Au pied du sapin
Chapitre 9
— Tu es sûr que tu n’as pas envie d’aller skier ? demanda Cole, lové dans le canapé auprès de Daniel. Je ne voudrais pas que tu rates ça à cause de moi.
Le réveillon était nuageux et la neige tombait dru. Cole était parfaitement bien là où il se trouvait, mais il se sentait coupable. Lui et son fichu bras cassé empêchaient Daniel de profiter du grand air de la montagne.
Ils avaient passé deux jours à baiser comme des lapins, expérimentant toutes les positions du Kamasutra qui leur étaient accessibles vu son état. Son cul le lançait agréablement et sa mâchoire était légèrement courbaturée d’avoir sucé Daniel intensivement dans la matinée, refusant de le laisser jouir avant qu’il ne se mette à le supplier si joliment.
— Je n’ai jamais fait de ski de ma vie, répondit Daniel. Si je m’y essaie, je risque de terminer avec un plâtre assorti au tien.
— Ils proposent sûrement d’autres activités, insista Cole.
— Tu as raison, il y a peut-être quelque chose que l’on pourrait faire ensemble.
Daniel retira les jambes de Cole qui reposaient sur ses cuisses pour se lever et aller récupérer des brochures exposées sur la console de l’entrée. Quand il se rassit, il reprit les pieds de Cole et les plaça à nouveau sur lui, bien au chaud.
— Voyons voir… Ski de randonnée, patin à glace, parapente, tyrolienne, tubing, plongée sous la glace… non, non, non ! Rien de tout cela ne m’a l’air adapté pour les personnes plâtrées ou celles qui ne veulent pas le devenir. Oh, attends ! On pourrait faire une balade en traîneau !
— Tentant… Mais tu sais ce qui me tenterait plus ? Qu’on retourne au village pour préparer le réveillon de ce soir. Il nous faut du lait et des cookies pour le Père Noël ! Et, surtout, du lait de poule !
— Du lait de poule ? se renfrogna Daniel.
— Est-ce que tu en as déjà goûté au moins ?
— Pas vraiment. Peut-être quand j’étais gamin.
— Je vais te concocter la recette secrète de ma mère, tu vas voir, tu ne pourras pas résister !
C’était toujours avec un pincement au cœur que Cole repensait à sa mère. Elle lui manquait tant. Mais, pour ce Noël, avec cette recette qu’il allait préparer pour quelqu’un qui comptait à ses yeux, elle serait un peu à ses côtés.
— D’accord, céda Daniel, j’y goûterai.
— En parlant de mères… Comment tu crois que Claudia va le prendre pour nous deux ? Elle ne sera pas fâchée, si ?
— Fâchée ? Tu rigoles ? Elle trouvera peut-être ça bizarre, mais elle t’adore et te considère déjà comme son fils ! Elle sera aux anges. Et ton père ?
— Mon père ? s’esclaffa Cole. Je ne suis même pas sûr qu’il se souvienne de toi !
Sur un éclat de rire, Daniel jeta les brochures sur la table basse et s’occupa les mains en lui massant les pieds.
— Ça ne me dérange pas de glander plutôt que de jouer les casse-cous sur les pistes, sourit Daniel. Cela fait bien longtemps que je ne me suis pas senti si détendu…
Cet aveu fut comme une révélation, et Daniel fronça les sourcils.
— On ne fronce pas les sourcils ! le réprimanda Cole. Tu fronces bien trop les sourcils !
— Tu trouves ? demanda Daniel, les sourcils encore plus froncés.
— Tu sais, tu m’as l’air bien trop stressé et anxieux.
Daniel laissa ses doigts vagabonder le long des tibias de Cole, les glissa entre ses poils clairs.
— Tu n’as pas tort, avoua Daniel, c’est juste que le travail… Tiens, je n’ai pas pensé au boulot de toute la matinée, bizarre.
— Oui, eh bien, ne commence pas maintenant ! le gronda Cole en l’attirant à lui pour lui voler un baiser, prenant plaisir à frotter sa joue contre sa barbe naissante. Allons acheter ce qu’il nous faut pour réveillonner dignement et ensuite nous pourrons hiberner jusqu’à notre départ.
Cole ne savait pas ce qu’il adviendrait du petit cocon qu’ils avaient tissé pour eux deux au chalet lorsqu’ils seraient de retour à Ottawa, mais il refusait d’y songer pour le moment. Chaque chose en son temps.
*
Grelottant, Cole glissa sa main droite profondément dans sa poche. Son nez était recouvert d’une fichue couche de gel et le bout de ses doigts le picotait atrocement.
— Avec le vent, je suis sûr qu’on a un ressenti de moins trente ! grommela-t-il.
Ils venaient de se garer et se dépêchaient de rejoindre le centre-ville, mais Daniel stoppa net sa course.
— Tu n’as pas pris de gants ? s’étonna-t-il.
Pour seule réponse, Cole se contenta de lui montrer son plâtre.
— Mais tu aurais pu en prendre pour protéger ton autre main ! maugréa Daniel en retirant son propre gant.
— Non, non, non ! s’exclama Cole. Après c’est toi qui vas avoir froid !
— Je garderai ma main dans la poche. Toi, il faut que tu puisses te servir de l’unique bras valide que tu as. Et comme ça, on aura chacun une main bien au chaud.
Cole se retint péniblement de sourire de toutes ses dents. Daniel était si prévenant.
Après avoir fait le plein de boissons et de nourriture – il y en avait probablement pour un régiment – ils déposèrent les courses dans le coffre et partirent en quête d’un déjeuner à emporter.
— Est-ce une boutique Queues de castor que je vois là-bas ? s’enthousiasma Cole en trouvant l’enseigne au bout de la rue piétonne. Je pourrais tuer pour l’une de leurs pâtisseries !
— Quoi ? Ma queue ne te suffit déjà plus ? le provoqua Daniel.
Malgré le rouge qui lui montait aux oreilles – le froid, c’était le froid – Cole ne perdit pas sa répartie.
— Aussi succulente que soit ta queue, je ne peux décemment pas la faire frire et la recouvrir de beurre d’ail et de cannelle.
— Je ne préférerais pas, en effet, s’amusa Daniel. Tu veux aller te prendre une queue de castor pendant que je commande notre déjeuner au restaurant Coco Pazzo ? Ou on peut s’installer si tu veux ?
— Nan ! Il y aura plein de monde. On sera mieux au chalet où je pourrai profiter de toi en tête à tête, du jacuzzi et… de ta succulente queue.
— J’adore ta façon de penser, dit Daniel, en souriant. Excellent plan ! Est-ce que tu as des allergies ou des aliments que tu n’aimes pas ? Si tu veux, tu peux jeter un œil sur le menu avant d’aller te faire cette queue qui te fait tant saliver.
— Je ne suis pas difficile, choisis ce qui te dit. Et toi ? Tu as envie de quelque chose en particulier ? Des noix en supplément sur ta queue pour avoir le service trois-pièces ?
Daniel s’esclaffa.
— Tu es terrible, dit-il, les yeux rieurs. Prends ce que tu veux.
Alors que Cole se dirigeait vers la pâtisserie, le rire de Daniel résonnait encore dans ses oreilles. Le trottoir salé crissait sous ses pieds, les lueurs et décorations illuminaient ses yeux. Le brouhaha enjoué des passants et la joie des enfants emplissaient les rues.
Une petite fille en combinaison de ski bleue sautillait devant une vitrine où des automates parés pour les festivités jouaient des sonates de Noël. Cole jeta un œil lui aussi et freina des quatre fers. Il ne réfléchit pas davantage avant d’entrer dans la boutique. Il poussa un long soupir de contentement quand une vague de chaleur l’accueillit.
Le magasin regorgeait de bibelots et de décorations de Noël. Le regard de Cole fut à nouveau attiré par le sommet du gros sapin de Noël qui trônait au milieu de la pièce. Il lui fallait cette pointe de sapin, coûte que coûte, ce serait un cadeau parfait pour Daniel. Quand la vendeuse l’approcha, il montra la décoration du bout du doigt et s’exclama : « vendue ! »
Après avoir acheté les pâtisseries et du pain Challah, que Daniel adorait, Cole cacha sa surprise au fond du sac. Il fit tout son possible pour se retenir de sourire jusqu’aux oreilles. Il rejoignit Daniel dans le restaurant, appréciant la chaleur prodiguée par le four à bois et les senteurs d’ail, de tomates et de basilic.
— Quoi ? lui demanda Daniel, suspicieux.
— Rien, je suis juste content.
— Tu es sûr que tu ne t’es pas encore cogné la tête ? Comment tu t’appelles ?
— Cole Smith, et Cole Smith est en train de passer le meilleur Noël de toute sa vie. Attends, j’ai failli oublier cette fois où j’ai célébré les fêtes de fin d’année à Disneyland ! Hm. Laisse-moi réfléchir… Non, désolé, Mickey ! Tu ne fais pas le poids face à Daniel Diaz !
— Moi aussi, sourit Daniel, passablement gêné. J’ai encore du mal à me dire que tout cela est bien réel…
— Je suis bel et bien réel, répondit Cole, son cœur battant la chamade.
Son estomac décida d’interrompre ce moment romantique de manière tonitruante et, de ses dents, Cole retira son gant pour attraper une des pâtisseries.
— Sirop d’érable, cannelle et sucre, annonça-t-il.
Daniel prit un morceau et Cole engouffra sa part avant de se lécher les doigts pour en chasser sucre et sirop collant. Daniel le dévorait des yeux et alors qu’il se penchait dangereusement vers lui, il fut rappelé à la réalité par un raclement de gorge.
— Plateau de charcuterie, calamars, truite fumée, gnocchi au gorgonzola, deux jarrets d’agneau et des spaghettis au ragoût de canard.
Abasourdi par la commande de Daniel, Cole se tourna vers lui, les yeux ronds :
— Tu as fait revenir Justin et les autres pour le réveillon ou quoi ?
— Je ne savais pas ce qui te plairait le plus… rougit Daniel, embarrassé.
— Du coup, il a pris toute la carte ! s’exclama la patronne, un sourire taquin aux lèvres. Passez de bonnes fêtes !
Cole se retint difficilement jusqu’au parking, mais une fois qu’ils furent assis dans la voiture de Daniel, il se jeta sur lui pour l’embrasser à pleine bouche.
*
Cole caressait la nuque de Daniel du bout de son nez ; son souffle chaud lui faisait des chatouilles et sa barbe de plusieurs jours lui provoquait des frissons.
— Joyeux Noël, murmura-t-il, alors qu’il se frottait langoureusement contre lui.
— Mm, répondit Daniel, encore à moitié assoupi.
— Qu’est-ce qu’il y a ? Je t’ai éreinté hier soir ?
À la seule pensée de Cole le chevauchant glorieusement, Daniel sentit une longue décharge parcourir son épine dorsale. Malgré son bras dans le plâtre, il était parvenu à manœuvrer à merveille : ses cuisses musculeuses avaient été un atout indéniable. Daniel ne se rappelait pas avoir jamais autant pris son pied.
Daniel entrouvrit les yeux et découvrit un ciel voilé.
— Est-ce qu’il neige toujours ?
— Toujours, oui. Je ne sais pas comment le Père Noël a pu livrer tous ses cadeaux avec la tonne de neige qui est tombée hier soir. Une chose est sûre, c’est une journée à passer le cul devant la cheminée. Or, allumer un feu de bois nécessite apparemment deux bras, alors debout !
— Tu es vraiment très autoritaire, bâilla Daniel, avant de l’embrasser. Ça me fait toujours autant craquer.
Nu, Daniel sortit du lit pour aller se soulager et se débarbouiller avant d’enfiler son pyjama. Cole l’attendait au rez-de-chaussée, lequel embaumait le café.
En descendant l’escalier, Daniel prit le temps d’inspirer longuement cette senteur si plaisante et jeta un œil au-dehors par les grandes baies vitrées. Le paysage était couvert d’un épais manteau blanc. Cole avait déjà allumé le sapin, qui scintillait et… Il manqua la dernière marche et se rattrapa de justesse sur la rampe. À pas hésitants, il se rendit au pied du sapin, dont la pointe avait disparu. Ou plutôt avait été changée. À la place de la grosse étoile jaune trônait un Yoda ; son sabre laser vert dressé vers le ciel brillait de mille feux.
— Joyeux Noël, et que la force soit avec toi !
Daniel sursauta. Cole le regardait, amusé, un sourire satisfait aux lèvres.
— Mais, quand est-ce que… baragouina-t-il.
— Je l’ai vu hier alors que je me rendais à la pâtisserie et je me suis dit que ce Yoda était fait pour toi !
— C’est carrément l’homme de ma vie ! plaisanta Daniel.
Avant de venir à Mont-Tremblant, Daniel n’avait pas véritablement saisi à quel point sa solitude lui pesait, ô combien il avait besoin d’un homme dans sa vie – non, il avait eu besoin de l’homme de sa vie. Il prit Cole dans ses bras et le serra fort contre lui. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pu tenir quelqu’un dans ses bras, savourer la proximité d’un autre corps.
— Je fonds, souffla-t-il.
— Tu trouves qu’il fait trop chaud ? Tu préfères ne pas allumer le feu de bois ?
— Non, murmura-t-il en caressant les lèvres de Cole de son pouce, ce que je voulais dire, c’est que j’ai l’impression d’avoir eu le cœur glacé durant si longtemps et qu’à présent la glace fond. C’est complètement fou, non ? Après la fonte des glaces, je dois m’attendre à quoi ? Un tsunami ?
— Pas de tsunami en vue, on est trop loin de l’océan ! Et c’est le spécialiste en eau qui te le dit.
Amusé, Cole se rapprocha de Daniel, glissa son bras autour de sa taille et, délicatement, plaça ses pieds gelés sur les siens.
— Par contre, le réchauffement climatique n’est pas flagrant dans cette région à cette période, alors je suis pour allumer un bon feu de bois. Mais uniquement après mon premier vrai bisou du matin.
Daniel s’exécuta sans rechigner. Après un long et langoureux baiser, il fit partir la flamme dans l’âtre. Cole apporta leur café et ils s’installèrent tous deux sur la fausse peau de bête.
— Tu sais ce qu’on devrait faire aujourd’hui ? l’interpella Cole.
— Quoi ?
— Ça ! Glander devant la cheminée. Profiter du jacuzzi. Regarder des films à la télévision. Se régaler avec les restes de l’italien. Et baiser. Ouais, surtout baiser.
Il se rendit à quatre pattes jusqu’au pied du sapin et y récupéra une bouteille de lubrifiant parfumé décorée d’un gros ruban.
Daniel éclata de rire. Il ne se rappelait pas la dernière fois où il s’était autant amusé.
— Et qu’en est-il des préservatifs, petit lutin ?
Cole lui répondit d’un haussement de sourcils évocateur et fouilla entre les branches épineuses, dont il sortit un sachet en aluminium.
— Il y en a d’autres, cachés un peu partout, le Père Noël est adepte du sexe sans risque !
Le sachet entre les dents, le tube de lubrifiant sous l’aisselle, Cole s’en revint vers Daniel, un sourire de prédateur aux lèvres. Daniel saisit le préservatif, son estomac faisant des embardées comme s’il était en plein cœur de montagnes russes.
— Que dirais-tu de me prendre cette fois ?
— Vraiment ? murmura Cole, pantelant à la seule proposition. Ça te tente ?
— Et toi ?
— Je suis déjà au garde-à-vous !
— Et ton bras ?
Cole coula un regard ennuyé vers son plâtre, avant de glisser une main possessive sur la hanche de Daniel.
— Quelle position tu aimes ?
Daniel se sentit rougir jusqu’à la racine de ses cheveux. Il ne s’était donné à personne depuis Trevor, et l’idée d’accueillir Cole profondément en lui le rendait tout chose.
— Celle qui nous conviendra le mieux.
— Mais si tu pouvais choisir, insista Cole, en titillant sa peau de cercles appuyés du bout de son pouce. Comment tu voudrais m’offrir ton petit cul ?
Cole était si sûr de lui, sa sexualité ne connaissait pas de tabou. Le pénis de Daniel tressaillit d’impatience.
— La levrette, admit-il.
— Très bon choix, sourit Cole avant de couvrir le visage de Daniel de baisers.
— Mais, et ton bras ? s’inquiéta Daniel.
— Pas de souci, je vais me débrouiller, assura Cole, la main sur le sexe grandissant de Daniel, frottant, malaxant. Daniel, tu veux jouir avec ma queue ?
Daniel acquiesça vivement et attira Cole à lui pour l’embrasser avec fougue. Il avait tellement envie de se faire prendre – de sentir Cole profondément ancré en lui.
— Déshabille-toi, commanda Cole et Daniel s’exécuta sur-le-champ.
Cole s’assit sur ses talons et profita du spectacle qui s’offrait à ses yeux affamés. La chair de poule recouvrit l'épiderme de Daniel et son excitation grandit encore, alors qu’il attendait que Cole prenne les devants.
— Quand je serai en possession de tous mes moyens, je te mangerai le cul, je te baiserai avec mes doigts jusqu’à ce que tu me supplies de te laisser jouir, gronda Cole. Pour le moment, prépare-toi pour moi.
La tête lui tournant, Daniel versa du lubrifiant sur ses doigts. Dressé sur ses genoux, il en glissa un jusqu’à son anus et se pénétra en douceur. Le feu de la cheminée et les lumières du sapin de Noël projetaient des couleurs chaleureuses sur leur peau nue. Daniel ne put retenir un gémissement à la sensation de ce doigt en lui, cette sensation qui lui était devenue si étrangère. Son muscle s’étirait trop lentement, peinait à s’accommoder.
— Ça te fait du bien ? gronda Cole, qui se touchait par-dessus son pyjama.
— Bientôt, soupira Daniel en enfonçant un deuxième doigt.
— Ne te fais pas mal.
Daniel acquiesça alors qu’il prenait appui sur sa main gauche pour mieux écarter les fesses, pour mieux s’introduire en lui-même. Jamais son regard ne quitta celui de Cole, qui le mangeait des yeux.
— Merde ! J’aurais kiffé qu’on ait un gode ! Mate-moi ça ! T’es tellement sexy ! Tu prépares ton joli petit cul pour moi, rien que pour moi !
Cole semblait émerveillé par cette vérité. Son souffle était court déjà, son pénis fièrement érigé sous son bas de pyjama.
Sur un dernier râle, Daniel cessa de titiller son anus et attrapa son pyjama pour l’étaler sur la fourrure. Puis, à quatre pattes, il rejoignit Cole, la capote en main. Lentement, il fit glisser son pyjama au sol, libérant sa longue queue, impatiente et mouillée. Doucement, il déroula le préservatif sur toute sa longueur, avant de l’arroser généreusement de lubrifiant. Alors qu’il répartissait soigneusement la substance onctueuse sur cette trique prometteuse, ils s’embrassèrent. Daniel, à bout, interrompit leur baiser.
— Prends-moi, Cole. J’ai tellement envie de toi. J’ai besoin de toi.
— Je suis là pour toi, toujours, répondit Cole dans un grondement. Tourne-toi.
Daniel ne se fit pas prier. Il se positionna à quatre pattes, s’assurant que ses genoux étaient bien sur son pyjama, puis il écarta l’une de ses fesses, laissant le loisir à Cole d’écarter la seconde. Après plusieurs essais infructueux, le gland de Cole finit par se planter à l’entrée de son anus et l’étira délicieusement. Puis, Cole prit appui sur son épaule et poussa. Daniel en perdit momentanément le souffle. Son cul était en feu ; la queue de Cole semblait subitement gigantesque, trop grande pour lui. Prenant une goulée d’air, il se recula toutefois pour aller à la rencontre de Cole : il avait tellement envie d’être pénétré bien profond. Il en avait eu besoin depuis si longtemps.
— Merde ! T’es si étroit ! lâcha Cole en resserrant sa prise sur son épaule. Dis-moi si je te fais mal.
— Ne t’arrête pas, supplia Daniel, dont les jambes tremblaient déjà. J’ai trop envie ! Tellement envie de toi !
Pourtant, Cole cessa de bouger. Il caressa son dos avec tendresse, lécha la sueur qui perlait à la naissance de sa nuque.
— Je t’en prie, gémit Daniel.
Après un dernier baiser entre ses omoplates, Cole fit enfin ce qu’il attendait de lui : il plongea profondément en lui, s’immisçant jusqu’aux bourses. Ils lâchèrent tous deux un long râle satisfait.
Daniel fixait la fausse fourrure blanche sous ses yeux, tellement plein de Cole qu’il craignit de se briser. Cole entama de longs mouvements de va-et-vient, des petits coups de reins contrôlés et, rapidement, Daniel oublia tout de son inconfort. Progressivement, Cole se mit à le pilonner de plus en plus fort, de plus en plus vite ; ses hanches martelaient ses fesses, leurs peaux claquaient l’une contre l’autre.
Daniel avait l’impression saugrenue d’avoir pris feu. Cette queue qui plongeait avec application dans ses entrailles, qui le labourait avec minutie, frottait sa prostate à chaque allée et venue. Il grondait, gémissait, haletait, incapable de former un mot cohérent.
— Daniel… Je sens que je ne vais pas tenir… baragouina Cole. C’est trop bon.
— Jouis ! cria Daniel. Jouis en moi !
Pour accentuer ses propos, il accéléra lui-même la cadence et resserra son anus autour du sexe de Cole. L’effet fut immédiat : dans un rugissement, Cole se logea profondément en lui et jouit.
— Putain, haleta-t-il.
Avachi sur son dos, Cole couvrit sa peau de baisers. Chaque baiser provoquait une décharge stimulante, mais ce dont Daniel avait véritablement besoin, c’était que quelqu’un le prenne en main. Avec Cole enroulé autour de lui, tenant à peine sur ses bras, c’était chose impossible. Il gémit comme une bête blessée.
Toujours pantelant, Cole se dégagea lentement et se roula en boule sur le sol.
— Mets-toi sur le dos, ordonna-t-il à Daniel, le regard ardent. Et fais-moi boire ton sperme bien chaud.
Les lèvres entrouvertes, Cole attendait sa friandise, et Daniel ne se fit pas prier pour la lui offrir. La langue qui l’accueillit était si chaude, si humide et tellement douée. Daniel n’eut pas la force de résister et, après quelques coups de reins, se vida dans cette bouche si généreuse.
Cole gémit de plaisir, savourant visiblement son festin. Un filet de sperme coula à la commissure de ses lèvres que Daniel essuya méticuleusement. Cole lui lécha les doigts, suça chacun d’eux avec application pour ne pas en perdre la moindre goutte.
Rassasiés, ils se sourirent. Cole se rapprocha et attrapa Daniel par la taille.
— Joyeux Noël, murmura-t-il.
— Que Dieu nous bénisse.
— C’est encore mieux que je ne l’avais imaginé, soupira Cole en lapant son téton. Et, crois-moi, j’ai une imagination débordante !
Protégés de la neige qui tempêtait au-dehors, sous la caresse du feu de bois, ils se sentaient si bien. En paix.
— Ça paraît trop beau pour être vrai, concéda Daniel en cajolant le dos de Cole.
— Hm ? répondit Cole qui suçotait et mordillait son téton.
— Nous. Toi et moi. Nous venons à peine de nous retrouver et, pourtant, tout marche comme sur des roulettes. Je ne peux m’empêcher de me demander si c’est parce que j’ai été seul depuis si longtemps…
— Hé ! se fâcha Cole en enfonçant un doigt dans ses côtes.
— Je ne parlais pas de tes prouesses, sourit Daniel en embrassant Cole sur le front, toi, tu es merveilleux !
— C’est sûr ! Parce que si tu avais été si désespéré que ça, tu serais probablement avec ce trou du cul en cet instant.
Daniel frémit en pensant à Justin.
— Je suis tellement content que tu sois si maladroit !
— Je ne te le fais pas dire ! s’esclaffa Cole. Heureusement que j’étais là pour te tendre une main secourable.
— Heureusement que tu en avais une de fonctionnelle, en effet, le taquina Daniel.
Ils rirent de bon cœur et Daniel plongea ses doigts dans la chevelure de Cole et inspira goulûment son parfum.
— C’est juste que j’ai l’impression que c’est une évidence, toi et moi, et ça paraît fou.
— C’est peut-être un miracle de Noël, sourit Cole. Mais, tu sais, ma tante Judy et mon oncle Steve se sont fiancés très rapidement. Ça arrive. Ils m’ont raconté qu’ils déjeunaient avec des amis communs quand ma tante s’est absentée pour se repoudrer le nez, là, mon oncle a annoncé à toute l’assemblée : « c’est la femme que je vais épouser ». Et ce fut le cas. Et depuis, ils ont eu trois enfants et sont toujours ensemble. Pour eux, c’était une évidence.
Daniel déglutit avec peine, il était troublé.
— Et toi ? interpella-t-il Cole. Est-ce que tu penses que toi et moi sommes une évidence ?
— Je pense que nous devrions nous donner une chance de le découvrir, répondit-il en caressant le bras de Daniel avec sa barbe de trois jours.
— Je pense que tu as raison.
Daniel fixait le haut plafond aux poutres apparentes, le sourire aux lèvres. Une bûche s’effondra dans la cheminée et il porta son regard vers la flamme. Soudain, il se redressa : les chaussettes suspendues au manteau étaient pleines !
— Attends, tu as rempli les chaussettes aussi ? s’exclama-t-il. Mais je ne t’ai rien acheté, moi !
— Ce ne sont que des choses que j’ai trouvées dans le chalet, répondit Cole. Tu crois que je ne t’ai pas vu reluquer ces bonbons acidulés ?
Daniel saisit le visage de Cole en coupe et déposa un tendre baiser sur ses lèvres. Ou plutôt deux. Ou trois. Ou dix !
— L’année prochaine, je te couvrirai de cadeaux ! s’exclama-t-il.
— L’année prochaine, hein ?
Daniel n’eut pas à réfléchir à la question ; il n’imaginait plus sa vie sans Cole.
— L’année prochaine, tout à fait.
— Eh bien, je propose que l’on trinque à cette promesse ! Et comme le docteur a dit que je pourrais me faire plaisir pour Noël, je suis tout disposé à te faire goûter la fameuse recette secrète de lait de poule de ma mère !
Cole se redressa, s’habilla et se rendit dans la cuisine. Daniel se releva avec précaution, enfila son pyjama et observa le Yoda quelques instants, le cœur gros. Il mit sa parka et sortit pour se réapprovisionner en bois. Le temps que Cole termine sa concoction familiale, le feu était de nouveau vivace dans la cheminée.
— Maintenant que je sais que nous passerons les prochaines fêtes de fin d’année ensemble, je peux peut-être t’avouer le secret de ma mère, commenta Cole en lui tendant une tasse fumante. Elle ajoutait de l’Amaretto !
Ils trinquèrent et Daniel porta la boisson à ses lèvres.
— Hm, c’est délicieux ! fit-il mine de s’émerveiller.
Ce lait de poule était atrocement doucereux et sa consistance visqueuse une horreur en bouche.
— Quel mytho ! s’exclama Cole en éclatant de rire avant de claquer un baiser trop sucré sur ses lèvres. Mais merci d’avoir fait l’effort de goûter.
— Je serais prêt à tout pour toi.
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