L'héritier des Christensen

Hewitt · Chapitre 12 sur 12

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L'héritier des Christensen

Epilogue

 

Illuminés par le soleil printanier, les vitraux de la vieille et imposante cathédrale éclataient de mille couleurs. C’est dans ce magnifique bâtiment gothique qu’avait toujours eu lieu le couronnement des monarques d’Amarnes, et celui de Leopold I er ne dérogeait pas à la règle.

Dans la vaste nef s’élevèrent, majestueux, les accents de l’orgue monumental, et une ferveur presque palpable s’empara de l’assistance.

L’édifice était plein à craquer : derrière les grands de ce monde, les citoyens d’Amarnes étaient venus en nombre, et pour ceux qui n’avaient pas pu rentrer, la cérémonie était retransmise sur le parvis.

Vêtu d’un charmant costume de soie bleu pâle égayé d’une lavallière, ses boucles blondes parfaitement disciplinées, Christian observait la scène avec une fascination éblouie.

Dans sa robe d’apparat rebrodée d’or et de dentelle, Phoebe regarda avec une immense fierté l’évêque poser la couronne sur la tête de son mari. Il méritait la confiance et l’affection que ses sujets lui manifestaient déjà, pensa-t-elle, les larmes aux yeux. Il serait enfin le roi juste et intègre que tous attendaient depuis si longtemps après le règne chaotique de Nicholas.

Puis ce fut son tour, et elle reçut avec respect la magnifique tiare en diamants que toutes les reines d’Amarnes avaient portée avant elle.

L’évêque souhaita longue vie au nouveau monarque et à sa famille, et l’orgue redoubla de vigueur, signalant la fin de la cérémonie.

Alors, avant de s’engager dans l’allée sous les vivats de la foule et de s’associer à la liesse populaire, Leo entrelaça discrètement ses doigts à ceux de Phoebe.

— Tout va bien ? murmura-t-il en désignant du regard son ventre à peine arrondi.

Elle était enceinte de trois mois, mais Leo et Phoebe avaient choisi de garder encore un moment, comme un trésor, ce précieux secret.

— Merveilleusement bien, répondit-elle tandis qu’une bouffée de joie l’inondait. Je ne savais même pas que tant de bonheur était possible…

Ils échangèrent un sourire empreint d’une infinie tendresse, tandis que Christian se glissait entre eux et leur prenait chacun la main.

— C’est possible grâce à toi, murmura Leo d’une voix étranglée par l’émotion. Grâce à vous deux, et bientôt à vous trois…

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