LES Ruffians DE Paris - Tome I - LA Dent DU RAT

Auguste Poitevin - Pseudonyme Maurice Drack · Chapitre 13 sur 13

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LES Ruffians DE Paris - Tome I - LA Dent DU RAT

Xiiil’envers du Pouvoir.

XIII

 

L’ENVERS DU POUVOIR.

 

Lorsque Jacques fut introduit dans le cabinet de M. de La Condamine, il ne put réprimer un mouvement de surprise. Il avait gardé le souvenir d’un adolescent dans toute la fleur de la jeunesse, il retrouvait un homme mûri par le souci des affaires, plus vieux que son âge et portant sur son front pensif la trace profonde des luttes de la veille et des préoccupations du lende-main.

La Condamine alla au-devant de Jacques les deux mains tendues, et, le considérant avec une vive émotion :

– Vous avez bien fait de venir à moi,… et de ne pas douter cette fois… Regardez, je ne suis plus le même, votre premier coup d’œil a dû vous le dire… Le jeune homme frivole, l’étourdi dangereux que vous avez sauvé de lui-même, n’existe plus qu’à l’état de souvenir, et grâce à vos leçons, j’ai pu marcher d’un pas ferme dans la vie difficile que m’a faite la destinée… et, croyez-moi, ce n’était pas chose commode en ce siècle de défaillances universelles.

– Oui, dit simplement Caillebotte, j’ai vu,… et je suis content.

– Vous aurez lieu de l’être plus encore, s’il ne tient qu’à moi, je l’espère, en ce qui vous intéresse. Et c’est de cela qu’il faut parler à cette heure… Votre envoyé m’a bien dit quelques mots de l’affaire au milieu de laquelle vous a jeté votre grand

 

– 404 – cœur, mais pas assez cependant pour que je sache en quoi vous servir… C’est ce que vous allez m’expliquer.

– Écoutez-moi donc, mon ami, dit Caillebotte en s’asseyant en face de lui, de l’autre côté de son bureau.

Cette fois il n’avait plus nulle mesure à garder, et il dit tout, ce qu’il avait vu et fait, ce qu’il avait appris, les papiers tombés en ses mains et les suppositions qu’il croyait en devoir tirer.

Au nom des La Roche-Jugon, de Coppola, de Mme de Frégose, M. de La Condamine avait visiblement tressail-li, et Jacques avait un instant suspendu son récit.

Mais l’autre, lui faisant un signe de n’y pas prendre garde :

– Continuez, nous reviendrons sur ces noms-là plus tard, dit-il.

Et quand Caillebotte eut terminé :

– Ce n’est pas la première fois que mon attention est attirée sur ces La Roche-Jugon. Mais ils tiennent un tel état, ils ont une surface si considérable, des ramifications d’influence si compli-quées, que je me suis perpétuellement heurté, chaque fois que j’ai tenté de jeter un œil sur leurs affaires, à des complicités évi-dentes et menaçantes. J’en sais plus d’un qui ont été brisés comme verre pour avoir essayé de s’opposer à leurs envahisse-ments. Nous aurons bien des précautions à prendre pour ne pas leur donner l’éveil, pour ne pas nous trouver dans leurs mains, avant d’être les maîtres de la situation.

– Comment ! mais ce sont des criminels…

– D’accord ; tout nous permet de le croire, rien de le dire. Et la preuve serait là, en notre possession, que nous ne serions

 

– 405 – pas encore sûrs d’arriver à la produire, à la faire admettre, à ob-tenir quelle devînt publique… On pourrait, si nous commettons la moindre faute de tactique, annuler cette preuve évidente, l’enterrer et nous réduire au silence…

– Le fait est que la justice et ceux qui la rendent…

– Eh ! qui connaît ces dessous-là mieux que je ne les connais ?… Tout ce personnel qui dépend de moi en apparence, m’échappe en réalité et me glisse des mains… La résistance est partout, résistance muette, qui ne se trahit que par le non pos-sumus du magistrat inamovible, aussi terrible que le non pos-sumus des évêques et du clergé. Si, pour nous faire obéir, nous parlons haut, on s’incline avec une apparente soumission, mais alors, pour devenir plus hypocrite, l’indiscipline n’en est pas moins réelle ; on nous lasse par les délais, les remises, les mille formalités plus légales que légitimes que tous les gens de justice savent susciter à leur gré et au profit de leur parti pris.

– Je me demande ce qu’on a fait depuis huit ans.

– De la politique, toujours de la politique et encore de la politique… Mais de réformer un instrument faussé par quatre-vingts ans de favoritisme, on n’y a pas songé ; et pourtant, qui mieux que les gens au pouvoir en reconnaît l’urgence et qui en souffre plus qu’eux… En apparence, placés à la tête de l’administration, on nous croit les maîtres et l’on s’en prend à nous de ce qui se passe au-dessous de nos régions… Mais on ignore que nous sommes en réalité des parias tenus respectueu-sement à l’écart des solutions, et que, dans notre brillante cage de verre, nous sommes en prison comme des frelons inutiles, bourdonnant à la glace et s’y cassant la tête… Tenez, moi, ici, à peine est-il trois personnes en qui je puisse me fier. Bien enten-du je ne parle pas de mon ministre, que je suis obligé de surveil-ler plus que tout autre pour qu’il ne se jette pas en étourneau à travers mes petits travaux de défense ; mais j’ai un chef du per-

 

– 406 – sonnel choisi de ma main, c’est ma seule force ; mon secrétaire, qui est un dévouement vrai, et un huissier sincèrement honnête. En dehors d’eux, je dois tenir tout ce qui m’entoure en défiance, déguiser soigneusement mes visées et procéder par petits coups d’État longuement préparés ; autrement, j’aurais dix fois suc-combé.

– Le pouvoir à ce prix…

– C’est une embuscade perpétuelle… Les La Roche-Jugon dont nous voulons pénétrer les secrets, ont cent créatures dé-vouées dans nos ministères, petits et gros bonnets administra-tifs, qui ont fait, font ou feront leur chemin par eux, et qui ont toujours l’oreille dressée quand ils s’aperçoivent que les intérêts de leurs patrons sont en jeu. Ces gens-là leur servent à la fois d’espions et de boucliers, s’interposant et détournant les coups. Vous voyez au milieu de quels pièges toujours tendus nous al-lons marcher.

– C’est à n’y pas croire,… aujourd’hui, en 1878, ce sont ces gens-là qui sont encore les maîtres…

– Je vois bien ce que vous entendez par ces gens-là… Vous vous dites : la République est encore livrée à l’exploitation des partis hostiles, la proie des monarchistes qu’on n’a pas délogés de leurs positions… Eh bien ! il y a une nuance… Les La Roche-Jugon, puisque nous les prenons pour exemple, ne sont pas forts à ce point que nous constatons, parce qu’ils sont les repré-sentants du principe du droit monarchique, mais quoique, mais en dépit de leur passé, dont ils font bon marché d’ailleurs. Non, l’armée mystérieuse à laquelle ils commandent, eux et leurs pa-reils, n’est pas composée, comme vous pouvez croire, de nos adversaires politiques ; elle en compte bien quelques-uns, mais elle se recrute surtout parmi cette immense classe de sceptiques pratiques qui est la plaie de notre temps et la honte de notre pays, car elle ne songe qu’à se gorger de sa sève jusqu’à la plé-

 

– 407 – thore, dût notre vieille France en mourir. Tant que les luttes de parti ont été quelque peu ardentes, ces utilitaires sont restés divisés en légions, ayant chacune son drapeau, et se faisant la guerre, chassant aux bonnes places, et se disputant la curée. Mais, aujourd’hui que la République n’est plus contestée, ils se sont reconnus et rapprochés, comme étant de la même famille, et forment une effrayante franc-maçonnerie de sangsues qui s’alignent d’un commun accord aux plus riches veines, et s’y collent avec avidité.

– Oui… c’est bien cela.

– Supposez maintenant,… et c’est à peine si la chose est du domaine de l’hypothèse, elle va de soi ; mais supposez un ins-tant qu’un esprit dominateur et rusé, connaissant bien cette si-tuation morale, ait résolu de l’exploiter à son profit, d’en tirer une force organisée. Croyez-vous qu’il aura eu grand’peine à grouper sous sa main une association de gens en place et en crédit, qui se feront d’autant plus volontiers les instruments do-ciles, parfois aveugles et même criminels de sa volonté, qu’ils seront assurés que cette puissance qu’ils édifient, ils pourront s’en réclamer à l’occasion et la mettre au service de leurs ambi-tions, de leurs passions, de leur fortune ?

– Tout cela est contenu dans la note de convocation dont je vous ai parlé.

– C’est à cette conclusion que je voulais arriver, en effet. Les La Roche-Jugon, doublés du Coppola, se sont créé partout des alliances. Ils ont un pied dans tous nos ministères, une oreille ouverte et tendue partout où il y a profit à écouter, la main dans toutes les grandes affaires, et le jour où on les atta-querait de front, on aurait après soi la plus furieuse meute qu’on puisse déchaîner, cette légion de complices qui se sentiraient menacés et compromis dans leurs conquêtes où leurs appétits si leurs patrons venaient à succomber. Vous en avez fait la pre-

 

– 408 – mière épreuve. Dans cette poursuite si légèrement entreprise contre vous, il y a eu un mot d’ordre, car on a passé par-dessus toutes les formalités qui sont les garanties judiciaires de l’accusé. Eh bien ! Jacques, ne craignez pas que je me plaise à constater ainsi leur force, à dénombrer leurs alliés, pour vous engager à renoncer à la lutte…

– Vous me connaissez trop pour qu’une pareille pensée vous vienne.

– Oui, je sais que les difficultés et les dangers n’ont aucune prise sur vos résolutions, et votre exemple me porte même à croire que si les honnêtes gens savaient se défendre comme vous savez vous dévouer, ils arriveraient à être les maîtres du monde et réduiraient à une infime minorité la race des co-quins…

– Eh ! eh ! ne souriez pas,… il suffirait de s’entendre…

– C’est ce que nous allons faire dans le cas présent. Plus nos ennemis sont forts et plus j’ai à cœur de contribuer à les déloger de leur citadelle d’impudence et à les amener désarmés et isolés en face de la loi, dont ils se raillent, et d’une justice qu’ils ne pourront plus corrompre. Et voici comment je distri-buerai les rôles, si vous le voulez bien.

– Parlez.

– Il nous faut le secret complet des La Roche-Jugon. C’est Hoël, la chose est évidente, qui en est le dépositaire. C’est donc de ce côté que vous devez concentrer vos efforts et votre atten-tion. Les précautions que vous avez prises sont excellentes, mais il faut que vous soyez là vous-même pour le recevoir ; à Paris, du reste, vous ne pourriez que courir des dangers sans profit.

– Vous avez raison.

 

– 409 –

– Moi, pendant ce temps-là, je vais travailler, par ma contre-police, à connaître sinon tous les affiliés, du moins les principaux associés des La Roche-Jugon, et une fois maître de ces renseignements, je serai bien malheureux si je ne réussis pas, en les attaquant isolément et politiquement, sous le man-teau, un à un, à briser le faisceau, en en rompant les verges les unes après les autres… Parmi les noms que vous m’avez cités, j’en vois déjà qui me prêtent le flanc. Par voie de déplacement, de mise à la retraite ou même de disgrâce foudroyante, je vais désorganiser la bande et terrifier ceux qui seront épargnés et ne sauront d’où tombent ainsi, droit sur leurs complices, ces coups successifs et si bien dirigés. D’avance déjà je prends goût au jeu. D’autant que c’est œuvre de justice et de réparation sociale. Dès demain, je commence.

– Par Pérignac et Cardailhac Junior ?

– Non pas !… Certes, ceux-là méritent bien le sort qui les attend ; mais, si je les frappais d’abord, on devinerait, mon cher Caillebotte, que votre affaire est liée à leur chute ; on cherche-rait qui peut s’intéresser si puissamment à vous, et mon action, pour être durable, doit rester tout à fait invisible. Heureusement qu’à l’école où je me suis trouvé depuis quelques années, j’ai appris le secret de faire agir les hommes sans qu’ils s’aperçoivent qu’on soit pour rien dans leurs décisions, et de les compromettre à ce point, sans qu’ils s’en doutent, qu’il leur soit impossible de revenir sur une mesure prise… Et si je ne perds pas un instant, lorsque vous me reviendrez en possession de la vérité, vous trouverez, je l’espère, cet édifice de corruption dis-joint, ébranlé dans ses œuvres, si bien miné par la base, qu’il ne faudra plus qu’une dernière poussée de votre main pour qu’il s’écroule à vos pieds dans sa fange.

– Pardieu ! j’y compte.

 

– 410 –

– Prenez avec vous Corréard.

– C’était mon intention.

– Et pour qu’il ne vous puisse être créé d’entraves, je vais vous munir de deux cartes qui auront le privilège de forcer tou-tes les autorités à vous respecter dans votre action. Il faudrait un cas des plus graves pour qu’on se permît avec cela de vous retenir, encore serait-on forcé de m’aviser du fait, ce qui m’autoriserait à intervenir et à vous réclamer. Ce ne sont pas des cartes de police, mais des laissez-passer tout spéciaux, em-portant droit de réquisition, et dont nous n’armons que les per-sonnes momentanément chargées d’une mission secrète. C’est moi qui les donne et seul je suis juge de l’opportunité… Par ex-ception et pour dérouter nos ennemis, s’ils avaient connaissance du fait, je ferai signer ces cartes au ministre cette nuit même,… car il a tout à l’heure, à son retour, plusieurs affaires à traiter avec moi.

– Et s’il demandait quelques explications ?…

– Bon ! il s’en garderait bien… Il aime trop à s’en reposer sur moi. Quand l’événement accompli, il lui sera prouvé que je l’ai débarrassé d’une coterie qui lui mangeait dans la main et substituait son autorité à la sienne, il sera fort touché de l’effort ; mais s’il fallait qu’il en prît sa part, il préférerait, je le connais trop, laisser le champ libre à ces exploiteurs… Ah ! soyez tranquille, il signera les deux cartes comme le reste,… de confiance.

Il sonna l’huissier de service.

– Faites venir la personne qui attend dans le salon à côté.

C’était Corréard.

 

– 411 –

– J’ai un renseignement à lui demander avant de nous sé-parer, dit-il à Jacques.

Quand le policier fut entré.

– Monsieur l’inspecteur, je ne puis que vous féliciter du zèle intelligent que vous avez déployé dans cette affaire. Vous comprenez le devoir d’un représentant de la loi et de la justice comme j’entends qu’il soit compris. Je n’ai aucun goût pour les dévouements aveugles, et, dût-il me prouver que j’ai tort, celui qui me fait voir la vérité où je ne la devinais pas aura toute mon estime. Votre mise en disponibilité ne doit pas vous inquiéter, mais profitez des loisirs officiels qu’elle vous donne pour pour-suivre l’œuvre commencée ; vous serez un précieux auxiliaire pour mon ami Jacques, et je compte sur votre prudence pour l’arrêter sur la pente des audaces qui lui sont familières ;… mais, avant que vous entriez en campagne, je veux vous demander votre avis sur un choix que j’ai à faire. Vous n’ignorez pas que M. le garde des sceaux, président du conseil, a sa police particu-lière ?

Corréard s’inclina affirmativement en souriant.

– Parmi nos agents, j’ai besoin de savoir si, à votre avis, il en est un en qui l’on puisse se fier absolument et qui ait échappé aux séductions de nos adversaires… Vous les connaissez ?

Corréard fit un mouvement significatif.

– Monsieur, dit-il, vous n’en avez que trois qui comptent comme intelligence… Legentil, Cadauran et Berquin…

– Eh bien ?

– Eh bien ! Legentil est absolument l’homme des jésuites ; Cadauran appartient à qui voudra le payer, et ne résistera ja-

 

– 412 – mais à un billet de 500 francs ; quant à Berquin, comme il vend régulièrement au banquier Daliphart la primeur de toutes les nouvelles qui vous arrivent, et que Daliphart est un des habitués de l’hôtel de la rue du Cirque, c’est encore le plus dangereux des trois.

– Diable ! fit La Condamine en regardant Caillebotte, qui se mit à rire, me voilà bien loti !

Puis, après un moment de silence :

– Mais il n’y a que demi-mal puisque vous m’éclairez à temps…

– Et que je puis vous tirer d’embarras.

– Vous avez quelqu’un à me proposer ?

– Oui.

– Dont vous pouvez répondre ?

– Comme de moi-même.

– Qui a déjà rempli de semblables fonctions.

– Pas officiellement.

– Ah ! je comprends, un agent qui travaillait en sous-ordre.

– Pour mon compte.

– Et comment le verrai-je ?

– Veuillez me donner seulement une lettre d’audience pour demain, à l’heure qu’il vous plaira…

 

– 413 –

– Soit, dit La Condamine en s’asseyant à son bureau, à quel nom ? Monsieur… ?

– Non pas,… madame.

– Une femme ?

– Oui… Mme la baronne de Prades.

– Un nom de guerre ?

– Mais non ;… elle est bien la veuve d’un baron de Prades authentique…

– Quel mobile la pousse ?

– Le plus original et le plus honnête. La passion de la jus-tice. Bien que jeune, elle a eu beaucoup à souffrir de quelques coquins de marque. Elle a été prise d’une rage terrible, mais rai-sonnée, de représailles, et elle s’est attachée mystérieusement à l’existence de ceux qui l’avaient frappée dans son bonheur. Une infamie ne marche jamais seule. La première, prudemment commise, reste impunie. Les suivantes, plus audacieuses, livrent leurs auteurs ; c’est le raisonnement qu’elle s’est tenu, et nous nous sommes un jour rencontrés sur la même piste, armés cha-cun de preuves différentes qui se complétaient et conduisirent au bagne le misérable dont elle avait préparé le châtiment.

– C’est un caractère.

– Et une force. Déjà, plus d’une fois, dans des causes déli-cates, j’ai profité de sa pitié pour des victimes dignes d’intérêt, et j’ai dû à son intervention généreuse de faire triompher des causes justes, mais compromises. Aujourd’hui, je n’ai qu’à lui faire part de ce qui nous occupe,… et, je n’en saurais douter,

 

– 414 – monsieur le chef du cabinet, elle se mettra à votre disposition avec empressement.

La Condamine n’en demanda pas davantage et remplit la lettre d’audience.

Puis il nota sur un agenda ouvert devant lui :

« À trois heures, Mme la baronne de Prades. »

L’huissier entra.

– Son Excellence fait prier monsieur le chef du cabinet de se rendre auprès d’elle.

– Je vais immédiatement faire signer vos deux laissez-passer par le ministre, et mon secrétaire vous les apportera, mon cher Jacques, dit La Condamine, et maintenant que tout est réglé, entrez en campagne et faites fond sur moi. Je ne vous abandonnerai pas en chemin, et nous réussirons ou nous suc-comberons ensemble.

Un quart d’heure après, Jacques et Corréard remontaient en voiture et se faisaient conduire chez le policier.

C’est de là que, leurs derniers préparatifs terminés, ils de-vaient se diriger sur la Bretagne.

FIN

 

– 415 –

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