Pratiquer la stratgie en 11 cas d'entreprises
Lexique
Analyse stratégique : L’analyse stratégique d’une entreprise est le
processus d’analyse de la situation de cette entreprise ou d’un de ses
domaines d’activité stratégique par rapport à son environnement, son
marché, ses concurrents et ses capacités actuelles et futures.
Arbre des compétences : La présentation sous forme
d’arborescence est due aux apports des théories japonaises dans les
années 1970 et 1980. L’expression la plus connue en est l’arbre
technologique présentant les interconnexions entre différentes
technologies et leurs traductions dans les produits. L’arbre des
compétences présente les compétences industrielles (tronc) combinant
les compétences scientifiques et techniques (racines) puis leurs
diffusions dans l’articulation produit/marché (branches). Il offre une
lecture de l’ensemble des compétences de l’entreprise.
Avantage concurrentiel (durable) : D’après M. E. Porter,
l’avantage concurrentiel correspond à ce que l’entreprise fait mieux ou
à meilleur marché que ses concurrents de façon difficilement imitable.
Pour accroître la durabilité de l’avance obtenue, les entreprises
recherchent simultanément l’avantage et l’ambiguïté causale qui limite
la facilité d’imitation. Dès lors, l’attention se focalise sur les
compétences présentant trois attributs : tacites, complexes et
spécifiques. Les combinaisons de ces attributs consolident les barrières
à l’imitation en créant une ambiguïté causale. La soutenabilité de
l’avantage concurrentiel n’en est qu’améliorée.
Capacité dynamique : Les capacités correspondent aux habiletés
d’une organisation à effectuer le déploiement, la combinaison et la
coordination de ressources au travers de processus d’actions pour
mettre en œuvre des objectifs stratégiques préalablement définis. Les
capacités dynamiques répondent au besoin de faire évoluer les
ressources et compétences largement étudiées par l’approche resource-
based.
Chaîne de valeur : La chaîne de valeur permet de comprendre la
combinaison d’activités de l’entreprise qui contribue à l’obtention d’un
avantage concurrentiel. La chaîne de valeur proposée par M. E. Porter
identifie deux catégories d’activités créatrices de valeur. Les activités
principales (logistique entrante et sortante, production,
commercialisation et services) assurent l’offre de produit ou de service
de l’entreprise. Elles participent directement à la construction de
l’avantage concurrentiel (coût/différenciation). Les activités de soutien
(R&D, gestion des ressources humaines et système et infrastructures)
ont pour rôle d’améliorer l’efficacité et l’efficience des activités
primaires. Le concept de chaîne de valeur peut être associé à
l’approche par les ressources et les compétences. Cela permet
notamment de se questionner sur les activités qui sont réellement
déterminantes au regard de la capacité stratégique de l’entreprise.
Seront conservées alors en interne les fonctions sur lesquelles reposent
les ressources rares et les compétences fondamentales de l’entreprise,
et pourront être externalisées par exemple les activités banalisées ou
subsidiaires qui ne génèrent pas de valeur pour l’entreprise ou qui
peuvent éroder la rentabilité de l’entreprise.
Choix stratégique : Les choix stratégiques concernent les
orientations de long terme par lesquelles une entreprise parvient à
conquérir un avantage concurrentiel et à accroître ses performances
économiques, sociales et/ou sociétales. Ce faisant, ils concernent la
stratégie compétitive (la conquête d’un avantage concurrentiel), la
stratégie de développement (l’augmentation du chiffre d’affaires et/ou
des résultats) et les modalités de développement (l’accès aux moyens
permettant la mise en œuvre de la stratégie de développement).
Commerce équitable : Il s’agit d’un partenariat commercial
garantissant aux producteurs de meilleures conditions commerciales.
Ce dispositif se traduit généralement par un supplément de prix pour le
consommateur, qui permet aussi le financement de projets de
développement et le soutien aux organisations de producteurs. Si le
commerce équitable concernait essentiellement les producteurs de
l’hémisphère Sud, il s’est ouvert aujourd’hui aux partenariats Nord-
Nord. Le respect des engagements pris est garanti par différents labels
tels que Fairtrade Max Havelaar ou Ecocert Equitable, délivrés par des
organismes certificateurs.
Compétences clés : Soutenant l’architecture stratégique, elles se
placent en pilier de l’entreprise. Au centre de toutes les attentions, ces
« core competences » largement étudiées dans l’approche resource-
based, doivent relever un double défi : préserver durablement leurs
atouts de singularité et engager une évolution continue garante de
pérennité de l’entreprise. Elles résultent d’une harmonisation
permanente entre technologie et compétences professionnelles.
Coût de transaction : C’est un ensemble de coûts correspondant à
tous les efforts que les acteurs doivent mobiliser pour mener à bien un
échange (recherche d’informations sur les prix, le prestataire,
négociation du contrat, surveillance et contrôle de l’exécution de la
transaction). Ces coûts s’accroissent d’autant plus que la transaction
repose sur des actifs spécifiques, qu’elle est incertaine et que
l’utilisation des actifs est fréquente.
Croissance externe : La stratégie de croissance externe permet
d’augmenter le volume d’activité de l’entreprise et son chiffre
d’affaires par acquisition d’entreprises concurrentes ou
complémentaires.
Culture organisationnelle : La culture de l’entreprise, aussi
appelée culture organisationnelle, se résume en un ensemble
d’éléments qui définissent son fonctionnement, son identité, son esprit
unique par rapport à ses concurrents. Elle repose sur plusieurs
composantes informelles partagées par l’ensemble des collaborateurs.
Il s’agit entre autres des valeurs communes (éthique, convivialité,
respect de l’environnement, sens de l’engagement…), des rites, des
codes vestimentaires et de langage, des méthodes de travail, ou des
faits marquants liés à l’entreprise.
Dépendance du sentier : La notion de dépendance de sentier
renvoie au fait que le développement de l’entreprise est conditionné et
contraint par une succession d’événements et de décisions passés, qui
ont bien souvent contribué à son succès. Ils peuvent progressivement
donner naissance à des routines organisationnelles qui, à leur tour, vont
s’institutionnaliser dans l’organisation. L’entreprise tend à s’enfermer
dans des normes de comportements qui vont jouer le rôle de
trajectoire, de sillon. Si les compétences accumulées ont permis à
l’entreprise de développer un avantage concurrentiel durable dans le
passé, elles peuvent aussi constituer un piège : si le sillon creusé par
l’expérience et les investissements passés devient trop profond,
l’entreprise aura du mal à s’en écarter, ce qui pourra provoquer une
dérive stratégique. Le concept de dépendance du sentier permet de
mieux cerner l’influence de l’histoire et de la culture de l’entreprise sur
la stratégie.
Diagnostic stratégique : Le diagnostic stratégique porte
respectivement sur l’analyse de l’environnement concurrentiel
(analyse externe) et de l’entreprise (analyse interne).
Diversification : La diversification consiste à développer
l’entreprise dans un secteur d’activité nouveau ou à étendre ses
activités à de nouvelles zones géographiques. Elle peut être reliée (ou
concentrique) ou non reliée (ou conglomérale). La première consiste
pour l’entreprise à se développer vers une activité qui entretient des
points communs avec l’activité initiale (partage de ressources et
capacités) tandis que la seconde concerne le développement de la
firme en direction d’activités totalement nouvelles, n’entretenant
aucune proximité avec l’activité d’origine.
Domaine d’activité stratégique : C’est un ensemble d’activités
homogènes d’une entreprise qui partagent des ressources et des savoir-
faire. Pour chaque DAS correspondent des caractéristiques
concurrentielles proches (même technologie, même procédé de
fabrication, même type de clientèle, de concurrents, etc.). Chaque DAS
est associé à une combinaison de FCS spécifiques. Pour chacun d’eux
sera formulée une stratégie autour d’un avantage concurrentiel
spécifique. Pour déterminer les domaines d’activités d’une entreprise,
on procède à une segmentation stratégique qui consiste à découper les
activités de l’entreprise en segments stratégiques (ou domaines
d’activité stratégique) à partir de critères liés à l’offre et/ou à la
demande.
E-commerce : Transactions commerciales utilisant Internet ou
d’autres réseaux informatiques comme l’échange de données
informatisé et impliquant un changement de propriété du bien ou du
service commandé. Les biens et les services font l’objet d’une
commande déposée via ces réseaux, mais le paiement et la livraison
ultime du bien ou du service peuvent être effectués par des méthodes
traditionnelles.
Économie sociale et solidaire : L’ESS regroupe les coopératives,
mutuelles, associations et fondations, dont le fonctionnement interne et
les activités sont fondées sur un principe de solidarité et d’utilité
sociale. La charte de l’économie sociale a ainsi défini un certain
nombre de critères qui caractérisent ces organisations : liberté
d’adhésion, non lucrativité individuelle, gestion démocratique et
participative, utilité collective ou utilité sociale du projet, et mixité des
financements entre ressources privées et publiques.
Entreprise bicéphale : Une entreprise co-dirigée de façon formelle
ou informelle par deux personnes est dite bicéphale. De façon
formelle, le double statut de co-gérant ou celui de co-directeur peut
conduire à un tel pilotage. De façon informelle, nombre de PME sont
dirigées par un enfant gérant et l’un des parents officiellement retiré de
toute activité professionnelle.
Entreprise-réseau : Le réseau consiste à développer des
transactions récurrentes avec des partenaires de façon informelle, de
sorte que l’ensemble des membres constituent une entité
organisationnelle à part entière. L’entreprise fonctionnant en réseau
crée un espace de fonctionnement privilégié entre elle et le marché.
Nombre de PME préfèrent ce mode de fonctionnement pour limiter
leur croissance et réduire les aléas liés aux incertitudes
environnementales. Une entreprise recherchant un recentrage sur son
métier et ses missions, peut opter pour un fonctionnement
organisationnel hybride en fonctionnant en réseau.
Facteurs clés de succès : Les facteurs clés de succès sont des
éléments à partir desquels le management peut influencer de façon
significative l’équilibre des positions concurrentielles des firmes sur
un secteur. Ils constituent des gages de réussite à un moment donné.
Ce sont donc des éléments stratégiques de l’offre (pratiques des
concurrents) ou de la demande (attentes des clients) qu’une
organisation doit maîtriser afin d’être compétitive dans son secteur.
Les FCS doivent être déduits ou identifiés à partir de l’analyse du
secteur (modèle des forces de Porter, analyse de macro-
environnement). L’analyse externe du diagnostic conduit logiquement
à la compréhension des menaces et opportunités et à l’identification
des FCS. Ces derniers peuvent se déduire à partir notamment des
5+1 forces de Porter. Ils correspondent aux manœuvres qui permettent
de contrecarrer les forces en présence.
Gouvernance : « La gouvernance désigne l’ensemble des
mécanismes qui ont pour effet de délimiter les pouvoirs et d’influencer
les décisions des dirigeants, autrement dit, qui “gouvernent” leur
conduite et définissent leur espace discrétionnaire » (G. Charreaux,
1997).
Groupes stratégiques : Dans un secteur d’activité, un groupe
d’entreprises suivant une stratégie similaire au niveau des variables
décisionnelles clés, tout en mobilisant des ressources identiques, peut
être qualifié de groupe stratégique. Les différences entre les groupes
permettent d’identifier des types de stratégies génériques. Un groupe
peut être composé d’un grand nombre d’entreprises ou bien d’une
seule.
Innovation : « Une innovation est la mise en œuvre d’un produit
(bien ou service) ou d’un procédé nouveau ou sensiblement amélioré,
d’une nouvelle méthode de commercialisation ou d’une nouvelle
méthode organisationnelle dans les pratiques de l’entreprise,
l’organisation du lieu de travail ou les relations extérieures » (OCDE,
2005). L’innovation peut être appréhendée dans une acception très
large, ce qui permet son application aux cas spécifiques de
l’innovation inter-organisationnelle/intra-organisationnelle et de
l’innovation participative.
Intention stratégique : L’intention stratégique d’un dirigeant
correspond à ses représentations mentales de la situation actuelle et à
venir de son entreprise, sur lesquelles il s’appuie pour envisager des
stratégies et conduire son organisation. L’intention stratégique doit
répondre avant tout à la question : « En quoi et pour qui l’organisation
fait-elle la différence ? ». Elle doit répondre aux attentes des parties
prenantes de l’organisation.
Intrapreneuriat : « L’intrapreneuriat est un processus qui se produit
à l’intérieur d’une firme existante, indépendamment de sa taille, et qui
ne mène pas seulement à de nouvelles entreprises, mais aussi à
d’autres activités et orientations innovatrices, tels que le
développement de nouveaux produits, services, technologies,
techniques administratives, stratégies et postures compétitives ».
(Antonicic et Hisrich, 2001)
Légitimité territoriale : La légitimité relève de la perception selon
laquelle les actions menées sont adaptées à un système construit
(normes, valeurs, croyances). La légitimité d’une entreprise se trouve
dans l’écho de ses choix notamment stratégiques auprès des acteurs de
son environnement. Elle tend à faciliter l’accès aux ressources.
Management participatif : Le management participatif est une
forme de management qui implique les collaborateurs dans la prise de
décision et les incite à participer à la mise en œuvre des objectifs les
concernant.
Partie prenante : Selon Freeman, considéré comme le fondateur du
concept de « stakeholder », une partie prenante est tout groupe ou
individu pouvant affecter ou être affecté par la réalisation des objectifs
organisationnels de la firme. De façon plus détaillée, les parties
prenantes sont tous les acteurs ou groupes d’acteurs, internes ou
externes à une entreprise, concernés par son fonctionnement et
susceptibles d’être affectés par les décisions qui y sont prises et par
leurs conséquences. Parmi les parties prenantes internes, on peut
mentionner les salariés et les dirigeants, tandis que les clients, les
fournisseurs, les actionnaires, les organismes de financement, mais
aussi les collectivités territoriales ou les communautés locales font
partie des parties prenantes externes. Les attentes des parties prenantes
doivent être prises en compte dans le cadre de la RSE.
Ressources (idiosyncratiques) : Les différences de performance
entre entreprises s’expliquent par leur capacité à mobiliser des
ressources stratégiques. Les ressources deviennent d’autant plus
stratégiques qu’elles sont peu mobiles et spécifiques. On distingue les
ressources tangibles et intangibles dont la valorisation combinatoire
participe à la singularité de l’entreprise. On distingue les ressources
génériques qui se définissent par leur caractère échangeable, et les
ressources spécifiques propres à l’entreprise. Les ressources
spécifiques, aussi appelées ressources idiosyncratiques, résultent d’un
lent processus de construction par apprentissage au sein de
l’entreprise.
RSE (responsabilité sociale ou sociétale des entreprises) : Elle est
définie comme « la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets
qu’elles exercent sur la société » (Commission européenne). Elle
consiste en l’intégration des préoccupations sociales,
environnementales, éthiques, des droits de l’homme et des
consommateurs dans les activités et la stratégie des firmes.
Stratégie d’externalisation : L’externalisation consiste à confier à
un prestataire externe une opération préalablement réalisée dans
l’entreprise. Elle se distingue de la sous-traitance qui a dès le départ
été réalisée par un prestataire externe. L’activité d’abord assumée par
l’entreprise est externalisée lorsque l’équipe dirigeante estime qu’il est
moins coûteux de faire appel à une société extérieure. Elle se distingue
également de la stratégie de recentrage dans la mesure où l’on
externalise des activités indispensables à la chaîne de valeur : la nature
de l’activité n’est pas reconsidérée par l’externalisation.
Stratégie d’internationalisation : Une entreprise qui développe son
activité ou bien se diversifie en dehors de son territoire national se
diversifie. L’internationalisation répond à une forme de stratégie de
croissance dont Porter a distingué quatre formes : l’orientation
stratégique internationale, l’orientation stratégique multinationale,
l’orientation stratégique transnationale et l’orientation stratégique
globale.
Tissu culturel : Le tissu culturel est une représentation des
manifestations physiques et symboliques des croyances implicites
d’une organisation. La firme comporte plusieurs dimensions de filtrage
des décisions qui constituent les axes dominants des représentations
implicites des individus dans l’entreprise : dimensions politiques
(structure du pouvoir, structure organisationnelle, système de
contrôle), dimensions cognitives (rites, routines), dimensions
culturelles (mythes, symboles).
VRIN : Le modèle VRIN a été développé par Barney. Il permet
d’évaluer si la capacité stratégique d’une entreprise ou d’une
organisation peut procurer un avantage concurrentiel durable. Pour
cela, l’auteur propose d’analyser la capacité stratégique de l’entreprise
au regard de quatre critères : sa valeur (perçue par le client), sa rareté
(ressources uniques, accès protégé à des clients ou fournisseurs), son
inimitabilité (compétences complexes, encastrées dans la culture,
l’histoire de l’entreprise, ou évolutives), sa non-substituabilité. Il existe
un effet cumulatif dans le modèle : plus la capacité stratégique remplit
ces quatre critères, plus l’avantage concurrentiel obtenu sera solide.
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