Le Champ des Lucioles (French Edition)

Darren Lilium · Chapitre 14 sur 16

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Le Champ des Lucioles (French Edition)

21. La foi d’un homme

 

La neige avait cessé de tomber et le vent s’était plongé dans le silence, une légère brise caressant simple la surface du manteau d’hiver que le sol avait revêtu. Le soleil perçait le ciel timidement à travers les nuages et faisait briller le paysage comme des millions de diamants scintillants. Généralement, ce genre de spectacle aurait été un véritable bonheur à regarder, mais il était impossible de faire abstraction des taches rouges et des corps à moitié enterrés, gisant ici et là sur la route.

Le panneau de la ville dans leur dos, Adrien, Lyssandre, Maxime et Zack étaient enfin parvenus à s’échapper du piège urbain mortel. Nul ne parlait, il n’y avait rien à dire d’ailleurs, une atmosphère lourde régnant au sein du groupe. Adrien menait la marche et le trinôme n’avait plus qu’à suivre les empreintes de ses chaussures, fraichement dessinées dans la neige.

 

Adrien contemplait devant lui la route s’étendre avant de disparaître sous un voile blanc à l’horizon, comme dévorée par un abysse lumineux et gigantesque. Par temps clair, on pouvait observer le clocher de l’église de son village de là où il se trouvait, même s’il se trouvait à plusieurs kilomètres d’ici. Lui, aujourd’hui, ne voyait rien, hormis la forêt qui trônait fièrement au bord de la route, en contre-bas. Il laissait son esprit divaguer, ficeler de beaux ou d’horribles scénarios pour son retour au pays, son retour à la maison. Allait-il retrouver sa sœur, barricadée et en sécurité ? Ou la retrouverait-il, debout dans le salon, les yeux brillants tels des émeraudes ? Non, il le savait, au plus profond de lui : Elsa était en vie. Il avait fait la promesse à ses parents, à genoux, devant leur cercueil, il allait protéger leur fille, protéger sa petite-sœur.

Sans s’en rendre compte, Adrien pressa le pas et imposa à ses suivants un rythme inconfortable par temps de neige.

—Adrien, demanda Lyssandre, pourquoi tant de hâte ?

—Je dois rentrer chez moi.

—Je le sais, pour retrouver votre sœur. Mais je doute que nous parvenions à garder ce rythme jusqu’à la fin. Ne nous épuisons pas inutilement. Votre jambe ne tiendra pas jusque-là…

Ma jambe ? Releva-t-il sans parler. Il s’arrêta et examina sa cuisse. Le pansement qu’avait fait Henry était imbibé de sang et en moins d’une minute, la neige buvait le liquide rouge qui glissait le long de ses vêtements. La plaie s’était ouverte, sûrement après son passage dans l’immeuble et sa chute du balcon, pourtant, il ne s’en était même pas rendu compte. En vérité, Adrien avait mal partout et malgré le froid qui anesthésiait la plupart des coupures, tout son corps semblait en miette.

—Je ne voulais rien dire, car vous étiez pressé, poursuivit la jeune femme en s’approchant d’Adrien, mais si vous continuez comme ça, vous allez mourir avant d’arriver chez vous. Nous devons faire une pause et examiner votre jambe.

Lyssandre lança un regard à Zack, mais ce dernier refusa de s’approcher, contrarié, du sang séché au coin du nez.

—Ce mec m’a cassé le nez et vous voulez que je le soigne ? C’est une blague, j’espère ?!

—Je n’ai pas besoin de son aide, grogna Adrien. Mais vous avez raison, arrêtons-nous quelques minutes, je changerai mon bandage.

—J’ai une petite trousse de secours, intervint Maxime, je m’occuperai de votre blessure, on doit fermer la plaie.

—Merci, Sergent-chef, fit Lyssandre.

—Merci, dit à son tour Adrien. Allons dans les bois, on sera sûrement plus en sécurité qu’ici.

*

 

Adrien siffla de douleur alors que Maxime lui arrachait son ancienne suture. Après avoir appliqué un désinfectant, qui fit siffler une second fois Adrien, le militaire sutura avec une facilité déconcertante la plaie et la referma. Agréablement surpris, le patient plutôt ronchon depuis le début de leur rencontre lui offrit un sourire assez hésitant rempli de remerciements silencieux.

—Vous êtes plutôt habile avec un fil et une aiguille, souleva Adrien en se rhabillant. Vous avez appris ça à l’armée ?

—Un ami à moi est… Était infirmier au régiment où je servais. Il m’a appris les bases pour pouvoir m’occuper des blessures de mes hommes sur le terrain.

—Était ? Il… Enfin, l’armée, que s’est-il passé pour vous ?

—Exactement la même chose que pour les civils. Nous avons été envahis si vite que nous n’avons pas eu le temps de nous retourner. Si je suis ici aujourd’hui, c’est simplement grâce à la chance.

Adrien vérifia que Lyssandre et Zack était assez loin pour ne pas entendre des paroles à voix basse et en profita pour questionner le militaire.

—Vous croyez vraiment à tout ça ? Chuchota Adrien.

—Écoutez Monsieur Donatien.

—Appelez-moi Adrien, Monsieur Donatien, c’était mon père.

—Adrien, j’ai vu des choses que je ne pourrai pas expliquer, même si je le voulais. Les morts ne peuvent pas rentrer dans les églises. Cela signifie quoi pour vous ? Un hasard ? Une coïncidence ? J’en doute. Les morts qui se réveillent, Lyssandre, ce Khlôros même si je ne l’ai pas vu, tout ça… C’est bien au-delà de notre compréhension. Alors si une femme revenue d’entre les morts me dit qu’il faut trouver un type capable de tuer la Mort en personne et que grâce à ça, on mettrait fin à ce merdier, alors oui, je crois que je suis capable d’y croire.

—Je n’ai jamais cru en tout ça, en Dieu, la religion et tout ce qui s’en suit. Peut-être que je suis trop modeste, incapable de croire que nous, humains, sommes des créations d’un être supérieur et qu’avons été choisi pour être les enfants d’un Dieu. Alors comment pourrais-je croire que j’ai été choisi pour tuer la Mort ? Sérieusement ?

—Je n’en sais rien. Mais ça va bien au-delà de votre personne. Je ne vous demanderai pas d’abandonner votre sœur, mais si nous croisons la Mort, nous devons essayer. Pour tous les autres, pour toutes les sœurs, les frères, les enfants des autres. Si nous pouvons les sauver, nous ne pouvons pas nous dérober. Vous comme moi, nous n’avons plus le choix.

—Facile à dire pour un militaire, vous avez appris à vous battre. Je suis qu’un traducteur, je bosse toute la journée sur une chaise devant un bureau. Je ne sais pas me battre.

—Et cet homme ? Dans la rue.

—Quel homme ?

—Celui sur lequel vous avez tiré, avant qu’on vienne vous trouver. C’est bien vous qui l’avez tué ?

—Comment vous savez ça ?

—Simple intuition. Je peux le lire dans vos yeux. Vous avez un regard qu’on retrouve chez certains soldats. Ceux qui ont fait ou vu des choses qu’un homme ne devrait jamais voir.

—Il voulait me tuer.

—Alors vous avez fait ce qu’il fallait. Mais Adrien. Khlôros veut aussi vous tuer. Pas que vous, nous tous. Il n’est pas différent de cet homme sur lequel vous avez tiré. Vous êtes capable de vous défendre, pour survivre.

Adrien ne trouva aucune réponse à apporter, le militaire avait marqué un point. Mais au fond de lui, il n’était toujours pas persuadé d’être capable d’accomplir ce pourquoi on le destinait. Il se leva, offrit une poignée de main amicale à Maxime qui lui rendit et le remercia sincèrement pour cette discussion. Ils s’apprêtaient à rejoindre les autres lorsqu’un le cri de Lyssandre les interpella.

—Zack, arrêtez !!!

—Je dois le faire !

Soudain, le fusil d’assaut de Maxime dans les mains, le docteur s’approchait, furieux, des deux hommes. Son canon, pointant Maxime, était prêt à cracher l’Enfer.

—Qu’est-ce que vous faites doc ?! S’indigna le militaire en levant les mains.

—Vous complotez contre Lyssandre tous les deux ! Je vous ai entendu ! Je vous ai entendu murmurer ! C’est vous ! Vous voulez l’emmener !

—Mais qu’est-ce que vous racontez bordel de merde ?!

En un quart de seconde, Max et Adrien s’échangèrent un regard et ils comprirent leurs pensées respectives si vite que Zack n’y avait rien vu. D’un pas sur la gauche, Maxime se décala à l’opposé d’Adrien qui à son tour se décalait sur la droite. La haine qu’éprouvait Zack à l’égard du militaire lui voilait la face et il ne se rendait pas compte que petit à petit, ses deux cibles s’écartait jusqu’à ce qu’Adrien disparaisse de son champ de vision.

—Posez cette arme doc et il ne vous sera rien fait, essaya Maxime de le raisonner.

—Non, c’est mon rôle ! C’est à moi de protéger Lyssandre ! J’ai été choisi moi aussi ! Je le sais ! C’est pour ça qu’elle s’est réveillée dans ma morgue, c’est grâce à moi qu’elle a pu sortir des cellules réfrigérées ! C’est à moi de protéger Lyssandre !

—Vous êtes complètement fou allié !

—FERMEZ-LA !!!

Le médecin s’apprêtait à appuyer sur la détente et à faire voler en éclats le crâne de Maxime, mais avant qu’il n’y parvienne, Adrien avait réussi à le contourner et d’un coup de crosse, l’assommait. Le militaire se jeta vers son arme et la récupéra en la caressant, lui promettant de ne plus la laisser sans surveillance.

—Je suis désolée, s’excusait Lyssandre encore toute tremblante, il a attrapé votre arme à côté de votre sac, il… Il a été si vite ! Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qu’il se passait que…

—Ce n’est rien, grâce à Adrien, je suis toujours de ce monde. Merci.

—C’était une bonne idée, releva Adrien en décochant un petit coup de pied à Zack, comment avez-vous su qu’il ne me verrait pas partir ?

—Le doc n’arrêtait pas de me lancer des regards noirs depuis que nous sommes partis de l’église. Je pense qu’il était jaloux de moi et qu’il avait peur que je prenne sa place auprès de Lyssandre. Donc j’étais sûr qu’il allait se concentrer sur moi et uniquement moi. Enfin, il vous aurait tué quand même après m’avoir descendu.

—Il n’y avait aucune place à prendre ! S’indigna Lyssandre. Pourquoi il a réagi comme ça ?!

—Je pense que ce que Maxime essaie de vous expliquer Lyssandre, intervint Adrien, c’est que le docteur était amoureux de vous.

—Oh. Et qu’est-ce qu’on fait de lui maintenant ?

—Laissons-le ici, répondit Adrien en s’éloignant. Il ne mérite plus qu’on s’occupe de lui, en bien comme en mal.

Ils jetèrent un dernier regard à l’homme qui gisait au sol, le visage enfoui dans la neige et le cœur de Lyssandre se serra. Adieu Zack, je ne peux plus rien pour vous désormais.

Mais était-ce réellement un adieu ?

 

22. Le règne animal

Le trinôme avait décidé de poursuivre leur route à travers les bois, la cime des arbres donnant l’impression de les protéger des menaces à venir. Ils marchèrent ainsi pendant une bonne heure à un rythme soutenu, sans parler, l’impression d’avoir commis un acte impardonnable. Lyssandre repensait à sa rencontre avec Zack, après tout, il n’avait pas tort : sans lui elle serait restée coincée en mourant de froid à la morgue. Mais le docteur Rifanati était devenu dangereux, presque fanatique d’une histoire que lui seul s’était racontée. Elle n’allait sauver personne, elle le lui avait répété plusieurs fois mais il n’arrivait pas à s’enlever cette idée farfelue de la tête. Pour Lyssandre, le docteur s’était trompé de messie, s’il y avait un homme à vénérer, dans lequel il aurait dû fonder tous ses espoirs, c’était en l’homme qui marchait devant elle, un fusil à la main, ses habits presque tous recouverts de sang séché.

Les arbres se dispersaient autour d’eux, la forêt arrivait à sa fin et alors qu’Adrien se tenait à la lisère, il scrutait le chemin agricole qui s’écoulait en contrebas, menant, à travers champ, vers son village. De là où il était, il pouvait apercevoir une petite tache orangée et floue, pas très loin de l’église, qui n’était autre que le toit de sa maison. J’arrive Elsa, tiens bon. Ses deux compagnons arrivèrent à leur tour à la sortie des bois et à peine eurent-ils le temps de reprendre leur souffle qu’Adrien s’engageait sur le chemin, déterminé.

—Allons-y, fit-il.

Maxime l’observait avec un certain respect. Il ignorait si, blessé comme l’était cet homme, il aurait réussi à tenir un rythme aussi soutenu. Pourtant, Adrien ne se plaignait jamais. Il avançait, sans ralentir. Tu aurais fait un bon militaire toi, s’était-il dit en s’abstenant d’en faire part à vive voix.

Alors qu’ils étaient à mi-chemin au milieu d’un champ, Maxime s’arrêta subitement, les sens en alerte. Au loin, sur leur gauche, où le soleil brillait le plus fort, il avait aperçu un mouvement, une tâche foncée traversant l’horizon, à plusieurs centaines de mètres d’eux. Le voile blanc de la neige présente dans l’air l’avait empêché de voir correctement ce à quoi ils avaient à faire, mais un froid mortel avait transpercé son dos. Il pensa à la description que lui avait faite Lyssandre sur la Mort, qui ressemblait à un chien noir immense démuni de poil. Était-ce elle qui rodait autour d’eux ? Est-ce que le combat tant attendu, mais tant redouté était enfin arrivé ? Ses bras tremblèrent, rien que d’y penser.

—Vous avez vu quelque chose Maxime ? Demanda Lyssandre qui s’était arrêtée elle aussi.

—J’ai l’impression que…

—Que se passe-t-il ? Releva Adrien à l’arrêt lui aussi.

—J’ai cru voir quelque chose là-bas.

Il désigna les hauteurs du champ et tous les regards se posèrent dans cette direction. Pendant une bonne minute, le souffle court, ils attendirent sans savoir pourquoi puis avant de discerner quoi que ce soit, ils les entendirent : les aboiements. Un éclair de terreur perfora le corps d’Adrien au souvenir désagréable de ses mésaventures passées. Il se souvenait des truffes se posant sur lui, de toutes ces pattes nécrosées qui l’entouraient et de ces estomacs vides impatients d’être comblés. Il espéra, alors que l’horizon était encore vide, que les chiens n’étaient que de passage, mais lorsque le premier apparut en haut de ce champ, suivit de dizaines d’autres, son cœur s’arrêta.

—Ce sont… Commença Lyssandre.

—Des chiens, la coupa Adrien la voix tremblante. Des putains de chiens zombies.

—On n’arrivera jamais à les semer, constata Maxime en jugeant la distance entre eux et le village, on doit se battre. Adrien, vous êtes bon tireur ?

—Immobile, je me débrouille plutôt bien en stand de tir, mais en mouvement, je suis une vraie quiche.

—Abattez ceux que vous pouvez tout de suite. Lyssandre, restez derrière nous. Tenez, prenez ça pour vous défendre.

Il extirpa un couteau de son étui fixé dans son dos et le tendit à la jeune femme qui l’attrapa. Adrien posa un genou à terre, s’assura qu’une cartouche était bien engagée dans la chambre du fusil et visa. Le premier chien qui était apparu, un gros doberman sombre comme la nuit et qui se tenait au centre de la meute, s’aligna au centre de la lunette. Il retint sa respiration, le temps s’arrêta un instant, et la détonation brisa le calme du champ. Le doberman reçu la balle juste au-dessus de la patte avant droite et tomba au sol en gémissant. Ses congénères hurlèrent vers une lune invisible et chargèrent tous en même temps, se dispersant pour prendre possession de la terre. Adrien et Maxime tiraient, touchant cible après cible. Il fallait en éliminer le plus possible avant l’affrontement frontal ou la situation serait ingérable.

La moitié des chiens étaient désormais au sol, la neige buvant leur sang noirci abondamment. Adrien fouilla dans sa poche, attrapa les quelques cartouches qui lui restaient, soit sept, les engagea dans le chargeur et arma le fusil. Il eut le temps de tirer une dernière fois avant que les molosses ne se jettent sur eux…

Maxime esquiva un malinois de justesse, recula, abattit la bête avant de changer de cible. Lyssandre restait comme convenu en retraite, mais les deux hommes étaient dépassés. Adrien avait utilisé sa dernière munition et se battait avec la crosse de son fusil. Les chiens étaient encore quatre et continuaient de s’acharner sans s’arrêter. Maxime empêcha un berger allemand aux poils ensanglanté de lui lacérer la gorge en faisant barrage avec son HK, mais dans son dos, Lyssandre aperçu un chien plus petit, qui aurait semblé inoffensif habituellement, se faufiler pour attaquer le militaire dans son dos. Elle regarda le couteau et n’hésita pas une seconde. Elle se précipita et plongea sur le chien qui s’apprêtait à mordre le mollet de Maxime. Sa lame pénétra la gorge du chien qui n’eut pas le temps de comprendre ce qu’il se passait avant de s’effondrer. D’un coup de pied, Maxime repoussa le berger et lui tira une balle entre les deux yeux.

—Putain ! Hurla Adrien alors qu’il tombait à terre, retenant à main nue la gueule d’un bouledogue anglais qui tentait de le mordre. Aidez-moi !

Maxime arracha le couteau des mains de Lyssandre, s’élança vers Adrien et frappa d’un coup de ranger les côtes du chien qui vola en couinant. Sans lui laisser le temps de se relever, il sauta sur lui, planta son couteau dans la poitrine du chien et les yeux verts de l’animal se révulsèrent.

—Bordel ! Jura Adrien encore au sol en reprenant son souffle. C’était complètement fou ! J’en peux plus de toutes ces conneries !

 

Maxime et Lyssandre observaient le résultat de leur boucherie. Quelques chiens, blessés au point de plus pouvoir se lever, se plaignait en tentant de ramper. Maxime s’avança auprès de chacun d’eux et mit fin à leur jour maudit avec dignité.

—Relevez-vous Adrien, fit Maxime en lui tendant la main, d’autres pourraient arriver.

—J’espère pas ! Lui répondit-il en se saisissant de la main tendue, j’ai l’impression qu’on a tué tous les chiens de la ville.

Adrien survolait les corps sans vie de ce qui représentait autrefois le meilleur ami de l’Homme. Ils avaient abattu une trentaine d’entre eux, et il savait que sans Maxime, qui avait éliminé une grande majorité des chiens, ils seraient morts à l’heure actuelle.

—Vous êtes un sacré tireur, le complimenta le militaire en plaquant une main sur son épaule.

—Vous vous moquez de moi ? J’ai l’impression que vous étiez à un stand à la fête foraine. C’était impressionnant.

—Il n’y a aucun mérite à en tirer… J’ai un chien moi aussi. Ce que nous venons de faire est horrible, mais on n’avait pas le choix.

—Partons les garçons, supplia Lyssandre en se dirigeant vers le village. Je ne veux pas être ici quand d’autres arriveront.

Personne n’osa la contredire et presque en courant, ils rejoignirent les habitations, où un mal bien plus sombre les attendait.

 

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