Textures French

Elizabeth Berglund Hall · Chapitre 4 sur 17 · partie 6/11

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Textures French

Chapter 9: pluperfect, superlative

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 11 parties.

soin 8 renverser scrupuleux de sa bouche, tout en ayant, il faut bien 8. attention

l’avouer, le dégoût profond du dentiste. Elle tâte9, là, sur 9. tâter =

le côté, un peu en arrière du sourire, et constate qu’il y a toucher

un trou. Elle bondit10, frappe du front le vitrail, regarde à 10. bondir =

 

s’irriter les yeux ce petit objet qui luit sauter 11 d’une blancheur un 11. luire = briller, peu jaunâtre. Oui, en eff et, c’est sa dent ; elle est couron-refl éter la

née d’un liseré12 sombre à l’endroit de la cassure. Minée13, lumière

 

mais depuis combien de temps ? Attaquée par quoi ? 12. edging 13. worn down, Cela ne lui a causé d’abord aucune souff rance, et main-undermined

tenant elle se trouve plongée dans un de ces désespoirs 14. from now on,

qui, pour ne durer qu’un jour, n’en sont que plus terribles : henceforth

15. défaut

elle a désormais14 une tare15 ! Une porte vient de s’ouvrir physique

sur ses pensées, et elle ne saura plus garder certains mots

qui jailliront16, sans qu’elle le veuille, de sa bouche. Elle 16. jaillir = sortir

 

n’est pas vieille ; pourtant la Mort vient de lui administrer soudaine-ment sa première chiquenaude 17 . 17. petit choc,

Jetant les restes du croquet maudit sur le damier blanc impulsion

et noir, le carrelage18 funéraire de la salle à manger, elle se 18. tiled fl oor

sauve comme si elle se savait à jamais poursuivie19. Chez 19. poursuivre =

elle chasser ; to 20 , tirant soigneusement sa portière, elle s’enferme et pursue

20. ici : dans sa

chambre

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se penche sur le miroir. Pour une dent ! ... Du calme ! Ce

n’est pas si grave. Elle essaie de rire aux éclats, et elle

21. eff rayée, se retourne épouvantée21. Hein ? qui donc rit ainsi ? Qui

horrifi ée donc rit avec une ombre entre les lèvres ? C’est elle ! Oh !

cette étoile noire au milieu de ce double éclair blanc !

Rien ne peut faire que cela ne soit point. Et c’est déjà tel-

lement loin l’heure où elle riait de toutes ses dents. Une

22. ride22 wrinkle, ce serait une chose de plus ; un cheveu blanc, ce

serait une chose nouvelle. La dent de moins, c’est l’irré-

médiable catastrophe ; et si elle priait le dentiste de lui

reposer sa propre dent, ce serait, malgré tout, la dent

fausse ! Oh ! elle a bien senti, quand est tombé cela entre

les morceaux du croquet, comme un petit cœur froid qui

23. expirer = s’échappait d’elle. Elle vient d’expirer23 tout entière dans

mourir un minuscule détail de sa personne. Oh ! l’atroce réalité !

Allons ! allons ! du courage ! Elle est une femme raison-

nable, elle ne pleurera pas, elle ne racontera rien, elle aura

seulement cette exclamation intérieure, eff royablement

désolée : « Seigneur ! Seigneur ! » car elle est pieuse et

s’est fait un second époux de Dieu aux minutes suprêmes

de l’accablement. Quand sa mère est morte, elle a crié :

« Seigneur ! » intérieurement aussi, de la même façon.

Demain, elle doit s’approcher des sacrements, elle aura

une plus grande ferveur, voilà tout, et n’y pensera plus.

Malheureusement, sa langue y pense encore ! Du

bout de cette langue s’effi lant, elle exécute des fure-

24. actions de tages24 insensés dans ce coin obscur de mâchoire. Elle y

chercher constate une brèche formidable, et elle a brusquement, partout pour

découvrir la pauvre femme, la vision très absurde d’un château en quelque ruines contemplé, autrefois, durant son voyage de noces. chose Oui... elle aperçoit la tour, là-bas, une tour qui porte à

son sommet une couronne crénelée et qui met, dans des

nuées d’orage, comme la mâchoire inégale d’une colos-

sale vieille...

 

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L E S É T A P E S D E L A V I E

 

Ses tempes bourdonnent25. Si son mari arrivait, elle lui 25. bourdonner

dirait tout. D’ailleurs, il est si discret, si bon, qu’elle espère = to buzz, to

hum

bien... tout lui cacher. Elle se promène, cherche à se cal-

mer en fermant les yeux devant les glaces. Alors, c’est fi ni,

elle ne rira plus. Elle n’ouvrira plus la bouche toute grande

pour gober une huître. Soudain, elle s’arrête... Et l’amour ?

... Oh ! quelle joie diabolique la saisit à songer qu’elle n’en

est plus aux baisers éperdus de la lune de miel ! Et dire

qu’il y a des femmes qui peuvent prendre des amants

pour essayer de se souvenir de ces caresses-là ! ... Com-

bien aujourd’hui la vertu lui semble préférable ! Elle se

précipite vers un tiroir, cherche un petit écrin26 rond, en 26. boîte

 

ôte 27. ôter = 27 la bague, puis, avec des soins presque maternels, enlever, toute remplie d’une frayeur 28 superstitieuse, elle place sa retirer

dent sur le velours noir. Comme elle est blanche, la petite 28. grande

morte ! Qui l’a tuée ? Elle est encore si saine en dépit du crainte

liseré brun. Mon Dieu ! C’est donc vrai ? II faut s’en aller

tous les jours un peu, et l’horrible, c’est qu’il n’y a d’autre

cause à cet inexorable départ miette29 à miette que celle- 29. crumb

ci : les gens bien portants doivent cependant mourir un

jour. Oh ! tout de suite ! Un revolver ! Du poison ! ... Je

veux m’en aller tout entière. Et une sorte d’écho intérieur

lui répond : « Tu n’es plus entière ! »

 

Mise au point 1

D. De quoi s’agit-il ?

1. Que trouve-t-elle sur le buff et ? Que se passe-t-il quand elle en mange ? 2. Où va-t-elle après cet événement ? Devant quoi se met-elle et que

fait-elle ? Que décide-t-elle de faire et de ne pas faire ? 3. À quoi compare-t-elle sa bouche sans cette dent ?

4. De qui/quoi parle-t-elle quand elle dit, « Comme elle est blanche,

la petite morte ! Qui l’a tuée ? » ?

5. En général, quelle est sa réaction à cet événement ? Identifi ez trois

actions précises du texte.

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Mise en pratique 1

E. Les structures diffi ciles

Changez les phrases suivantes pour éviter le participe présent (__ant) ou le gérondif (en __ant).

 

1. En passant par hasard dans la salle à manger, elle a vu une douzaine de

croquets aux pistaches.

→ Au moment où elle __________, elle a vu une douzaine de croquets

aux pistaches.

2. Levant machinalement la main jusqu’au plat d’argent, elle a choisi un

croquet.

→ Elle __________ machinalement la main jusqu’au plat d’argent pour

choisir un croquet.

3. Jetant les restes du croquet maudit sur le damier blanc et noir, elle se

sauve comme si elle se savait à jamais poursuivie.

→ Elle __________ les restes du croquet maudit sur le damier blanc et

noir, et elle se sauve comme si elle se savait à jamais poursuivie. 4. Chez elle, tirant soigneusement sa portière, elle s’enferme et se penche

sur le miroir.

→ Chez elle, après __________ soigneusement sa portière, elle

s’enferme et se penche sur le miroir.

5. Du bout de cette langue s’effi lant, elle exécute des furetages insensés. → Elle exécute des furetages insensés du bout de cette langue qui

__________.

F. Les pronoms relatifs

Complétez les phrases suivantes avec le pronom relatif qui convient ([ce] qui, [ce] que, où, [ce] dont, lequel/laquelle, lesquels/lesquelles).

 

1. À la même seconde une vibration a parcouru tout son corps, une

étrange vibration _____ s’en allait en spirale de ses gencives à ses

talons.

 

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2. Elle bondit, frappe du front le vitrail, regarde à s’irriter les yeux ce petit

objet _____ luit d’une blancheur un peu jaunâtre.

3. Maintenant elle se trouve plongée dans un de ces désespoirs _____,

pour ne durer qu’un jour, n’en sont que plus terribles.

4. Elle ne saura plus garder certains mots _____ jailliront, sans qu’elle

le veuille, de sa bouche.

5. Et c’est déjà tellement loin l’heure _____ elle riait de toutes ses dents. 6. Elle aperçoit la tour, là-bas, une tour _____ porte à son sommet une

couronne crénelée et _____ met, dans des nuées d’orage, comme

la mâchoire inégale d’une colossale vieille...

7. Et dire qu’il y a des femmes _____ peuvent prendre des amants pour

essayer de se souvenir de ces caresses-là !

G. Discutez

1. Pourquoi la femme a-t-elle une telle réaction à la perte d’une dent ?

De quoi a-t-elle peur ? Soyez précis(e).

2. La réaction de la femme à cet événement est-elle raisonnable ou

exagérée, à votre avis ?

3. Dira-t-elle à son mari ce qui s’est passé ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

 

Lisez le texte

 

La Dent

(deuxième partie)

La portière se relève, son mari entre gaîment :

« Vous faites vos méditations, Bichette ?

Quand elle doit communier30 le lendemain, il ne la 30. aller à la

 

tutoie31 messe, plus, par délicatesse. C’est un mari sérieux, aff ec-recevoir le tueux, plein de jolies attentions sans être amoureux le sacrement

moins du monde. Elle a un demi-sourire. de

— Oui, je méditais... Voyons, ne me taquine pas, dis ! » l’eucharistie

31. employer la

Il s’assied en face d’elle, se tapote la cuisse un moment ; forme « tu »

 

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il a envie de causer, de conter une histoire, ses yeux

brillent. Il a rencontré le garde de monsieur de la Silve,

de cet imbécile de la Silve... Et il parle vite, pour avoir le

32. querelle sans temps de tout dire avant le congé poli. Il est en bisbille32

importance avec de la Silve, le propriétaire du domaine contigu33, et

33. de la

propriété à il n’oublie jamais de dénigrer ses chiens, ses voitures, sa côté livrée34. Rentrés à Paris, ce seront, de nouveau, d’excel-

34. costume de lents camarades à leur cercle, mais en villégiature35 ils ne

domestiques

masculins peuvent pas se supporter, parce que l’un, le voisin, pos-

35. séjour à la sède la plus belle faisanderie36.

campagne Debout, devant lui, elle se demande si, par humilité

36. pheasantry

chrétienne, elle doit tout lui révéler. Mais pourquoi se

détériorer à ses yeux ? Son confesseur ne l’y forcera pas.

Et en l’écoutant elle se sent envelopper d’une atmos-

phère glaciale. Elle est deux et elle est seule. Il n’y a donc

rien qui puisse vous emporter, mariés d’âme, au delà des

corps ? Et soudain une phrase retentit comme un coup de

feu à ses oreilles distraites. Son mari vient de lui dire, fort

doucement du reste : « Vois-tu, Bichette ! je lui garde une

37. se renverser dent à cet idiot de la Silve ! Elle se renverse37 de toute sa

= to fall over hauteur sur sa chaise longue. Une crise de nerf la tord38.

38. tordre = to

twist « Bichette ! Qu’as-tu ? Sacrebleu ! ... » Elle ne répond rien.

39. sonnette ; Il court au timbre39, lequel ne vibre pas, pour une raison

bell inconnue, mais, en courant, il a brisé un cornet de cris-

40. eff rayée tal et la femme de chambre surgit, eff arée40. À présent

on la délace, elle est seule ; il s’est retiré, ne demandant

pas d’explications, sachant qu’elle est toujours nerveuse

à la veille de faire ses dévotions. Elle demeure seule, elle

couchera seule. Oh ! si seule, avec ce secret ridicule ! ...

41. sweat Et le lendemain elle se réveille baignée de sueurs41, elle 42. mâcher = to a eu des cauchemars étranges : il lui semblait qu’elle

chew

43. atteler = mâchait42 sa propre chair. Elle prie, elle s’habille, défend

harnacher qu’on attelle43, choisit une voilette épaisse, met l’écrin (un animal) ; rond dans sa poche. Elle ne veut pas s’en séparer. Si on to hitch up,

to harness

 

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fouillait ses meubles ? ... Elle sort du parc touff u44 par 44. dense

une issue 45. sortie 45 dérobée 46 , gagne l’église à pas furtifs. Le vieux

46. secrète

curé, un prêtre de campagne, un homme lourd, croit

devoir la saluer avant d’entamer47 sa messe. Enfi n, il l’at- 47. commencer

tend, l’hostie entre ses gros doigts levés ; elle murmure :

« Mon Dieu, donnez-moi l’oubli de ces vanités ! » Et elle

s’avance, paupières mi-closes, s’agenouille. Oh ! l’Oubli

et la Consolation ! Tout son être se tend vers le pays de

l’union mystique, où les baisers se rendent sans qu’il soit

question du nombre des dents. Elle reçoit l’hostie, re-

ferme la bouche ; mais durant que sa langue, d’un mou-

vement onctueux et plein de respect, retourne douce-

ment la tranche de pain divin, la plie en deux pour l’avaler

plus vite, elle devine, elle voit que Dieu s’arrête... Il n’a

pas encore l’habitude de ça, et se laisse retenir par un

coin, du côté de la petite brèche48 ! La pauvre femme 48. ouverture,

appelle à son aide tout ce qu’elle possède de salive. Elle trou

quitte aff olée la Sainte Table, ayant l’envie sacrilège de

cracher49 en dépit de sa ferveur. Quoi ! c’est ce Dieu de 49. to spit

charité qui lui infl ige une pareille humiliation ? Si c’était du

pain ordinaire, elle comprendrait, mais Lui ! Alors, elle le

détache d’un coup brutal de la langue, et la déglutition50 50. swallowing

s’opère subitement ; Dieu disparaît, s’engouff re comme

s’il avait eu peur, après avoir constaté. La face dans ses

mains crispées, elle pleure. Cela fi nit par la soulager51. En 51. délivrer

repassant par le sentier ombreux du parc, elle pleure en- d’une

core, quoique moins désespérée. Une sorte d’étonnante to soothe, to souff rance ;

sécheresse monte de son cœur à ses yeux. II faut bien relieve

que la mort s’annonce de temps en temps, sinon les gens

heureux n’y songeraient52 pas ; et elle contemple un lis53 52. songer =

 

qui se dresse là, sous un sapin aux branches traînantes, un penser, rêver 53. lily lis dont la blancheur maladive lui rappelle celle de sa dent

défunte. Avec un profond soupir, elle se baisse, creuse54 54. creuser =

to dig

 

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55. enfoncer = le sol, enfonce55 le minuscule cercueil56 qui contient ce

pousser vers premier morceau d’elle. Dégantée, elle pèse de toutes les le fond

56. caisse dans forces de ses mains nerveuses, ramène la mousse autour

laquelle on du lis, eff ace les traces de l’ensevelissement57 ; puis, les met le corps lèvres tremblantes, elle s’éloigne, un peu de terre au bout avant de

l’enterrer des ongles...

57. l’enterrement

 

Mise au point 2

H. De quoi s’agit-il ?

1. Décrivez le mari de la femme. Pourquoi ne lui dit-elle pas ce qui s’est

passé ?

2. Pourquoi tombe-t-elle de sa chaise ?

3. Où va-t-elle le lendemain ? Que met-elle dans sa poche avant de partir ? 4. Que lui arrive-t-il à la messe ?

5. Que fait-elle dans le parc après la messe ?

 

Mise en pratique 2

I. Les prépositions

Complétez les phrases suivantes avec la préposition « à » ou « de ». Marquez « x » si le verbe ne requiert aucune préposition.

 

1. Elle se promène, cherche ___ se calmer en fermant les yeux devant

les glaces.

2. Elle essaie ___ rire aux éclats.

3. Il a envie ___ causer, ___ conter une histoire.

4. Il n’oublie jamais ___ dénigrer ses chiens, ses voitures, sa livrée. 5. Ils ne peuvent pas ___ se supporter.

6. Elle se demande si elle doit ___ tout lui révéler.

7. Son mari vient ___ lui dire cela.

8. Le vieux curé croit ___ devoir la saluer avant d’entamer sa messe.

 

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J. Les pronoms relatifs

Complétez les phrases suivantes avec le pronom relatif qui convient ([ce] qui, [ce] que, où, [ce] dont, lequel/laquelle, lesquels/lesquelles).

 

1. Il n’y a donc rien _____ puisse vous emporter, mariés d’âme, au delà des

corps ?

2. Tout son être se tend vers le pays de l’union mystique, _____ les baisers

se rendent sans qu’il soit question du nombre des dents. 3. La pauvre femme appelle à son aide tout _____ elle possède de salive. 4. Elle contemple un lis _____ se dresse là, sous un sapin aux branches

traînantes, un lis _____ la blancheur maladive lui rappelle celle de sa

dent défunte.

5. Avec un profond soupir, elle se baisse, creuse le sol, enfonce le

minuscule cercueil _____ contient ce premier morceau d’elle.

 

Mettez-vous à la place

K. Établissez la scène

1. D’après les événements de cette histoire, faites une description de

la femme. Comment imaginez-vous sa vie au passé et à l’avenir ? 2. Imaginez qu’un autre signe de vieillesse se manifeste. Réécrivez

une scène amusante où elle perd ou trouve autre chose que la dent. 3. Imaginez que pour le mari aussi un signe de vieillesse se manifeste.

Écrivez la conversation où il explique à sa femme ce qui s’est passé. 4. Mettez cette scène dans un contexte contemporain. Quels éléments

changeriez-vous ? Quels éléments ne changeriez-vous pas si cela se

passait au moment présent ?

L. Approfondissez le sens

1. Quel est le point de vue de la narration de ce conte ? Comment le style

exprime-t-il l’émotion de la femme ?

2. Lisez le texte d’une manière symbolique. Que symbolisent les objets

suivants : la dent, le miroir, l’écrin, le lis, la terre ?

 

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3. Pourquoi la femme enterre-t-elle la dent à la fi n de l’histoire ? Que

symbolise cet enterrement ? Cette fi n convient-elle au conte et aux

peurs exprimées par la femme ? Comment ?

M. Réagissez au texte

1. Commentez cette citation du texte : « Une ride, ce serait une chose de

plus ; un cheveu blanc, ce serait une chose nouvelle. La dent de moins,

c’est l’irrémédiable catastrophe ». De quoi la ride, le cheveu blanc, la

dent de moins sont-ils des signes ? Comment ces signes se diff èrent-ils

selon la femme ? Êtes-vous d’accord avec elle ?

2. À votre avis, cette histoire refl ète le mieux les angoisses de quel

groupe : les femmes aristocrates du 19e siècle, les femmes du

passé, les femmes contemporaines ou les êtres humains en général

(les hommes et les femmes) ? Justifi ez votre réponse.

3. À votre avis, cette histoire est-elle tragique, comique ou autre ?

Expliquez votre opinion.

 

CONTEXTE

 

QUELQUES MOTS POUR STIMULER VOS RÉPONSES

le bonheur – la colère – la joie – la naïveté – la peur – l’anxiété –

la gêne – le stress – le calme – la paix – la douleur – la rébellion –

rebelle – impulsif(-ive) – passionné(e) – la soumission – soumis(e) –

obéir – désobéir – les règles – un couvre-feu – sortir – l’amour –

le coup de foudre – l’ennui – le malaise

 

Mettez-vous dans l’esprit

A. Réfl échissez

1. À quels sentiments associez-vous l’enfance ? Et l’adolescence ?

Et la vieillesse ? Comment étiez-vous comme enfant et comme

adolescent(e) ?

2. Pourquoi associe-t-on la révolte à l’adolescence ? Pensez à des livres

ou à des fi lms que vous aimez bien qui montrent cet aspect de

 

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l’adolescence. Racontez à un(e) camarade de classe l’intrigue de votre

livre ou fi lm préféré de ce genre.

3. Quels conseils donneriez-vous aux parents d’un(e) adolescent(e) ?

Faut-il se mêler de ses aff aires ou le/la laisser tranquille ? Pourquoi ?

 

Lisez le poème

 

Esther Granek (1927-2016) était une poète belge francophone. Elle a habité

en Israël de 1956 jusqu’à sa mort. Le poème « Jeunesse » est paru dans le

recueil De la pensée aux mots, publié en 1997.

 

Jeunesse

Défais58 tes doigts nouant59 tes mains. 58. défaire =

Défais ton air un peu chagrin. dénouer ; to

Défais ce front buté , têtu. 59. nouer = to 60 undo

Défais tes réfl exions pointues. knot

Vingt ans c’est bien dur à porter ! 60. synonyme

Défais, défais. Sois la rosée . obstinate 61 de « têtu » ;

Sois gai matin au ciel de mai ! 61. dew

Défais...

Te torturant d’ombres subtiles

qu’en toi tu multiplies par mille,

tu es ton centre, ton débat,

mal dans ta peau. Ah ! pauvre état !

Vingt ans c’est bien dur à porter !

Défais, défais. Sois la rosée.

Sois gai matin au ciel de mai !

Défais... 62. douleur,

tourment

Car au supplice62 en toi tout vire63. 63. virer =

 

Tu n’es zéro ! ... Ni point de mire64 tourner ! ... 64. point de Et pourtant, t’inventant ces pôles, mire = cible ;

target

 

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tu te détestes en chaque rôle.

Vingt ans c’est bien dur à porter !

Défais, défais. Sois la rosée.

Sois gai matin au ciel de mai !

Défais...

65. se briser = se Qu’au fond de toi rien ne se brise65 !

casser Tes heures claires sont pages grises.

Printemps morts ne renaissent pas.

Défais ta barrière à la joie.

Vingt ans c’est bien dur à porter...

Défais... Défais... Sois la rosée...

 

Mettez-vous à la place

B. Établissez la scène

1. Décrivez la personne à qui s’adresse le poème. Comment est-elle ?

Est-ce une personne typique ou une personne particulière ? 2. Quels conseils le poème donne-t-il à cette personne ? Quelles sont ses

raisons pour ces conseils ?

3. Comment vous imaginez-vous la personne qui parle dans le poème ?

Est-ce un homme ou une femme ? De quel âge ? Quel est son rapport

à la personne à qui il/elle s’adresse ? Justifi ez vos réponses avec des

exemples du poème.

C. Approfondissez le sens

1. Cherchez les mots et les phrases qui sont répétés dans le poème. Quel

est l’eff et de cette répétition ? Quels aspects du poème sont soulignés

par cette répétition ?

2. Quel est le ton du poème ? Notez la ponctuation et le rythme ainsi que

la signifi cation des mots.

3. La rosée et le matin sont souvent symboliques dans la poésie. Que

symbolisent-ils dans ce poème ? Comment ce symbolisme refl ète-t-il

les idées principales du poème ?

 

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4. Écrivez une réponse du destinataire du poème. Votre réponse peut être

en poésie ou en prose, mais il faut imiter le ton et l’esprit du poème.

D. Réagissez aux textes

1. Imaginez ce poème comme une scène théâtrale. Choisissez les

personnages, la mise-en-scène et le décor. Ensuite écrivez le scénario et

jouez la scène devant la classe.

2. Réécrivez ce poème en vous adressant à un enfant de 5 ans

(« Enfance »), de 13 ans (« L’âge tween ») ou de 17 ans

(« Adolescence »). Comment le poème change-t-il pour refl éter

ces diff érentes étapes de la vie ?

3. Dans le conte de Rachilde, la protagoniste s’inquiète de sa vieillesse.

Dans « Jeunesse », le poème reproche à un(e) jeune adulte de vingt

ans sa mélancolie. Pensez-vous que la peur de l’avenir et le malaise du

présent soient des réactions normales à la vie pour les êtres humains ?

Expliquez votre réponse.

4. Êtes-vous plutôt comme la protagoniste de « La Dent », la personne

qui parle dans le poème de « Jeunesse » ou la personne à qui s’adresse

le poème ? Pourquoi ?

5. Renversez la situation des deux textes : réécrivez « La Dent » en

poème à l’exemple de « Jeunesse » ou réécrivez « Jeunesse » en récit

à l’exemple de « La Dent ». Il est important de garder l’essentiel de

votre poème ou de votre conte dans sa nouvelle forme, mais gardez-

vous bien de ne pas reproduire exactement les mots du texte que vous

transformez.

 

HORS TEXTE

 

 Cité-U : Le Parc Montsouris

 

avancer – profi ter – abuser – parcourir – écraser – percuter –

 

motivé(e) – inconsolable – désespéré(e) – capable – la souff rance –

 

la sueur – le désespoir – une catastrophe – une crise

 

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Les mots qu’on dit

A. Terminaisons logiques

Dans la colonne de droite, choisissez l’option la plus logique pour terminer les débuts de phrases dans la colonne de gauche.

 

__ 1. Je grossis parce que... a. on se sent souvent désespéré.

__ 2. Quand on n’a pas envie de b. il y a plusieurs chemins qu’on

marcher... peut parcourir.

__ 3. La petite fi lle est c. d’oublier assez vite ce qui

inconsolable parce que... semble être une catastrophe.

__ 4. Lorsque je suis motivé(e)... d. la sueur représente le travail

__ 5. Dans une crise... du corps.

__ 6. Pendant les vacances... e. on a écrasé sa poupée.

__ 7. Quand on fait du sport... f. j’abuse un peu des croissants.

__ 8. Dans le Parc Montsouris à g. il faut profi ter du temps libre.

Paris... h. on avance lentement.

__ 9. Les enfants sont capables... i. je suis capable de réussir.

__ 10. Lorsqu’on ne fait pas j. on peut percuter quelque

attention où on marche... chose avec son pied.

 

Regardez le scénarimage

B. Les images

Regardez le podcast illustré avec le son baissé. Décrivez chaque image qui passe.

 

1. ____________________________________________________. 2. ____________________________________________________. 3. ____________________________________________________. 4. ____________________________________________________. 5. ____________________________________________________.

 

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Regardez le podcast illustré

C. Réponses

Choisissez la bonne réponse d’après ce que vous avez entendu dans le pod-cast illustré.

 

1. Pourquoi est-ce que Tom fait du jogging au Parc Montsouris ? a. Il veut découvrir un nouvel endroit à Paris.

b. Il pense qu’il mange trop de croissants.

c. Pauline trouve qu’il grossit.

2. Qu’est-ce que Tom n’a pas vu dans le parc ?

a. Des coureurs qui avançaient très lentement.

b. Des coureurs qui ressemblaient à des gazelles.

c. Des gazelles.

3. Selon Tom, quel est l’avantage de courir dans le parc par rapport à la rue ? a. Il n’y a pas de chiens.

b. Il n’y a pas de pâtisseries.

c. Il n’y a pas de crottes de chiens, donc il n’est pas obligé de regarder

ses pieds.

4. Pourquoi est-ce que la fi lle a commencé à pleurer ?

a. Tom a écrasé sa poupée.

b. Elle a perdu sa grand-mère.

c. Elle a eu peur de Tom.

5. Qu’est-ce que la vieille dame a suggéré comme solution à la fi lle ? a. Elle a suggéré d’acheter une nouvelle poupée.

b. Elle a suggéré d’amener la poupée chez le médecin. c. Elle a suggéré de prendre une glace.

6. Que faisaient la fi lle et la dame quand Tom est repassé ? a. Elles mangeaient des croissants.

b. Elles écoutaient de la musique.

c. Elles regardaient le théâtre de guignols.

 

1 9 9

C H A P I T R E 7

 

7. Qu’est-ce que Tom a fait après son parcours ?

a. Il a acheté un croissant.

b. Il a retrouvé Pauline.

c. Il a acheté une nouvelle poupée pour la fi lle.

D. Un jeu de rôle

Écrivez et jouez une scène devant la classe.

a. Une scène de crise d’un enfant et quelqu’un qui essaie de le/la consoler b. Une scène de crise d’un(e) étudiant(e) et quelqu’un qui essaie de le/

la consoler

 

Cette gravure de l’artiste Gavarni date de 1848 ; elle fi gure dans ses Œuvres

choisies, Études de mœurs contemporaines : La Vie de jeune homme. Dans

son introduction à cette collection d’illustrations de Gavarni, P. J. Stahl

évoque la vie d’un jeune homme de vingt ans ; c’est « la plus belle [période]

qu’on puisse imaginer, et que de toutes les transformations que subit

notre être de son commencement à sa fi n, il n’en est aucune qui lui soit

comparable ». Cependant, tous les dessins de cette collection représentent

des scènes ordinaires de la vie quotidienne et le désenchantement des

jeunes hommes. Gavarni se moque-t-il de la naïveté des jeunes ?

 

Imaginez

1. Racontez : quelle est l’histoire qui précède cette scène ? Comment

le jeune homme arrive-t-il à dire « Bourdin m’a tout conté » ? Soyez

inventif(-ive) !

2. Imaginez le discours du jeune homme. Qu’a-t-il dit et que va-t-il dire à

Juliette ? Comment Juliette lui répond-il ? Jouez la scène.

3. Selon George Sand, « Les déceptions ne tuent pas et les espérances

font vivre » (Le Marquis de Villemer, 1861). Expliquez cette citation.

Êtes-vous d’accord avec elle ?

4. « La Dent » de Rachilde et « Jeunesse » de Granek présentent des

perspectives sur le passage du temps. Comment ces perspectives sont-

elles semblables et en quoi sont-elles diff érentes ? Laquelle comprenez-

vous le mieux ? Pourquoi ?

 

2 0 0

L E S É T A P E S D E L A V I E

 

Fig. 14. Paul Gavarni, Écoutez, Juliette ! Bourdin m’a tout conté…, c. 1840. Yale University Art Gallery.

 

5. La protagoniste de « La Dent » enterre sa dent à la fi n du conte : cet

acte symbolise-t-il le refus d’accepter son âge ou bien est-ce un acte

d’acceptation de cette perte ? Pourquoi ?

 

2 0 1

C H A P I T R E 7

 

6. Dans son poème, Granek s’exclame, « Pauvre état », en évoquant

la jeunesse. Selon vous, quelle étape de la vie est la plus diffi cile ?

Pourquoi ?

7. Connaissez-vous des histoires où les personnages arrêtent le passage

du temps à une certaine étape de la vie ? Racontez cette histoire à

un(e) camarade de classe. Quelle est la morale de l’histoire ? 8. Connaissez-vous des histoires où les personnages grandissent plus vite

que normalement ou, au contraire, dans lesquelles ils rajeunissent ? Quel

en est le résultat ? Aimeriez-vous grandir ou vieillir plus rapidement ou

aimeriez-vous redevenir enfant ? Pourquoi ?

9. Faites un entretien avec un(e) enfant, un(e) adolescent(e), un(e) parent

et un(e) vieux/vieille. Réfl échissez à des questions que vous pourriez

leur poser à tous. Rapportez ce que vous avez appris à la classe.

 

2 0 2

C H A P I T R E

 

8

 

La Nature humaine

 

Fig. 15. J. J. Grandville, Le lièvre et la tortue, 1855. Illustration d’une édition de Jean de La

Fontaine. www.wikimedia.org.

 

On connaît bien l’histoire du lièvre et de la tortue. La leçon de cette fable

se trouve au début de la version française de Jean de La Fontaine : « Rien

ne sert de courir ; il faut partir à point ». Les fables, comme les contes de

fées, les superstitions et les chansons populaires, font partie du folklore

traditionnel d’une culture. Souvent allégorique, la fable peut avoir un sens

caché—une critique sociale, une moralité ou une observation sur la nature

humaine. Diverses versions du conte du lièvre et de la tortue existent

dans des cultures francophones : on rencontre le lièvre et la tortue dans la

version française de La Fontaine, Kudu (la tortue) et Mbalanga (l’antilope)

dans une fable de l’Afrique de l’ouest et le sanglier et la grenouille dans un

conte populaire du Madagascar.

 

2 0 3

C H A P I T R E 8

 

PRÉ-TEXTE

 

QUELQUES MOTS POUR STIMULER LES RÉPONSES

l’histoire – la fable – l’allégorie – la métaphore – le symbole –

l’exagération – la vraisemblance – la représentation – la moralité –

le message – les motifs – la satire – la parodie – rapide –

impétueux(-euse) – hâtif(-ive) – pressé(e) – lent(e) – méticuleux(-euse) –

soigné(e) – précis(e)

 

A. L’image

1. Qu’est-ce que vous voyez dans cette image ? Décrivez les animaux et la

scène en détail. Qui sont les personnages principaux dans la scène ? Que

font-ils ? Où sont-ils exactement ? Que voyez-vous à l’arrière-plan ?

B. Le lièvre et la tortue

1. Connaissez-vous la fable d’Ésope ou de la Fontaine, « Le Lièvre et

la tortue » ? Si oui, résumez-la. Si non, cherchez-en un résumé ou

demandez à un(e) ami(e).

2. Que la tortue représente-t-elle dans cette fable ? Et le lièvre ? Êtes-vous

plutôt comme le lièvre ou comme la tortue ? Dans quelles situations ? 3. Quelle est la morale de cette fable ? Êtes-vous d’accord avec cette

morale ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

4. On dit « Mieux vaut tard que jamais » ; mais on dit aussi « Le temps

c’est de l’argent ». Avec quel proverbe êtes-vous d’accord ? Pourquoi ?

C. Les fables

1. Connaissez-vous d’autres fables ? Choisissez-en une et expliquez-la à

un(e) camarade de classe.

2. Pourquoi les fables existent-elles dans nos cultures ? Comment sont-

elles employées et à quel eff et ? Les fables sont-elles toujours pour les

enfants ?

3. Pourquoi les personnages de la fable sont-ils souvent représentés

comme des animaux ? Représentent-ils plus souvent la nature humaine

ou le monde naturel ?

 

2 0 4

L A N A T U R E H U M A I N E

 

Qu’en dites-vous ? : La nature humaine

 

élucider – appliquer – avouer – se détendre – aff ectueux(-euse) –

 

partant(e) – semé(e) – soucieux(-euse) – le suspense –

 

un indice – un nid – une morale – un ange – une bête –

 

d’un seul coup – d’ailleurs

 

Les mots qu’on dit

D. Défi nitions

Écrivez le mot ou l’expression qui convient à chaque défi nition.

 

___________________ 1. un moment d’angoisse où on est incertain

ou où on attend

___________________ 2. qui veut bien faire une activité ___________________ 3. clarifi er, expliquer ___________________ 4. d’autre part, du reste ___________________ 5. se décontracter, se relaxer ___________________ 6. qui montre de l’aff ection ___________________ 7. une leçon à la fi n d’une histoire ___________________ 8. tout à la fois, une seule fois ___________________ 9. mettre en pratique ___________________ 10. un signe, une indication ___________________ 11. inquiet(-ète), qui prend soin de quelqu’un

ou de quelque chose

___________________ 12. admettre, reconnaître pour vrai ___________________ 13. l’abri des oiseaux

 

2 0 5

C H A P I T R E 8

 

___________________ 14. répandu(e), dispersé(e) ___________________ 15. une personne parfaite ___________________ 16. une personne qui manque d’intelligence ou

de jugement

 

Écoutez le podcast

E. Qui dit quoi ?

Choisissez l’interviewé(e) qui correspond au résumé donné.

 

Question 1 : Avez-vous une fable, un conte ou un Quel(le) dicton préféré ? interviewé(e) ?

J’aime le dicton qu’« il vaut mieux ne pas remettre au 1 2 3 lendemain ce qu’on peut faire le jour même ».

La citation que je préfère, c’est une citation de Pascal : 1 2 3 « l’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête ».

J’aime le dicton « Petit à petit, l’oiseau fait son nid ». 1 2 3

 

Question 2 : Avez-vous des animaux domestiques ? Quel Quel(le) rôle jouent-ils dans votre vie ? interviewé(e) ?

J’ai un chien qui s’appelle Coco. Elle a trois ans, et elle a le 1 2 3 rôle d’une diva.

Je dirais que mon chien est important pour moi parce que 1 2 3 j’ai vraiment l’impression qu’elle me comprend.

Je n’ai pas d’animal domestique moi-même, mais mon fi ls 1 2 3 a un petit cocker qui est absolument adorable.

 

2 0 6

L A N A T U R E H U M A I N E

 

Question 3 : Aimez-vous les romans policiers ou les séries Quel(le) policières à la télé ? interviewé(e) ?

J’aime l’idée de voir résoudre un crime, d’avoir des 1 2 3 personnages qui sont peut-être négatifs, violents ou

agressifs.

J’aime regarder sur Netfl ix la série Poirot qui est basée sur 1 2 3 les livres d’Agatha Christie.

J’adore les romans policiers. J’ai lu énormément de romans 1 2 3 policiers classiques.

 

F. Dictée

Complétez les phrases en écoutant les réponses des interviewé(e)s.

Question 1 : Avez-vous une fable, un conte ou un dicton préféré ? Pourquoi l’appréciez-vous ?

1. Le malheur arrive avec les ____________________ intentions. Et

c’est... il faut avoir une certaine ____________________ et savoir

faire la ____________________ dans la vie. Je pense que ça, c’est

____________________.

2. Il y a aussi un dicton ____________________ j’aime beaucoup

qui est : « Petit à petit, l’____________________ fait son

____________________. » Parce que j’aime l’idée qu’on arrive

à quelque chose en faisant des ____________________

graduellement et que tout n’arrive pas ____________________

____________________ ____________________. 3. Mais je pense que c’est ____________________ de faire les

choses qu’on a à faire, pas ____________________, mais de

____________________ aux choses qu’on a à faire, mais de faire

compte qu’on a le temps pour ____________________ continuer

une séquence de choses qu’on a à faire que ce soit au niveau

 

2 0 7

C H A P I T R E 8

 

____________________ ou au niveau ____________________.

Donc c’est un des dictons que j’aime bien et que j’essaie

d’____________________ le plus que possible.

 

Question 2 : Avez-vous des animaux domestiques ? Quel rôle jouent-ils dans votre vie ?

1. Je dois _________________ que le jour ____________________

elle ne sera plus là, je serai ____________________ triste, parce

qu’elle apporte une joie ____________________ dans la maison, et

c’est toujours avec ____________________ que je la vois. Toujours. 2. Quand je suis ____________________ ou quand je suis

____________________, elle essaie généralement de venir à côté de

moi, et quand j’ai ____________________ de me promener elle est

toujours... toujours ____________________, elle est toujours prête à

faire une ____________________ ou à jouer.

3. Elle est très très ____________________, elle est très

____________________ de ce qui se passe dans la

____________________, elle est très ____________________ et

très attachée aussi.

 

Question 3 : Aimez-vous les romans policiers ou les séries policières à la télé ? 1. J’aime le côté du ____________________, mais j’aime aussi être

____________________ de retrouver les ____________________,

qui sont ____________________ ici et là, pendant tout le roman,

et est-ce que je serai capable de deviner exactement qui est le

____________________, je trouve ça ____________________. 2. J’aime l’idée de voir ____________________ un crime, d’avoir

des personnages qui sont peut-être ____________________,

violents, ____________________. Et de l’autre côté, il y a un

enquêteur ou un ____________________ ou un personnage qui

 

2 0 8

L A N A T U R E H U M A I N E

 

va essayer de découvrir ____________________ sont les criminels,

____________________ va essayer d’____________________ ce

mystère.

3. J’ai beaucoup suivi ____________________ j’étais en France

Colombo, dans un autre style, mais oui, c’est quelque chose que

je suis, que je regarde ____________________ parce que ça

____________________ ____________________, et ça me

permet de ____________________ à autre chose que mon

____________________.

G. Et moi, personnellement...

1. Avez-vous une fable, un conte ou un dicton préféré ? Pourquoi

l’appréciez-vous ?

2. Avez-vous des animaux domestiques ? Quel rôle jouent-ils dans

votre vie ?

3. Aimez-vous les romans policiers ou les séries policières à la télé ?

 

TEXTE

 

Mettez-vous dans l’esprit

A. Réfl échissez

1. Une histoire policière se concentre sur un crime et sur l’enquête de

la police. Quels fi lms ou romans policiers avez-vous vus ou lus ?

Expliquez l’intrigue à un(e) camarade de classe.

2. Aimez-vous les fi lms d’épouvante ? Lesquels ? Pourquoi ou

pourquoi pas ?

3. Savez-vous qui est Jack l’Éventreur [Jack the Ripper] ? Pourquoi est-il

célèbre ? Connaissez-vous d’autres crimes ou criminels célèbres ? 4. Pourquoi les gens s’intéressent-ils aux crimes sensationnels et aux

meurtres en particulier ?

 

2 0 9

C H A P I T R E 8

 

Les mots qu’on lit

B. Les familles de mots

Complétez le schéma donné avec les mots qui manquent en suivant le modèle.

 

verbe personne chose

Modèle : voler le voleur le vol

— le meurtrier

assassiner

— le crime

inspecter —

soupçonner —

enquêter —

— la police

se mobiliser —

 

C. Un test d’associations

Écrivez vos associations aux mots suivants. Donnez votre première pensée sans y réfl échir.

 

1. femme ______________________

2. brouillard [fog] ______________________ 3. clarté ______________________

4. médecin ______________________

5. bruit de pas ______________________

6. pavé [pavement] ______________________ 7. blessure ______________________

8. couteau ______________________

9. Londres ______________________

 

2 1 0

L A N A T U R E H U M A I N E

 

Lisez le texte

 

Paul Halter est né en 1956 à Haguenau, dans le département du Bas-Rhin.

Il a publié plus d’une vingtaine de romans policiers. « Ripperomanie » fait

partie du recueil La Nuit du loup (2006), une collection de nouvelles de

genres variés mais qui racontent toutes des histoires de crime.

 

Ripperomanie

(première partie)

—... Et maintenant, cela m’arrive de plus en plus sou-

vent. Deux fois par nuit, même... Je me réveille, haletant1, 1. respirant fort ;

 

en sueur, il me faut plusieurs minutes pour reprendre mes breathing hard, panting esprits. Dans ma tête, toujours cet infernal manège 2 ... 2. little game,

Ces femmes au rire vulgaire qui semblent se moquer de goings on

moi. Elles sont outrageusement maquillées sous leurs

extravagants chapeaux et portent des vêtements aux

couleurs agressives...

Alain Parmentier se tut3 un instant. Allongé, quasi- 3. se taire = ne

 

ment immobile sur le divan, il avait parlé sans discontinuer rien dire 4. un fauteuil pendant près d’une heure. L’homme, assis à côté de lui 5. esquisser =

sur une chaise à accoudoir4, n’avait pas prononcé un mot, commencer ; to

 

se contentant d’esquisser 5 make a start on, parfois un hochement de tête 6 , to give a hint of dont on ne savait trop s’il était pensif ou approbateur 7 . 6. un

De corpulence moyenne, la quarantaine passée, il avait hochement de

bien une dizaine d’années de plus qu’Alain Parmentier, tête = a nod

7. approving

mais infi niment moins de cheveux que lui. Ses yeux clairs

qui ne refl étaient aucun sentiment derrière des lunettes à

fi ne monture8 d’argent, son apparence aussi discrète que 8. (glasses)

soignée, ses gestes mesurés et cette courtoisie à la limite frame

de l’indiff érence lui donnaient un air impersonnel. Tout

en lui, et autour de lui, était neutre, parfaitement neutre.

De fait, il correspondait assez à l’image que ses clients se

 

2 1 1

C H A P I T R E 8

 

faisaient de lui lorsque le doigt sur la sonnette de la porte

d’entrée, ils lisaient sur une plaque très sobre : Charles

Linck, psychologue.

Pour Alain Parmentier, c’était la troisième fois qu’il

9. appuyer = to avait appuyé9 sur le bouton de cette sonnette, et ce, en

press moins de quinze jours. Leur premier entretien—si l’on

peut dire—avait duré près de deux heures, durant lequel

10. silence le Dr Linck avait observé un mutisme10 complet, sauf en

fi n de séance, pour dire à son nouveau patient, avec un

air réfl échi, très professionnel :

11. un — Il est trop tôt pour émettre un quelconque11 dia-

quelconque gnostic. Repassez la semaine prochaine. Même jour, = any

même heure ? Très bien... Cela fera mille cinq cents

francs.

Ne dit-on pas que le silence est d’or ? Et la parole

d’argent ? En eff et, lors de la seconde entrevue, le Dr

Linck interrompit le monologue de son client par un

« Vous n’auriez pas dû, mais je vous en prie, continuez... »

qui revint tout aussi cher que le silence de la semaine

passée.

12. shadow — Certaines zones d’ombre12 commencent à se dis-13. devenir clair ; siper13, avait dit le Dr Linck d’un air très grave en se diri-

to dissipate,

to clear up geant vers la porte de son cabinet. Mais je préfère réser-

ver mon opinion pour l’instant. Si vous pouviez revenir la

semaine prochaine ?

14. je n’en peux — C’est trop long, docteur, je suis à bout14... Ne pour-

plus rait-on pas se revoir demain ?

— Demain ? Cela n’est hélas ! guère possible,

quoique...

— Docteur, j’ai besoin de vous, il faut que vous m’écou-

tiez, cela me fait beaucoup de bien, cela me calme...

— Très bien. Alors, passez en soirée.

 

2 1 2

L A N A T U R E H U M A I N E

 

Alain Parmentier resta un moment à fi xer le regard

opaque15 du Dr Linck, dont les lunettes lui renvoyaient les 15. pas clair

refl ets de la lampe, puis reprit :

— Je ne suis pas toujours dans mon lit quand je sors

de ces mauvais rêves : parfois je suis en train de raser les

murs16 d’une ruelle17 du quartier ! Et tout habillé ! Imper- 16. marcher très

 

méable et chapeau ! Je suis aussi harassé, en nage 18 près des , le murs pour se cœur battant la chamade 19 , comme si j’avais couru un dissimuler /

long moment ! J’ignore alors complètement ce que j’ai se cacher

fait et comment je suis arrivé là... Docteur, ne compre- 17. petite rue

18. en sueur

nez-vous pas que c’est grave ? Qu’est-ce que cela peut 19. battre la

bien vouloir dire ? Et j’ai aussi l’impression d’avoir fait... chamade = to

quelque chose de répréhensible... de très répréhensible. pound wildly

Le Dr Linck se caressa pensivement le menton :

— Reparlez-moi de vos rêves.

— Eh bien, je suis aussi en train d’errer dans des ruelles,

des ruelles très sombres, mais elles ne sont pas comme

celles d’ici... Beaucoup plus étroites et enchevêtrées20, 20. twisted,

 

mal pavées confusing 21 ... Avec des portes cochères 22 , des impasses, 21. badly paved des arrière-cours 23 , très mal éclairées aussi. Il y a souvent 22. carriage

du brouillard... entrances

 

— Vous n’entendriez pas parfois le trot d’un cheval ? 23. backyards 24. harnessed — Maintenant que vous me le dites, oui, il me semble 25. (horse-

bien... drawn)

 

— Un cheval attelé 24 carriage , un fi acre 25 ? 26. il n’y a pas — Oui... Oui, c’est cela, un fi acre. Il n’y a pas de voi-âme qui vive

tures, ce sont des fi acres, vous avez raison. Enfi n ils sont = there isn’t

assez rares, car cela se passe toujours en pleine nuit... Les a living soul

around

ruelles sont désertes, il n’y a pas âme qui vive26, sauf, par- 27. personne

 

fois, un clochard sans domicile 27 ou une catin 28 ... 28. prostituée — Et ces catins, comme vous dites, ne portent-elles

pas des chapeaux à plumes29 ? 29. feathers

— Oui, il me semble bien... Je marche, je suis seul,

j’ai peur... Mais comment dire ? J’ai l’impression de me

 

2 1 3

C H A P I T R E 8

 

30. se complaire complaire30 dans cet état de panique. L’endroit est mal

= trouver du famé31, de toute évidence, dangereux même, mais... mais plaisir

31. mal famé = cette peur, cette angoisse me procure un certain plaisir.

fréquenté A chaque intersection, à chaque renfoncement, j’ima-par des 32 gine qu’il y a quelqu’un à l’aff ût dans l’ombre, attendant individus de 33 l’instant favorable pour commettre les pires forfaits, les mauvaise

réputation pires atrocités et... et...

 

32. à l’aff ût = 34 — Je vois, opina le Dr Linck avec un sourire. Je dois caché vous avouer 35 33. crimes qu’il est assez rare que je me fasse si rapi-34. opiner = dement une idée aussi précise d’un problème. Mais tout

donner son donne à penser que mon diagnostic est le bon. Nous opinion

35. admettre allons néanmoins36 eff ectuer un dernier test. Je vous pro-36. nevertheless poserai, en attendant, de faire une petite pause, afi n que 37. calme vous soyez parfaitement détendu37. Installez-vous, fumez

une cigarette, feuilletez une revue, je suis à vous dans un

instant.

Le psychologue se leva, traversa la pièce et disparut

derrière une porte qui donnait dans son appartement

privé.

38. se redresser Alain Parmentier se redressa38 et suivit les conseils du

= to docteur. Après avoir tiré quelques bouff ées de fumée, straighten

up, to sit up il s’empara du journal qui datait de la veille et le feuil-

leta distraitement. Un article, pourtant, retint toute son

attention.

Après son septième forfait

l’égorgeur court toujours

 

Si la police se perd en conjectures sur l’identité du

39. sévir = to run monstre qui sévit39 depuis plusieurs mois déjà dans les bas

 

40. motive 40 quoi s’en tenir sur la question du mobile rampant quartiers du port, elle est en revanche certaine de savoir à . Le fait que sa

41. ensemble septième victime soit encore une prostituée ne peut être

d’investig-

ations dû au hasard. L’inspecteur chargé de l’enquête41 affi rme

 

2 1 4

L A N A T U R E H U M A I N E

 

qu’il s’agit d’un de ces maniaques sexuels dont regorge42 42. regorger de

l’histoire du crime. Théorie largement confi rmée par la na- = to overfl ow

with

ture de ses interventions. La dernière victime avait été re-

trouvée la gorge tranchée d’une oreille à l’autre et le corps

recouvert de plusieurs blessures, dont la nature est telle que

la décence nous interdit de plus amples précisions. Nous

compatissons à la légitime terreur de nos concitoyennes,

contraintes de par leur profession à arpenter43 nos rues de 43. to walk along

nuit...

Un léger tintement du téléphone sur la table basse

attira l’attention d’Alain Parmentier. Le poste devait être

relié à la ligne de l’appartement du Dr Linck, lequel, se-

lon toute vraisemblance, venait de raccrocher44 après un 44. to hang up

court entretien téléphonique. Après quelques secondes

de réfl exion, il posa son journal, gagna le porte manteau,

souleva son chapeau, en examina le fond, le reposa, puis

revint s’allonger sur le divan. Le Dr Linck entra sur ces

entrefaites45. 45. sur ces

 

sourire bienveillant. Le principe de ce test est extrême-— Bien, nous allons pouvoir commencer, dit-il avec un entrefaites = à ce moment-là

ment simple. Je vous énonce un mot et vous m’en dites

un autre très rapidement, sans réfl échir. La spontanéité

de vos réponses est la clef de notre réussite.

— Une association d’idées en quelque sorte ?

— C’est exactement cela, acquiesça le Dr Linck en

prenant place sur son siège. Vous êtes prêt ? Parfait. Je

commence : femme...

— Catin.

— Brouillard...

— Meurtre.

— Clarté...

— Bec de gaz.

— Médecin...

— Scalpel.

 

2 1 5

C H A P I T R E 8

 

— Bruit de pas... — Assassin.

— Pavé...

— Sang.

— Blessure...

— Gorge.

— Couteau...

— Ventre.

— Londres...

— Whitechapel.

Le docteur leva la main avec fermeté :

— Inutile d’approfondir. Il n’y a désormais plus l’ombre

d’un doute : vous êtes atteint de ripperomanie.

— De ripperomanie ? répéta Alain Parmentier, les

yeux ronds. Qu’est-ce que c’est que ça ? Le docteur

Linck eut un sourire indulgent :

— C’est la maladie, si l’on peut dire, des « ripperolo-

gues ». Et un ripperologue est une personne qui s’inté-

resse de très près au cas de Jack l’Eventreur, Jack the

Ripper... Ce nom-là vous dit bien quelque chose ?

— Oui, bien sûr, mais...

— Voyons, laissez-moi deviner... Tout ce que vous

46. s’acharner = savez de ce sinistre personnage, c’est qu’il s’acharnait46

poursuivre avec une violence inouïe47 sur les prostituées et qu’il ne quelqu’un

avec fut jamais identifi é, n’est-ce pas ? hostilité ; — En eff et...

hound, — C’est tout ce que les gens savent en général sur la persecute

47. question. Mais ce simple nom évoque bien souvent, et unheard of

inconsciemment, tout un univers. Ce Londres du siècle

48. dernier, avec ses fi acres, ses réverbères48 street lamps et son brouil-

lard, ses tavernes, ses femmes galantes, ses ruelles obs-

cures... et puis ce tueur fou, qui a commis les pires atro-

cités, dont l’identité et le mobile de ses meurtres restent

un mystère. Il y a dans tout cela quelque chose d’horrible-

 

2 1 6

L A N A T U R E H U M A I N E

 

ment fascinant, n’est-ce pas ? Car vous êtes fasciné, attiré

par ce personnage et ce contexte, il ne peut y avoir le

moindre doute... Rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul :

les ripperologues sont plus nombreux qu’on ne le pense.

La plupart d’entre eux sont des historiens ou des poli-

ciers retraités, qui continuent inlassablement à ressasser49 49. répéter sans

 

chaque détail de cette énigmatique aff aire en vue d’en cesse 50. subodorer percer le mystère. Sur un plan uniquement historique, = se douter

disent-ils, mais je subodore50 d’autres motifs51, moins de ; to

 

avouables, à leurs enquêtes... En général, ils se réunissent suspect, to smell chaque année à Londres et font un pèlerinage 52 sur les (something

diff érents lieux des meurtres : Buck’s Row, le 29 Hanbury suspicious)

Street, Berner Street, l’angle de Mitre Square, Miller’s 51. motives

52. pilgrimage

court...

Le Dr Linck se tut et un curieux silence s’instaura.

Alain Parmentier le rompit soudain, le regard lointain :

— Parlez-moi encore de cette aff aire, docteur.

Le Dr Linck s’exécuta et se lança dans un monologue

qui dura près d’une heure, avec son client suspendu à ses

lèvres.

— Mais que dois-je faire maintenant, docteur ? de-

manda ce dernier lorsqu’il eut terminé. Quel remède me

prescrivez-vous ?

— Pour commencer, il faudra vous procurer tous les

ouvrages traitant de la question, de manière à connaître

le sujet à fond53. Ensuite, prenez dès que possible deux 53. à fond =

 

semaines de congés et allez les passer à Londres. Deux profondé-ment semaines, c’est un minimum. Essayez de bien vous im-

prégner de l’atmosphère de Whitechapel. Ensuite, vous

reviendrez me voir. D’ici là, je crois que ça ira mieux, net-

tement mieux.

— Merci, docteur, merci pour tout, dit Alain Parmen-

tier en prenant congé. Je me sens déjà mieux, mainte-

nant que je sais...

 

2 1 7

C H A P I T R E 8

 

Mise au point 1

D. De quoi s’agit-il ?

1. Où est Alain Parmentier quand la nouvelle commence ? Qui est

l’homme assis à côté de lui ?

2. Pourquoi y est-il allé trois fois ?

3. Que se passe-t-il dans ses rêves ?

4. Que lit-il dans le journal ?

5. Quel est le test que lui donne le Dr Linck ? Pourquoi le lui donne-t-il ? 6. Quel est le diagnostic ? Quel est le remède suggéré ?

 

Mise en pratique 1 : Les phrases hypothétiques

E. Conditions

Complétez les phrases avec la forme correcte de l’imparfait.

 

1. Si vous ____________________ [avoir] une fi èvre, il faudrait prendre

des médicaments.

2. Si on ____________________ [souff rir] des traumatismes

psychologiques, il faudrait aller voir un psy.

3. Si le client ____________________ [être] malade, le médecin

prescrirait un remède.

4. Si les « ripperologues » ____________________ [découvrir] la vraie

histoire, ils seraient satisfaits.

5. Si le Dr Linck ____________________ [ne pas être] aussi discret,

Alain Parmentier ne lui parlerait pas autant.

 

Maintenant, complétez les phrases avec la forme correcte du conditionnel.

 

6. Alain Parmentier a demandé au docteur, « Ne ________________-on

[pouvoir] pas se revoir demain ? »

7. Si la police savait les mobiles, l’enquête ____________________

[avancer] plus rapidement.

 

2 1 8

L A N A T U R E H U M A I N E

 

8. Le Dr Linck croyait qu’un voyage à Londres ____________________

[porter] remède à la maladie de M. Parmentier.

9. Si la police arrêtait l’assassin, les citoyens ____________________

[ne plus avoir] peur de se promener le soir.

10. Si Jack l’Éventreur n’existait pas, les « ripperologues »

____________________ [s’intéresser] à un autre meurtrier célèbre.

F. Discutez

1. Qu’y a-t-il d’étrange dans le comportement d’Alain Parmentier ?

Avez-vous des doutes sur lui ?

2. Que pensez-vous du diagnostic du Dr Linck ? Est-il raisonnable ? Et

que pensez-vous du remède ? Est-ce une bonne idée ? Pourquoi ou

pourquoi pas ?

3. Existe-t-il vraiment des « ripperologues » ? Le Dr Linck dit qu’il

subodore d’autres motifs à leurs enquêtes. Que veut-il dire par cela ?

Êtes-vous d’accord ?

 

Lisez le texte

 

Ripperomanie

(deuxième partie)

Avec un étrange sourire, Alain Parmentier s’engouf-

fra54 dans un ascenseur qui le ramena cinq étages plus 54. s’engouff rer

 

bas. Dehors, il faisait déjà nuit sombre. Deux hommes en = se précipiter imperméables vinrent l’accueillir à sa sortie de l’immeuble.

— On commençait à s’inquiéter, patron, dit le plus

jeune. Une demi-heure de plus, et on montait jeter un

Continuer : partie 7 sur 11