Au bout des docks
Chapitre 4
Farissey se réveilla à huit heures moins le quart et prit soin de ne pas déranger Victoria. Trois jours s’étaient écoulés depuis le meurtre. Il alluma une Park Drive et se servit une double vodka qu’il but dans son bain. Il prit une douche, se rasa, se servit une autre double vodka qu’il mélangea avec du tonic pour l’avaler plus facilement. Il but en s’habillant. Il acheva de se raser, brossa son costume noir et mit une cravate. Il se rafraîchit l’haleine avec deux sprays différents, et prit vingt milligrammes d’éphédrine pour compenser l’effet des vingt milligrammes de Valium qu’il avait ingurgités la veille au soir. Puis il prépara quatre doses de vodka mélangée à du tonic dans une bouteille en plastique qu’il cacha derrière la chasse d’eau des toilettes à l’étage. Il descendit l’étroit escalier et ouvrit la pharmacie. Il mit un flacon de spray pour l’haleine dans un tiroir, prépara deux tasses de café et attendit l’arrivée de son assistante. En tant que propriétaire de la pharmacie de Butetown, il avait accompli ces gestes pendant plus de dix ans. Et personne n’avait remarqué chez lui une quelconque déchéance. C’était impossible. Il savait que son corps le lâcherait bien avant son esprit.
Il se consacra à ses comptes et répondit à des clients qui lui demandaient si tel médicament était compatible avec tel autre. Il se rendit dans le magasin pour examiner quelques blessures superficielles, et des irritations de la peau dues à certaines lotions ou pommades. Une femme entra, qui avait une conjonctivite, puis un adolescent qui perdait ses ongles.
Il y avait du monde à la pharmacie ce matin-là. Des vieillards, hommes et femmes dans leurs gros manteaux, qui parlaient du meurtre. Peu importe la vie qu’elle menait, ce n’était qu’une jeune fille, pas plus et – qui sait ? – si elle avait eu les parents qu’il fallait ou le je ne sais quoi qu’il fallait, elle aurait peut-être un enfant à l’heure qu’il était, et puis qui était capable de faire une chose pareille ? Même des loups ne feraient pas ça à leurs semblables. Et ils continuaient comme ça, sans arrêt, de leurs voix stridentes, criardes, comme des pies.
Farissey s’apprêtait à leur dire d’aller bavarder ailleurs lorsqu’un gros homme entra en proie à une grave crise d’angoisse. Farissey lui prit le pouls et la tension. Il lui administra quinze milligrammes de diazépam en intraveineuse et appela un médecin remplaçant. Le Valium n’allégea que très légèrement son angoisse. Le médecin fit en sorte que le patient soit reçu dans un hôpital psychiatrique. Farissey observait tout cela avec un profond agacement. Il suggéra au médecin que cette crise d’angoisse était peut-être due à un dysfonctionnement coronarien. À onze heures, il sentit sa concentration se relâcher. Il monta à l’étage et but la vodka qu’il s’était préparée dans les toilettes. Il se rafraîchit l’haleine avec le spray. Il lui avait fallu moins de trois minutes pour accomplir tous ces gestes.
Au cours de l’après-midi, sa préparatrice lui fit passer une ordonnance pour du Lorazepam. Le mélange Lorazepam-Ativan était un envahisseur, expliqua-t-il à son assistante. Il n’y avait rien de pire comme accoutumance. Le corps gardait la mémoire génétique de l’héroïne et de l’alcool, obtenus à partir du pavot, des céréales ou de la vigne. Ce souvenir rendait la sensation de manque pénible, mais familière, moins intense et en accord avec les rythmes de la nature. Il prépara néanmoins l’ordonnance, et conseilla au client de demander à son médecin traitant s’il n’y avait pas d’autre traitement.
Un peu plus tard dans l’après-midi son humeur s’assombrit. La grisaille de la journée avait fini par le gagner. Il se mit à faire l’inventaire, mécaniquement, sans y réfléchir. À la fin de la journée, il avait regagné son enthousiasme et se sentait soulagé.
Il se posta devant la fenêtre de son appartement. Il sentit qu’il allait se mettre à trembler d’un moment à l’autre. Des doigts de gel qui couraient sur son cerveau, son cou et ses bras. Il n’avait plus de tonic et il lui fallait ces bulles pour que l’alcool lui monte plus rapidement à la tête. Il prit trois doigts de vodka suivis d’une bière. Il alla devant la fenêtre de la cuisine et attendit que tout son être retrouve son calme. Le souvenir du sang, du chaos et des cris essaya de s’imposer à nouveau à lui. Il se rendit dans la grande pièce et alluma une cigarette. Une voiture de police s’arrêta devant l’entrée de la pharmacie. Farissey était déjà en bas quand il entendit trois coups puissants frappés à la porte.
Il ouvrit et se retrouva face à deux policiers en civil. Il reconnut l’un d’eux, l’inspecteur Loudon Hargest, un géant d’environ cinquante-cinq ans qui donnait toujours l’impression de mal contenir une terrible fureur. La peau épaisse de son visage était parsemée de cratères, ses yeux étaient animés d’un regard intelligent. Hargest menait sa croisade contre Carl Baja depuis plus de dix ans, et se considérait comme un rationaliste qui ne prenait rien à cœur. Mais tout Butetown savait que Hargest faisait de chaque chose une affaire personnelle. Comme une sèche, il changeait de couleur en fonction de ses émotions.
Hargest voulait des informations sur les clients de la pharmacie : les paranoïaques, les schizophrènes. Comme Farissey se réfugiait derrière le secret médical, le visage rouge de Hargest devint écarlate, le bleu clair de son col de chemise devint bleu royal avec la transpiration. Le policier garda le silence quelques instants et grinça des dents.
Hargest demanda la permission d’inspecter l’appartement de Farissey. Il se rendit à la fenêtre du salon qui donnait sur la partie est de Bute Street. Il regarda dans les caisses en carton qui avaient contenu les produits présentés en vitrine. Hargest remarqua la table en bois.
« Pas très pratique, non ? » dit-il en mettant le doigt sur un des nombreux trous.
« Elle appartenait à mon père. »
Hargest voulait jeter un coup d’œil dans la cuisine. L’autre policier entra dans la chambre à coucher, il se mit à ouvrir les tiroirs et fit tinter les cintres dans la garde-robe. Hargest inspecta le four et ouvrit la machine à laver qui était vide. À travers la porte de la cuisine, ils observèrent l’appartement sur Angelina Street où avait eu lieu le meurtre. La boutique des bookmakers en dessous avait été fermée jusqu’à la fin de l’enquête de la police scientifique.
Farissey regarda la porte de l’appartement et essaya de voir ce que cette écolière avait vu. Un bulletin à la radio à l’heure du déjeuner avait annoncé qu’elle s’était réveillée avec des maux d’estomac et qu’elle avait vu un homme d’une trentaine d’années recroquevillé dans l’allée derrière la boutique. Il avait des cheveux filasse, avait-elle dit, et il était emmitouflé dans un duffel-coat noir. Farissey avait vu cette épave humaine, pliée en deux, essayant de sécher ses mains moites de sang. Était-il possible que Farissey lui-même l’ait vu ? Cet être abattu, en état de choc, effondré ? Ou n’était-ce qu’un vœu pieux ? Une image qui n’aurait servi qu’à son rachat ?
« Vous n’avez rien vu samedi dernier ?
— Je n’étais pas là, j’ai passé la nuit chez des amis.
— Tiens donc, quel dommage. Avec une vue comme celle-ci, vous n’auriez rien raté. Ici, dans le noir, un verre à la main, à tout boire des yeux. »
Hargest prit son nom et son adresse.
« Vous connaissez JD de toute manière, protesta Farissey.
— Je le connais ? Vraiment ? Et vous, vous le connaissez ? Dans ce putain de métier, je me demande parfois si les gens se connaissent eux-mêmes. »
Farissey sentit une odeur lourde de sueur qui pesait sur l’atmosphère. Hargest, lui, aurait senti autre chose. La viande digérée donnait à Farissey une haleine parfumée à la poire, qui s’exhalait maintenant dans une colonne de fumée.
« Et Jess Simmonds ? Il vous dépose ses ordonnances ?
— Je serais étonné s’il était allé chez le médecin ne serait-ce qu’une fois dans sa vie », répondit Farissey. Il regarda Hargest, ses cent vingt kilos, son cou énorme, sa poitrine de géant. Il lui apparaissait comme une bête tendue, en danger, une bête qui dans son être primitif exprimait en silence toutes sortes de messages. C’était toujours un choc de voir un homme aussi puissant rongé par la nervosité, c’était presque poignant.
« Vous avez vu nos frères basanés à l’Avondale ? »
Hargest s’approcha de lui et le domina de toute sa hauteur. Farissey n’avait pas l’habitude de se sentir petit, mais Hargest faisait un mètre quatre-vingt-quinze, cent vingt kilos de muscle, un cou tellement large qu’il aurait été impossible de l’étrangler.
« Les frères Baja ? » fit Hargest en insistant, comme Farissey feignait l’incompréhension.
« Non, répondit Farissey, quelqu’un a dit que Carl faisait les entrées au Casablanca.
— Qu’est-ce que vous pensez de Carl Baja ? »
Farissey marqua une pause, alluma une autre Park Drive avec son Zippo.
« Il me faisait peur quand on était à l’école. On avait tous peur de lui. À quatorze ans, il faisait déjà plus d’un mètre quatre-vingt et il était bâti comme un boxeur. Il était encore plus effrayant que Sonny Liston au temps de sa gloire. Trop gros et trop lourd pour être Tyson. Ce même air impressionnant et las à la fois, qu’avait Liston. Mais malgré tout ça, Carl avait une sorte de sensibilité, de compassion.
— De compassion ?
— Oui, absolument. »
Quand ils étaient tous deux adolescents, Farissey avait vu Carl Baja dans l’église de St Cuthbert. Il était agenouillé dans l’église déserte comme une bête immobile, les mains jointes, comme en prière.
« Vous pensez qu’il a pu tuer cette prostituée ?
— Si ça avait été un dealer ou un propriétaire de boîte de nuit, j’aurais dit “peut-être”, mais je ne le vois pas tuer une femme.
— Un jour, vous changerez peut-être d’avis, fit Hargest tandis qu’une étrange douceur imprégnait sa voix. Il faudra qu’on vous interroge officiellement pendant la semaine. Servez-vous de votre mémoire. Les gens disent que vous vous souvenez de tout. C’est souvent le cas des ivrognes intelligents comme vous. »
En sortant, Hargest leva les yeux vers les photos de boxeurs qui ornaient les murs : « Tommy Fart, Jack Dempsey, Jimmy Driscoll. »
« Ces photos appartenaient à mon père.
— Tous morts, mais quelles histoires elles pourraient raconter, hein ! Des histoires de courage, de peur, de lâcheté, de combats truqués, qui sait ? Je m’en souviens du temps du House of Blazes. C’était là qu’on allait boire des coups dans les années cinquante, JD et moi, à notre retour de Corée. Vous n’étiez qu’un bébé à l’époque. Il était bien, le bar de votre père. Dommage qu’il ne s’occupait pas aussi bien de lui-même. »
Hargest lui adressa un regard que Farissey n’arriva pas à déchiffrer, entre la sollicitude, la menace et quelque chose de plus encore.
« Oh, à propos ! ajouta-t-il, nous allons hypnotiser la prostituée qui a trouvé le corps. Vous la connaissez, Lida Varaillon. Elle a droit à un témoin. Vous êtes la seule personne respectable qu’elle connaît. J’imagine que vous n’allez pas refuser.
— J’imagine que non.
— Et j’imagine aussi que vous ne verrez aucune objection à être hypnotisé vous-même.
— Sans doute pas. »
Farissey resta en haut des escaliers pendant que les deux policiers repartaient. Au moment de sortir, Hargest lui demanda s’il voulait un témoin. Farissey haussa les épaules, secoua la tête, sourit. Il retourna dans la cuisine, se servit une vodka et ouvrit une bouteille de bière.
À travers la fenêtre de la cuisine, il vit Jess Simmonds appuyé contre l’escalier de la sortie de secours. Il portait une chemise à fleurs et une veste de motard. Ses cheveux blonds tombaient avec souplesse sur ses épaules. Ses yeux étaient animés d’un rire moqueur. Farissey songea à ce tableau de Rossetti : amants sur le pont face à leur double. L’ombre d’eux-mêmes.
« Alors ? demanda Jess tandis que Farissey s’aventurait vers lui.
— Il va venir te rendre une petite visite. Rien d’officiel au début. Puis ce sera les entretiens au commissariat. Il va m’hypnotiser. Mais j’ai bien répété mon histoire. On a un peu bu, pas de drogues, tout le monde se sentait bien sans pour autant être soûl. Tu ferais mieux de nettoyer un peu ton appartement. Mais laisse quand même quelques traces de saleté, sinon il va croire que tu te fous de lui.
— C’est facile pour toi, Jack.
— C’est parce que je suis dans la légalité, pas toi. On fait tous des choix, Jess.
— Vas-y ! Joue-moi le jeu du bon citoyen. Tu sais bien que je n’avais pas vraiment le choix quand on était à l’école. »
Jess plongea la main dans la poche intérieure de sa veste en cuir. Il en sortit une pipe à haschich mauve et blanche. Il en avait une vingtaine qu’il avait collectionnée au cours de ses voyages. Il l’alluma avec un sourire carnassier, la tendit à Farissey. Farissey le regarda avec une impatience de plomb.
« Et alors ? On est de nouveau liés toi et moi, Jack. Comme au bon vieux temps.
— Tu devrais y aller. Il est préférable qu’on nous voit pas ensemble », dit Farissey en se penchant à la fenêtre. Il tenait son verre de vodka comme une arme. Il éprouva le désir pervers d’écraser le verre dans sa main et de présenter à Jess un tableau de mutilation, une serre de rapace couverte de sang.
« Tout à fait, Jack, mais demande-toi quand même qui en sait le plus sur le dimanche de Pâques. »
Jess descendit l’escalier de secours d’un pas chaloupé. Sa démarche était féline, comme si le monde entier observait chacun de ses mouvements. Farissey savait qu’il bluffait. Mais il savait aussi que ses projets étaient plus sombres et plus mystérieux que la loi ou même qu’une simple vengeance.
Farissey continua à regarder l’escalier de secours longtemps après le départ de Jess. Des sensations oubliées le submergèrent, des souvenirs qui ressembleraient au crépuscule sur le canal, le jour où Jess et lui s’étaient percé les oreilles avec une aiguille puis avaient appliqué de l’alcool sur leurs plaies avec un bout de coton. Ils n’avaient pas plus de quinze ans. Peu de temps après que Jess se fut mis à ramasser les verres et à les laver au House of Blazes. Jess faisait toutes sortes de petits boulots. Il aidait sa mère à l’aquarium de Butetown, livrait les journaux, donnait parfois un coup de main à des maçons ou des peintres, il faisait des commissions pour les bookmakers. Il séchait l’école pour travailler sur un remorqueur trois jours par semaine. Sa sœur aidait sa mère, elle travaillait à la pièce chaque fois que c’était possible. Ensemble, le frère et la sœur distribuaient des tickets de loterie le soir.
On avait compris à Butetown que le père de Jess ne nourrissait pas sa famille et on en avait eu la confirmation quand il était parti quelques mois plus tard. Personne n’avait remarqué alors qu’il était étrange que Jess retourne à l’école juste à ce moment-là. Sa sœur arrêta de travailler, Jess renonça à ses petits boulots et à son emploi sur le remorqueur. Ce fut le sentiment de la perte qui rapprocha les deux garçons quand le père de Farissey mourut d’une cirrhose du foie peu de temps après.
Ils vivaient avec une intensité insouciante, unis par un contrat adolescent tacite et rebelle. Pendant des heures, ils jouaient au flipper dans des cafés obscurs comme des fantômes en armes. Ils voyaient passer le crépuscule sur les bords du canal du Glamorganshire, buvaient des bouteilles de Brains Dark dans la lumière incertaine de l’aquarium. Ils communiquaient avec une telle intensité que leurs conversations se firent rares. C’était comme s’ils se fondaient en un seul être. Quand il entendait la voix de Jess, Farissey éprouvait la même gêne que lorsqu’il entendait sa propre voix sur une cassette.
Parfois il essayait d’échapper à l’influence de Jess, mais il était toujours retenu. Il savait qu’ils étaient liés au-delà du bien et du mal, au-delà du besoin et du désir. Même dans la haine, ils étaient frères.
La haine avait tissé des liens entre eux en prenant la forme des gangs qui s’étaient développés dans les années soixante lorsque les promoteurs avaient vidé les docks. Conçues par des yeux qui n’avaient jamais vu au-delà des livres, des banlieues, des cartes, des consignes ministérielles et des thèses sociologiques, les cités étaient apparues comme des oiseaux fabuleux et grotesques prenant leur envol d’entre les pages des encyclopédies. Chacune d’entre elles nourrissait son armée de désespérés qui faisaient des pèlerinages nocturnes pour incendier les magasins et casser les vitrines lorsque leur minable arsenal de couteaux à cran d’arrêt, de bombes incendiaires à deux sous et de poings américains ne pouvait pas être utilisé contre d’autres gangs. Mais le gang des docks régnait sur tous les autres et, leurs familles ayant survécu aux démolitions et aux nouveaux logements, Farissey et Jess décidèrent d’y entrer, attirés par la promesse d’obtenir des drogues et des filles. Ils se rendirent vite compte, quand tout ne devint plus qu’un mélange d’ennui et de peur, qu’il était impossible d’en sortir.
« Une fois que tu rentres dans notre gang, tu ne peux plus en sortir », leur avait dit Carl Baja. Farissey et Jess vécurent alors dans une terreur intérieure et extérieure jusqu’à ce que la mort de trois membres, un été, entraîne la fin momentanée et la dispersion de l’armée de Butetown forte de cent dix soldats. Les deux amis échappèrent à un monde qui les aurait détruits, aurait entraîné leur renvoi de l’école, et les aurait acculés à faire l’apprentissage du crime et du chômage.
Devenus adultes, ils se rappelaient ces moments de violence avec une sombre nostalgie : quand ils avaient cogné la tête d’un motard quarante fois contre le sol goudronné d’un square avant que les frères Roath ne l’emmènent dans une impasse pour lui donner des coups de pied et l’abandonner, à moitié mort. Et Carl Baja qui avait énucléé ce skinhead avec un tesson de bouteille de lait. Lorsqu’une autre humeur les prenait, ils évoquaient les amours désespérées et fragiles qu’ils avaient trouvées sur les ruines de ces soirées. Trop d’images à partager, trop de vieilles cartes postales du passé, trop de visages qu’on oubliait pendant la journée, mais qui revenaient dans leurs rêves et leurs délires psychédéliques comme des marionnettes à fils pour libérer leurs âmes.
Les pensées de Farissey le ramenèrent à l’irréalité du présent. Il mit son manteau noir et vérifia à nouveau qu’il n’y avait pas de taches sur le col. Il descendit à la pharmacie et régla quelques affaires. Comme il remontait Bute Street vers les bars de la ville, une pile de journaux sous le bras, il se demanda si cette rivalité qui les liait, Jess et lui, n’était pas la seule chose qui leur appartînt.
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