L'Illustration, No. 3666, 31 Mai 1913

Various · Chapitre 15 sur 18

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L'Illustration, No. 3666, 31 Mai 1913

Le Drame de Madrid

Iris mauves, feuillages d'érable negundo blanc, deux feuilles de fougère mâle;

Un pavot rouge pourpre, quelques branches de cytises jaunes, une ou deux branches d'iris mauve pâle en bouton; vase de cristal assez bas;

Une pivoine en arbre, rose vif; une branche d'érable japonais pourpre, une petite branche souple de cornouiller vert à fleurs blanches;

Dans un grand cornet de Delft bleu, un mélange de lilas de Perse de nuance très délicate et d'épine-vinette pourpre à fleurs jaunes;

Dans un vase petit, en poterie verte commune: deux grappes de sorbier, quatre ou cinq scabieuses pourpres violettes;

Dans un vase en faïence, bleu et blanc: quelques branches de saule.

De judicieuses remarques sur l'harmonie des couleurs, quelques recettes pour conserver les fleurs coupées, ajoutent à l'intérêt pratique d'un ouvrage fort habilement illustré et que les femmes élégantes, ayant des loisirs, des fleurs et des arbres, auront plaisir à consulter.

F. H .

 

LE DRAME DE MADRID

Une lugubre affaire, encore incomplètement éclaircie, et qui rappelle, par sa mystérieuse horreur, les contes les plus angoissants d'Edgar Poe, passionne en ce moment Madrid, où son sinistre héros, le capitaine Manuel Sanchez Lopez, chef du personnel à l'École de guerre, était fort connu.

 

Dans la cour du manège de l'École supérieure de guerre, à

Madrid, la police examine les ossements de la victime du

capitaine

Sanchez Lopez, extraits de la cachette (qu'on voit au coin

supérieur

gauche) où l'assassin les avait emmurés.--Phot, Alfonso.

Le 24 avril dernier, on constatait la disparition d'un joueur de profession, nommé Rafaël Garcia Jalon, et, deux jours après, on apprenait qu'une jeune fille avait tenté de toucher à la caisse de son cercle un jeton de 5.000 pesetas que Jalon y avait pris, en recommandant de ne le changer qu'à lui-même. Une rapide enquête permit d'établir que cette jeune fille était Marie-Louise Sanchez; elle fut aussitôt arrêtée, puis relâchée, devant ses dénégations et celles de son père. Sur ces entrefaites, une perquisition, opérée au domicile du capitaine, à l'École de guerre, amena la découverte, dans les égouts, de lambeaux de chair humaine. Au cours des recherches, on remarqua, au fond d'une chambre de débarras de l'appartement, une cloison qui semblait nouvellement replâtrée; quelques coups de pioche mirent à jour une cachette où gisaient des os brisés, des vêtements que l'on reconnut pour être ceux de Jalon, et les instruments ayant servi à dépecer le cadavre. Ces funèbres débris furent portés dans la cour du manège attenant.

En même temps qu'on appréhendait Sanchez et sa fille, on jetait en prison un caporal et trois soldats, convaincus de complicité. Depuis, Marie-Louise Sanchez a avoué le crime et accusé formellement son père, à qui l'enquête impute d'autres forfaits plus anciens, et qui, malgré des charges accablantes, continue à protester de son innocence.