Textures French
Chapter 9: pluperfect, superlative
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 11 parties.
Chapter 10: interrogative words, passive voice
Contexte
The Contexte section presents a second, shorter but complete work (such
as a poem, song, or piece of prose) that relates to the fi rst text either explic-itly (for example, through allusion) or implicitly through the themes of the chapter. The goal of pairing Texte and Contexte is to present two perspec-tives on the chapter theme and to encourage a dialogic understanding of that theme in cultural terms through comparative analysis. Like the Texte section, Contexte is divided into two subsections (Mettez-vous dans l’esprit and Mettez-vous à la place) off ering interpersonal, interpretive, and presen-tational activities.
Hors texte
Each chapter concludes with a section that returns to the oral and visual
as presented in Pré-texte. The fi rst part of Hors texte focuses on a scripted illustrated podcast (Cité-U) that follows an American student spending a year in Paris. Each episode off ers an idiosyncratic take on the chapter theme. Vocabulary and listening comprehension exercises as well as role play and creative writing assignments ask students to respond to the podcast. The second part of Hors texte presents an image that serves as a platform for dis-cussion and writing activities (Imaginez) which refl ect on the chapter theme from a diff erent perspective than the one introduced by the image at the beginning of the chapter. In this way, the end of the chapter allows for a full synthesis of the material by asking students to approach it from yet another angle.
Textures addresses a real need in the current market for third-year bridge
courses, and its innovative approach and format will appeal to a broad range of programs in diff erent instructional settings. This assessment of the project
x i i i
I N T R O D U C T I O N
stems from our own experiences in piloting the manuscript in part or in whole at a variety of institutions: the University of Virginia (a leading Tier 1 public research university), Ithaca College (a private regional comprehensive col-lege in the Northeast with an emphasis on professional programs), Hillsdale College (a conservative small liberal arts college in the Midwest with a na-tional reputation), and Collegiate School (a nationally ranked independent JK–12 college preparatory school in the South). Textures provides a wide va-riety of authentic cultural documents for students, in the words of Julie Sykes from the University of Oregon’s Center for Applied Second Language Stud-ies, “to examine, explore, and expand upon,”1 whether analytically, creatively, or, ideally, both, as a means to enhance critical thinking while developing communicative profi ciency and cultural competency. We hope that you will fi nd it useful to your program and course.
A NOTE ON ACCESSING THE PODCASTS
Students and instructors can easily access and subscribe to both the Qu’en dites-vous ? audio podcast (mp3 fi les) and the Cité-U illustrated pod-casts (m4v fi les) for this textbook by visiting the Yale University Press iTunes U site. Accessing the Yale site must be done through the iTunes application
(available at www.apple.com/itunes/download/). There are no fees associ-ated with downloading iTunes software or the podcasts for Textures.
1. Julie Sykes, “Transforming Second Language Teaching and Learning: Place, Space and Design” (conference presentation, Institute of World Languages Fall Symposium, University of Virginia, October 30, 2015).
x i v
C H A P I T R E
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Le Dépaysement
Fig. 1. Robert Doisneau, Lapin au Champ de Mars, 1940. © Robert DOISNEAU/RAPHO.
1
C H A P I T R E 1
Le mouvement artistique de la « photographie humaniste » se développe
en France pendant les années 1930 et surtout après la Deuxième Guerre
mondiale. Robert Doisneau, photojournaliste et l’un des meilleurs
représentants de la photographie humaniste, montre dans ses photographies
le quotidien des rues de Paris, souvent en juxtaposant l’humour et
la nostalgie ou la tristesse. Ici, au Champ de Mars à Paris, un grand jardin
public qui s’étend de la tour Eiff el à l’École militaire, il reprend un de ses
sujets préférés et le symbole de Paris par excellence, la tour Eiff el.
PRÉ-TEXTE
QUELQUES MOTS POUR STIMULER LES RÉPONSES
le lapin – la laisse – l’allée – l’avenue – un promeneur – promener –
la tour Eiff el – la perspective – un animal domestique –
un animal sauvage – au premier plan – à l’arrière-plan – le choc –
le dépaysement – la désorientation – l’inattendu
A. La France
1. Qu’associe-t-on à la France, à la culture française et aux Français ?
Réfl échissez aux domaines de l’art, de la littérature, de l’architecture,
du gouvernement, de la société, de la mode, de la cuisine, de la langue,
de la géographie et du caractère ainsi qu’aux stéréotypes des Français
et de la France.
B. La perspective
1. Que voyez-vous à l’arrière-plan de cette image ?
2. Que voyez-vous au premier plan de cette image ?
3. Comment les deux espaces sont-ils parallèles ? Quelle est la forme
de la tour ? Y a-t-il d’autres objets qui ont la même forme dans cette
image ? Quel en est l’eff et ?
4. Qu’est-ce qui attire l’œil en premier quand on regarde cette photo ?
Que cela signifi e-t-il ?
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L E D É P A Y S E M E N T
C. La juxtaposition et le choc
1. Quels aspects de la culture française remarque-t-on dans cette image ? 2. Quel aspect de la photo choque ou étonne le spectateur ? Pourquoi ? 3. Comment la juxtaposition des images culturelles avec l’image bizarre
rend-elle la photo intéressante/étrange/déconcertante, à votre avis ? 4. Comment cette photo change-t-elle votre image de la France ou
joue-t-elle avec celle-ci ?
D. Écrivez
Imaginez l’histoire de cet homme qui promène ce lapin au Champ de Mars à Paris. Choisissez d’abord le genre de votre histoire et ensuite notez les évé-nements principaux de votre histoire avant de commencer à l’écrire. Soyez créatif(-ive) !
a. Une histoire policière
b. Une histoire d’amour
c. Une histoire science-fi ction
d. Une histoire d’aventure
e. Un journal intime
f. Une carte postale
g. Un blog
h. Une publicité
i. Un drame
j. Un feuilleton
Qu’en dites-vous ? : Le dépaysement et le choc culturel
dépaysant(e) – inévitable – localisé(e) – se ramener à –
gratuit(e) – le clientélisme – une valeur marchande – avoir beau –
manquer à – se balader – sur place – se fondre (dans) –
se faire des amis – un fond de réalité
3
C H A P I T R E 1
Les mots qu’on dit
E. Défi nitions
Écrivez le mot ou l’expression qui convient à chaque défi nition.
___________________ 1. marcher, se promener
___________________ 2. qui désoriente, qui produit un sentiment
d’étrangeté
___________________ 3. faire en vain, de façon inutile
___________________ 4. revenir à, se réduire à
___________________ 5. être absent(e) à quelqu’un
___________________ 6. qui arrive nécessairement, qu’on ne peut pas
éviter
___________________ 7. qui ne coûte rien
___________________ 8. rencontrer des copains
___________________ 9. une base de ce qui existe, de ce qui est réel ___________________ 10. une importance commerciale, un prix ___________________ 11. se mêler avec, faire partie de
___________________ 12. à l’endroit même
___________________ 13. limité (à un certain endroit)
___________________ 14. la recherche du soutien des clients pour
augmenter son pouvoir politique
Écoutez le podcast
F. Qui dit quoi ?
Choisissez l’interviewé(e) qui correspond au résumé donné.
Question 1 : Avez-vous vécu des moments de Quel(le) dépaysement ? interviewé(e) ?
Un aspect qui dépayse en Inde est la proximité de 1 2 3 la pauvreté et la richesse.
4
L E D É P A Y S E M E N T
Des endroits peuvent être dépaysants pour beaucoup de 1 2 3 raisons, par exemple l’architecture.
Les États-Unis, c’est dépaysant bien que ce soit une culture 1 2 3 qui semble être similaire à la culture européenne.
Question 2 : Quels aspects de la culture française vous ont Quel(le) manqué en voyageant ? interviewé(e) ?
Il n’y a pas beaucoup de choses qui me manquent. 1 2 3
Ce qui me manque, c’est la nourriture et des choses au 1 2 3 quotidien comme la boulangerie.
Ce qui me manque, c’est la nourriture simple et le paysage. 1 2 3
Question 3 : Avez-vous apprécié quelque chose en Quel(le) particulier de la culture étrangère ? interviewé(e) ?
J’ai aimé parler une autre langue. 1 2 3
J’aime m’asseoir dans un café et partager un moment de 1 2 3 vie avec les habitants.
C’est bien de casser les stéréotypes. 1 2 3
G. Dictée
Complétez les phrases en écoutant les réponses des interviewé(e)s.
Question 1 : Avez-vous vécu des moments de dépaysement ? 1. C’est très ____________________ parce qu’il y a des endroits qui
peuvent paraître ____________________ sans beaucoup de raisons,
et ____________________ ____________________ qui tout
d’un coup peuvent paraître très ____________________.
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C H A P I T R E 1
2. Par contre le choc dans le ____________________, tout ce qui est,
par exemple, nourriture ou ____________________, transport ou
même la façon de penser sur certaines choses, le ________________
à l’argent ou ____________________ ____________________.
Là j’ai eu des moments de dépaysement.
3. Une autre ____________________ de dépaysement complètement
___________________ pour moi, ça a été la __________________
___________________ que je suis allé aux __________________,
la première fois que je suis allé à New York.
Question 2 : Quels aspects de la culture française vous ont manqué ? 1. Ce qui me manque quand je reste plus longtemps à ______________,
c’est la nourriture, bien sûr, particulièrement les choses simples
comme le _________________, le _______________, même
les ________________ et les ____________________. 2. Il y a même de ____________________ restaurants qu’en France
parce qu’en France c’est très chauvin au ____________________
de la culture ____________________ surtout que je
____________________ de Lyon.
3. _____________ de trouver le meilleur de ce qui est _____________
de moi pour en ____________________ les meilleurs
____________________, aussi.
Question 3 : Avez-vous apprécié quelque chose en particulier de la culture étrangère ?
1. Ce que j’ai beaucoup aimé, même si c’est ____________________
parfois, c’est parler une autre langue, ____________________ une
autre langue, et c’est un ____________________ de découvrir une
autre ____________________ et aussi les ____________________
avec les gens.
2. Et quand on est dans un autre ____________________, c’est
bien de casser les ____________________, de voir qu’il y a
6
L E D É P A Y S E M E N T
quand même un fond de ____________________ mais c’est
un fond de ____________________ qui ne détermine pas la
____________________ qui est, qu’on a en face de soi. 3. Comme je l’ai dit, à chaque fois, il y a toute la culture du pays, encore
une fois ____________________, la ____________________, etc.,
qui sont toujours des expériences ____________________, il y a aussi
évidemment les expériences ____________________.
H. Et moi, personnellement...
1. Avez-vous vécu des moments de dépaysement quand vous avez voyagé
à l’étranger ?
2. Quels aspects de votre culture vous ont manqué pendant vos voyages ? 3. Avez-vous apprécié quelque chose en particulier de la culture étrangère
pendant vos voyages ?
TEXTE
Mettez-vous dans l’esprit
A. Réfl échissez
Répondez aux questions suivantes.
1. Écrivez-vous des lettres ? À qui ? De quoi écrivez-vous ? 2. Avez-vous un passe-temps intéressant (exemples : le jardinage, la
photographie, le créacollage [le scrapbooking], etc.) ? Faut-il acheter
des outils particuliers pour faire ce passe-temps ?
3. Vous êtes-vous jamais senti(e) intimidé(e) par un magasin spécialisé ?
Quel type de magasin ?
4. Vous êtes-vous jamais senti(e) dépaysé(e) ou désorienté(e) de vous
trouver dans un milieu inconnu, surtout dans un autre pays ? Décrivez
cette expérience.
5. Trouvez-vous que le mode de vie a changé rapidement depuis
l’adolescence de vos grands-parents ? Comment ? Qu’est-ce qui a
changé depuis leur adolescence ?
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C H A P I T R E 1
Les mots qu’on lit
B. Contextes
Lisez les exemples du texte qui emploient ces mots de vocabulaire.
Tous les lieux parlent : les jardins et les rues de Shanghai, les tramways et les
autobus, les maisons et les montagnes, et même les magasins. Les choses de ce magasin courent à perte de vue dans des allées plus larges
que des ruelles.
Comment savoir dans quelle direction porter ses pas ? Alors je suis restée
immobile.
Il a interprété malheureusement ces mots comme une invitation à
m’abandonner sur-le-champ, au lieu d’y voir un appel au secours. Il existe ici tant de vêtements aux lignes et aux couleurs disparates, tant de
lieux possibles où les acheter.
Je parle mieux français chaque jour, mais chaque jour, je sens leur méfi ance. Je sais que Pudong, avec ses tours et ses gratte-ciel fi nanciers, a eff acé les
arbres et les paysans.
J’ai trouvé mon lieu qui donne la solidité pour avancer, j’ai trouvé mon milieu.
C. Défi nitions
Maintenant, cherchez la défi nition correcte de la colonne à gauche.
___ le lieu 1. Aidez-moi !
___ à perte de vue 2. immédiatement
___ porter ses pas 3. beaucoup de
___ sur-le-champ 4. le grand bâtiment
___ au secours 5. la suspicion, le manque de confi ance
___ tant de 6. l’endroit
___ la méfi ance 7. sa place dans quelque chose
___ le gratte-ciel 8. aller, marcher
___ le milieu 9. à une très grande distance
8
L E D É P A Y S E M E N T
Lisez le texte
Monique Proulx est née à Québec en 1952. Écrivaine et scénariste
québécoise, elle a gagné le prix Québec-Paris en 1993 pour son roman
Homme invisible à la fenêtre. Cette nouvelle, « Jaune et blanc », fait partie
d’un recueil de nouvelles, Les Aurores montréales (1996).
Jaune et blanc
(première partie)
à Ying Chen
Tu avais raison, grand-mère, les lieux sont des miroirs
poreux1 qui gardent les traces de tout ce que nous sommes. 1. porous
Lorsque nous regardions ensemble les jardins de l’autre 2. grand arbre très souvent côté du Huangpu, à Shanghai, je ne voyais de mes yeux planté en
trop jeunes que des paysans et des platanes2 agités par le ligne au bord
vent, alors que tes yeux à toi plongeaient sous les arbres et des routes ;
les humains aff airés et ramenaient4 à la surface des images 3. occupé, chargé 3 plane tree
invisibles. de travail
Je sais maintenant que tous les lieux parlent, grand- 4. ramener = to
bring back
mère, les jardins et les rues de Shanghai, les tramways et
les autobus, les maisons et les montagnes, et même les
magasins. C’est un magasin qui m’a révélé ce que serait
ma vie à Montréal, un magasin semblable à un archipel 5. avec trop de gens ; aux îlots surpeuplés 5 , dont les foules 6 denses sont formées overpopulated
d’objets plutôt que d’êtres vivants, un magasin au nom 6. crowds
étrange qui ne fournit7 aucun indice8 7. fournir = sur son contenu : procurer ; to Canadian Tire. provide
Je plantais des dahlias dans le jardin de mon nouveau 8. signe
propriétaire, et je voulais les soutenir avec un tuteur9 9. stake . Je 10. ployer = to
suis entrée dans ce Canadian Tire pour acheter rapidement bend, to give
un morceau de broche ou de bois, et je n’en suis sortie que (beneath
trois heures plus tard, l’esprit ployant10 weight) sous l’encombre-11. surcharge ;
ment11 et les mains vides. bulk
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C H A P I T R E 1
Les choses de ce magasin, grand-mère, courent à perte
de vue dans des allées plus larges que des ruelles et grim-
12. grimper = peraient12 jusqu’au ciel si le plafond ne venait interrompre
escalader, leur escalade13. Elles sont rouges, grises, jaunes, vertes, monter
13. ascension grandes, petites, allongées, rondes ou rectangulaires, et
pourtant on dirait qu’elles se ressemblent toutes, et plus
le regard cherche à les distinguer les unes des autres, plus
14. se dérober = elles se multiplient et se dérobent14 et se fondent15 à l’infi ni
to collapse, en un seul objet monstrueux, aux parties innombrables et à to evade,
to shy away l’usage mystérieux. from J’ai tenté d’avancer dans ce magasin comme je l’aurais
15. se fondre = 16 fait dans la rue Nanjing au milieu d’une cohue. Mais se mêler, se comment avancer lorsqu’il n’a aucun repère 17 mélanger , comment 16. multitude savoir dans quelle direction porter ses pas ? Alors je suis
désordonnée 18 restée immobile, le cœur serré par l’eff roi, pendant que et bruyante les clients affl uaient 19 à l’intérieur, me contournaient 20 de gens sans
17. marque ou me voir, fonçaient21 avec détermination là où il leur fal-
objet qui lait aller, là où les attendaient une destination et un objet permet de
s’orienter précis. Je n’ai jamais connu d’angoisse plus grande qu’à ce
19. affl uer = 22 apparu comme une énigme indéchiff rable 18. terreur moment-là, grand-mère, à ce moment où Montréal m’est arriver en dont les clés et abondance les codes pour survivre m’échapperaient à jamais.
20. contourner = 23 Ma détresse n’est pas demeurée inaperçue, puisqu’un
to bypass, to
walk around homme s’est approché de moi et m’a demandé en anglais, something avec un accent français, s’il pouvait m’aider. Je lui ai répondu
21. foncer = aller en français, qui est la seule langue d’Amérique du Nord que
rapidement
22. qui est je connaisse, mais aucune langue à cet instant n’avait d’uti-
comprendre 25 je lui ai dit avec aff olement « non merci », il a interprété ou résoudre impossible à lité pour décrire un objet dont j’ignorais24 le nom, et lorsque
23. demeurer = malheureusement ces mots comme une invitation à
rester m’abandonner sur-le-champ, au lieu d’y voir une formule
24. ignorer = ne
pas savoir préliminaire de politesse et un appel au secours.
25. trouble Le secours ne viendrait plus de nulle part. J’ai fait
26. enfoncer = 26 qui ne sais pas nager, grand-mère, je me suis enfoncée to profond quelques pas dans n’importe quelle direction, et moi sink in
1 0
L E D É P A Y S E M E N T
dans cette mer solide et insondable27 jusqu’à ce qu’elle se 27. dont on ne
referme complètement sur moi. J’ai aff ronté minutieuse- peut pas toucher ment chacun de ces objets sophistiqués, ouvragés 28 par des le fond
mains d’artistes ou de robots, j’ai interrogé un à un les mor- [bottom]
déceler ceaux de métal et de substance colorée pour tenter29 28. travaillés, de décorés 30 à quelle partie de la maison ou de l’existence ils 29. essayer
pouvaient se rattacher. À un certain moment, j’ai reconnu 30. découvrir
des couteaux. Il y en avait cent vingt-neuf, de formes et de
dimensions diff érentes, et j’ai pensé avec terreur qu’il exis-
tait dans ce fabuleux pays cent vingt-neuf façons de dé-
couper, et que je n’en connaissais qu’une. Un peu plus loin,
j’ai rencontré soixante-trois plats aux profondeurs variables
dans lesquels je n’aurais su s’il fallait mettre du riz ou des
clous31. Soudain, encore plus loin, j’ai vu des pelles32. Des 31. nails
pelles, grand-mère, des sœurs familières de celles que nos 32. shovels
paysans enfonçaient dans la terre de l’autre côté du Huan-
gpu, et je me suis précipitée vers elles, car où il y avait des
pelles il y aurait peut-être de la broche ou du bois pour mes
fl eurs, pour mes pauvres dahlias que le fl ot33 des choses 33. fl ood
sans nom commençait à entraîner dans l’oubli.
Je n’ai pas trouvé de broche ou de bois, mais j’ai trouvé
quarante-neuf sortes de pelles, et dix-huit sortes d’un gros
outil appelé Weed Eater, une chose démesurée envelop-
pée dans du plastique et perchée au-dessus des allées
comme un roi aux pouvoirs obscurs.
Mise au point 1
D. De quoi s’agit-il ?
1. À qui écrit la narratrice ?
2. Quel est son passe-temps ?
3. Que cherche-t-elle dans le magasin Canadian Tire ? 4. Comment se sent-elle dans ce magasin ? Pourquoi ? 5. Pourquoi ne demande-t-elle pas de l’aide à l’homme qui lui parle ?
1 1
C H A P I T R E 1
Mise en pratique 1 : le mot juste
E. Les objets
Cherchez les descriptions des détails du magasin Canadian Tire dans la pre-mière partie du texte et complétez le schéma suivant.
objet description
« les choses de ce magasin »
des couteaux
des plats
des pelles
« un gros outil appelé Weed Eater »
F. Les sentiments
Relisez la première partie du texte et dressez une liste de mots associés à la peur (des phrases, des adjectifs ou des substantifs).
Modèle : l’eff roi (paragraphe 5)
G. Une comparaison
Faites une comparaison entre le magasin Canadian Tire et un magasin américain du même genre.
H. Discutez
1. Comment la ville de Montréal diff ère-t-elle de la ville d’où vient la
narratrice (et où habite sa grand-mère) ?
2. Pourquoi la femme se sent-elle tellement désorientée dans ce magasin ? 3. À votre avis, exagère-t-elle sa réaction dans cette scène ? 4. Une prédiction : va-t-elle rester à Montréal ou retourner en Chine ?
1 2
L E D É P A Y S E M E N T
Lisez le texte
Jaune et blanc
(deuxième partie)
C’est ainsi, grand-mère, que s’est déroulée mon initia-
tion à la vie montréalaise, cet automne presque lointain où
j’étais encore un arbuste chinois fraîchement transplanté en
Amérique du Nord.
Depuis, le Saint-Laurent m’est devenu aussi familier que
le Huangpu et mes promenades dans la rue Saint- Denis
ont l’aisance de celles qui m’entraînaient dans le Bund avec
toi. Depuis, j’ai aussi compris à quel point Montréal était
contenu dans ce magasin qui m’a tant eff rayée, ce magasin
aux utilités et au superfl u confondus.
Le foisonnement34, grand-mère, fait maintenant par- 34. proliferation
tie de mon environnement quotidien. Il existe ici tant de
vêtements aux lignes et aux couleurs disparates, tant de
lieux possibles où les acheter, tant de façons complexes de
revêtir une seconde peau qui transforme l’apparence, que
j’ai cru longtemps que je n’arriverais jamais à choisir une
jupe. Il existe tant de spectacles et de restaurants, tant de
saveurs de glace — mais pas de glace aux haricots —, tant
de voitures et d’objets à vendre et à regarder. Le foisonne-
ment, maintenant, ne me fait plus peur, et le trop-plein et
le vide fatalement se rejoignent. Il naît et il meurt constam-
ment tant d’informations dans les journaux et à la télévision
que je me sens parfois comme en Chine où aucune infor-
mation ne circulait, ramenée à une disette35 qui m’empêche 35. manque de
de comprendre le monde. ce qui est
Je ne dis plus : « non merci » pour signifi er : « oui s’il scarcity nécessaire ;
vous plaît ». Tout doit être exprimé avec force et clarté, ici,
et les gestes et les mots suivent une ligne droite rapide qui
exclut la poésie du non-dit. J’arrive maintenant à embras-
ser les amis québécois qui m’embrassent, puisqu’il n’y a que
1 3
C H A P I T R E 1
36. cette étreinte36 hug excessive pour les convaincre de ma réelle
aff ection.
Dans ce magasin où un francophone s’est adressé à moi
en anglais, il y avait aussi le refl et de ce terrain mouvant
où se côtoient les langues d’ici, le refl et de ce combat très
courtois que les francophones de Montréal rêvent de rem-
porter sans combattre. Je parle mieux français chaque jour,
mais chaque jour, je sens leur méfi ance. Je reste une ombre
légère en retrait. Ils sont les seuls à pouvoir se libérer de
leur méfi ance, les seuls à pouvoir conquérir le sol qui leur
appartient déjà.
Je suis maintenant seule, grand-mère, comme un vrai
être humain. Personne ne me dit où me diriger dans les
37. chemins allées des magasins et les sentiers37 de la vie, personne ne
pose sa main protectrice sur mon épaule pour approuver
38. ne pas ou nier38 mes choix. Je vais, comme les clients de Cana-
reconnaître, dian Tire, directement où je crois qu’il me faut aller, sans dire non à attendre de soutien, j’ai le pouvoir de traverser les étalages
surabondants sans rien acheter. Ce n’est pas facile de com-
prendre tout à coup ce qu’est la liberté, la douloureuse et
magnifi que liberté.
Depuis, la Chine a changé elle aussi je le lis parmi
39. encercler = toutes les informations qui m’encerclent39 ici. Je sais que
entourer les Chinois boivent de plus en plus de bière, ont de moins
en moins de chiens, je sais que le désir d’argent a répandu
40. partout sa frénésie, jusque dans les couches40 layers, strata les plus ir-
réductibles du parti. Je sais que Shanghai s’agite sous les
41. grues41 cranes des constructeurs, dans le sillon des périphériques
modernes, et que Pudong, avec ses tours et ses gratte-ciel
fi nanciers, a eff acé les platanes et les paysans enfonçant
dans les jardins leurs pelles millénaires, a eff acé de l’autre
côté du Huangpu les images qui naissaient sous tes yeux.
Peut-être qu’un jour il n’y aura plus de diff érence entre être
un Chinois et être un Nord-Américain.
1 4
L E D É P A Y S E M E N T
Depuis, surtout, la vie s’est retirée lentement de toi,
grand-mère, et tu ne vois ni n’entends plus les mots que
l’on projette autour de toi. Les mots entre nous n’ont jamais
été nécessaires, et ceux-ci trouveront leur chemin pour t’at-
teindre42. Je veux te rassurer sur le sort de ta petite, avant 42. parvenir,
que Seigneur Nilou ne t’attire tout à fait dans son royaume. arriver jusqu’à toi J’ai trouvé mon lieu, grand-mère, celui au centre de moi qui
donne la solidité pour avancer, j’ai trouvé mon milieu.
Mise au point 2
I. De quoi s’agit-il ?
1. Qu’est-ce qui est arrivé à la jeune femme dans ce magasin ? 2. Quels « foisonnements » remarque-t-elle à Montréal ? 3. Comment sa langue a-t-elle changé ? Ces changements sont-ils
signifi ants ?
4. Comment la Chine a-t-elle aussi changé ?
5. De quoi la narratrice veut-elle rassurer sa grand-mère ?
Mise en pratique 2 : Précisions
J. Les lieux
Complétez le schéma suivant, d’après le texte de Proulx et votre histoire personnelle.
la femme la grand-mère moi
ville où on habite
rue principale
rivière près de la ville
langue(s) parlée(s)
urbain ou rural ?
autres détails
1 5
C H A P I T R E 1
K. La négation
Choisissez l’expression négative qui convient le mieux au sens de la phrase.
1. Le secours ne viendrait de _____.
a. rien b. jamais c. nulle part d. plus 2. Comment avancer lorsqu’on n’a _____ repère ?
a. aucun b. jamais c. plus d. que 3. Je ne voyais de mes yeux trop jeunes _____ des paysans et des platanes. a. rien b. que c. jamais d. plus 4. J’ai cru longtemps que je n’arriverais _____ à choisir une jupe. a. rien b. jamais c. nulle part d. plus 5. Je ne dis _____ : « non merci » pour signifi er : « oui s’il vous plaît ». a. aucun b. jamais c. plus d. que 6. _____ ne me dit où me diriger.
a. Rien b. Personne c. Aucun d. Plus 7. Tu ne vois _____ n’entends plus les mots.
a. ni b. aucun c. que d. personne
L. Depuis
Il y a une lacune dans les premières phrases des deux derniers paragraphes du texte. Complétez la phrase d’une manière logique, selon votre com-préhension du texte.
1. Depuis ______________________________________________,
la Chine a changé elle aussi...
2. Depuis ______________________________________________,
surtout, la vie s’est retirée lentement de toi, grand-mère...
Mettez-vous à la place
M. Établissez la scène
1. Écrivez la réponse de la grand-mère à sa petite-fi lle à Montréal. 2. Imaginez que cette scène se passe dans une grande ville aux États-Unis.
Quels détails changeriez-vous ?
1 6
L E D É P A Y S E M E N T
N. Approfondissez le sens
Êtes-vous d’accord avec les constatations de la narratrice ? Pourquoi ou pourquoi pas ? Justifi ez votre opinion.
1. « Les lieux sont des miroirs poreux qui gardent les traces de tout ce que
nous sommes. »
2. « Je suis maintenant seule, comme un vrai être humain. » 3. « Peut-être qu’un jour il n’y aura plus de diff érence entre être un Chinois
et être un Nord-Américain. »
O. Réagissez au texte
1. Cette femme s’identifi e à quelle(s) culture(s) ? De quelle manière ? 2. Quel est « son milieu » ? Et vous ? Quel est votre « milieu » ? Expliquez
votre réponse.
CONTEXTE
QUELQUES MOTS POUR STIMULER LES RÉPONSES
audacieux(-euse) – intrépide – courageux(-euse) – timoré(e) –
poltron(ne) – la peinture – la sculpture – le dessin – l’art – l’antiquité –
l’art classique – l’art moderne – l’art contemporain – la musique –
le cinéma – la littérature – l’architecture – le théâtre – les médias –
l’habitude – l’expérience – l’inconnu – découvrir – connaître –
faire des expériences – s’inquiéter – à l’aise – mal à l’aise – gêné(e)
Mettez-vous dans l’esprit
A. Réfl échissez
1. Êtes-vous aventurier(-ière) quant aux nouvelles choses à manger ?
Quelle est la chose à manger la plus bizarre que vous ayez jamais
goûtée ? Vous a-t-elle plu ?
2. Aimez-vous aller aux musées ? Quels types d’art préférez-vous ?
Avez-vous des artistes préférés ? Préférez-vous regarder des objets
d’art qui vous plaisent ou qui vous font réfl échir ?
1 7
C H A P I T R E 1
3. Une des règles de l’esthétique classique est de « plaire et instruire ».
Dans quelle mesure pensez-vous que l’art contemporain plaise au public
et que le divertissement puisse instruire le public ?
4. Osez-vous parfois sortir de votre milieu habituel ou évitez-vous des
situations qui vous rendent mal à l’aise ? Expliquez votre réponse.
Lisez le poème
Grand aventurier et voyageur du monde, Blaise Cendrars est né
Frédéric-Louis Sauser en 1887 en Suisse. Il a passé de longs séjours en
Russie, à New York et à Paris avant d’être naturalisé français en 1916. Son
premier poème, Les Pâques, publié en 1912 sous le pseudonyme Blaise
Cendrars, est devenu poème fondateur de la poésie moderne. Pendant
la Première Guerre mondiale, il s’est engagé comme volontaire étranger
dans l’armée française et dans la Légion étrangère. Gravement blessé, il
a été amputé du bras droit en 1915, et a dû apprendre désormais à écrire
de la main gauche. Son œuvre comprend de la poésie, des romans, des
reportages et des mémoires. Le poème « Menus » fait partie du recueil
Kodak (Documentaire, 1924) dont les poèmes ont été composés par des
collages de fragments découpés d’un roman de Gustave Le Rouge.
Menus
I
43. Foie de tortue43 tortoise verte truff é
Langouste à la mexicaine
44. pheasant Faisan44 de la Floride
Iguane sauce caraïbe
45. palm kernels Gombos et choux palmistes45
II
Saumon du Rio Rouge
46. bear Jambon d’ours46 canadien
Roast-beef des prairies du Minnesota
1 8
L E D É P A Y S E M E N T
Anguilles47 fumées 47. eels
Tomates de San-Francisco
Pale-ale et vins de Californie
III
Saumon de Winnipeg
Jambon de mouton à l’Écossaise
Pommes Royal-Canada
Vieux vins de France
IV
Kankal-Oysters
Salade de homard cœurs de céleris
Escargots de France vanillés au sucre
Poulet de Kentucky
Desserts café whisky canadian-club
V
Ailerons de requin48 confi ts dans la saumure49 48. shark fi n
Jeunes chiens mort-nés préparés au miel 49. brine
Vin de riz aux violettes
Crème au cocon50 de ver à soie51 50. cocoon
Vers de terre salés et alcool de Kawa 51. silkworm
Confi ture d’algues marines
VI
Conserves de bœuf de Chicago et
salaisons52 allemandes 52. charcuterie
Langouste
Ananas goyaves nèfl es du Japon53 noix 53. nèfl e du
de coco mangues Japon (fruit asiatique) = pommes crème loquat
Fruits de l’arbre à pain cuits au four
1 9
C H A P I T R E 1
VII
Soupe à la tortue
Huîtres frites
Patte d’ours truff ée
Langouste à la Javanaise
54. suckling pig VIII 55. hedgehog Ragoût de crabes de rivière au piment 56. type
d’arbre de Cochon de lait54 entouré de bananes frites Madagascar; Hérisson55 au ravensara56 huile de cet Fruits arbre
Mettez-vous à la place
B. Établissez la scène
1. Faites une liste de tous les fruits et légumes et de toutes les viandes
dans le texte.
2. Faites une liste de tous les lieux mentionnés dans le texte. 3. Que choisiriez-vous pour chaque plat ? Pourquoi ?
4. À première vue, comment défi niriez-vous ce texte, c’est-à-dire, quel nom
lui donneriez-vous ? Si c’était dans un restaurant, comment l’appelleriez-
vous ? Et si c’était dans un livre, comment l’appelleriez-vous ? 5. Écrivez votre propre menu aussi farfelu et bizarre que possible mais qui
retient toujours une sorte de vraisemblance ou de réalisme.
C. Approfondissez le sens
1. Quel eff et le titre et la forme du poème ont-ils sur la réaction du
lecteur / de la lectrice ? Comment le poème attire-t-il le lecteur /
la lectrice et comment le/la trompe-t-il ?
2. Comment défi nit-on un poème ou un texte littéraire ? Est-ce que cette
défi nition dépend de l’auteur, du lecteur / de la lectrice ou du contexte
dans lequel se trouve le texte ? Expliquez votre réponse.
2 0
L E D É P A Y S E M E N T
3. Pensez-vous qu’un artiste ait réussi quand le public est mal à l’aise ou
dépaysé ? Pourquoi ou pourquoi pas ? Avez-vous jamais eu l’expérience
d’être mal à l’aise devant un objet d’art ou un texte littéraire ? Expliquez.
D. Réagissez aux textes
1. Le choc culturel peut se produire dans des situations surprenantes : dans
un magasin face aux produits inconnus, dans un restaurant face à une
nourriture étrangère, dans un parc face à une situation inconnue ou même
dans un musée face à un objet d’art indéfi nissable. Dans laquelle de ces
situations éprouveriez-vous le plus de malaise ? Pourquoi, à votre avis ? 2. Connaissez-vous l’artiste Marcel Duchamp et le mouvement des objets
trouvés ? Expliquez comment son art peut être considéré de deux points
de vue opposés : c’est de l’art et ce n’est pas de l’art. Jouez ce débat. 3. Si vous défi nissiez votre culture (régionale, nationale, etc.) par un objet
d’art, lequel choisiriez-vous ? Pourquoi ? Et par un aliment ? Par un
magasin ? Par un outil quotidien ? Justifi ez vos réponses. 4. Lequel des deux textes, « Jaune et blanc » par Monique Proulx ou
« Menus » par Blaise Cendrars, réussit le mieux à expliquer au lecteur /
à la lectrice ce que c’est que le dépaysement ? Pourquoi ? 5. Écrivez un texte (un conte ou un poème) qui traduit au lecteur /
à la lectrice l’expérience du choc culturel, d’après vos expériences
personnelles.
HORS TEXTE
Cité-U : L’arrivée
se débrouiller – se sentir débordé(e) – faire la bise – rougir –
raconteur(-euse) – intimidant(e) – impressionnant(e) – ravi(e) –
rassuré(e) – à la caisse – la monnaie – retirer de l’argent
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C H A P I T R E 1
Les mots qu’on dit
A. Réponses
Avant de regarder le podcast illustré, choisissez la meilleure réponse dans chaque situation.
1. Vous venez de déménager à une nouvelle ville que vous ne connaissez
pas bien, et vous vous perdez souvent.
a. Je me sens débordé(e).b. Je me sens rassuré(e).c. Je suis ravi(e). 2. Vous êtes en France et votre ami vous présente sa copine. a. Je ne dis rien.b. Je lui fais la bise.c. Je me sens débordé(e). 3. Votre ami vous dit qu’il a entendu une histoire très drôle. Vous lui dites : a. « C’est impressionnant ! »b. « Je suis ravi(e). »c. « Raconte ! » 3. Vous êtes au supermarché et vous voulez payer. Vous allez : a. à l’entréeb. à la caissec. à l’allée des fruits
4. Vous avez un examen diffi cile demain et votre ami essaie de vous
encourager. Il vous dit :
a. « Tu te débrouilleras. »b. « Tu dois retirer de l’argent. »
c. « C’est intimidant. »
Regardez le scénarimage
B. Les images
Regardez le podcast illustré avec le son baissé. Décrivez chaque image qui passe.
1. ____________________________________________________. 2. ____________________________________________________. 3. ____________________________________________________. 4. ____________________________________________________. 5. ____________________________________________________. 6. ____________________________________________________. 7. ____________________________________________________.
2 2
L E D É P A Y S E M E N T
Regardez le podcast illustré
C. Les personnages
Choisissez les phrases qui décrivent les personnages.
Tom, Jean-François, la caissière, Élodie Descriptions
1. Il se sent débordé à Paris.
2. Il essaie de se débrouiller.
3. Elle parle très vite.
4. Elle a l’habitude de faire trois bises.
5. Il voudrait parler bien anglais.
6. Il étudie le français depuis cinq ans.
D. Le mot juste
Complétez les phrases avec un mot de la colonne de droite.
1. Tom trouve la ville de Paris un peu _______. a. exacte 2. Jean-François serait _______ s’il parlait bien anglais. b. rassurée 3. Jean-François trouve que le français de Tom est c. surpris
_______. d. rougi 4. Tom a _______ de l’argent avant d’aller au e. retiré
Monoprix. f. belle 5. Il est préférable de payer avec la monnaie _______ g. ravi
si possible. h. impressionnant 6. Quand Tom a rencontré Élodie, il y a eu quelque i. intimidante
chose d’ _______. j. embarrassant 7. Tom a été _______ quand Élodie lui a fait une
troisième bise.
8. Élodie a _______ après la troisième bise.
9. Elle a été _______ quand Tom a dit qu’il était
américain.
10. Jean-François pense que c’est une _______ histoire.
2 3
C H A P I T R E 1
E. Un jeu de rôle
Écrivez et jouez devant la classe une scène de votre choix.
a. Une première rencontre
b. Un malentendu en français
Fig. 2. Georges Ribemont-Dessaignes, Jeune femme, 1919. Yale University Art Gallery.
2 4
L E D É P A Y S E M E N T
Qu’est-ce que la culture ? Selon le Trésor de la langue française, la culture se
défi nit d’abord par les techniques de production agricole. Deuxièmement,
c’est la « fructifi cation des dons naturels », ce qui permet à l’être humain
« de s’élever au-dessus de sa condition initiale et d’accéder individuellement
ou collectivement à un état supérieur ». De même, la 8e édition du
Dictionnaire de l’Académie française défi nit la culture en termes fi guratifs
ainsi : « l’Application qu’on met à perfectionner les sciences, les arts,
à développer les facultés intellectuelles. » La culture générale, selon
l’Académie française, est l’ensemble des connaissances sur les arts et les
sciences, un terme qui est souvent synonyme de « civilisation ».
Imaginez
1. Que voyez-vous dans ce tableau ? Quelle est votre interprétation du
titre, « Jeune femme », de cette peinture ? Comment peut-on justifi er le
titre par les objets et par leur mise-en-place dans le tableau ? 2. Peut-on comparer ce tableau à l’image du lapin au Champ de Mars au
début du chapitre ? Joue-t-on, par exemple, avec la perspective et les
conventions ?
3. Le choc culturel peut être un moment de désorientation visuelle,
culturelle, sociale ou linguistique. À votre avis, quel « choc » est
le plus dépaysant : une photographie d’un événement inattendu,
une expérience dans un pays étranger, un poème trompeur ou
déconcertant, ou le titre de ce tableau ? Pourquoi ?
4. Comment l’art peut-il exprimer l’expérience vécue d’une manière
diff érente du journalisme ou des témoignages ?
5. Vous êtes-vous senti(e) débordé(e) dans un autre pays ? Ou dans
une ville étrangère ? Comment ou pourquoi ? Décrivez la situation. 6. Avez-vous jamais eu peur de parler parce que vous ne pouviez pas
trouver les moyens de vous exprimer ? Dans votre langue maternelle ?
Dans une langue étrangère ? Décrivez vos sentiments dans cette
situation.
7. Avez-vous jamais vécu un moment de désorientation culturelle dans
un pays étranger ? Et dans votre pays d’origine ? Décrivez les deux
situations.
2 5
C H A P I T R E
2
La Vie moderne
Fig. 3. Paris—L’Avenue de la Grande-Armée. Collection privée de Guenael Guegan.
Au début du 19e siècle, on se servait des cartes postales pour toutes
sortes de communications brèves, que ce soit un petit mot envoyé depuis
une destination touristique ou bien un court message pour fi xer un
rendez-vous entre amis de la même ville. Cette carte postale date de 1905
au moment où de nouvelles technologies dans l’imprimerie permettaient
aux photographes de reproduire leurs images et de les distribuer facilement
au grand public. Elle représente l’Avenue de la Grande Armée, voie qui
fait la limite entre les 16e et 17e arrondissements et prolonge l’axe des
Champs-Élysées de la place Charles-de-Gaulle jusqu’à la Porte Maillot.
2 6
L A V I E M O D E R N E
PRÉ-TEXTE
QUELQUES MOTS POUR STIMULER LES RÉPONSES
se dépêcher – fl âner – heurter – bavarder – saluer – le trottoir – les allées –
le kiosk – un parasol – un canotier – une canne – les chevaux – les pneus –
le bonnet – la coche
A. L’avenue
1. Cette photo a été prise à quel moment de la journée ? Quel temps
fait-il ?
2. Faites une liste de trois ou quatre adjectifs qui caractérisent l’activité sur
l’avenue.
B. La foule
1. Décrivez la foule. Qui sont ces gens ? Comment s’habillent-ils ? D’où
viennent-ils ? Où vont-ils ?
2. Comment ces gens se déplacent-ils en ville ? Identifi ez les moyens de
transport que vous observez dans la photo.
C. L’expérience
1. Imaginez que vous êtes la jeune fi lle en robe blanche qui se promène
avec la femme en jupe noire. Que faites-vous sur l’avenue ce jour-là ?
Où allez-vous ? Avec qui ? Quelles sont vos impressions de la ville
autour de vous ?
2. Imaginez la conversation qui s’éclate autour de la voiture. Comment
réagit-on à cette nouvelle apparence sur l’avenue ? Ces hommes
sont-ils curieux ou indiff érents ? Étonnés ou blasés ? Enthousiastes ou
dédaigneux ? Pourquoi ? Dans votre conversation, présentez au moins
deux opinions diff érentes.
3. Imaginez que c’est vous en 1905 qui envoyez cette carte. À qui destinez-
vous cette carte ? Quel message envoyez-vous ?
2 7
C H A P I T R E 2
D. Les points de vue
1. Qu’est-ce qui a dû sembler « moderne » aux gens dans la photo ? 2. Et quelle est votre perspective sur la photo ? Comment la notion du
moderne a-t-elle changé depuis le moment où l’on a pris la photo ?
Pourquoi ? Quelle est votre défi nition du « moderne » ?
Qu’en dites-vous ? : La technologie et les relations sociales
le gadget – les dispositifs – le/la destinataire –
les réseaux sociaux – coûteux(-euse) – intégrant(e) – embêté(e) –
anodin(e) – refermé(e) sur soi-même – proche – s’en servir –
avertir – déranger – à la limite
Les mots qu’on dit
E. Défi nitions
Écrivez le mot ou l’expression qui convient à chaque défi nition.
___________________ 1. gêner, troubler
___________________ 2. la personne à qui on écrit
___________________ 3. un objet ou un appareil
___________________ 4. un ensemble de connaissances, par exemple
___________________ 5. qui n’est pas bon marché
___________________ 6. qui ne fait pas de mal, inoff ensif ___________________ 7. intime
___________________ 8. qui constitue un élément nécessaire, essentiel ___________________ 9. prévenir, informer quelqu’un de quelque chose
2 8
L A V I E M O D E R N E
___________________ 10. introverti(e)
___________________ 11. ennuyé(e), contrarié(e)
___________________ 12. au cas extrême
___________________ 13. employer, utiliser
___________________ 14. ensemble de pièces constituant un
mécanisme, un appareil
Écoutez le podcast
F. Qui dit quoi ?
Choisissez l’interviewé(e) qui correspond au résumé donné.
Question 1 : Quel est le rôle de la technologie dans Quel(le) votre vie ? Est-ce qu’elle rend la vie plus simple ou plus interviewé(e) ? compliquée ?
Tout est plus rapide avec la technologie, mais on est 1 2 3 assez dépendant.
Ça rend la vie plus facile, mais en même temps, on est 1 2 3 perdu si on n’a pas accès à son portable, par exemple si on n’a plus de batterie.
La technologie, ça nous aide au quotidien, mais c’est 1 2 3 aussi très coûteux.
Question 2 : Préférez-vous parler au téléphone ou envoyer Quel(le) des SMS ? interviewé(e) ?
Je n’aime pas appeler les personnes parce que j’ai peur de 1 2 3 les déranger.
Je préfère les SMS parce que c’est plus eff ectif et je peux 1 2 3 réfl échir avant de les envoyer.
Ça dépend de ce qu’on veut dire et de la personne à qui 1 2 3 on s’adresse.
2 9
C H A P I T R E 2
Question 3 : Croyez-vous que la technologie change les Quel(le) relations sociales de nos jours ? interviewé(e) ?
La technologie change les relations sociales de façon 1 2 3 positive et négative.
Les relations sociales sont plus superfi cielles : on a plus 1 2 3 d’amis mais on est moins proche.
La technologie change tout fondamentalement, 1 2 3 y compris la communication et même les voyages.
G. Dictée
Complétez les phrases en écoutant les réponses des interviewé(e)s.
Question 1 : Quel est le rôle de la technologie dans votre vie ? Est-ce qu’elle rend la vie plus simple ou plus compliquée ?
1. Il y a toujours de nouvelles ____________________ qui vont
___________________ tous les jours, et du ___________________
on va vouloir à chaque fois se mettre à ____________________ et en
acheter toujours plus.
2. Je travaille toute la ____________________ sur mon
_________________, j’ai toujours mon __________________
_________________ sur moi, et donc je peux _________________
des messages, des emails à n’importe quel _________________. 3. Elle ____________________ la vie plus ____________________
parce que tout est plus ____________________ avec une nouvelle
technologie. On peut trouver des ____________________ très vite
sur Internet.
Question 2 : Préférez-vous parler au téléphone ou envoyer des SMS ? 1. Je trouve que c’est plus ____________________ dans le sens où j’ai
plus de temps pour réfl échir exactement aux ____________________
3 0
L A V I E M O D E R N E
que je vais vouloir ____________________, et en même temps je sais
qu’en envoyant mon message, je ne vais pas ____________________
la personne parce qu’elle pourra ____________________ quand elle
voudra.
2. Ou aussi, si on a une petite chose à leur dire, quelque chose
qui pourrait les faire ____________________ ou qui pourrait
les faire ____________________ ou leur dire simplement qu’on
pense à ____________________, le message, c’est presque plus
____________________ que le téléphone.
3. Mais, ____________________ jamais appeler les gens parce que
j’ai ____________________ de les ___________________. Alors,
je trouve qu’un ____________________, ils répondent quand ils
veulent, et c’est plus ____________________.
Question 3 : Croyez-vous que la technologie change les relations sociales de nos jours ?
1. D’un autre ____________________, les personnes qui vont être plus
____________________ sur elles-mêmes, ça ne va pas les aider à
aller ____________________ et ____________________ plus de
gens ; ils vont se ____________________ au virtuel. 2. En tout cas, en résumé, et le sujet serait ____________________, ça
me semble clair que la technologie change en ___________________
et ____________________ notre manière d’être et de
____________________ avec les autres.
3. On a plus d’amis mais on est ____________________ proche, alors
qu’avant on n’avait peut-être que ____________________ amis, mais
on était très proche et on se voyait en ____________________, on
____________________ des vrais moments, et pas de moments sur
Internet.
3 1
C H A P I T R E 2
H. Et moi, personnellement...
1. Quel est le rôle de la technologie dans votre vie ? Est-ce qu’elle rend
la vie plus simple ou plus compliquée ?
2. Préférez-vous parler au téléphone ou envoyer des SMS ? Pourquoi ? 3. Croyez-vous que la technologie change les relations sociales de nos
jours ? Comment ?
TEXTE
Mettez-vous dans l’esprit
A. Réfl échissez
Répondez aux questions suivantes.
1. Décrivez un premier rendez-vous idéal pour vous.
2. Croyez-vous qu’on doive éteindre son portable pendant la classe,
les concerts ou les fi lms ? Expliquez votre réponse.
3. Dans la vie moderne, peut-on toujours croire à l’amour romantique ?
Les mots qu’on lit
B. Défi nitions
D’après le contexte de la phrase, cherchez la réponse qui explique le mieux l’expression soulignée.
1. Vous adorez les petites bluettes.
a. petits fruits bleusb. chapeaux bleusc. histoires d’amour
d. bas bleus
2. Ma fi lle, si tu dois dîner avec tous les hommes auxquels tu souris, tu n’es
pas sortie de l’auberge...
a. tu restes à la maisonb. tu es naïvec. tu es cyniqued. tu as
besoin d’un plan de la ville
3. Un peu nerveuse comme au seuil d’une histoire d’amour. a. au débutb. au milieuc. à la fi nd. au recommencement
3 2
L A V I E M O D E R N E
4. Vous êtes là, derrière mon épaule à espérer l’amour avec moi et je ne
vais pas vous laisser en rade.
a. abandonnerb. parlerc. eff rayerd. embrasser 5. De temps en temps, il me jetait un regard à la dérobée. a. bizarreb. curieuxc. sérieuxd. furtif
6. Tous les regards du restaurant sont braqués sur lui.
a. l’évitentb. le fi xentc. sont sur les repasd. sont confondus 7. Il fait un signe de tête aux uns et aux autres comme pour exprimer son
désarroi.
a. sa surpriseb. sa colèrec. sa tristessed. son anxiété 8. Je hais mon orgueil.
a. mes vêtementsb. mon repasc. ma vanitéd. mon livre
Lisez le texte
Anna Gavalda (née en 1970 à Boulogne-Billancourt, près de Paris) était
professeur de français au lycée avant de devenir romancière. « Petites
pratiques germanopratines » fait partie d’un recueil de nouvelles, Je
voudrais que quelqu’un m’attende quelque part (1999). Cette première
publication de Gavalda est devenue best-seller et a été traduite en vingt-
sept langues. Elle a écrit plusieurs romans, y compris Je l’aimais (2002)
et Ensemble, c’est tout (2004), et elle tient aussi une chronique dans
le magazine Elle sur les livres pour enfants.
Dans le 6e arrondissement de Paris, Saint-Germain-des-Prés est un centre
artistique et littéraire et un des quartiers les plus chics de Paris. On y trouve
des maisons d’édition, des boutiques de haute couture et des cafés et
brasseries célèbres, tels que la Brasserie Lipp, le Café de Flore et Les Deux
Magots. Fréquenté par des écrivains, des musiciens et des artistes dans
le passé, le quartier continue à attirer beaucoup de touristes aujourd’hui.
3 3
C H A P I T R E 2
Petites pratiques germanopratines
(première partie)
Saint-Germain-des-Prés !?... Je sais ce que vous allez
me dire : « Mon Dieu, mais c’est d’un commun ma chérie,
Sagan l’a fait bien avant toi et tellllement mieux ! »
Je sais.
Mais qu’est-ce que vous voulez... je ne suis pas sûre
que tout cela me serait arrivé sur le boulevard de Clichy,
c’est comme ça. C’est la vie.
Mais gardez vos réfl exions pour vous et écoutez-moi
car mon petit doigt me dit que cette histoire va vous
amuser.
1. titiller = Vous adorez les petites bluettes. Quand on vous titille1 le
chatouiller cœur avec ces soirées prometteuses, ces hommes qui vous to font croire qu’ils sont célibataires et un peu malheureux. titillate, to agréablement;
tickle Je sais que vous adorez ça. C’est normal, vous ne
pouvez quand même pas lire des romans Harlequin atta-
blé chez Lipp ou aux Deux-Magots. Évidemment que
non, vous ne pouvez pas.
Donc, ce matin, j’ai croisé un homme sur le boulevard
Saint-Germain.
Je remontais le boulevard et lui le descendait. Nous
étions du côté pair, le plus élégant.
2. manière de Je l’ai vu arriver de loin. Je ne sais pas, sa démarche2
3. coattails 3 teau marcher peut-être, un peu nonchalante ou les pans de son man-4. rater = qui prenaient de l’aisance devant lui... Bref, j’étais à
manquer vingt mètres de lui et je savais déjà que je ne le raterais4 pas.
5. ça a marché Ça n’a pas loupé5, arrivé à ma hauteur, je le vois me 6. décocher regarder. Je lui décoche6 un sourire mutin7, genre fl èche
= lancer, de Cupidon mais en plus réservé. envoyer (une
fl èche) Il me sourit aussi.
7. mischievous
3 4
L A V I E M O D E R N E
En passant mon chemin, je continue de sourire, je
pense à La Passante de Baudelaire (déjà avec Sagan tout
à l’heure, vous aurez compris que j’ai ce qu’on appelle
des références littéraires !!!). Je marche moins vite car
j’essaye de me souvenir... Longue, mince, en grand deuil...
après je ne sais plus... après... Une femme passa, d’une
main fastueuse, soulevant, balançant le feston et l’ourlet...
et à la fi n... Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais.
À chaque fois, ça m’achève.
Et pendant ce temps-là, divine candeur8, je sens le 8. innocence,
regard de mon saint Sébastien (rapport à la fl èche, eh ! il naïveté
faut suivre hein !?) toujours dans mon dos. Ça me chauff e
délicieusement les omoplates mais plutôt crever9 que de 9. mourir
me retourner, ça gâcherait 10. gâter = 10 le poème.
ruiner
J’étais arrêtée au bord du trottoir11 à guetter12 le fl ot 11. sidewalk
des voitures pour traverser à la hauteur de la rue des 12. observer très attentive-Saints-Pères. ment ; to
Précision : une Parisienne qui se respecte sur le bou- be on the
levard Saint-Germain ne traverse jamais sur les lignes lookout for
blanches quand le feu13 est rouge. Une Parisienne qui se 13. traffi c light
respecte guette le fl ot des voitures et s’élance14 tout en 14. s’élancer =
sachant qu’elle prend un risque. se lancer en avant, se Mourir pour la vitrine de chez Paule Ka. C’est délicieux. précipiter
Je m’élance enfi n quand une voix me retient. Je ne
vais pas vous dire « une voix chaude et virile » pour vous
faire plaisir, car ce n’était pas le cas. Juste une voix.
— Pardon...
Je me retourne. Oh, mais qui est là ?... ma jolie proie
de tout à l’heure.
Autant vous le dire tout de suite, à partir de ce
moment-là, pour Baudelaire, c’est foutu15. 15. c’est ruiné,
c’est perdu
— Je me demandais si vous accepteriez de dîner avec (familier)
moi ce soir...
3 5
C H A P I T R E 2
Dans ma tête, je pense « Comme c’est romantique...
» mais je réponds :
— C’est un peu rapide, non ?
16. Le voilà qui me répond du tac au tac16 shot back, et je vous pro-
responded mets que c’est vrai : with a
comeback — Je vous l’accorde, c’est rapide. Mais en vous regar-
dant vous éloigner, je me suis dit : c’est trop bête, voilà
une femme que je croise dans la rue, je lui souris, elle me
17. se frôler = sourit, nous nous frôlons17 et nous allons nous perdre...
se passer de C’est trop bête, non vraiment, c’est même absurde. très près ; to
brush against — ...
each other — Qu’est-ce que vous en pensez ? Ça vous paraît
complètement idiot ce que je vous dis là ?
— Non, non, pas du tout.
Je commençais à me sentir un peu mal, moi...
— Alors ?... Qu’en dites-vous ? Ici, là, ce soir, tout à
l’heure, à neuf heures, à cet endroit exactement ?
18. se ressaisir On se ressaisit18 ma fi lle, si tu dois dîner avec tous
= to pull les hommes auxquels tu souris, tu n’es pas sortie de oneself