L'Illustration, No. 3666, 31 Mai 1913
La Marine Française en Russie
Les habitants de l'industrieuse cité, désireux d'offrir à la fille du kaiser un cadeau de mariage original, ont imaginé un modèle de pendule qu'on dirait conçu par le vieux Silène pour honorer Bacchus. Nos lecteurs sauront apprécier à sa valeur ce chef-d'oeuvre de l'horlogerie allemande où le goût germanique s'épanouit avec une ampleur vraiment «kolossale».
LA MARINE FRANÇAISE EN RUSSIE
Le vice-amiral Le Bris, chef d'état-major général de la marine, vient de se rendre à Saint-Pétersbourg. C'est une de ces visites grâce auxquelles les chefs de l'armée russe et de l'armée française, depuis la signature, en 1892, de la convention militaire qui unit les deux pays, demeurent en contact effectif et se mettent d'accord sur les mesures à adopter en vue de telles ou telles éventualités. Le dernier voyage de ce genre fut celui qu'effectua, l'an dernier, l'amiral prince de Liéven, chef d'état-major de la marine impériale, et qui eut pour principal résultat la signature d'une convention navale franco-russe.
Le vice-amiral Le Bris a trouvé à Saint-Pétersbourg, dans tous les cercles officiels, l'accueil le plus cordial, comme déraison. L'empereur, à peine de retour de Berlin, où il avait assisté au mariage de la princesse Victoria-Louise, donnait aussitôt audience au chef d'état-major général de la marine française et aux officiers qui l'accompagnaient, ainsi qu'au capitaine de vaisseau Grasset, commandant du croiseur école Jeanne-d'Arc, en ce moment à Cronstadt, et les comblait de distinctions. En leur honneur, des réceptions superbes ont été organisées, notamment à l'ambassade de France, où M. Delcassé avait invité avec eux le président du Conseil, M. Kokovtzov, les ministres des Affaires étrangères, de la Guerre, de la Marine, chez le prince de Liéven, où les officiers français purent apprécier la toute gracieuse hospitalité de la princesse de Liéven; enfin, un déjeuner d'adieu, extrêmement brillant, a été donné, mercredi, à bord de la Jeanne-d'Arc.