L'Illustration, No. 3666, 31 Mai 1913

Various · Chapitre 16 sur 18

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L'Illustration, No. 3666, 31 Mai 1913

DOCUMENTS et INFORMATIONS

L T. S. F. P W .

 

Une note du commandant Ferrié, présentée à l'Académie des sciences nous apprend que le poste de T. S. F. de la tour Eiffel a «causé» plusieurs fois avec le poste de Washington. Ce dernier possède une antenne en nappe portée par un mât de 200 mètres de hauteur et deux mâts de 150 mètres; il utilise une force d'environ 90 chevaux. Le poste de Paris dispose de 80 chevaux.

La distance à vol d'oiseau entre les deux stations dépasse 6.000 kilomètres. Or, les postes étrangers qui disposent d'une puissance double ou triple ne sont guère entendus, de façon normale, qu'à une distance d'à peu près 4.000 kilomètres.

Remarquons que ces conversations ont été échangées de façon assez suivie. Elles seront reprises, dès qu'on aura arrêté le programme des observations astronomiques à faire sur les deux continents pour déterminer au moyen de la T. S. F. (par la méthode des coïncidences que nous avons jadis expliquée), la différence de longitude entre Paris et Washington.

Ce record magnifique prouve, une fois de plus et de façon péremptoire, la supériorité, systématiquement contestée, du poste de la tour Eiffel; il permet de supputer les résultats que l'on obtiendra le jour où le poste disposera d'une force plus grande, si le Parlement se décide à voter les crédits nécessaires pour l'établissement du réseau intercolonial. Le projet sommeille depuis un an dans les cartons de la commission du budget à la grande joie, sans doute, du ministre des Postes et Télégraphes de la Grande-Bretagne qui, récemment, s'exprimait ainsi devant la Chambre des Communes:

«Le premier occupant en télégraphie sans fil sera le maître du trafic, il convient donc de se hâter afin d'établir de grandes stations de télégraphie sans fil dans toutes les colonies anglaises, avant que les colonies françaises en soient munies.»

U ' .

 

De Saïgon, où la mort de l'aviateur Georges Verminck, tombé, le 7 avril, à Mytho, au cours d'un périlleux atterrissage on vol «piqué», a été vivement déplorée, nous arrive aujourd'hui l'écho de l'impression profonde causée, dans la colonie française, comme dans les milieux indigènes, par cette fin tragique.

Les belles randonnées qu'il avait exécutées pendant un séjour de deux mois, notamment de Saïgon à Pnompenh, de Saïgon au cap Saint-Jacques, et de Saïgon à Bienhoa, avaient rendu Georges Verminck unanimement sympathique, et l'on peut dire, populaire en Cochinchine, où il assurait, avec son frère Charles et son camarade Marc Pourpe, le prestige de l'aviation française: aussi ses funérailles, auxquelles assistèrent de nombreux Annamites, eurent-elles un caractère de grande solennité. «Elles furent célébrées à la cathédrale de Saïgon, nous écrit un témoin attristé de la cérémonie, M. Richard, en présence d'une foule considérable. Après l'absoute, que Mgr Mossard avait tenu à donner, le cortège, précédé par la musique du 11e régiment d'infanterie coloniale, se dirigea vers le cimetière, où plusieurs discours furent prononcés.

Mais le témoignage le plus touchant du deuil ressenti dans la population indigène nous est apporté par une pièce de vers annamite, commençant ainsi: «Verminck, malheureux Verminck! En quelques minutes, dix ans d'efforts sont anéantis. Richesse, honneurs, existence même, tout t'abandonne sans espoir! Lorsqu'ils contemplent les nuages, les hommes de Cochinchine te regrettent. Lorsqu'ils entendent le vent, les hommes d'Europe te pleurent!» Et cette émouvante lamentation, ce thrène à la manière antique, qui n'est pas dépourvu de valeur littéraire, se termine par ces deux vers: «O ciel, pourquoi anéantir ainsi un héros? Le fer, la pierre même s'irritent de ce malheur immérité.»

L S -M C .

 

Nous avons signalé, dans notre numéro du 17 mai dernier, la vente à un sculpteur américain, M. Gray-Barnard, du cloître de Saint-Michel de Cuxa (Pyrénées-Orientales), menacé d'exil. Depuis la publication de notre article, le sort de ces vieilles et vénérables pierres a subi de nombreuses vicissitudes, dont nous informe M. J.-R. de Brousse.

L'acquéreur, M. Gray-Barnard, est allé trouver M. Léon Bérard, sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts, et lui a dit qu'il abandonnait son achat, et faisait don du cloître à la France. Mais, aussitôt cette nouvelle répandue dans la presse méridionale, il est revenu sur sa décision. Puis, changeant à nouveau d'avis, et reprenant son généreux projet, il a avisé M. Bérard «qu'il offrait le cloître à la ville de Prades, à condition que les dépenses par lui engagées pour l'enlèvement dudit cloître lui soient remboursées.»

U .

 

Cadeau offert par la ville de

Hameln à la princesse

Victoria-Louise.

La ville de Hameln, située dans la province de Hanovre, au confluent de la Hamel et de la Weser, est célèbre par la légende du charmeur de rats dont la maison constitue la principale curiosité de l'endroit. On y fabrique des étoffes de soie, de laine et de coton, on y pêche des saumons.