Le passé devant soi

Gilbert Gatore · Chapitre 4 sur 14

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Le passé devant soi

Trois

 

 

60. Quand avaient retenti les deux premiers coups de feu, alors que Niko restait étendu au milieu des melons, les singes s’étaient dispersés dans la forêt. Est-ce pour le réveiller et fuir avec lui que ce singe était venu vers lui ? C’est à ce moment qu’il avait été foudroyé par le tir qui devait lui être destiné. Voilà ce que se dit Niko lorsqu’il se décide à s’approcher du singe qui ne geint plus. Il reconnaît qu’il s’agit de celui-là même qui l’avait ramené à lui le jour où il avait chuté dans la grotte. Il peut reconnaître entre mille ce corps massif. Il s’étonne en constatant que le visage du singe a la même expression, comme si la mort ne l’avait pas vraiment atteint. S’il n’y avait cette blessure et ce sang, on pourrait croire qu’il dort, pense Niko. Peut-être est-ce propre à ceux que la mort prend par surprise. Ils n’ont pas le temps de voir la fin les écraser et de faire la grimace de ceux qui meurent avertis.

61. Niko connaît très bien la mine qui caractérise ceux qui meurent prévenus. Il a incarné cet avertissement assez souvent pour repérer ce que les proies ont en commun dans leur expression. Mais il ne doit pas laisser ce genre de pensées l’emporter.

62. Est-ce que ce singe était son ange gardien ? préfère-t-il se demander. Cela dépend, songe-t-il. S’il faut le mériter, la réponse est certainement négative. La mort d’un ange gardien est-elle un signe ? Pourquoi a-t-on besoin d’un ange gardien ?

63. Quand Niko arrive à la grotte, en traînant derrière lui, tel un sac d’ordures, le corps du singe, il est épuisé. Il l’a d’abord porté et traîné avant de constater que ses forces n’en supportaient pas la charge. Il a ensuite essayé de le faire rouler. Mais le corps lourd et raidi du singe s’est montré peu adapté à cette technique. Dans tous les cas, une chose lui paraissait évidente : il n’était pas question, pour lui, de laisser là le cadavre du singe qui lui avait sauvé la vie à deux reprises, jusqu’à payer de la sienne. Il s’est alors assis pour réfléchir.

64. Doit-on quelque chose à son ange gardien ?

65. L’image des chèvres est apparue à Niko comme un éclat de lumière. Il s’est souvenu avoir suivi son oncle Gaspard qui, de temps en temps, partait à l’écart du village avec des chèvres agitées et habillées et les ramenait sur ses épaules, dénudées et silencieuses. Du seau qu’il tenait dans une main dépassait toujours, à l’aller, la pointe brillante d’une machette et, au retour, la peau ensanglantée de l’animal. Un jour, Niko avait suivi son oncle parce qu’il avait choisi, pour l’égorger, une bête à laquelle il tenait plus que tout.

66. C’est une chèvre à laquelle Niko avait essayé d’apprendre à parler. Pour gagner la confiance de l’animal, il avait commencé par lui donner un nom. Il choisit de l’appeler Niko, comme lui-même. Ensuite, il avait décidé de vivre comme lui, seule façon de comprendre comment il fonctionnait. Pendant plusieurs mois, les deux Niko passèrent donc ensemble le plus clair de leur temps, inséparables, à téter, à brouter et à courir l’un derrière l’autre ; même si dans cette dernière activité, il faut le dire, c’est plus Niko qui courait derrière Niko que le contraire. Le soir, avant le coucher, Niko s’appliquait à apprendre au biquet les subtilités du langage des humains. Étant lui-même muet, il y a évidemment des détails dans lesquels il ne pouvait pas entrer.

67. En fait, l’apprentissage se fit d’une façon dont personne ne peut prétendre avoir compris le secret.

68. En y repensant, il paraît à Niko que la fête pour laquelle son homonyme animal avait été égorgé avait été fictive. On avait voulu le priver du seul être qu’il aimât. Il en garde une profonde blessure qui lui refait mal lorsqu’il y repense, longtemps après.

69. Lorsqu’il avait vu Gaspard entrer dans l’étable avec le seau au fond duquel rutilait la lame d’une machette, il avait su ce qui allait se passer. Niko allait partir entier et revenir en deux parties, la peau dans le seau et le reste sur les épaules de son oncle. Il avait pensé à empêcher Gaspard de faire du mal à Niko, mais quelque chose l’en avait dissuadé. Il avait vu le chevreau être mis en laisse, puis tiré loin du village. Il avait deviné, derrière les bêlements affolés, les prémisses d’un langage intelligible, fruit de toute sa patience. Il avait suivi son compagnon, discrètement, jusqu’au ruisseau où, sans cérémonie, la machette infaillible de Gaspard l’abattit d’un coup net à la nuque. Il avait vu Niko tenter en vain de se défaire de la prise ferme de Gaspard, puis s’immobiliser, comme si, une fois la mort certaine, la victime avait compris qu’il était de son intérêt de coopérer. Il avait ensuite observé la manière dont son oncle avait suspendu Niko inerte, la tête en bas, pour le débarrasser de sa peau et de ses entrailles.

Il avait même aperçu dans la fumée qu’exhalait la chair rose s’envoler une âme intelligente et déçue. Pendant que Gaspard s’était mis à laver la machette et à nettoyer les abats à l’eau du ruisseau, Niko était retourné dans l’étable où il passa la nuit. Depuis ce jour, il ne prit plus le risque de se lier à qui ni à quoi que ce soit.

70. Ne pouvant pas transporter le singe tel quel, Niko a tout de suite pensé à l’alléger en l’éventrant, comme le faisait son oncle Gaspard avec les chèvres. C’est le seul moyen de le ramener jusqu’à la grotte a-t-il constaté avant de se mettre au travail. Ne pouvant pas suspendre l’animal, il s’est contenté de le coucher en travers sur la pente de la colline afin que les entrailles et le sang puissent se répandre sans souiller le reste du corps. Grâce au souvenir des gestes de son oncle et à la machette qui ne quitte jamais sa ceinture, l’opération a été rapide.

71. La nuit et la lumière pâle de la lune l’ont aidé à ne pas distinguer tout ce qui aurait pu l’écœurer. La crainte de voir le singe bouger et la peur de recevoir une nouvelle salve de tirs lui ont fait oublier les odeurs. Enfin, la faiblesse lui suggère de faire des feuilles de bananier un tapis sur lequel il serait plus facile de tirer le corps de l’animal.

72. Comment se fait-il que c’est ce singe qui a été touché et en sa présence se demande-t-il alors qu’il remonte vers la grotte. A-t-il suivi le groupe pour pouvoir ramener le cadavre de son ange gardien ? Que ce serait-il passé si c’est lui qui avait été touché ?

73. Niko n’est pas à l’aise quand il apparaît sur le monticule qui surplombe l’entrée de la grotte. Il n’y a pas que l’animal qu’il traîne derrière lui qui l’encombre. Il se demande aussi pourquoi il s’impose une telle corvée. Cela fait longtemps qu’il a admis que sa vie n’a pas de sens, et n’a pas besoin d’en avoir. Pourquoi alors s’impose-t-il de rapporter ce corps ? Qu’en fera-t-il ? Pourquoi se mettre à avoir ces idées d’ange gardien ou de gratitude au lieu de fuir ? Pourquoi interpréter comme il l’a fait des gestes qui peuvent tout aussi bien signifier le contraire ? Ce qui lui manque, se dit-il, c’est d’avoir le courage de fermer les yeux pour toujours au lieu d’essayer de se maintenir dans un impossible purgatoire.

74. Il doit porter le cadavre quelques pas encore.

75. En franchissant le seuil de la grotte, Niko est accueilli par des glapissements. Ce doit être, suppose-t-il, les singes qui le remercient d’avoir rapporté leur congénère. Que font les singes avec leurs morts ? Les enterrent-ils ? Les laissent-ils pourrir là où ils s’écroulent ?

76. Quel sens a pour les singes de voir Niko ainsi ramener un des leurs inanimé et éventré ?

77. Depuis qu’il s’est retiré dans la grotte, donc depuis peu finalement, Niko ne supporte plus le bruit et il est obligé de faire un effort irreprésentable pour accepter sans protester cette gratitude tapageuse. En revanche, l’isolement ne détraque pas ses sens qui, prend-il conscience, deviennent bien plus vifs qu’avant. Ses oreilles distinguent les mouvements les plus discrets. Ses yeux recueillent les sons les plus lointains. Son nez caresse des formes invisibles. Ses mains sentent des odeurs insoupçonnables. Quant à sa langue, elle déniche des sentiments indescriptibles dans l’air qu’il respire. À cause de cette sensibilité, il ne pourrait plus supporter de vivre ailleurs que dans cette grotte. Les gens et leur tapage incessant le rendraient fou. Depuis quand ressent-il les choses ainsi ? Est-ce à cause ou malgré cela qu’il a tué autant de gens ? Ceux qui tuent, ont-ils une raison ? Et ceux qui meurent ? Voilà les idées qui occupent l’esprit de Niko alors qu’il arrive à la grotte.

*

Pourquoi les différents moments d’une vie ne font sens qu’une fois qu’on les a traversés ? La vie est-elle en somme une marche à reculons ? Contrairement à ce que l’on affirme souvent, pour se rassurer peut-être, ce qui est devant soi, n’est-ce pas le passé plutôt que le futur ? L’avant et l’après peuvent-ils être vus comme une seule et même chose ?

Pourquoi pense-t-elle ceci ? Allez savoir…

Maintenant, elle croit comprendre ce qui l’a poussée à se comporter avec ses parents comme elle l’a fait, ce pourquoi elle les a désignés comme les ennemis de son bonheur. Son explication est un peu tortueuse mais assez proche de la réalité.

Ce que la générosité de ses parents lui a enlevé c’est de pouvoir être orpheline, de l’être sans circonstance atténuante ; d’en être anéantie ou d’en renaître. Ils l’ont privée de la possibilité d’être submergée par la tristesse et d’en émerger. Avant même qu’elle réalisât qu’elle était noyée, ils la sortirent de l’eau, lui offrirent des habits secs et une tasse de chocolat chaud. Ils l’éloignèrent du lac où le destin semblait pourtant avoir décidé qu’elle dût mourir. Ils la poussèrent à avancer et l’entourèrent tant et si bien que le lac disparut de l’horizon avant qu’elle pensât à se retourner. Peut-être leur en voulait-elle de l’avoir distraite du deuil de ceux que la chance avait oubliés.

En la sauvant, ils ne lui avaient pas permis de pouvoir se plaindre de ce qui lui était arrivé. C’est bien là le problème avec les anges : leur générosité empêche que s’accomplissent la cruauté et l’absurdité auxquelles sont condamnés les humains. Leurs ailes prévenantes protègent et gênent. Comme on le lui rappela trop souvent, il ne fallait pas oublier qu’elle était malgré tout chanceuse d’être toujours en vie. Elle dût s’accrocher à ce silence et à cet oubli comme une façon de dire sa gratitude, paraître heureuse pour ne leur donner aucun regret, feindre que ce qu’elle avait grâce à eux compensait ce qu’elle avait perdu.

Pour l’anniversaire de ses dix-huit ans, ils lui avaient offert deux classeurs de photographies qui déroulaient sa vie en images et chronologiquement. « Tout y est ! », lui avait dit son père visiblement fier. Son arrivée, avec la première photo où elle apparaît, maigre et apeurée, emmitouflée dans un pull trop grand pour elle. La découverte de ce qui serait sa chambre. Les manifestations organisées en son nom afin de réunir des fonds et aider d’autres enfants moins chanceux qu’elle. Son premier jour à l’école. Ses anniversaires, confondus avec sa date d’arrivée à défaut de connaître sa réelle date de naissance. Ses vacances. Ses galas de danse et de piano. Les courses à pied. Et bien d’autres événements encore répertoriés dans ces volumes.

Tout y était sauf ce qu’il n’y avait pas, c’est-à-dire ce qui avait eu lieu avant la première photo. Après avoir tout feuilleté et remercié elle revint à cette première image. Elle ne put pas se retenir de pleurer. Elle laissa croire à l’assemblée alors réunie qu’elle pleurait de joie, émue par l’afflux de souvenirs. En réalité, ce qui l’attrista, c’est que cette consignation soignée et systématique de ses faits et gestes depuis qu’elle était là ne faisait que souligner ce qui était omis, ce qu’il y avait eu avant tout cela.

Maintenant, alors que ses pensées l’y ramènent, elle peut formuler assez clairement ce qui s’est passé. C’est une aigreur diffuse qui s’est emparée d’elle et qu’elle a d’abord répandue sur elle-même et sur ses parents. Elle eut besoin de sentir et de montrer la cicatrice qu’elle s’était tant appliquée à couvrir. Petit à petit, elle se priva de jouir de la vie, non pas que cela lui répugnât, mais parce qu’elle ne voulait plus cautionner ce qu’ils avaient fait pour son épanouissement. Ou plutôt, elle n’acceptait pas de n’être que cette fille brillante dont ils étaient si fiers.

Elle commença aussi à détruire ses réussites et cacher ses joies. Elle cessa ses cours de piano ainsi que la danse qui lui avait donné une sveltesse et une élégance exceptionnelles. Elle ne s’enthousiasma plus pour ses cours et ne poursuivit son cursus que malgré elle d’une certaine façon, usant et épuisant l’avance acquise lorsque ses études l’avaient passionnée. Ses parents virent qu’elle changeait, mais ils lui assuraient qu’ils savaient qu’elle se reprendrait quand le moment crucial se présenterait. Ils assuraient comprendre qu’elle avait besoin de lâcher du lest, de vivre. Après tout, elle arrivait à un âge où elle devait affirmer sa liberté. Il fallait admettre qu’elle fit les choix qu’ils avaient faits à sa place jusque-là. Leur confiance la désespérait. Ils ne comprenaient pas ce qu’elle essayait de leur dire, alors elle haussa le ton.

Ainsi procéda-t-elle d’abord par des allusions si indirectes qu’elles en étaient presque imperceptibles. Elle oublia de leur laisser le mot auquel elle les avait habitués lorsqu’elle sortait. Elle ne vint plus les embrasser avant d’aller se coucher. Elle ne mangea plus avec eux, prétextant toujours un emploi du temps spécial. Finalement, comme ils continuèrent à la comprendre, elle quitta la maison et partit étudier à Paris. Au cas où cette distance n’aurait pas suffi, elle changea de numéro de téléphone. Malgré cela, elle ne fut pas entendue, lui sembla-t-il. Son comportement passait pour une crise d’adolescence tardive.

Il lui paraît que toute sa vie, jusque récemment, n’a été qu’une tentative vaine pour dire à ses parents et à tout le monde son malaise.

Lorsqu’elle ne put plus s’en prendre à eux, elle entama de se détacher de l’autre. Cela ne fut pas difficile car il donnait une large prise aux trombes de caprices, de reproches et de frustrations qu’elle déchaînait contre lui. Assez vite, il ne fut plus qu’une marionnette qu’elle convoquait, manipulait et rejetait à sa convenance. Trop épris d’elle, il s’en contenta. Trop ivre de son pouvoir, elle en abusa, jusqu’à le trouver trop faible pour mériter d’être aimé.

Ce fut ensuite le tour de ses amis. L’un après l’autre, y compris Victor, ils s’éloignèrent, de guerre lasse. La dernière fois qu’ils se virent, Victor lui avoua qu’il ne la supportait plus. Elle se rappelle à peu près ce qu’il lui dit alors. Il l’aimait beaucoup, mais elle l’obligeait à réaliser qu’il est impossible d’aider quelqu’un qui ne s’aime ne serait-ce qu’un peu. Il parlait d’elle bien sûr. Il lui fit remarquer qu’elle donnait l’impression de mettre sa dernière dignité dans l’obstination à s’enfoncer et à n’accepter aucune aide. Cela était insupportable pour lui et peut-être dangereux puisque, à défaut de la sauver, il risquait d’être emporté dans sa noyade.

Une fois encore, Victor dit juste. S’il y a une personne dont elle regrette la compagnie aujourd’hui, quelqu’un qui lui manque, organiquement, c’est-à-dire sans qui elle se sent incomplète, c’est lui.

Du loin de sa nouvelle vie, elle regrette aussi le mal qu’elle a pu penser et faire alors. Mais elle est fière d’avoir osé sortir d’un rôle si facile, pour conquérir celui qu’elle joue aujourd’hui et dans lequel elle s’est sentie heureuse pendant un temps. Cette époque lui paraît lointaine, irréelle.

Pendant le temps qu’elle passa à travailler son projet puis à attendre les avals dont elle avait besoin, elle ne sortit presque pas de chez elle sauf pour se procurer des livres, des sucreries ou faire des photographies pour sa collection d’images de pieds. Lorsqu’elle avait fini, elle s’étendait sur son lit et fixait le plafond où les taches et la poussière dessinaient des figures chaque fois nouvelles. Elle s’abandonnait à cette contemplation en se disant que la vie lui conviendrait si elle pouvait s’y arrêter définitivement sans que cela impliquât aucune conséquence désagréable.

Maintenant que toute cette eau trouble a décanté, ce comportement la remplit de honte. Comment a-t-elle pu en vouloir à ses parents, à l’autre et à ses amis de ne pas avoir su combler le trou laissé en elle par la perte des siens, de ses amis et de son pays ? Comment a-t-elle pu ignorer que ce qui la rongeait n’avait rien à voir avec eux ? Pourquoi a-t-elle eu besoin de les exclure de sa souffrance ?

Elle se souvient d’un message laissé par ses parents sur le répondeur de son téléphone. Elle l’entend comme un écho étiré par le temps et la distance. « Isaro, c’est ton école qui nous a donné ton numéro. Nous avons appris que tu n’allais plus en cours et que tu ne répondais plus au téléphone. Cela nous inquiète. Pas pour les cours mais pour toi. La banque nous a informés que ton compte est toujours utilisé, donc nous en déduisons que tu es en vie et assez bien portante pour faire des retraits à des machines différentes. Si prendre le large est la condition de ton bonheur, nous l’acceptons mais si un jour tu veux nous donner de tes nouvelles, sache que nous nous en réjouirons toujours. » C’est son père qui avait parlé, lentement et distinctement comme s’il avait lu un mot, puis sa mère avait ajouté : « Tu nous manques, petite perle. On t’aime ! Que Dieu te garde. » Elle ne leur avait pas fait signe, si ce n’est en changeant de banque. Ils ne l’avaient plus appelée.

Ce qu’elle ressent en y repensant dépasse la honte.

 

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