L'héritier des Christensen

Hewitt · Chapitre 3 sur 12

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L'héritier des Christensen

— Mais qu’est-ce que tout cela signifie…

3.

 

— Mais qu’est-ce que tout cela signifie ? lança-t-elle d’une voix crispée.

Leo Christensen referma la porte derrière lui en prenant son temps, probablement pour la rendre encore plus nerveuse, pensa Phoebe.

Puis il se retourna vers elle. Ses cheveux blonds plus courts que dans son souvenir mettaient en valeur les traits racés de son visage, et sa mâchoire carrée indiquait un caractère bien trempé qu’elle ne connaissait que trop. Le temps avait passé, et il semblait à présent dans tout l’éclat de sa maturité, plus sûr de lui et de sa puissance que jamais. Plus mâle encore…

— Il y a bien longtemps que nous nous sommes vus, fit-il observer en posant sur elle un regard pénétrant.

Elle regretta de ne pas avoir eu le temps de se changer. Si elle avait su qu’elle le rencontrerait, elle aurait enlevé son T-shirt qui, elle le savait, lui moulait la poitrine, et aurait enfilé un vêtement plus discret. Elle n’avait pas la moindre envie d’attirer son attention.

— Pourquoi m’avez-vous fait venir ici ? demanda-t-elle d’une voix plus ferme, ignorant délibérément sa remarque.

Il se planta face à elle et garda un moment le silence. Fidèle à sa tactique de déstabilisation…, pensa-t-elle de nouveau.

— Voilà une question intéressante, murmura-t-il.

Il portait un costume sombre d’une coupe élégante qui mettait en valeur sa longue et puissante silhouette de sportif accompli, et elle nota sa cravate noire. A l’évidence, il avait assisté aux obsèques d’Anders.

— Vous étiez à Paris ? ne put-elle s’empêcher de demander.

— Oui. J’ai pris l’avion sans tarder juste après la cérémonie, expliqua-t-il.

— Donc cette rencontre est importante pour vous, conclut-elle d’une voix détachée.

Il s’abstint de répondre et se dirigea vers un délicat cabinet en acajou dont il souleva le couvercle, dévoilant un précieux service de verres en cristal gravé. Il avait la grâce et l’énergie maîtrisée d’un félin, songea Phoebe, fascinée par ses mains élégantes et puissantes à la fois, par la force animale mais étonnamment contrôlée de chacun de ses gestes.

— Puis-je vous offrir un porto ? suggéra-t-il. Un cognac ?

Son ton faussement mondain exaspéra Phoebe.

— Ni l’un ni l’autre, rétorqua-t-elle sèchement. Je ne suis pas venue ici pour prendre l’apéritif ! Venons-en au fait sans plus attendre. Comme je crois vous l’avoir déjà dit, je suis pressée de rentrer chez moi.

— Chez vous ? Dans ce minuscule appartement où vous n’avez qu’une seule chambre pour vous et votre fils ?

Il se versa un verre de porto et lui porta un toast en la narguant du regard, et elle sentit la rage bouillonner en elle devant tant de morgue et de mépris.

Il était né avec une cuillère d’argent dans la bouche, et rien ne devait avoir grâce à ses yeux en dehors de son luxueux palais princier. Comment pouvait-il se douter que beaucoup de New-Yorkais auraient donné cher pour vivre dans l’appartement qu’elle occupait avec Christian, certes petit mais charmant et bien placé ! Et d’ailleurs, comment savait-il où elle habitait ? se demanda-t-elle avec une angoisse sourde. Il avait mené sur elle une enquête ! Dans quel but ?

— Je crains qu’en matière d’immobilier, comme sur beaucoup d’autres sujets d’ailleurs, nous n’ayons pas les mêmes références, fit-elle observer avec une ironie cinglante. De toute façon, là n’est pas le problème. Comme je vous l’ai dit, je suis pressée. Donnez-moi les papiers à signer, je le ferai sans discuter, nous serons quittes et vous me laisserez partir.

Il ouvrit de grands yeux.

— De quels papiers parlez-vous ?

Son air innocent n’impressionna pas Phoebe. Il savait très bien de quoi il s’agissait, mais feignait le contraire pour la pousser dans ses retranchements. Certain de sa victoire, il jouait avec elle comme un chat avec une souris. Mais elle ne se laisserait pas faire.

— Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Je présume que vous voulez que je renonce à tous mes droits sur la fortune d’Anders, et je le ferai sans aucun problème, à la seule condition que vous me laissiez en paix par la suite moi et mon fils. Pour toujours.

— La fortune d’Anders ? Il n’avait pas un sou, rétorqua Leo avec un sourire sardonique. En quelques années, il avait déjà dépensé la majeure partie de son héritage en menant une vie de patachon à Paris. A vrai dire, il était quasiment ruiné.

Prise au dépourvu, Phoebe réfléchit un instant. S’il ne s’agissait pas d’argent, que lui voulait-on ? Elle ne comprenait plus très bien…

— Souhaitez-vous que je m’engage à ne rien révéler de ma relation avec Anders ? lança-t-elle. A ne pas me confier à la presse ? C’est cela qui vous inquiète ?

Leo eut une moue amusée qui n’augurait rien de bon.

— Tiens donc ! s’exclama-t-il, goguenard. Auriez-vous l’intention d’écrire vos mémoires ? Si jeune ? Et serait-ce si compromettant ?

Il lui lança un regard moqueur qui acheva de la déstabiliser, et elle dut faire effort pour reprendre le contrôle d’elle-même. A aucun prix il ne devait deviner à quel point il l’impressionnait, se dit-elle avec appréhension.

— Qu’attendez-vous de moi, Votre Grâce ? demanda-t-elle d’un ton las.

— Vous avez de la mémoire, mais mon titre a changé, fit-il observer, amusé. Depuis l’abdication d’Anders, je suis l’héritier du trône, dois-je vous le rappeler ? Dorénavant, lorsqu’on s’adresse à moi, on m’appelle Votre Altesse.

Comment n’avait-elle pas deviné que depuis l’abdication d’Anders Leo était le seul prétendant au trône ? se dit Phoebe. Les deux cousins germains étaient chacun fils unique, et on les avait élevés comme des frères. Mais Anders avait toujours été le favori de son père le roi Nicholas.

La légende scandinave opposant les deux frères ennemis Hod et Baldur, l’un symbolisant le bien, l’autre le mal, lui revint soudain à la mémoire. Six ans auparavant, elle croyait savoir qui était le bon : Anders, naturellement…

Mais elle savait à présent que, loin d’être l’homme parfait dont elle était tombée amoureuse, il était un être immature et égoïste, incapable d’assumer ses responsabilités. Quant à Leo, il avait à l’évidence ses zones d’ombre lui aussi, mais elle ne parvenait pas à décrypter sa déroutante personnalité… Sa seule certitude était qu’elle devait se méfier de lui.

— Soit, Votre Altesse, reprit-elle. Que voulez-vous donc de moi ? Pourquoi m’avoir fait venir ici ?

Il porta le verre à ses lèvres et elle le regarda déglutir lentement, fascinée par le mouvement de sa pomme d’Adam.

— En ce qui me concerne, je ne veux rien de vous, répondit-il enfin. Mais mon oncle, le roi Nicholas, a été très attristé de ce qui s’est passé avec Anders.

— Attristé ? De l’avoir forcé à renoncer au trône et à quitter son pays ? Sans chercher à savoir ce qu’il était devenu ? Sans jamais prendre aucune nouvelle de lui ? s’écria-t-elle.

— Il me semble me souvenir qu’à l’époque vous prétendiez qu’Anders ne voulait à aucun prix être roi, fit observer Leo d’un ton ironique. J’entends encore vos paroles.

Le simple fait qu’il fasse si directement référence à leur entrevue six ans auparavant mit Phoebe profondément mal à l’aise.

— En effet, confirma-t-elle après un silence. Il n’y tenait pas.

Elle jeta un regard par la fenêtre. La nuit était tombée, et elle réalisa tout à coup qu’elle était dans cette pièce depuis bien trop longtemps déjà.

— Je voudrais voir mon fils, balbutia-t-elle d’une voix sourde.

A son grand étonnement, Leo lui répondit aussitôt :

— Bien sûr. Il est à l’étage, et Sophie descendra avec lui dès que notre conversation sera terminée.

— Notre conversation ? Qu’avons-nous d’autre à nous dire ? rétorqua-t-elle d’un ton désabusé. Peut-être le roi Nicholas regrette-t-il ce qui s’est passé autrefois, mais il est trop tard à présent. Malheureusement, personne ne peut plus rien faire pour Anders. Et le reste ne me concerne pas.

— En êtes-vous si sûre ? demanda Leo après un silence.

Que voulait-il insinuer ? s’interrogea Phoebe, aussitôt sur la défensive. De quel côté allait-il l’attaquer ? Car il allait forcément tenter d’obtenir quelque chose d’elle ! Sinon, pourquoi aurait-il fait le déplacement jusqu’à New York ?

— Certaine, rétorqua-t-elle. Je n’avais pas vu Anders depuis des années. Nous nous sommes séparés très vite après notre mariage, et…

— Etes-vous divorcés ? coupa-t-il d’un ton cinglant.

— Pas complètement, avoua-t-elle d’une voix mal assurée. Je crois qu’il manquait encore quelques papiers pour officialiser la séparation.

— Comme c’est étrange ! lança-t-il d’un ton perfide. Etes-vous sûre de ne pas avoir fait traîner les choses exprès, pour rester mariée à Anders et réclamer en temps utile votre part du gâteau ?

Il s’avança d’un pas et elle ne put retenir un frisson. Il provoquait en elle un trouble étrange qu’elle était incapable d’analyser… Peur, méfiance, attirance, fascination ? Tout se mélangeait dans son esprit ; jamais elle ne s’était sentie aussi vulnérable.

Soudain, elle se rappela l’étrange question qu’il lui avait posée, six ans auparavant, et son trouble s’accentua.

Que se serait-il passé si vous m’aviez rencontré en premier ?

— Vous pensiez peut-être qu’il allait revenir vers vous ? insinua-t-il d’une voix sourde, la tirant brutalement de ses pensées.

Elle se força à soutenir son regard.

— Non. Et de toute façon, ma relation avec Anders ne vous regarde pas, divorce ou pas. Aujourd’hui, il n’est plus là, et cette page est définitivement tournée. Je ne vois pas pourquoi vous me faites ainsi perdre mon temps en me soumettant à ce jeu ridicule du chat et de la souris.

— Voyons, Phoebe, je…

— De quel droit m’appelez-vous par mon prénom ? le coupa-t-elle sans ménagement.

Il ne parut nullement se formaliser de son ton cinglant.

— Nous sommes en quelque sorte parents, rétorqua-t-il.

— Sur le papier, peut-être. Mais seulement sur le papier. Vous le savez aussi bien que moi.

— Nous sommes amenés à nous revoir, déclara alors Leo d’un ton grave.

Il tentait de l’intimider, songea Phoebe. Mais elle en avait assez de ses menaces, de ses allusions déplacées. S’il avait quelque chose à dire, qu’il le fasse !

— Ma patience est à bout, asséna-t-elle, et tous vos efforts pour me dénigrer ne m’impressionnent pas. Si vous ne m’expliquez pas immédiatement pourquoi vous vouliez me voir, je vais chercher mon fils à l’étage et je quitte les lieux, que cela vous plaise ou non.

— Je vous ai dit que je parlais au nom du roi Nicholas, expliqua Leo, soudain plus conciliant. Il a pris conscience d’un certain nombre de choses à la mort d’Anders, notamment combien il regrettait la situation.

— C’est un peu tard, il me semble, fit observer Phoebe d’un ton abrupt. Cette disparition est infiniment cruelle, mais je suis en dehors de tout ça.

De nouveau, un silence, plus long encore.

— Vous, oui. Mais votre fils, non, précisa enfin Leo.

Ils se dévisagèrent dans un silence sépulcral, et Phoebe se sentit blêmir.

Glacée, elle scruta le visage de Leo, cherchant une confirmation à ses horribles soupçons. C’était donc à Christian qu’il en avait, et non à elle ! se dit-elle, affolée.

Anders disparu, le roi Nicholas s’était soudain souvenu qu’il avait un petit-fils, alors qu’il l’avait superbement ignoré jusque-là ! Que lui voulait-il ? Jamais elle ne laisserait quiconque lui prendre Christian ! se jura-t-elle, les larmes aux yeux. C’était son enfant !

Soudain, elle sentit une main se poser sur son épaule et redressa la tête. Leo lui faisait face, si proche qu’elle décelait le parfum troublant de son eau de toilette mêlé à celui de sa peau. Son regard exprimait une intense compassion qui stupéfia et bouleversa Phoebe tout à la fois.

— Je suis désolé, murmura-t-il.

L’espace d’un instant, elle faillit se laisser prendre à la douceur de ses yeux, à la chaleur de sa paume, au réconfort que ce simple geste lui procurait, puis elle se reprit.

Il cherchait à l’apprivoiser, à endormir sa méfiance.

Elle devait rester sur ses gardes.

Elle se dégagea brutalement et toute douceur disparut immédiatement des yeux de Leo.

— Désolé ? s’écria-t-elle d’un ton railleur. Allons, ne me faites pas rire ! Vous disposez de moi à votre guise, sans aucune considération, et vous voulez me faire croire que vous êtes désolé ?

— Je suis désolé parce que vous aimiez Anders, et qu’il n’est plus, expliqua-t-il sèchement.

— Je suis triste en effet qu’Anders soit mort si prématurément, mais je vous rassure, voilà six ans que nous sommes séparés et que j’ai coupé toute relation avec lui. Il ne s’est jamais intéressé à son fils.

— Peut-être cet enfant serait-il heureux d’apprendre qu’il a une famille…

— Mais il a une famille ! protesta Phoebe, indignée. La mienne ! Il adore sa grand-mère, et…

— Et la famille de son père ? Elle existe, vous savez…

— Sur le papier là encore, uniquement sur le papier, corrigea-t-elle sèchement. Votre famille ne s’est jamais intéressée à lui, et si cet enfant a été entouré d’amour, ce n’est sûrement pas grâce à vous.

— Vous ne pensez pas qu’il a le droit de connaître ses origines ?

— Si, et je lui dirai tout le jour venu. Mais aujourd’hui, il est trop jeune. D’ailleurs, pourquoi lui parlerais-je d’un père qui ne voulait pas le voir ? D’une famille qui le méprise ?

— Phoebe, sachez que nous n’avons appris l’existence de Christian que tardivement, fit observer Leo. Anders ne voulait plus rien avoir à faire avec nous et, dans la mesure où vous avez rompu très vite, nous n’avons rien su, pendant longtemps, de l’existence de votre fils.

Cette discussion avait assez duré, songea Phoebe, de plus en plus déstabilisée. Il y avait certaines choses à propos de la naissance de Christian que Leo ne savait pas, et qu’il ne devait pas savoir. A aucun prix…

— Tout cela ne vous concerne pas, répéta-t-elle avec obstination.

— Si, rétorqua-t-il. L’existence de Christian concerne au plus haut point le roi Nicholas.

Nulle agressivité dans le regard de Leo, nota Phoebe, décontenancée. Sa voix était douce, pénétrante, comme s’il voulait réellement la convaincre et non lui imposer son point de vue, et cette attitude conciliante acheva de la décontenancer.

— Je veux voir mon fils, lança-t-elle de but en blanc. Pour m’assurer que tout va bien. Nous pourrons reprendre cette conversation ensuite.

Il ne dit rien, mais elle lut dans son regard une admiration étonnée, presque du respect. Au moins, il semblait apprécier qu’elle ne se dérobe pas…, songea-t-elle, désabusée.

— Très bien, dit-il.

Il pressa sur un bouton à côté de la porte et se retourna vers elle.

— Erik va vous conduire à votre fils. Et ensuite, j’apprécierais effectivement que nous poursuivions cette conversation…

 

***

 

Resté seul, Leo se servit une rasade de cognac pour chasser les souvenirs du passé qui l’assaillaient insidieusement.

Anders n’était plus, et non seulement il n’avait rien pu faire pour l’empêcher de se détruire, mais il n’en avait pas eu le droit. Il éprouvait une infinie tristesse en songeant à la fin pitoyable de son cousin.

Toute son enfance, il avait vécu dans l’ombre de celui qui était destiné à être roi. Il ne fallait pas contrarier Anders, mais au contraire le distraire, satisfaire ses caprices, être à son service.

Lui-même avait perdu son père très jeune, et cette disparition avait été un tournant dans sa vie. Car dès lors, il n’avait plus eu personne pour le protéger, pour le défendre face aux exigences de Nicholas.

Rejetée par sa belle-famille, sa mère devenue veuve n’avait eu de cesse de lui enjoindre d’être gentil avec Anders. Probablement craignait-elle qu’il ne soit écarté du palais.

Tais-toi et obéis, ne mécontente pas le roi, fais ce que te dit Anders…

Il avait compris très vite que son seul intérêt, aux yeux du roi Nicholas, était d’avoir le même âge que son fils, et donc d’être pour lui un parfait compagnon de jeux. Aussi avait-il partagé les frasques d’Anders, y prenant parfois plus de plaisir que ce dernier. Puis, l’âge venant, il avait été chargé de surveiller discrètement son cousin pour lui éviter de commettre de trop grosses bêtises.

La plus grosse, à l’évidence, avait été sa liaison avec Phoebe, liaison qui l’avait poussé à abdiquer.

Qui sait ce qui se serait passé s’il avait épousé une des princesses au pedigree parfait que le roi avait sélectionnées pour lui ? Peut-être serait-il rentré dans le rang ?

Mais Anders était resté le grand gamin irresponsable qu’il avait toujours été, et sa vie s’était arrêtée net sur une route de France, loin de sa patrie et des siens.

Quel gâchis…

Et voilà que même au-delà de la mort il lui laissait un problème à régler.

« Paie ce qu’elle exige, mais ramène l’enfant », avait dit Nicholas.

Ce n’était pas si simple, car Phoebe Wells aimait son fils, c’était l’évidence. C’était une femme forte, courageuse, qu’il ne serait pas facile de corrompre. Il s’y était mal pris autrefois quand il lui avait proposé de l’argent pour quitter Anders, et il n’était pas question de reproduire la même erreur.

Il devrait procéder autrement…

L’amadouer, apprendre à la connaître, casser l’image déplorable qu’elle avait de lui et de sa famille : tel devait être son programme. L’idée de la fréquenter était d’ailleurs loin d’être déplaisante, car il la trouvait plus que charmante. Mais il n’était pas question d’avoir une liaison avec elle, alors que précisément il devait la neutraliser pour l’amener à accepter de laisser Christian vivre auprès de son grand-père.

Il se remémora tout à coup le parfum discrètement sucré de la peau de la jeune femme, la courbure de ses seins sous son T-shirt, la finesse de sa taille, et une vague de désir le saisit par surprise.

Il se redressa brusquement et avala son verre cul sec.

Il n’était pas venu à New York pour flirter, songea-t-il, mais pour ramener Christian au roi Nicholas.

Ce n’était pas exactement la même chose…