Une Araignée appelée à régner
Chapitre 4 Les confidences de Djaro
Chapitre 4
Les confidences de Djaro
« J’ai tellement de choses à vous dire, reprit Djaro, qu’il vaut mieux que nous commencions par déjeuner. Il me sera plus facile de parler ensuite…, quand nous n’aurons plus d’oreilles indiscrètes autour de nous. »
Les quatre amis firent honneur au savoureux repas servi. Quand ils eurent fini, les laquais reparurent et emportèrent tables, chaises et vaisselle. Le prince Djaro s’assura alors que Bilkis ne restait pas à rôder dans les parages, puis il reprit ses confidences.
« Il faut avant tout que je vous dise un mot de l’histoire de la Varanie. En 1675, à la veille du couronnement du prince Paul, une révolution éclata. Le prince dut se cacher. Il trouva refuge dans la maison d’une humble famille de ménestrels… des chanteurs des rues qui gagnaient leur pain en distrayant le public.
« Au péril de leur vie, ces braves gens dissimulèrent le prince Paul dans leur grenier. Mais ses ennemis, acharnés à le poursuivre, l’auraient certainement découvert sans l’intervention d’une araignée. Cet insecte, en effet, tissa sa toile, sitôt après le passage du prince, moitié sur la porte du grenier, moitié sur le mur à côté. Il semblait ainsi que la porte en question n’avait pas été ouverte depuis longtemps. Ceux qui cherchaient le prince Paul négligèrent de regarder s’il ne se trouvait pas derrière. Cela paraissait tellement improbable ! On peut donc dire que l’araignée sauva bel et bien la vie de mon ancêtre.
« Trois jours durant, le prince Paul demeura caché dans le grenier sans boire ni manger. En effet, les ménestrels ne pouvaient lui faire passer de la nourriture sans ouvrir la porte. Et ils ne l’osaient pas, par crainte de détruire la toile. Que serait-il arrivé, alors, si une nouvelle perquisition avait eu lieu ? Puis le danger parut s’éloigner un peu. Le prince Paul se glissa hors de sa cachette et fit retentir la grosse cloche pour alerter ses fidèles et les inciter à chasser les rebelles.
« Plus tard, lors de son accession au trône, le prince Paul arbora, au bout d’une chaîne qu’il portait au cou, un emblème spécialement créé pour lui par le meilleur orfèvre de la Varanie : une petite araignée d’argent ! L’araignée de Varanie devint mascotte nationale en même temps que le symbole de la famille régnante. En outre, un décret stipula que, désormais, aucun prince ne serait couronné sans porter à son cou l’araignée d’argent du prince Paul.
« Depuis ce jour, l’araignée est considérée dans notre pays comme un véritable porte-bonheur. Les ménagères sont contentes quand une de ces bestioles tisse sa toile chez elles. Personne ne songe à détruire les toiles et personne, non plus, ne fait jamais volontairement de mal aux araignées.
— Eh bien, s’exclama Peter, je ne vois pas ma mère s’établissant en Varanie ! Elle ne peut pas souffrir les araignées. Elle estime que ce sont des animaux sales et venimeux.
— Elle a tort ! coupa Hannibal. Au contraire, les araignées sont des insectes très propres, qui se nettoient très souvent comme les petits chats. Et s’il est exact qu’une araignée comme la « veuve noire » est venimeuse, elle ne mord guère que quand on l’y incite. Même les grosses araignées comme les tarentules ne sont pas aussi redoutables que la plupart des gens se plaisent à l’affirmer. Il est prouvé qu’il faut longuement exciter l’animal avant qu’il ne se décide à piquer. La plupart des araignées, surtout en Europe, sont des bêtes inoffensives et même très utiles car elles détruisent beaucoup d’insectes nuisibles.
— Tout à fait exact, approuva le prince Djaro. Ici, en Varanie, on ne trouve aucune espèce d’araignées venimeuses. Celle que nous appelons araignée du prince Paul est de loin la plus grosse mais elle est parfaitement inoffensive. Noire avec des points d’or, elle construit généralement sa toile à l’extérieur, mais parfois aussi dans les maisons. La toile que vous avez failli détruire, Bob, est celle d’une de ces bestioles. Elle m’apparaît comme un signe de bon augure. Elle me dit que vous êtes venus m’aider au sein de mes difficultés actuelles.
— Dans ces conditions, je suis content que vous ayez arrêté mon geste, dit Bob. Mais vos difficultés… peut-on les connaître ? »
Djaro hésita.
« Personne n’est encore au courant, que moi… murmura-t-il. Et, à ce que je crois, le duc Stefan… Voyez-vous, quand un nouveau prince de Varanie monte sur le trône, la tradition exige qu’il porte l’araignée d’argent du prince Paul au moment de son couronnement. C’est ainsi que, dans quinze jours, lors de la cérémonie qui fera de moi le maître de mon pays, je dois porter ce bijou autour du cou. Or… cela me sera impossible.
— Impossible ! s’exclama Peter. Et pourquoi ?
— Je parie qu’elle a été volée, suggéra Hannibal. Est-ce que je me trompe, Djaro ? »
Le prince acquiesça du chef :
« Oui, dit-il. Elle a été volée ! Et l’on a mis une imitation à la place. Mais cette fausse araignée ne me sera d’aucune utilité. Et si je ne retrouve pas la vraie au plus tôt, je ne pourrai être couronné comme prévu. Il y aura une enquête. Cela causera un scandale. Et, dans ce cas… non, je préfère ne pas envisager cette terrible hypothèse ! »
Il soupira avant d’ajouter :
« Je sais bien que tout cela doit vous sembler ridicule. Tant d’histoires pour un petit bijou ! Mais pour nous, Varaniens, l’araignée d’argent a autant de prix que les bijoux de la couronne pour les Anglais. Autant de prix… et même davantage car c’est l’emblème de la famille régnante. Personne, en Varanie, n’est autorisé à porter une araignée semblable… sauf, bien entendu, les personnages que l’on a décorés de l’ordre de l'Araignée d’argent, c’est-à-dire quelques-uns parmi les plus hauts dignitaires.
« Nous ne sommes qu’un petit peuple, mais nos traditions sont anciennes, et nous nous y accrochons dans une époque essentiellement mouvante. Peut-être cela signifie-t-il un refus de changer avec le reste du monde… Vous êtes des détectives. Mais vous êtes aussi mes amis. Pensez-vous pouvoir me retrouver la véritable araignée d’argent ? »
Hannibal se mordilla les lèvres d’un air songeur.
« Je ne sais pas, Djaro, répondit-il. L’araignée d’argent est-elle grandeur nature ?
— Oui ! Exactement.
— Elle est donc très petite. On a pu la cacher n’importe où. Peut-être même a-t-elle été détruite ?
— Je ne le pense pas, dit Djaro. Je suis même certain du contraire. Elle a trop d’importance. En revanche, vous avez raison de dire qu’elle peut être dissimulée n’importe où. Cependant, si quelqu’un la cache, il doit se montrer très prudent. Si on trouve l’araignée en sa possession, c’est la mort pour lui ! Même si le voleur est le duc Stefan ! »
Ici, Djaro prit une longue inspiration avant de poursuivre :
« Voilà ! Je vous ai tout dit. J’ignore de quelle manière vous pourrez m’aider mais je souhaite que vous le puissiez ! Lorsque quelqu’un m’a suggéré que je fasse venir mes amis américains pour mon couronnement, j’ai sauté sur l'occasion. Outre l’amitié que j’ai pour vous, j'attendais beaucoup de votre venue. Et vous voilà sur place. Personne ne sait que vous êtes détectives et vous devez soigneusement le cacher. Quoi que vous fassiez… agissez toujours comme de jeunes Américains insouciants… Voyons, qu’en pensez-vous ? Pouvez-vous m’aider ?
— Je ne sais pas, répéta Hannibal. Retrouver une petite araignée d’argent qui peut se dissimuler n’importe où ne sera pas chose facile. Mais nous pouvons toujours essayer. Pour commencer, je crois que nous devrions voir l’endroit où on l’a volée et aussi à quoi elle ressemble. Vous dites qu’on a mis une fausse araignée à la place ?
— Oui, une très bonne imitation. Venez. Je vais vous conduire. La copie se trouve dans la salle des reliques. »
Les trois détectives empoignèrent leurs appareils photographiques et suivirent Djaro le long d’un corridor dallé. Un escalier tournant les mena à un couloir en sous-sol. Les murs, le plafond et le sol étaient de pierre.
« Ce palais a été construit voici près de trois cents ans, expliqua Djaro. Les fondations et une partie des murs sont ceux d’un château beaucoup plus ancien qui existait autrefois à cet endroit. Le palais actuel comprend des douzaines de salles vides… En fait, jamais personne ne se risque aux étages supérieurs ! La Varanie n’est pas un pays très riche. Nous n’avons pas les moyens de rétribuer l’armée de domestiques que réclame l’entretien complet du palais. En outre, il n’y a de chauffage que dans les pièces qui ont été modernisées. Et vous nous voyez vivre dans des chambres sans feu ! »
Hannibal, Bob et Peter frissonnèrent. Ils comprenaient fort bien. On était au mois d’août mais, à l’intérieur du palais, il faisait presque frisquet !
« Il subsiste encore des caves et des oubliettes de l’ancien château, reprit Djaro en descendant une nouvelle volée de marches. Il y a aussi des passages secrets et des escaliers dérobés dont nous avons oublié l’emplacement. Je suis certain que je me perdrais si je m’avisais de parcourir les parties du palais qui me sont peu familières. »
Il se mit à rire :
« Vous savez, ce serait un endroit idéal pour tourner un film d’épouvante, avec fantômes et portes dérobées. Il est vrai que nous n’avons pas de fantômes… Oh !… Voici le duc Stefan ! »
Un homme de haute taille venait de surgir à l’extrémité du couloir qu’ils suivaient et s’avançait à leur rencontre. Arrivé à leur hauteur, il s’arrêta et fit une petite courbette à Djaro.
« Bonjour, Djaro, dit-il. Voici, j’imagine, vos jeunes amis américains ? »
Il n’y avait dans sa voix pas la moindre chaleur. Lui-même était droit comme une hallebarde. Son nez en bec d’aigle, pas plus que sa moustache noire, ne l’avantageait.
« Bonjour, duc ! Ce sont mes amis, en effet. Permettez-moi de vous les présenter : Hannibal Jones, Peter Crentch et Bob Andy. »
Le régent salua de la tête. Son regard perçant examinait les garçons avec la plus extrême attention.
« Soyez les bienvenus en Varanie, jeunes gens, dit-il de sa voix glaciale. Êtes-vous en train de visiter le château ?
— Je vais leur faire voir la salle des reliques, dit Djaro. L’histoire de la Varanie les intéresse… Bob, Peter, Hannibal, je vous présente le duc Stefan, régent de Varanie… C’est lui qui dirige le pays depuis la mort de mon père…
— Et en votre nom, prince, ajouta vivement le duc Stefan. Et aussi, je l’espère, à votre convenance… Voyons ! Je vais vous accompagner. Il est bien naturel que j’escorte vos invités.
— J’en suis charmé, répondit Djaro (très contrarié au fond, ainsi que les détectives le devinèrent). Cependant, je ne voudrais pas vous faire perdre un temps précieux. N’avez-vous pas une réunion du conseil à présider ce matin ?
— C’est exact. Il s’agit de fixer les derniers détails de la cérémonie du couronnement qui fera de vous le maître de la Varanie d’ici à deux semaines… Mais je peux vous consacrer quelques minutes, cependant ! »
Djaro ne répondit rien cette fois. Le régent emboîta le pas à la petite troupe. On arriva bientôt au bout du corridor, pour déboucher dans une immense salle très haute de plafond. Les murs étaient couverts de tableaux. On circulait parmi un nombre considérable de vitrines qui contenaient de vieux drapeaux, des boucliers, des médailles, des livres anciens et maintes autres reliques. Chaque pièce de cette magnifique collection portait une étiquette explicative.
Les jeunes Américains avisèrent une vitrine où se trouvait exposée une épée brisée. Le bristol accompagnant l’arme expliquait que c’était là la glorieuse épée du prince Paul : celle qui l’avait aidé à combattre ses ennemis en 1675.
« Dans cette salle, déclara le duc Stefan, se trouve en quelque sorte résumée l’histoire de notre nation. Mais nous ne sommes qu’un petit État et sans doute allez-vous nous trouver bien démodés en comparaison de votre pays.
— Certainement pas, monsieur, affirma Hannibal poliment. D’après le peu que j’ai vu de la Varanie, elle me semble au contraire un pays fort intéressant.
— La plupart de vos compatriotes estiment que nous manquons d’esprit pratique et que nous sommes imperméables au progrès. Je ne pense pas cependant que notre façon de vivre, un peu rétrograde, soit une gêne pour personne. Et maintenant il faut que vous m’excusiez. J’ai cette réunion du conseil à présider… »
Le régent fit demi-tour et s’éloigna. Bob laissa échapper un petit soupir de soulagement.
« Nous ne lui sommes pas sympathiques, c’est visible, murmura-t-il.
— C’est parce que vous êtes mes amis, expliqua Djaro. Il ne veut que je me lie d’amitié avec personne. Il ne peut supporter que je me dresse contre lui et parle haut, ainsi que je le fais depuis mon voyage aux États-Unis. Mais oublions-le ! Regardez ! Voici un portrait en pied du prince Paul ! »
Il désignait aux trois garçons une peinture pleine de vie représentant un homme de fière allure, vêtu d’un uniforme rouge à boutons dorés. Le prince Paul s’appuyait sur une épée dont la pointe reposait sur le sol. Son visage était noble, avec un regard d’aigle. Dans sa main droite, tendue et ouverte, reposait une araignée, accrochée à une chaîne d’argent.
Bob, Peter et Hannibal se penchèrent en avant pour mieux la voir. Elle était vraiment très jolie, avec un corps de velours noir piqueté d’or.
« Je vous présente mon ancêtre, dit Djaro avec fierté. Paul le Conquérant ! Et voici l’effigie de l’araignée qui lui a sauvé la vie ! »
Les trois détectives étaient toujours plantés devant le portrait du prince Paul quand ils entendirent soudain, derrière eux, monter un bruit de voix. Des gens venaient d’entrer dans la salle des reliques. Certains parlaient anglais. Les garçons se retournèrent. La petite foule qu’ils aperçurent était manifestement composée de touristes. Tous portaient des appareils photographiques ou avaient un guide a la main.
Deux gardes du palais, tenant une hallebarde, étaient debout à l’entrée de la salle, surveillant les nouveaux venus.
Un couple d’Américains un homme de forte corpulence et sa femme se postèrent tout près de Djaro et de ses amis.
« Pouah ! s’exclama la femme. Regarde cette affreuse araignée !
— Chut, dit l’homme. Tais-toi. J’espère que personne ne t’a entendue. Les gens d’ici considèrent presque les araignées comme sacrées. Ce sont des mascottes à leurs yeux.
— Ça m’est égal, affirma la femme avec entêtement. Si j’en trouve une sur mon chemin, je l’écraserai ! »
Les yeux de Djaro étincelèrent. Peter et Bob sourirent. Puis le prince entraîna ses compagnons jusqu’à une porte où se tenait en sentinelle un troisième garde.
« Je désire entrer, sergent », dit Djaro.
Le soldat présenta les armes et s’effaça.
« Très bien, Votre Altesse ! »
Djaro tira une clef de sa poche, l’introduisit dans la serrure et ouvrit la porte. Au-delà se trouvait une antichambre. Après l’avoir traversée, ses amis sur ses talons, Djaro s’arrêta devant une nouvelle porte, fermée par une serrure à combinaison. Le prince l’ouvrit. Les jeunes Américains se trouvèrent alors en présence d’une sorte de herse de fer. Quand Djaro l’eut relevée, les quatre compagnons pénétrèrent enfin dans une petite pièce carrée, assez semblable à une chambre forte de banque.
Tout contre le mur du fond on apercevait des vitrines contenant les bijoux de la couronne : la couronne elle-même, un sceptre et plusieurs colliers et bagues de prix.
« Pour la reine… quand il y aura une reine, expliqua Djaro en désignant les colliers et les bagues. Nos trésors, vous le voyez, sont maigres. Nous ne sommes pas riches. Mais nous les gardons bien, ainsi que vous pouvez le constater. Venez, voici ce que je veux vous montrer… »
Il conduisit les trois détectives à une vitrine qui se dressait seule au centre de la pièce. À l’intérieur, sur un coussin de velours, reposait une araignée accrochée à une chaîne d’argent. Elle était exactement semblable à une araignée véritable.
« Elle est en argent émaillé, expliqua encore Djaro. Vous pensiez qu’elle était seulement en argent ? Non, c’est un petit chef-d’œuvre. Le dessus du corps est en émail noir avec des points d’or incrustés. Les yeux sont constitués par deux minuscules rubis. Le bijou que vous voyez ici est très beau… Mais ce n’est pas l’araignée authentique de Varanie. La vraie est encore plus minutieusement ciselée ! »
L’araignée qu’ils avaient sous les yeux semblait déjà merveilleuse à Bob, Peter et Hannibal. Cependant, ils crurent Djaro sur parole. Ils examinèrent le joyau sous tous ses angles afin de reconnaître l’araignée du prince Paul s’ils venaient à la découvrir.
« C’est la semaine dernière qu’on l’a volée, précisa Djaro, pour mettre celle-ci à sa place. Je ne soupçonne qu’une seule personne : le duc Stefan. Hélas ! Je ne puis accuser sans preuves. La situation est très délicate du point de vue politique. Tous les membres du Conseil Suprême sont des créatures de Stefan. Jusqu’à mon couronnement, je ne possède qu’un pouvoir limité… et ces gens-là souhaitent que je ne sois jamais couronné. Le vol de l’araignée de Varanie est le premier acte destiné à m’écarter du trône !… Je ne veux pas vous ennuyer avec des détails oiseux… et il est temps que je vous quitte. J’ai moi-même un conseil à présider… Mais j’ai veillé à vous procurer une voiture avec chauffeur. Ainsi, vous pourrez visiter la ville. Je vous reverrai ce soir, après dîner, et nous parlerons encore… »
Les quatre amis sortirent de la pièce. Djaro referma toutes les portes derrière lui… Un instant plus tard, le prince prenait congé de ses compagnons après leur avoir montré, par la fenêtre, la voiture qui les attendait.
« Le nom de votre chauffeur est Rudy, dit-il. C’est un de mes plus loyaux sujets. J’aimerais bien aller avec vous, ajouta-t-il en soupirant, mais cela m’est impossible. Le métier de prince n’est pas toujours drôle. Allons, amusez-vous bien et à ce soir ! »
Il s’éloigna rapidement. Bob hocha la tête :
« Qu’en penses-tu, Babal ? demanda-t-il. Crois-tu que nous puissions retrouver l’araignée de Varanie ? »
Hannibal soupira encore plus fort que Djaro la minute d’avant :
« Si nous mettons jamais la main dessus, avoua-t-il, ce sera une rude chance ! »
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