Textures French

Elizabeth Berglund Hall · Chapitre 4 sur 17 · partie 5/11

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Textures French

Chapter 9: pluperfect, superlative

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 11 parties.

transport en commun pour transmettre un message social à votre

génération. Expliquez votre choix.

 

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C H A P I T R E

 

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L’Identité

 

Fig. 11. Marc Garanger, Carte d’identité d’une femme algérienne, 1960. © Marc Garanger/ Corbis.

 

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L’ I D E N T I T É

 

Pendant la guerre d’Algérie (1954–62), Marc Garanger a fait son service

militaire en tant que photographe de l’armée française. Son travail vers la

fi n de la guerre consistait à faire des photographies des femmes algériennes

pour leurs photos d’identité. Pour ainsi faire, on leur demandait d’enlever

leurs voiles et de montrer en public, souvent pour la première fois, leurs

visages nus.

 

PRÉ-TEXTE

 

QUELQUES MOTS POUR STIMULER LES RÉPONSES

le/la photographe – la photo / la photographie – faire/prendre une photo –

le portrait – l’image – l’identité – la personnalité – le caractère – les traits –

musulman(e) – catholique – juif/juive – protestant(e) – bouddhiste –

la religion – l’ethnicité – une croyance – un symbole – un signe –

un emblème

 

A. La femme algérienne

1. Regardez cette femme. Faites une description précise de son visage, de

son expression et des sentiments qu’elle semble exprimer. 2. Imaginez l’histoire de cette photo. Qui l’a prise ? Quand ? Où ?

Pourquoi ?

3. Imaginez l’histoire personnelle de cette femme. Qui est-elle ? Comment

imaginez-vous sa vie quotidienne ? Quels étaient les événements

majeurs de sa vie ? Comment est-elle arrivée à se présenter à ce

photographe ?

B. La carte d’identité

1. Regardez la photo sur votre carte d’identité (votre passeport, votre

carte d’étudiant ou votre permis de conduire). Comment êtes-vous

dans cette photo ? Quelles émotions montrez-vous ? Cette photo vous

ressemble-t-elle ?

2. Réfl échissez à quelqu’un qui porte toujours des lunettes, un chapeau, du

maquillage, etc. Si on demandait à cette personne d’enlever cet objet

 

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C H A P I T R E 6

 

(le chapeau, les lunettes, le maquillage) avant de prendre une photo,

l’image ressemblerait-elle à cette personne ? Pourquoi ou pourquoi pas ? 3. Imaginez que vous êtes une femme qui porte toujours un voile. Que

diriez-vous à un(e) photographe qui vous demande d’enlever le voile ? 4. Imaginez que vous êtes un(e) photographe qui fait le portrait de cette

femme. Comment la convaincriez-vous d’enlever son voile ?

C. Les identités

1. Comment l’identité est-elle révélée et cachée dans le portrait de la

femme algérienne ?

2. Quelle est votre réaction à cette photo maintenant que vous connaissez

l’histoire derrière le portrait ?

3. Quel rôle les vêtements jouent-ils dans l’identité d’une personne ?

Change-t-on d’identité quand on change de vêtements ? Expliquez

votre réponse.

 

 Qu’en dites-vous ? : L’identité

 

banal(e) – habillé(e) – détendu(e) – décalé(e) – apparaître –

 

se fondre – s’intégrer – teindre – se positionner – être en décalage –

 

se distinguer – en partie – évidemment – véritablement

 

Les mots qu’on dit

D. Défi nitions

Écrivez le mot ou l’expression qui convient à chaque défi nition.

 

___________________ 1. se situer, se défi nir ___________________ 2. certainement, assurément

___________________ 3. s’assimiler, s’incorporer ___________________ 4. être en désaccord, être à l’écart ___________________ 5. vraiment, réellement

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L’ I D E N T I T É

 

___________________ 6. élégant(e) ___________________ 7. décontracté(e) ___________________ 8. colorer (les cheveux) ___________________ 9. se dissiper, fusionner ___________________ 10. déplacé(e)

___________________ 11. être diff érent(e) ___________________ 12. partiellement ___________________ 13. très commun(e), ordinaire ___________________ 14. se manifester, être visible

 

Écoutez le podcast

E. Qui dit quoi ?

Choisissez l’interviewé(e) qui correspond au résumé donné.

 

Question 1 : Quel est votre look personnel ? Ce look Quel(le) refl ète-t-il votre personnalité ? interviewé(e) ?

Je dirais que je suis mes envies sans faire attention à la 1 2 3 mode.

Mon look, c’est élégant, mais pas trop formel. J’aimerais 1 2 3 bien que ça me représente.

Mon look personnel est assez ordinaire. J’aime bien porter 1 2 3 les habits simples, et j’aime être à l’aise dans mes vêtements.

 

Question 2 : Est-ce qu’il est important d’être à la mode ? Quel(le) Pourquoi ou pourquoi pas ? interviewé(e) ?

Il faut savoir que quand on porte un vêtement, on envoie 1 2 3 un message.

Je pense pas du tout que la mode soit importante parce 1 2 3 que la mode est commerciale.

 

Je pense que ça dépend des personnes. 1 2 3

 

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Question 3 : Peut-on juger le caractère d’une personne par Quel(le) la manière dont elle s’habille ? interviewé(e) ?

Si une personne est assez sûre d’elle-même pour montrer 1 2 3 qui elle est par rapport à ses vêtements, je pense que oui.

Je pense qu’on peut être tenté de juger, mais les habits en 1 2 3 principe ne sont qu’une apparence.

On peut être très surpris de la diff érence entre l’apparence 1 2 3 qu’une personne veut se donner et ce qu’elle est vraiment.

 

F. Dictée

Complétez les phrases en écoutant les réponses des interviewé(e)s.

Question 1 : Quel est votre look personnel ? Ce look refl ète-t-il votre person-nalité ? Et comment ?

1. Mon look, c’est ce qu’on appelle un peu ____________________. [...]

C’est __________________, mais pas trop ___________________.

Et dans ce sens-là, ben j’aimerais bien que ça me représente. En tout

cas, c’est l’____________________ que j’ai envie de donner de moi :

____________________, ____________________, mais pas trop

___________________.

2. Je vais pas me ____________________ forcément tout le

temps dans la ____________________, et je me suis fait

____________________ les ____________________ en rose il n’y

a pas très longtemps.

3. Alors, mon look personnel est assez ____________________.

J’aime bien porter des habits assez ____________________. J’aime

bien être à ____________________ dans mes vêtements. Donc,

par exemple, là ____________________ je porte un tee-shirt et

un jean, mais quand je travaille à l’université, par exemple, j’aime bien

____________________ une chemise et un pantalon un peu plus

____________________, un peu plus ____________________,

 

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et des chaussures de ville. Ça ____________________... est-ce

que ça ____________________ ma personnalité ? Oui, parce que

je pense que je suis assez... assez ____________________ et assez

____________________.

 

Question 2 : Est-ce qu’il est important d’être à la mode ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

1. Il me semble que le plus important, c’est d’avoir une conscience

même ____________________ de ce qui est à la mode,

pour pouvoir se ____________________ vis à vis de

ça. Il faut ____________________ que quand on porte

un vêtement, on ____________________ un message.

Alors, ____________________ est le message qu’on veut

____________________ aux autres ?

2. Je pense que non, mais après ça va ____________________

des personnes dans le sens où certaines vont le faire parce qu’elles

ont envie de ____________________ dans un groupe ou dans

la ____________________ en général et d’autres vont juste pas

prêter ____________________ parce que c’est pas dans leur

____________________, donc je ____________________ en tout

cas pour moi que non.

3. J’aime bien porter ce qui me ____________________, et parfois

j’aime bien la mode d’il y a trente ou quarante ans. Donc parfois j’aime

bien porter des ____________________ qui étaient à la mode quand

mes ____________________ étaient ____________________, par

exemple. Mais la mode d’aujourd’hui ne m’____________________

pas ____________________ ____________________.

 

Question 3 : Peut-on juger le caractère d’une personne par la manière dont elle s’habille ?

1. Je crois pourtant que l’____________________dit toujours quelque

chose d’une personne. Elle dit au moins la ____________________

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dont cette personne veut ____________________ au monde. Donc

c’est pas tout à fait vrai qu’il faut pas se ____________________ aux

____________________.

2. Beaucoup de personnes vont ____________________

de se ____________________ dans la masse et de pas se

____________________ ____________________, donc après ça

va pas ____________________ sa personnalité.

3. Je pense qu’on peut être ____________________ de faire ça, et

je le fais ____________________, mais les habits en principe ne

sont qu’une ____________________, donc il ne faut pas juger

un livre par sa ____________________. Mais bon, si on s’habille

en goth, en goth, ____________________ ça dit quelque chose

de la ____________________. Mais bon, il faut pas juger trop

____________________.

G. Et moi, personnellement...

1. Quel est votre look personnel ? Ce look refl ète-t-il votre personnalité ?

Comment ?

2. Est-il important d’être à la mode ? Pourquoi ou pourquoi pas ? 3. Peut-on juger le caractère d’une personne par la manière dont elle

s’habille ?

 

TEXTE

 

Mettez-vous dans l’esprit

A. Réfl échissez

1. Que portez-vous d’habitude quand il fait très chaud ? Et quand il fait

très froid ?

2. Comment vous sentez-vous physiquement quand il fait très chaud ? 3. À votre avis, comment faut-il s’habiller pour un entretien de boulot ?

Pour aller en cours à l’université ? Pour rencontrer les parents de son

copain / sa copine ? Pour aller à l’église, au temple, à la synagogue, à la

mosquée, etc. ?

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4. On dit en France, « L’habit ne fait pas le moine ». Comment

interprétez-vous ce proverbe ? Êtes-vous d’accord avec cette idée ?

 

Les mots qu’on lit

B. Les parties du corps

Voici une liste des parties du corps qui se trouvent dans cette nouvelle.

 

les aisselles – les genoux – la cuisse – le cou – le poignet – l’avant-bras –

les cheveux – les doigts – l’oreille – la main – les fesses – la nuque –

les seins – la bouche – le pied – la jambe – le bras – la poitrine – le nombril –

les tétines – la tête

 

1. Quelles parties du corps découvrez-vous normalement quand il fait

chaud ?

2. Quelles parties du corps découvrez-vous normalement quand il fait

froid ?

 

Lisez le texte

 

« Sapée comme de la soupe » par Susie Morgenstern est paru dans le

recueil Des fi lles et des garçons (2003). Dans la nouvelle, elle fait référence

à une pièce de théâtre de 1897 d’Edmond Rostand qui prend comme sujet

Cyrano de Bergerac (basé sur une personne historique réelle) qui dans

la pièce est doué des talents de poésie mais aussi d’un très grand nez.

 

Sapée1 comme de la soupe 1. vêtue, habillée

(première partie)

Sarah a l’impression que le réchauff ement de la pla-

nète entière est limité à rien que son propre corps. Ce

n’est pas seulement la sensation d’avoir été trempée2 2. plongée

 

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3. dans un pot de colle3 liquide, les parois4 glue de son épiderme

 

5. windshield 6 l’aide des essuie-glaces. Les gouttes7 ruissellent8 à tra-6. 4. surfaces ressemblent au pare-brise5 sous la pluie battante sans windshield

wipers vers les monts et les vallées de sa chair9 en se recueillant

7. drops, beads 10 11 et se concentrant dans les plis et les recoins. Sous les 8. ruisseler = to

stream, to drip aisselles il y a des lacs de sirop d’érable, derrière les ge-(with sweat) noux des fl aques12 de gelée de roses, sous les seins de la

9. fl esh mayonnaise. À chaque pas, l’intérieur de la cuisse droite 10. wrinkles

11. creases se frotte à la cuisse gauche ou vice versa.

 

13. handcuff s 13 poignets comme des menottes. À Dieu ne plaise14 de 14. À Dieu ne 12. puddles Sa chemise est boutonnée jusqu’au cou et jusqu’aux

plaise = God laisser la moindre parcelle de peau respirer. Sous sa che-forbid mise c’est la forêt primaire, la jungle tropicale. Les poils

15. de l’avant-bras poussent comme sous une serre15 greenhouse. La jupe

est une tente qui tombe jusqu’aux chaussures. À Dieu ne

plaise qu’on ne voie une trace de chevilles.

Sarah baisse les yeux quand un jeune homme sur le

même trottoir vient vers elle puis la dépasse. Ce n’est

pas mieux pour les hommes avec leurs pantalons épais,

manches longues et redingotes. Mais elle apprécierait un

pantalon pour empêcher la rougeur entre les cuisses.

16. humidifi - Elle traîne sa moiteur16, ses gouttelettes, sa sueur17

cation de la à travers les rues ensoleillées. Il doit faire 37° ce début

17. d’après-midi et elle ne sait pas quand elle pourra prendre sweat peau

18. ce que une douche. Des perles se forment sur son front, les

 

rois et les 18 mariée ne sont pas une couronne portent les cheveux qu’elle peut révéler puisqu’elle n’est pas encore reines sur la mais une croûte19. Sa tête ; crown mère dit : « Mais tout le monde a chaud en été ! » Sauf

19. couche que tout le monde dans cette ville occidentale n’est pas

extérieure

durcie ; crust habillé comme une momie. Elle méprise un peu ces fi lles

de son âge autour d’elle à moitié nues avec les poitrines

20. plus dehors que dedans, les jambes qui vont du sud au shame

21. veil nord sans honte20, les bras qui se balancent sans voile21.

 

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Ses parents vont bientôt lui choisir un mari. Pourvu22 22. Provided

qu’il soit beau, non, pourvu qu’il soit intelligent, bon, (that), Let’s

hope (that)

pourvu qu’il soit beau ! Elle met sa main sur son cœur

sous la masse molle23 qui forme son sein gauche. Elle le 23. soft

 

tâte24 rapidement, furtivement. Elle remue25 24. tâter = ses doigts, les toucher déménage vers ses côtes. C’est la femme du rabbin qui lui 25. remuer =

avait raconté la raison du choix de la côte : Dieu s’est de- bouger,

 

mandé de quelle partie de l’homme Il allait créer la femme. mouvoir une partie du Il dit : « Je ne la créerai pas de la tête pour qu’elle ne lève corps

pas la tête trop fi èrement ; ni de l’œil pour qu’elle ne soit

pas trop curieuse ; ni de l’oreille pour qu’elle n’écoute pas

derrière les portes ; ni de la bouche qu’elle ne soit pas trop

bavarde ; ni du cœur qu’elle ne soit pas trop jalouse ; ni

de la main qu’elle ne soit pas trop possessive ; ni du pied

qu’elle n’ait pas le goût d’errance ; mais d’une partie du

corps qui est cachée pour qu’elle soit modeste ». Oui, lui

dit-on : la modestie est le plus noble des ornements.

Sarah connaît aussi les textes du code de la Loi :

« Il est écrit (Micah 6:8) : “Et marcher humblement avec

ton Dieu.” Ainsi il est du devoir de chaque homme d’être

modeste dans tout son comportement. En mettant ou

enlevant une chemise ou un sous-vêtement, il doit faire

attention à ne pas exposer inutilement son corps. Il doit

l’enfi ler26 ou l’enlever en étant encore couché couvert 26. enfi ler = to

 

dans son lit. Il ne doit jamais se dire : “Oh je suis seul dans slip on, to pull on ma chambre dans l’obscurité, qui pourrait me voir ?” À la

gloire du Saint béni soit-Il, Il remplit l’univers et l’obscu-

rité ou la clarté est pareille pour Lui, béni soit Son nom ;

et la modestie et un sens de honte signifi ent l’humilité

devant Lui, béni soit Son nom. »

Oui, elle sera comme la première Sarah, comme Ré-

becca et comme Rachel. Elle vient de loin dans le passé

et elle partira loin dans le futur. Mais entre le passé et le

futur, il fait très, très chaud et Sarah va se désintégrer d’un

moment à l’autre.

 

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À la maison, elle passe par la cuisine et boit un verre

d’eau. Miracle ! Il n’y a personne. Dans la chambre qu’elle

27. éplucher = partage avec ses trois sœurs, elle se met à éplucher27 to ses

peel (off ) vêtements en les décollant28 de sa peau gluante. Elle a

28. décoller = to

unstick, to une idée folle de profi ter de l’absence de la population unglue familiale pour prendre une douche imprévue. L’eau qui

coule sur son corps lui fait tellement plaisir qu’elle est

29. certaine de commettre un péché29 sin. Elle sait qu’elle a des

devoirs au sein de la famille. Elle doit aider à préparer

30. le dîner, dresser la table, repasser30 to iron les lourds vêtements

de ses nombreux frères et sœurs. Une petite action faite

avec modestie est mille fois plus acceptable à Dieu

qu’une grande action faite avec fi erté. L’eau entre-temps

31. chatouiller = lui fait oublier la chaleur torride, lui chatouille31 le cerveau,

to tickle lui caresse les fesses.

Il y a un seul miroir dans la maison qui se trouve au-

dessus du lavabo de la salle de bains. C’est peut-être le

diable lui-même qui pousse Sarah à monter sur le tabou-

32. ret32 et à regarder parcelle33 stool par parcelle le terrain de son

 

34. pièce de partie 34 qu’elle enferme dans des soutiens-gorge sévères, les 33. très petite corps. Elle se baisse pour jeter un œil sur cette poitrine

lingerie deux tétines35 roses qui lui font penser au cœur d’une féminine fl eur. Elle les essuie devant la glace avant de se concen-qui sert à

maintenir les trer sur le ventre avec son nombril profond. Le tabouret seins ne lui permet pas de voir le buisson ardent36 entre les

35. nipples jambes, et c’est tant mieux. La chaleur lui fait tourner 36. le buisson

ardent = the la tête ; elle devient folle. Cette nudité est même trop burning bush intime pour elle. Elle est faible et désarmée. Elle pense à

Adam et Ève qui découvrent leur faillibilité au moment

où ils ont péché. Ils se rendent compte qu’ils sont nus et

37. déshonor- ils se sentent indignes37. Adam et Ève, le premier couple.

able, Des amoureux... Elle imagine même les mains de son fu-honteux,

coupable tur mari qui parcourent son anatomie. À Dieu ne plaise.

Pourvu que...

 

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Mise au point 1

C. De quoi s’agit-il ?

1. Comment Sarah se sent-elle ? Pourquoi ? Le narrateur utilise quelles

images pour décrire Sarah ?

2. Comment est-elle diff érente des autres fi lles de son âge ? 3. À quelle histoire biblique Sarah réfl échit-elle (paragraphe 5) ? Pourquoi ? 4. Que fait-elle quand elle rentre chez elle ?

5. Pourquoi se sent-elle « faible et désarmée » à la fi n de la scène ?

 

Mise en pratique 1 : Les pronoms

D. Identifi ez les références

Trouvez les phrases prises du récit et identifi ez la personne ou l’objet auquel le pronom souligné fait référence.

1. Ses parents vont bientôt lui choisir un mari. (paragraphe 5) 2. Elle le tâte rapidement, furtivement. (paragraphe 5) 3. Je ne la créerai pas de la tête pour qu’elle ne lève pas la tête trop

fi èrement. (paragraphe 5)

4. Il doit l’enfi ler ou l’enlever en étant encore couché couvert dans son lit.

(paragraphe 6)

5. L’eau qui coule sur son corps lui fait tellement plaisir qu’elle est certaine

de commettre un péché. (paragraphe 8)

E. Je ne comprends pas !

Un(e) ami(e) n’a pas bien compris cette histoire. Répondez à ses questions en remplaçant les mots soulignés par un pronom.

 

1. Personne perplexe : Alors, il y a des lacs de sirop d’érable sous les

aisselles ?

Modèle : Oui, il y en a sous les aisselles.

2. Personne perplexe : Et elle a aussi des fl aques de gelée de roses derrière

les genoux ? [2 pronoms]

Vous : Oui, ___________________________________________.

 

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3. Personne perplexe : A chaque pas, l’intérieur de la cuisse droite se frotte

à la cuisse gauche ?

Vous : Oui, ___________________________________________. 4. Personne perplexe : Elle ne laisse pas respirer* la peau ? Vous : C’est ça, ________________________________________. 5. Personne perplexe : Elle baisse les yeux quand un jeune homme vient

vers elle ?

Vous : Exact. __________________________________________. 6. Personne perplexe : Elle apprécierait un pantalon pour empêcher la

rougeur entre les cuisses ? [2 pronoms]

Vous : Oui, ___________________________________________. 7. Personne perplexe : Elle peut révéler les cheveux ?

Vous : Oui, ___________________________________________. 8. Personne perplexe : Elle méprise un peu les fi lles de son âge ? Vous : Oui, ___________________________________________. 9. Personne perplexe : C’est la femme du rabbin qui avait raconté à Sarah

la raison du choix de la côte ? [2 pronoms]

Vous : Exact. __________________________________________. 10. Personne perplexe : Elle a une idée folle de profi ter de l’absence de sa

famille pour prendre une douche imprévue ? [2 pronoms]

Vous : Tout à fait. _______________________________________.

F. Discutez

1. Quelles diff érences culturelles se présentent-elles entre Sarah et les

autres fi lles de son âge ? Quelle est la raison pour sa « diff érence » ? 2. Elle parle de « cette ville occidentale » (paragraphe 4), mais à quoi cette

ville s’oppose-t-elle ? Quelles sont les connotations associées à une ville

occidentale ?

3. Pensez-vous que les croyances puissent/doivent déterminer les vêtements

qu’on porte ? Pourquoi ou pourquoi pas ? Justifi ez votre opinion.

 

* Exception à la règle : mettez le pronom avant le verbe « laisser ».

 

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Lisez le texte

 

Sapée comme de la soupe

(deuxième partie)

Le son de la porte la fait sursauter. Vite, vite, elle

remet sa blouse humide et la jupe. L’un après l’autre les

membres de la famille rentrent. Les frères vont étudier

dans leur chambre. Les fi lles s’occupent à leurs tâches

ménagères respectives. Leur mère chante une prière.

Peut-être elle prie pour que tous ses enfants se marient

et ainsi la vie continue. Pour l’instant, elle les contemple

avec un sourire.

Le père rentre à son tour avec le dernier ventilateur38 38. fan

vendu dans le pays. Encore un miracle ! Tour à tour les

fi lles et les garçons défi lent39 devant le ventilateur, trente 39. défi ler =

 

secondes par client. Sarah essaie de viser ses aisselles. passer les uns derrière Myriam soulève les cheveux pour aérer sa nuque. Les les autres

garçons sont plus pudiques40. Trop de modestie, n’est-ce 40. chastes,

pas aussi un péché ? modestes

C’est bientôt shabbat. Une étrange paix tombe sur la

maison après le défi lé des douches baignée du parfum

qui sort des casseroles. Sarah triche41 en reprenant une 41. tricher = to

deuxième douche. Les vêtements propres et secs sont cheat

un baume. De toute façon l’atmosphère à l’intérieur de la

maison est plus fraîche que celle de l’extérieur. Ici, Sarah

est en sécurité, elle n’est pas diff érente des autres fi lles de

sa classe au lycée. Ici la liberté se passe autrement.

— Tu es folle ! lui dit son amie Caroline. La France est

un pays libre ! Tu n’es pas obligée de t’habiller comme au

XIXe siècle !

— Je suis donc libre de m’habiller comme il me plaît ?

— Oui !

— Heureusement. Mes principes font de moi une

femme libre !

 

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— Tu es folle !

— Diff érente n’est pas folle, ma Caroline !

— Diff érente, c’est chaud.

— Mais tout le monde a chaud en été ! répète Sarah

d’après sa mère. Je n’ai pas plus chaud que toi. D’ailleurs

42. se plaindre = c’est toi qui te plains42 du matin au soir !

to complain — Tu n’as jamais entendu parler de la mode ? Tu res-

sembles à une vieille d’un village grec !

Sarah essaie un extrait de Cyrano qu’elle a appris par

cœur :

« Moi, c’est moralement que j’ai mes élégances.

43. s’attifer = Je ne m’attife43 pas ainsi qu’un freluquet44,

s’habiller 45 Mais je suis plus soigné si je suis moins coquet ; (de manière

bizarre) Je ne sortirai pas avec, par négligence,

44. homme

frivole Un aff ront pas très bien lavé46, la conscience

45. être soigné

= être Jaune encore de sommeil dans le coin de son œil,

proprement 47 Un honneur chiff onné, des scrupules en deuil. vêtu

46. laver un Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise48,

aff ront = se

venger Empanaché49 d’indépendance et de franchise ; ... »

47. fatigué,

frissonné — Tu parles ! lui dit Caroline.

48. reluire = to

shine — Je suis habillée de ma dignité. J’essaie de créer une

49. empanaché mode !

= plumed,

decked out — Je laisse tomber, dit Caroline.

50. candles Toutes les fi lles allument les bougies50 de shabbat.

C’est leur privilège. À table, le père de Sarah récite la

bénédiction du vin, puis du pain. À la fi n du repas, on

chante les remerciements à Dieu pour la nourriture.

Sarah n’a jamais parlé à ses parents ou à ses frères et

sœurs de ses doutes. Dieu est un mot familier, un com-

pagnon de tous les jours et de tout moment. Pour Sarah,

 

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Dieu, Il ou Elle, est un gros paresseux. Où se cache-t-Il/

t-Elle pendant les guerres et les massacres et les famines ?

Où était-Il pendant la Shoah ? Et pourquoi veut-Il qu’ils 51. crever =

crèvent mourir 51 tous de chaud ?

N’empêche qu’elle adore les chants. C’est son chez-

elle. Elle n’a rien contre ces bénédictions et ces remer-

ciements. Pourquoi ne pas remercier Dieu, les fées52, les 52. fairies

farfadets53, pour ce bon pain sur la table ? Dire merci, 53. imps, elves

c’est reconnaître qu’on est à la merci des forces au-delà

de nous. Dire merci, c’est constater qu’il y a des autres,

qu’on n’est pas seul. Dire merci, c’est triompher qu’on est

en vie.

Sarah aide à débarrasser la table. Le ventilateur dif-

fuse son sirocco54 d’air chaud. Il restera allumé pendant 54. vent chaud

tout le shabbat. Dans son lit, Sarah, découverte, rêve, et très sec

comme toutes les fi lles de son âge et tous les gens de

tout âge, à l’amour. Elle est bien dans son lit, dans sa fa-

mille, dans sa communauté, dans ce monde. Pourvu que

le monde continue.

 

Mise au point 2

G. De quoi s’agit-il ?

1. Que font les membres de sa famille après être rentrés ? 2. Pourquoi l’intérieur de la maison est-il un lieu paisible pour Sarah ? 3. Quel est le sujet du débat entre Caroline et Sarah ? 4. Quels sont les doutes de Sarah ? Pourquoi pense-t-elle que Dieu est

« un gros paresseux » ?

5. Qu’apprécie-t-elle dans la cérémonie de shabbat ?

6. À la fi n de la scène, comment Sarah montre-t-elle qu’elle ressemble aux

autres fi lles de son âge ?

 

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Mise en pratique 2 : Les pronoms relatifs

H. Qui dit quoi ?

Marquez quelle personne dit les phrases suivantes dans le texte.

 

Sarah Caroline Cyrano

Je suis habillée de ma dignité.

La France est un pays libre !

Tu n’es pas obligée de t’habiller

comme au XIXe siècle !

Je ne m’attife pas ainsi qu’un

freluquet.

Diff érente n’est pas folle.

Tout le monde a chaud en été.

J’essaie de créer une mode !

 

I. Les liens

Complétez les phrases par le pronom relatif qui convient (qui, que, où, dont).

 

1. La jupe est une tente _____ tombe jusqu’aux chaussures. 2. Elle méprise un peu ces fi lles de son âge à moitié nues avec les poitrines

plus dehors que dedans, les jambes _____ vont du sud au nord sans

honte, les bras _____ se balancent sans voile.

3. Dans la chambre _____ elle partage avec ses trois sœurs, elle se met à

éplucher ses vêtements.

4. L’eau _____ coule sur son corps lui fait tellement plaisir qu’elle est

certaine de commettre un péché.

5. Elle pense à Adam et Ève _____ découvrent leur faillibilité au moment

_____ ils ont péché.

6. Elle imagine même les mains de son futur mari _____ parcourent son

anatomie.

 

1 6 4

L’ I D E N T I T É

 

7. Une étrange paix tombe sur la maison après le défi lé des douches

baignée du parfum _____ sort des casseroles.

8. C’est toi _____ te plains du matin au soir !

9. Je marche sans rien sur moi _____ ne reluise, empanaché

d’indépendance et de franchise.

 

Mettez-vous à la place

J. Établissez la scène

1. La liberté de la mode : vous êtes Caroline. Vous voulez vous expliquer

davantage à Sarah, mais vous décidez de lui écrire un courrier

électronique. Comment allez-vous la convaincre que vous avez raison ? 2. La liberté morale : vous êtes Sarah. Vous voulez vous expliquer

davantage à Caroline, mais vous décidez de lui écrire un courrier

électronique. Comment allez-vous la convaincre que vous avez raison ?

K. Approfondissez le sens

1. Quelle est l’opinion de Sarah sur les vêtements qu’elle porte ? 2. Quelle est l’opinion de Sarah sur Dieu et la religion ? 3. Cette nouvelle tire-t-elle des conclusions pour le lecteur / la lectrice ?

Si oui, quelles sont ces conclusions ? Si non, pourquoi n’y a-t-il pas de

conclusion ?

4. Y a-t-il des débats (sur des vêtements ou autre chose) semblables aux

États-Unis ? Expliquez votre réponse.

L. Réagissez au texte

Cette nouvelle paraît dans un recueil de nouvelles, Des fi lles et des garçons, publié par le groupe politique Ni Putes Ni Soumises. Voici comment ce groupe se présente sur son site web :

Un cri de colère a été lancé en 2003 pour dire non aux dégradations

des conditions de vie constantes et inadmissibles que subissent les

fi lles en France en générale et dans nos quartiers en particulier. Ce cri,

c’est le combat pour la liberté et l’émancipation de tous, pour le vivre

ensemble et la démocratie : Ni Putes Ni Soumises.

www.npns.fr/l-association-ni-putes-ni-soumises/presentation/ (site disparu)

1 6 5

C H A P I T R E 6

 

1. Comment la nouvelle « Sapée comme de la soupe » répond-elle à ce cri

de combat pour la liberté et l’émancipation de tous ? Croyez-vous que

ce soit une nouvelle qui réclame les droits des femmes ? Comment ? 2. Ce groupe proclame comme valeurs du mouvement « laïcité, mixité et

égalité ». Quelles sont vos valeurs personnelles ?

 

CONTEXTE

 

QUELQUES MOTS POUR STIMULER LES RÉPONSES

les croyances – les traditions – la famille – la langue – le repas – prier –

la culture – le dépaysement – le mal du pays – intéressant(e) – choquant(e) –

mal à l’aise – assimiler – accepter – rejeter – familier(-ière) –

peu familier(-ière) – garder – les rôles familiaux

 

Mettez-vous dans l’esprit

A. Réfl échissez

Mœurs (f. pl.) : Pratiques sociales, usages particuliers, communs à un

groupe, un peuple, une époque (www.larousse.fr)

1. Avez-vous fait un séjour dans un autre pays ? Combien de temps

a duré votre séjour ? Y avez-vous rencontré de nouvelles mœurs ?

Avez-vous adopté ces nouvelles mœurs ou avez-vous changé vos

propres coutumes ?

2. Avez-vous passé du temps avec une autre famille (ici ou dans un

autre pays) ? Cette famille avait-elle des traditions ou des habitudes

diff érentes des vôtres ? Comment avez-vous réagi à ces diff érences ? 3. Un(e) ami(e) a-t-il/elle fait une expérience pareille chez vous ?

Comment est-ce qu’il ou elle a réagi aux traditions ou aux habitudes de

votre famille ?

4. Pensez-vous que les gens qui immigrent dans un pays doivent accepter

les mœurs du pays adoptif ou qu’ils doivent faire un eff ort pour garder

leurs propres mœurs ? La situation des réfugiés est-elle diff érente de

celle des immigrés ? Expliquez votre réponse.

 

1 6 6

L’ I D E N T I T É

 

Lisez l’essai

 

Ghislaine Nelly Huguette Sathoud est née à Pointe-Noire au Congo-

Brazzaville (la République du Congo) en 1969. Elle vit au Canada

depuis 1996. Auteure de plusieurs romans, pièces de théâtre et poèmes,

elle s’intéresse aux questions de genre et de sexualité, aussi bien qu’à

l’intégration des femmes dans la société montréalaise.

 

Ma princesse

Notre famille a traversé des grandes épreuves55 : je 55. Hardship,

me souviens encore de la journée qui précédait notre ordeal

passage à l’audience pour la décision sur notre demande

d’asile56. Je m’en souviens encore dans les moindres 56. Refuge ;

détails. Comme si c’était hier seulement ! Même après asylum

toutes ces années, je me souviens très bien de cette

journée inoubliable. En eff et, toute la nuit, nous n’avions

presque pas fermé l’œil un seul instant. Il fallait se livrer à

l’exercice périlleux de mettre sur papier ses idées. Les de-

mandeurs d’asile doivent écrire une histoire qui explique

les raisons et les motivations de cette démarche. Toute la

famille devait se réunir pour discuter et mettre ensemble

nos idées sur papier. Personne n’aimait cet exercice qui

réveillait forcément tous les mauvais souvenirs sur cet exil

forcé. Personne n’aimait ça. Je n’étais pas la seule. Pour-

tant, notre avocat en avait besoin lors de notre rencontre

pour la préparation à l’audience...

Comme c’était le cas depuis fort longtemps déjà,

nous nous rendions chez notre avocat pour préparer

notre défense. Je n’aimais pas cet exercice-là non plus.

Mon conjoint57 également ne cessait de parler de son 57. Époux

dégoût. Nous en avions parlé longuement. Malheureu-

sement dans notre situation, ce n’est pas toujours nos avis

 

1 6 7

C H A P I T R E 6

 

58. qui comptaient. Il fallait se prêter bon an mal an58 Come what à toutes

may les exigences pour bénéfi cier du droit d’asile. Après avoir

été chassés de notre pays, devions-nous encore subir

toutes ces formalités pour essayer de vivre librement ?

Bref, cette période est révolue et nous avions reçu le

droit de poser nos valises ici. Nous vivons désormais sans

souci pour ce qui est de la situation administrative. Nous

avions obtenu le « droit » de recommencer notre vie

ici. C’est bien de cela qu’il s’agit : un recommencement.

Peut-on vraiment parler de continuité ou de prolonge-

ment lorsqu’on se retrouve ainsi dans un nouvel environ-

59. nement et qu’il faut apprendre à se faire des repères59 Get one’s ,

bearings essayer de se faire des amis, fi nalement se reconstituer

un tissu social ? Autrement dit, il faut « renaître » de

nouveau...

En conséquence, il faut apprendre les us et les cou-

60. Les us et les tumes60 de la société d’accueil61.

 

les traditions 62 L’adaptation au climat est un défi de taille coutumes = À ce sujet, cet exercice n’est pas du tout reposant.

61. qui continue Host

62. D’importance de tourmenter nos méninges63. Si, si, j’éprouve toujours 63. Brains de grandes diffi cultés en hiver.

Finalement, comment faut-il faire pour réussir faci-

lement à intégrer des changements dans son quotidien

64. sans pour autant renier64 Désavouer, sa culture ? D’un autre côté, on a

ne plus l’impression que des caméras de surveillance « épient65 »

65. tous nos gestes pour veiller à ce que les coutumes du Épier = reconnaître

observer pays d’origine restent inchangées.

Pour le commun des mortels, certaines journées

sont plus éprouvantes que d’autres. D’ailleurs, certaines

périodes de l’année sont plus stressantes que d’autres,

aurais-je envie de dire. Et pour abonder dans le même

sens, cette diff érence est perceptible au niveau des res-

ponsabilités parentales...

 

1 6 8

L’ I D E N T I T É

 

Oui, chaque journée est diff érente et unique pour

les parents. En ce qui nous concerne, nous les mères

migrantes, de nombreuses diff érences sont perceptibles :

nous devons aider à « faciliter » l’intégration de nos en-

fants dans la société d’accueil. Nous avons également la

responsabilité de transmettre à ces enfants-là la culture

du pays d’origine.

L’enjeu66 est de taille ! La pression est forte. 66. Risk, stakes — Maman, je dois choisir moi-même mon déguise-

ment, lançait ma fi lle excitée.

L’Halloween a toujours été une grande interrogation

pour moi. Disons que cette fête ne fi gurait pas dans le

calendrier dans mon pays d’origine. Une nouveauté donc

pour moi.

— Maman ? reprenait-elle d’un ton suppliant.

— Attends... Calme-toi !

— Je dois faire la ronde pour demander des bonbons,

viendras-tu avec moi ? Tu dois venir hein maman ! s’em-

pressait-elle d’ajouter impatiente d’avoir une réponse.

Voilà un fait qui prouve encore que je suis toujours

dans l’apprentissage des us et coutumes de ma société

d’accueil. La semaine dernière j’en parlais justement

avec une dame. Une immigrée comme moi sauf que

nous venons de deux continents diff érents. Dans mon

Afrique natale, cette fête n’existait pas. Donc c’est déjà

un apprentissage et je dois transmettre en plus à mes

enfants ce que j’en sais. Comment apprendre aux enfants

ce que je ne connais pas, ce que j’apprends à connaître ?

Sans compter qu’il faut également participer à la fête !

Contrairement à mon interlocutrice67 de la semaine der- 67. Personne qui

nière qui est très catégorique et refuse que ses enfants y (me) parle

participent, je me questionne pour essayer de trouver le

moyen de trancher la poire en deux68. Je me questionne 68. Faire un

parce que mes enfants sont dans un autre environnement compromis

 

1 6 9

C H A P I T R E 6

 

et cette fête est associée aux autres fêtes qui retiennent

l’attention des enfants dans notre pays de résidence.

Finalement jusqu’où interdire ? Jusqu’où tolérer ?

Que faut-il faire ? Comment faut-il vivre ? Quelle est la

69. Comporte- bonne conduite69 ?

ment ; — Je veux me déguiser en vampire, me lançait ma behavior

fi lle.

— Tu exagères, voyons donc !

— S’il te plaît maman, tu dis oui ? me lançait-elle les

yeux remplis d’indignation.

— Ok ! ai-je murmuré.

— Merci, lançait-elle d’un air triomphant.

— Mais attention ! Oui tu te déguises, mais tu te dé-

guiseras en princesse. Tu es ma princesse alors je ne veux

pas te voir en vampire... Ça n’existe pas dans ma culture...

Était-ce la meilleure solution ? Comment trouver les

ajustements pour répondre aux besoins des enfants ?

Comment conserver mes principes à moi quand il s’agit

de mes enfants qui vivent sous d’autres cieux ? Je suis

70. Oser = simplement tourmentée. Je n’ose70 plus en parler avec

avoir le des compatriotes. Les avis sont très divergents. courage de

Quant à la proposition de ma fi lle de l’accompagner

chercher les bonbons, c’est une autre histoire. Je ne

71. Exactement pense pas pouvoir y aller. Que faut-il faire au juste71 ? En

tout cas, pour l’instant une seule idée me vient à l’esprit :

j’ai hâte de voir ma princesse.

 

Mettez-vous à la place

B. Établissez la scène

1. Imaginez que vous êtes obligé(e) de fuir votre pays et d’émigrer dans

un autre pays. Quels objets prendriez-vous en souvenir de votre identité

familiale, régionale et/ou nationale ?

 

1 7 0

L’ I D E N T I T É

 

2. Imaginez maintenant que vous êtes le voisin / la voisine de l’auteure

de cet essai. Comment lui expliquer la tradition et l’importance

d’Halloween ?

3. Si vous habitiez dans un pays étranger, quelles traditions de votre famille

et de votre région vous seraient les plus importantes ? Pourquoi ?

C. Approfondissez le sens

1. Comment l’auteure décrit-elle l’exil et sa vie au Canada ? Pourquoi

le trouve-t-elle diffi cile de faire sa demande d’asile au Canada ? 2. Selon elle, faut-il adopter les mœurs et les coutumes de la nouvelle

société ? Pourquoi ?

3. Comment sa réaction aux nouvelles coutumes de son pays adoptif

diff ère-t-elle de celle des autres personnes à qui elle parle ? 4. Quelle est la tâche de la mère migrante selon cette auteure ? Comment

décrit-elle cette tâche ?

5. Pourquoi cette période de l’année est-elle stressante ? Quelle est

la réaction de sa fi lle à cette période de l’année ? Pourquoi y a-t-il

une diff érence d’attitude entre la mère et sa fi lle ?

D. Réagissez aux textes

1. L’auteure pose la question suivante dans son essai : « Comment faut-il

faire pour réussir facilement à intégrer des changements dans son

quotidien sans pour autant renier sa culture ? » Avez-vous une réponse

pour elle ?

2. Si vous étiez vous-même « mère migrante » ou « père migrant »

d’un(e) jeune enfant, permettriez-vous à votre enfant de participer

dans les traditions et coutumes d’une culture étrangère ? Pourquoi ou

pourquoi pas ?

3. Réfl échissez aux questions d’identité décrites dans les textes de

Morgenstern et de Sathoud. Comment les sentiments exprimés par les

écrivaines sont-ils semblables et comment se diff èrent-ils ? 4. Y a-t-il des diff érences dans les situations de la mère dans « Ma

princesse » et de Sarah dans « Sapée comme de la soupe » ? Comment

ces diff érences changent-elles la perception de l’identité et de

l’aliénation des deux femmes ?

 

1 7 1

C H A P I T R E 6

 

5. Les questions d’identité ne se limitent pas aux immigrés. Avez-vous

jamais questionné votre propre identité ? Vous êtes-vous jamais

trouvé(e) dans une situation où il fallait défendre votre identité ? Y

a-t-il eu un moment précis qui a déclenché une prise de conscience

identitaire chez vous ? Expliquez vos réponses.

 

HORS TEXTE

 

Cité-U : Le tatouage

 

se fi er – rigoler – deviner – se moquer – se faire tatouer –

 

discret/discrète – fi er/fi ère – varié(e) – farfelu(e) – original(e) –

 

un cœur brisé – une colombe – une tête de mort

 

Les mots qu’on dit

A. Associations

Dans ce podcast illustré, il s’agit du tatouage de Claire, une amie de Tom et de Pauline. Complétez le tableau suivant avec des idées pour des tatouages. Il y a quelques possibilités parmi les mots de vocabulaire, mais vous pouvez aussi utiliser vos propres mots.

 

symboles d’amour

symboles religieux

tatouages classiques

tatouages originaux ou farfelus

 

1 7 2

L’ I D E N T I T É

 

B. Synonymes

Choisissez un synonyme pour l’expression soulignée selon le contexte de la phrase.

 

1. Tu peux te fi er à moi, je te le promets ! Je ne révélerai pas ton secret ! a. me comprendre

b. me faire confi ance

c. me promettre

2. Tu t’es fait tatouer ? Ce n’est pas vrai ! Tu te moques de nous ? a. C’est une blague ?

b. Tu es fi er/fi ère ?

c. Tu es très original(e) !

3. Je vous dis la vérité ! Je ne rigole pas !

a. Je ne comprends pas.

b. C’est une blague !

c. Je suis sérieux/sérieuse.

4. Les tatouages en France sont aussi variés qu’aux États-Unis. a. discrets

b. divers

c. secrets

 

Regardez le scénarimage

C. Les images

Regardez le podcast illustré avec le son baissé. Décrivez chaque image qui passe.

 

1. ____________________________________________________. 2. ____________________________________________________. 3. ____________________________________________________. 4. ____________________________________________________. 5. ____________________________________________________. 6. ____________________________________________________.

1 7 3

C H A P I T R E 6

 

Regardez le podcast illustré

D. Vrai ou faux ?

Dites si la phrase est vraie ou fausse. Si la phrase est fausse, corrigez-la.

 

1. Pauline, Claire et Tom se retrouvent à la bibliothèque. V F 2. Claire insiste que Pauline et Tom soient discrets avec son secret. V F 3. Pauline connaît les parents de Claire. V F 4. Le tatouage de Claire se trouve sur sa cheville. V F 5. Tom devine que le tatouage de Claire est un cœur brisé. V F 6. Ensuite, Tom devine que le tatouage est un signe religieux. V F 7. Claire pense qu’il faut avoir du courage pour se faire tatouer. V F 8. Tom pense que le tatouage de Claire est très original. V F

E. Discutez

1. Avez-vous des tatouages ? Si oui, comment les avez-vous choisis ? Si non,

est-ce que les tatouages vous intéressent ? Pourquoi ou pourquoi pas ? 2. Imaginez que votre ami(e) veut se faire tatouer. Quelles questions lui

poseriez-vous ? S’il ou elle allait choisir une image qui vous déplaisait,

que feriez-vous ?

 

En septembre 2013, le ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, a

introduit une « charte de la laïcité à l’École ». Selon lui, le but de la charte

serait de rappeler aux élèves les valeurs de la République française ainsi que

de leur enseigner à se respecter et de leur permettre de vivre tous ensemble.

La bande-dessinée de Colcanopa prend comme sujet cette charte.

 

Imaginez

1. Décrivez la bande-dessinée à un(e) partenaire en notant autant

de détails que possible. Qui sont les personnages ? Où sont-ils ?

Qu’ajoute-t-on à la charte de laïcité dans le deuxième dessin ? Quelle

semble être la réaction des personnages ?

2. Quel est le ton de cette bande-dessinée ? Se moque-t-elle de la

charte ? Comment ?

1 74

L’ I D E N T I T É

 

Fig. 12. Colcanopa, Le ministre de l’éducation nationale veut voir la charte affi chée dans tous les établissements scolaires, 2013. © Colcanopa pour Le Monde.

 

3. Croyez-vous que les bandes-dessinées politiques soient effi caces ? De

quelle manière ?

4. Selon vous, quel est le moyen le plus pratique pour eff ectuer un

changement social : les manifestations, l’art politique, les lettres dans

les médias, le travail bénévole ou les dons d’argent ? Expliquez votre

réponse.

 

1 7 5

C H A P I T R E 6

 

5. Comment voudriez-vous changer le monde ? Selon vous, quel

problème est le plus pressant dans le monde aujourd’hui ? Cherchez

sur Internet un groupe francophone qui s’occupe de ce problème et

expliquez aux autres le travail du groupe et si vous trouvez que leurs

méthodes fonctionnent bien et réussissent.

 

1 7 6

C H A P I T R E

 

7

 

Les Étapes de la vie

 

Fig. 13. Auguste-Louis Lepère, Blanchisseuses / Jeunesse passe vite vertu !, 1893. The Metro-politan Museum of Art.

 

1 7 7

C H A P I T R E 7

 

Le thème du travail n’est devenu courant dans la peinture qu’au milieu du

19e siècle en France. Cette estampe de 1893 représente des blanchisseuses,

les femmes qui faisaient le travail très dur de blanchir et de repasser

le linge. Des peintres célèbres tels qu’Honoré Daumier et Edgar Degas ont

abordé le même thème ; leurs tableaux insistent sur la nature exigeante et

répétitive du travail de ces femmes, et plus généralement sur la vie diffi cile

de la classe laborieuse pendant le 19e siècle.

 

PRÉ-TEXTE

 

QUELQUES MOTS POUR STIMULER LES RÉPONSES

la naissance – la jeunesse – l’adolescence – l’âge adulte – la vieillesse –

le corps – l’esprit – l’âme – laver – sécher – repasser – blanchir –

blanchisseuse du linge – la lessive – le travail manuel –

les tâches ménagères – le ménage – quotidien(ne) – quotidiennement

 

A. L’image

1. Les deux femmes dans cette image sont blanchisseuses. Quel genre de

travail font-elles ? Quels aspects de l’image nous montrent ce travail ?

Décrivez-le.

2. Divisez l’image en trois plans : le premier plan, le deuxième plan,

l’arrière-plan. Décrivez à un(e) camarade de classe ce que vous voyez à

chaque plan du dessin.

3. La vieille femme au premier plan n’est pas entièrement dépeinte dans

l’image. Pourquoi, à votre avis ?

4. La vieille femme à gauche de l’image est en haut d’un escalier. Cette

disposition vous paraît-elle symbolique ? Expliquez.

B. Le passage du temps

1. Quels aspects de cette image refl ètent l’idée du passage ? Trouvez-en

deux ou trois.

 

1 7 8

L E S É T A P E S D E L A V I E

 

2. Comment imaginez-vous le passage du temps de l’enfance à la

vieillesse ? Est-ce un chemin linéaire, serpentin ou circulaire ? Expliquez

votre réponse.

3. Si vous deviez arrêter la vie à une étape, à quelle étape l’arrêteriez-vous :

à la jeunesse, à l’adolescence, à l’âge adulte ou à la vieillesse ? Pourquoi ?

 

Qu’en dites-vous ? : Les superstitions, la vieillesse

 

une échelle – le rationalisme – le folklore – respirer – breton(ne) –

 

redouter – s’approfondir – prendre du recul – synthétique –

 

la sagesse – rester dans son coin – une décennie –

 

déclencher – acquérir – un vœu

 

Les mots qu’on dit

C. Défi nitions

Écrivez le mot ou l’expression qui convient à chaque défi nition.

 

___________________ 1. provoquer, faire arriver ___________________ 2. philosophie qui se base sur la raison ___________________ 3. une période de dix ans ___________________ 4. ne pas sortir ___________________ 5. de la Bretagne ___________________ 6. un objet qui sert à monter ou descendre ___________________ 7. qui se rapporte à la synthèse, qui résume ___________________ 8. savoir sur la vie, clairvoyance ___________________ 9. un désir, un souhait

___________________ 10. avoir peur de, craindre ___________________ 11. procurer, obtenir

 

1 7 9

C H A P I T R E 7

 

___________________ 12. reprendre haleine, souffl er ___________________ 13. devenir plus profond ___________________ 14. considérer avec détachement, s’éloigner

pour mieux juger

___________________ 15. les croyances, les contes, les histoires, les

rites, les légendes, etc., d’une culture

 

Écoutez le podcast

D. Qui dit quoi ?

Choisissez l’interviewé(e) qui correspond au résumé donné.

 

Question 1 : Croyez-vous que les Français soient superstitieux ? Quel(le) Avez-vous des superstitions ou des peurs particulières ? interviewé(e) ?

Les Français sont rationalistes, mais je crois à la pensée 1 2 3 magique.

Je suis née un treize, alors je devrais avoir de la malchance, 1 2 3 mais je ne suis pas superstitieuse.

Ma grand-mère était très superstitieuse, mais moi je 1 2 3 questionnais ses superstitions.

 

Question 2 : Quels sont les signes qu’on vieillit ? Redoutez- Quel(le) vous la vieillesse ? interviewé(e) ?

Vieillir c’est un état d’esprit : on reste jeune si on est actif. 1 2 3

La vieillesse est magnifi que parce qu’on a de beaux 1 2 3 souvenirs, mais j’ai peur de la maladie d’Alzheimer.

Je redoute un peu la vieillesse parce que ça va limiter 1 2 3 les choses que je peux faire.

 

1 8 0

L E S É T A P E S D E L A V I E

 

Question 3 : À votre avis, à quel âge devient-on adulte ? Y a-t-il des événements, des épreuves ou des circonstances Quel(le) nécessaires pour en devenir un ? interviewé(e) ?

On est adulte quand on n’habite plus avec ses parents et 1 2 3 on commence à payer son loyer et avoir du travail.

On devient adulte quand on acquiert une maturité. 1 2 3

Les enfants posent des questions et les adultes ont des 1 2 3 réponses ; on reste enfant même quand on a 40 ans si on pose toujours des questions.

 

E. Dictée

Complétez les phrases en écoutant les réponses des interviewé(e)s.

Question 1 : Croyez-vous que les Français soient superstitieux ? Avez-vous des superstitions ou des peurs particulières ?

1. Ma ___________________ était très ___________________, elle

venait de Bretagne et il y avait ___________________ de choses à ne

pas ___________________.

2. Si j’arrive à ___________________ le pont sans ________________

—je retiens ma respiration, je ne respire pas et j’arrive de l’autre côté—

mon ___________________ va se ___________________. 3. Moi, en plus, je ___________________ de Bretagne, donc

nous avons ___________________ de superstitions qui nous

___________________ de notre tradition, de nos traditions, c’est

certain, c’est un des aspects de la ___________________ bretonne,

d’être ___________________.

 

Question 2 : Quels sont les signes qu’on vieillit ? Redoutez-vous la vieillesse ? 1. Les signes qu’on ___________________, c’est quand on ne peut plus

faire certaines choses, quand on fait des ___________________,

« ah » quand on se baisse, quand on a les ___________________ qui

deviennent blancs, gris.

 

1 8 1

C H A P I T R E 7

 

2. Maintenant, ce que j’aime pas dans la vieillesse c’est un aspect de la

vieillesse, c’est la ___________________ et la _________________,

qu’il y a dans la vieillesse, le ___________________ qui

malheureusement fait ___________________.

3. Il y a les cheveux ___________________, bien sûr, qui

___________________ à un moment ou à un autre, certainement les

___________________, des aspects ___________________.

 

Question 3 : À votre avis, à quel âge devient-on adulte ? Y a-t-il des événe-ments, des épreuves ou des circonstances nécessaires pour en devenir un ? 1. Offi ciellement en France on dit toujours que c’est vingt

ans—pas ___________________, on est toujours un

___________________—mais vingt ans, je ne sais pas pourquoi

vingt ans, probablement c’est une étape en elle-même, un

___________________ à une autre ___________________. 2. Ah, c’est ___________________ comme question, mais, c’est vrai

que... on n’a pas en ___________________ la même chose qu’en

anglais sur le « teenager », ça n’___________________ pas, le

___________________ de « teen ».

3. Je crois qu’il y a des gens qui ne sont jamais adultes et ce sont

de grands ___________________. Bon, il faut une certaine

___________________, je pense qu’on... oui, qu’on accède quand

même à une certaine ___________________ à partir du moment

où, je sais pas, on a dix-huit ans, dix-neuf ans, vingt ans, c’est le

___________________ quand même de l’âge adulte.

F. Et moi, personnellement...

1. Croyez-vous que les Américains soient superstitieux ? Avez-vous des

superstitions ou des peurs particulières ?

2. Redoutez-vous la vieillesse ? Pourquoi ou pourquoi pas ? 3. À votre avis, à quel âge devient-on adulte ? Y a-t-il des événements, des

épreuves ou des circonstances nécessaires pour en devenir un ?

 

1 8 2

L E S É T A P E S D E L A V I E

 

TEXTE

 

Mettez-vous dans l’esprit

A. Réfl échissez

1. Vous souvenez-vous d’avoir perdu les dents de lait [baby teeth] ? Y a-t-il

des traditions dans votre famille associées à cet événement ? 2. À votre avis, quels sont les premiers signes de la vieillesse ? Sont-ils

physiques ou mentaux ?

3. En français, l’expression « avoir les dents longues » veut dire « être

ambitieux » ou « être avide d’argent et d’honneurs » (www.larousse.fr).

Avez-vous les dents longues ? Expliquez votre réponse.

 

Les mots qu’on lit

 

B. Les parties du corps

Dessinez un visage. Ensuite, identifi ez les éléments du visage donnés.

les gencives

le front

les prunelles

les dents

l’œil

les lèvres

la paupière

la langue

la mâchoire

l’oreille

la bouche

la joue

le nez

C. Le rire

Voici des expressions pour parler du rire en français. Employez chaque ex-pression dans une phrase complète qui montre bien sa signifi cation.

 

1 8 3

C H A P I T R E 7

 

1. sans rire = sérieusement

____________________________________________________ 2. pour rire = à ne pas être pris au sérieux

____________________________________________________ 3. éclater de rire = commencer à rire bruyamment

____________________________________________________ 4. rire de toutes ses dents = rire intensément

____________________________________________________ 5. rire au nez de quelqu’un = se moquer de quelqu’un

____________________________________________________

 

Lisez le texte

 

« Rachilde » est le nom de plume de Marguerite Vaillette-Eymery (1860-

1953). Dans son roman le plus célèbre, Monsieur Vénus (1884), il s’agit d’une

femme noble travestie (qui s’habille en homme). Les questions du corps,

de l’identité sexuelle et de l’érotisme dominent dans son écriture. Le conte

« La Dent » est paru dans le recueil Le Démon de l’absurde en 1894.

 

La Dent

(première partie)

à Albert Samain

 

En passant par hasard dans la salle à manger, elle a vu,

1. biscuits sur un dressoir, une douzaine de croquets1 aux pistaches,

et, levant machinalement la main jusqu’au plat d’argent

qui supporte l’appétissante pyramide, elle a choisi le plus

sec, le plus glacé, avec une inexplicable gourmandise...

2. broyer = to puisqu’elle n’est pas gourmande. Tout à coup, en broyant2

break, to crush ce gâteau, elle a senti un objet dur, un petit objet bien

 

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L E S É T A P E S D E L A V I E

 

autrement dur que les pistaches, et à la même seconde

une vibration a parcouru tout son corps, une étrange

vibration qui s’en allait en spirale de ses gencives à ses

talons. Quoi ? qu’est-ce que c’est ? Elle retire cela, du

bout de ses deux ongles. Comment ! un caillou3 dans 3. pierre de

un croquet du bon faiseur petite 4 ! Elle s’approche du vitrail 5

vert pâle, derrière lequel s’étend une campagne de rêve, 4. bon faiseur dimension

toute verte et toute pâle, puis elle examine le caillou de = personne

 

très près, avec un léger souffl e 6 connue pour froid sur les cheveux. la qualité de Cela, c’est une dent ! ses travaux

L’horreur lui fauche7 les jambes ; elle tombe assise, les 5. fenêtre

prunelles dilatées. Une dent ! La sienne. Non, non, c’est 6. respiration ;

breath

impossible ! Voyons, elle aurait déjà souff ert, et elle n’a 7. faucher

jamais eu mal aux dents. Elle est encore jeune, elle a un = couper,

Continuer : partie 6 sur 11