque j’avais fait jouer cette musique, des hommes et des femmes avaient été émus aux larmes.

Ce jour-là, après la fin de la méditation, j’ai attendu quelques minutes avant de demander aux participants de parler de leur expérience. De nombreux membres du groupe ont déclaré que la musique les avait plongés dans une profonde tristesse — une forte envie de se connecter à une présence maternelle qui les enlacerait, prendrait soin d’eux et les réconforterait.

Certains ont parlé de leur quête d’une forme d’amour maternel qu’ils n’avaient jamais connu dans leur enfance. En écoutant leurs histoires, j’ai senti un profond sentiment de compassion pour leur douleur. Nous voulons tous la même chose et nous en avons tous besoin, et c’est ce que le bien-être extrême peut nous procurer : nous sentir aimés et protégés.

Défi à relever pour atteindre le bien-être extrême : Apprenez à vous

aimer Même si l’idée de pratiquer l’exercice du miroir peut sembler plus une parodie de l’émission télévisée Saturday Night Live (vous souvenez-vous de la caricature de Stuart Smalley exécutée par Al Franken ?) qu’un acte d’amour-propre et d’acceptation, je vous mets au défi de le faire. Pendant chacun des trente prochains jours, efforcez-vous de vous tenir, debout ou assis, devant un miroir, regardez-vous droit dans les yeux et répétez à haute voix : « Je t’aime [ajoutez votre prénom]. »

Répétez cet exercice sans vous demander si cela paraît embarrassant ou absurde. Répétez-le jusqu’à ce que vous vous sentiez engagé dans une voie spirituelle — comme une présence qui est plus profonde, plus vaste et plus expansive que votre Moi physique. Considérez cet exercice comme une façon de dépasser votre personnalité appelée « vous » et connectez-vous à vous-même plus profondément, au niveau de votre âme. Cette expérience prend du temps ; par conséquent, ne vous inquiétez pas si cela semble difficile. Vous aurez un mois entier pour vous entraîner, et vous n’avez pas besoin de vous presser. Pour le moment, contentez-vous de faire le test et soyez à l’aise avec ce nouveau niveau de relation et d’intimité.

Ressources

7 Vous pouvez guérir votre vie, par Louise L. Hay — un des premiers livres

de développement personnel qui a passé l’épreuve du temps, qui raconte

la vie de Louise et qui fait le lien entre l’esprit et le corps en utilisant une

liste de référence pratique des maladies physiques et de leurs déclics

émotionnels correspondants.

7 Vous pouvez guérir votre vie, le film — un DVD inspirant qui décrit le

cheminement inspirant de Louise. Il présente également des sommités

dans les domaines du développement personnel, de la santé, de la

spiritualité et de la Nouvelle Pensée, qui parlent du pouvoir de nos

pensées pour influencer notre qualité de vie.

7 Mother Divine, par Kurt Van Sickle — un chant pour inspirer l’amour

maternel.

7 Mon CD Tuning In: Listening to the Voice of Your Soul — qui vous incite

à plonger au fond de vous-même pour atteindre votre propre sagesse en

effectuant une méditation guidée de dix, vingt ou trente minutes.

7 A New Earth: Awakening to Your Life’s Purpose, par Eckhart Tolle — un

ouvrage de développement personnel qui vous servira de guide pour vous

comprendre et vous percevoir comme un être spirituel vivant une

expérience humaine.

OceanofPDF.com