Le Champ des Lucioles (French Edition)

Darren Lilium · Chapitre 3 sur 16

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Le Champ des Lucioles (French Edition)

La main s’évada de la terre froide.…

La main s’évada de la terre froide. Les doigts se tordirent alors que les ongles s’étaient arrachés sans que le sang ne se mette à couler. La terre était remuée, ici et là, formant des tas irréguliers sur la plaine. Les formes s’agitaient, braillant sans émettre la moindre voix, comme si leurs cordes vocales étaient inexistantes. Elles marchaient sans comprendre ce que signifiait marcher, car elles agissaient comme des nouveau-nés : tout était instinctif. La terre qui était d’une blancheur pure était devenue sale, perturbée et déformée par les êtres qui la piétinaient. Certaines de ces entités blasphématrices étaient toujours prisonnières, enfermées encore dans la noirceur de la roche et de la boue, uniquement protégées par des planches de bois plus ou moins en état. D’autres étaient entièrement ensevelies sous des centaines de kilos de terre, et, sans le savoir, elles allaient y rester pour l’éternité. L’une d’entre elle grattait le ciel solide et noir qui se trouvait à quelques centimètres d’elle. Elle voulait sortir, l’odeur le lui avait ordonné. Sortir, marcher, errer. Il n’y avait aucun but à tout cela…

C’était primitif, une nouvelle loi qui régissait ce monde, et dans ce monde, désormais, les morts marchaient parmi les vivants.

 

À l’instar des squelettes, démunies depuis des années de nerfs, de muscles, de chairs et d’organes pour faire fonctionner au minimum le merveilleux et complexe mécanisme qu’est le corps humain, ceux dont la nécrose n’avait pas atteint un stade avancé s’étaient levés.

Ils marchaient tous, tout d’abord silencieux, puis le premier émis son premier murmure, qui n’était pas plus développé qu’un long son grave qui parcourait les airs autour de lui.

Puis, ils se mirent tous à murmurer, et c’est à ce moment-là que les vivants apprirent leur existence.