Au pied du sapin
Chapitre 1
Daniel ne savait plus quoi dire pour se faire comprendre, toutefois il essaya à nouveau.
— Je ne connais pas de Nicholas Smith.
— Pourtant, vous êtes bien Daniel Diaz, n’est-ce pas ? persista la femme à l’autre bout de la ligne en lui énumérant son numéro de téléphone.
Perplexe, Daniel regarda l’écran de son portable : il était écrit « Université de Carleton ». Serait-ce là la blague débile d’un étudiant ? Existait-il encore des gens qui faisaient des canulars téléphoniques ?
— Oui, vous avez le bon numéro, répondit-il, mais ça doit être une erreur.
— Une erreur ? Vous êtes bien Daniel Diaz, non ?
— Oui, soupira-t-il. Mais comme je vous l’ai déjà dit, je ne connais pas de Nicholas Smith.
Quelle galère ! Daniel ne demandait pas grand-chose, juste de pouvoir rentrer chez lui, faire ses bagages et partir à l’aventure. Ça faisait des lustres qu’il n’avait pas pris de vraies vacances. En plus, il avait prévu de passer la semaine avec un éventuel petit ami. À cette seule pensée, son ventre se noua. Et si cette semaine « en amoureux » s’avérait être un désastre total ?
— Je suis terriblement désolée de vous importuner, continua la jeune femme, mais Nicholas est l’un de nos étudiants. Vos nom et numéro figurent sur sa liste de personnes à contacter en cas d’urgence et… il a eu un accident.
— Je ne sais pas quoi vous répondre, à part que je ne le connais pas.
La neige s’étant mise à tomber dru, Daniel passa ses essuie-glaces en vitesse rapide pour espérer y voir quelque chose. Les voitures roulaient presque au pas sur la 417 en direction de Kanata. Devant lui, dans cette nuit sombre de décembre, s’étalait une longue et interminable mer de feux rouges. Daniel n’était pas habitué aux embouteillages, car il quittait rarement son bureau avant vingt heures, tout comme il n’était pas habitué à répondre au téléphone pendant qu’il conduisait. Toutefois, vu la vitesse à laquelle il avançait, il s’était dit qu’il ne risquait pas grand-chose.
Il préférait communiquer par texto, pourtant il lui faudrait bien se décider à enclencher son Bluetooth un jour. Après tout, sa mère s’obstinait encore à vouloir discuter de vive voix… Sa mère !
— Merde ! s’exclama-t-il en serrant son volant.
— Je vous demande pardon ?
— Désolé, je viens juste de me rappeler quelque chose. Ne seriez-vous pas en train de me parler de Cole Smith ? Parce que nos parents ont été mariés… mais il y a de cela des lustres ! Maintenant que j’y pense, ma mère m’a informé que Cole avait emménagé à Ottawa pour terminer ses études.
— En effet, Nicholas Smith est inscrit dans notre établissement en master de génie écologique.
— Qu’est-ce qui lui a pris de me définir comme contact d’urgence ? On ne s’est pas parlé depuis, au bas mot, dix ans !
— Je ne saurais vous répondre, M. Diaz. Toutefois, la politique de notre école stipule clairement que nous devons prévenir toute personne sur la liste d’urgence de nos élèves en cas d’accident. M. Smith a dû être transféré aux urgences et vous êtes l’unique personne sur sa liste.
Daniel se rappelait à peine le petit Cole aux genoux noueux, pourtant il ressentit un pincement au cœur en l’imaginant blessé, voire…
— Il va bien, n’est-ce pas ? Ce n’est rien de grave ?
— Il a été victime d’un accident et une ambulance l’a transporté à l’hôpital, mais on ne m’a pas informée qu’il est entre la vie et la mort. Le fait est, M. Diaz, que notre établissement ferme ses portes pendant les fêtes de fin d’année, personne ne sera là durant les trois prochaines semaines.
Putain de bordel de merde ! Alors que les automobilistes roulaient à touche-touche, Daniel ferma les yeux un bref instant et se passa nerveusement la main sur le front.
— C’est à vous de voir si vous souhaitez vous rendre aux urgences, reprit-elle, ce n’est pas une obligation.
Daniel se retint de gémir. Il avait encore tant à faire : ses valises l’attendaient, tout comme quelques déclarations préalables à l’embauche de nouveaux salariés.
— Seigneur Dieu, je déteste les hôpitaux !
— Comme nous tous, M. Diaz.
Elle marquait un point, un « poing » qu’il se prit en pleine tronche. La culpabilité le rongeait déjà.
— À quel hôpital a-t-il été emmené ?
Pas le choix : il lui fallait attraper la prochaine sortie et revenir sur ses pas. Et vu la circulation, il lui faudrait au moins dix minutes pour accomplir cet exploit.
À peine eut-il raccroché qu’il appelait sa mère. Elle répondit à la troisième sonnerie.
— Salut, maman ! Je dois me rendre à l’hôpital et…
— Quoi ? Qu’est-ce qui t’arrive ? lui cria-t-elle dans les oreilles, atteignant une fréquence proche des ultrasons.
— Rien, maman, je vais bien, calme-toi. J’ai reçu un appel concernant Nicholas Smith. C’est bien le fils de ton ex ?
Si chacun de ses ex avait au moins un enfant, ils pourraient former une colonie de vacances. Alors, il précisa :
— Cole, ça te dit quelque chose ?
— Il est blessé ? demanda-t-elle, apparemment inquiète. Que s’est-il passé ?
— Aucune idée, je suis en route. Par contre, son école m’a appelé. Est-ce que tu sais pourquoi il m’a défini comme contact d’urgence ?
— Parce que je lui ai dit de le faire, mon chéri. Il ne connaît personne d’autre ici.
— À vrai dire, il ne me connaît pas non plus ! Je ne l’ai pas vu depuis des lustres.
En réalité, ils ne s’étaient plus vus depuis le divorce de leurs parents. Un divorce tonitruant après seulement six mois de mariage.
— Bien sûr qu’il te connaît, il fait partie de la famille, quand même ! Mon Dieu, j’espère qu’il ne lui est rien arrivé de grave…
— Ne panique pas pour rien, je suis sûr qu’il va bien, la rassura-t-il en baissant le chauffage. Et maman, il n’est pas vraiment des nôtres.
— Daniel, on ne divorce pas d’un enfant !
— J’y crois pas, tu viens de me citer Clueless ?
— Peut-être bien, répondit-elle, amusée, mais c’est particulièrement bien adapté à notre situation.
Daniel avait appris depuis longtemps à ne pas contredire sa mère, alors il changea de sujet de conversation.
— Comment ça se passe à Puerto Vallarta ?
— Divinement bien ! J’ai déjà bu quatre margaritas à la mangue et il n’est pas encore l’heure du dîner ! Mais rien ne m’aurait fait plus plaisir que tu viennes avec moi. J’ai du mal à réaliser qu’on va être séparés pour Noël.
— Maman ! On se verra rapidement après le Nouvel An. Et puis, je te rappelle que c’est un voyage entre copines. Vous avez dit textuellement : aucun mec autorisé !
— C’est vrai. Et puis, au moins, cette année tu prends des congés pour les fêtes. Que les saints soient loués ! Suis l’exemple de ton patron, chéri. Martin, lui, est conscient de l’importance d’un bon équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle.
Martin Burowski, le PDG de AppAny, mettait un point d’honneur à se faire appeler par son prénom, portait des tongs même en plein hiver et avait fait installer un toboggan entre les étages de son siège social. Le travail en lui-même – créer des applications pour de petites entreprises – n’était pas vraiment fun. Beaucoup de programmation et trucs du même acabit. Mais le boss était déterminé à faire de sa société un lieu avant-gardiste et cool : des aires de jeux à la place de bureaux, un emploi du temps flexible et une équipe de vingt-cinq ans d’âge moyen.
— En parlant de vie personnelle ; Cole est un jeune homme absolument délicieux. Quand il sera remis sur pied, tu devrais essayer de passer plus de temps avec lui. Je suis sûre qu’il doit se sentir bien seul dans cette grande ville où il ne connaît personne.
— Je n’ai déjà pas le temps de voir mes propres amis, alors un gars que je ne connais pas !
Enfin, il avait atteint la sortie. Il prit la bretelle et fit demi-tour. Retour vers Ottawa ! Heureusement, il y avait moins de circulation dans ce sens-là.
— Comme je le dis toujours : tu travailles trop !
— Oui, oui, je sais, répondit-il en levant les yeux au ciel. Allez, maman, il faut que je raccroche. Téléphoner ou conduire, il faut choisir ! Je te tiendrai informée de l’état de santé de Cole. Je t’aime.
— Je t’aime aussi, mon chéri.
Sa mère n’arrêtait pas de lui répéter qu’il travaillait trop, mais elle ne comprenait pas à quel point son job comptait pour lui. Tout le monde ne pouvait pas se vanter d’être directeur des ressources humaines à vingt-huit ans. À vrai dire, il était l’un des trois directeurs des ressources humaines chez AppAny sous la direction d’un vice-président, mais c’était déjà grandiose.
Alors, est-ce que ça ne valait pas le coup de besogner dur ? Pourquoi être passionné par son travail serait une mauvaise chose ? Et puis, il en prenait des vacances ! La preuve !
Coincé dans sa voiture, Daniel se mit à rêvasser d’un jacuzzi surplombant des montagnes enneigées et un lac gelé. Mont-Tremblant, au Québec, était déjà enfoui sous un épais manteau blanc. Et quoi de mieux qu’un bon jacuzzi fumant et quelques verres de Merlot pour se réchauffer ? Rien ! Ah si, bien sûr, la présence de Justin.
Excité, mais pas sans appréhension, il pensa à Justin, si spontané et désinvolte. Il était beau comme un dieu avec ses cheveux blonds, ses grands yeux bleus et sa bouche… Oh, sa bouche, il y avait des choses à en dire sur sa bouche. Si Daniel préférait planifier bien en avance, Justin adorait décider sur un coup de tête. Alors, pour lui faire plaisir, Daniel avait réservé un chalet à la dernière minute. Allez, il pouvait bien se montrer « fou » lui aussi par moments.
— Ça va être super ! marmonna-t-il. CTC.
CTC : acronyme de « Change Ta Cadence » et nom d’un groupe d’entraide. Pam, l’une de ses amies, l’avait supplié de l’accompagner à leurs réunions. Au début, il avait refusé, bien sûr. Il réservait ses samedis pour la cuisine et pour regarder toutes les émissions débiles qu’il avait enregistrées durant la semaine. Passer son après-midi dans une salle de conférence pleine à craquer d’un hôtel à Katana, avec des étrangers prêts à débourser cent balles à un illuminé qui leur jurait de les aider à changer de vie, ne l’avait guère interpellé.
Mais Pam s’était mise à pleurer et lui avait murmuré que personne d’autre ne voulait l’accompagner. Elle et sa femme Christine – ex-femme à présent – vivaient dans l’immeuble à côté du sien avant qu’il n’emménage dans sa maison. Pam avait toujours été la pragmatique du couple, Christine était plus émotive. Lors de leur divorce, Christine avait obtenu la garde de la plupart de leurs amis et, à trente-trois ans, Pam recommençait tout de zéro.
Daniel, ne l’ayant jamais vue verser la moindre larme, s’était empressé d’accepter. Le guru du groupe était une ex-Marine, originaire des États-Unis. Elle avait décidé de changer de carrière après s’être pris une balle en Afghanistan et avoir été larguée par son con de mari le même mois. Sa philosophie n’avait rien de révolutionnaire : si ce que vous faisiez ne marchait pas, alors il était temps de changer ! C’était sa personnalité, sa voix qui convainquait les foules.
Lors d’une réunion, pendant que les participants se tortillaient dans tous les sens sur la moquette, Daniel les avait regardés, dubitatif, depuis son siège. Pourtant, les paroles du sergent Becky étaient restées gravées dans sa mémoire – il subodorait d’ailleurs sérieusement avoir été victime d’un lavage de cerveau en bonne et due forme – et lui revenaient souvent à l’esprit. De fait, il s’essayait parfois au CTC.
Comme pour ce voyage.
Il ne savait pas trop si Justin et lui avaient de nombreux atomes crochus, mais il était prêt à tenter sa chance à Mont-Tremblant. Avant les séances de CTC, jamais il n’aurait envisagé de sortir avec une personne aussi exubérante et encore moins partir en vacances avec. De même, il n’aurait pu se résoudre à avoir des relations d’ordre privé avec l’un des employés de sa société.
Pourtant, Justin était parvenu à le convaincre. Il n’avait cessé de le couvrir d’attention, de compliments et n’avait nullement souhaité cacher qu’il lui plaisait. Depuis quand quelqu’un ne s’était-il pas intéressé autant à lui ? Cela faisait vraiment trop longtemps que Daniel avait renoncé à l’amour.
Je me demande ce que Trevor fait pour les fêtes de fin d’année.
Grimaçant, Daniel chassa bien vite cette pensée, la bile lui montant déjà à la gorge. Son célibat n’avait rien à voir avec Trevor, il avait tout simplement été trop occupé ces derniers temps pour sortir avec quelqu’un. Bon, d’accord, ces six dernières années. Mais il faisait tout pour changer cet état de fait à présent. CTC ! Il s’était promis de changer de vie, alors il s’y appliquait.
Il alluma la radio et la voix de Mariah Carey emplit la voiture. Alors qu’il allait essayer une autre station, parce que les chants de Noël, très peu pour lui, il se ravisa. Il était prêt pour le changement !
Justin l’avait ouvertement dragué et ne l’avait pas lâché d’une semelle de tout le mois. Tout juste diplômé, il travaillait au service marketing en tant que designer. Daniel était flatté et, bien qu’il ait repoussé ses avances à maintes reprises, il ne pouvait nier qu’il était agréable de se faire courtiser. Alors, il avait fini par céder. Toutefois, il avait mis un point d’honneur à ce que leur relation reste strictement professionnelle au bureau.
Mis à part leur petit écart.
Habituellement, Daniel était tout à fait capable de prendre en main ses désirs sexuels – littéralement. Mais après une longue et harassante journée de travail, Justin lui avait souri et il n’avait pas pu résister. Dans le parking, quasiment désert, il l’avait laissé lui faire une gâterie. CTC, quoi !
À bien y réfléchir, les choses étaient peut-être allées trop vite… Ils n’avaient même pas pris le temps de s’embrasser. Heureusement, ils avaient une semaine devant eux pour se rattraper. Mais, avant le réconfort, l’effort ! Il lui fallait gérer la situation Cole.
— Putain, soupira-t-il.
Il n’avait vraiment pas envie de s’occuper des problèmes de son ancien demi-frère, toutefois il lui fallait s’assurer qu’il n’était pas trop mal en point.
Arrivé à l’hôpital, il prit un ticket pour se garer dans le parking réservé aux visiteurs. Le bâtiment, éclairé par des spots puissants, se découpait dans la nuit noire. Daniel sortit de sa voiture et glissa les mains dans les poches de son manteau Burberry. Les températures avoisinaient les zéros, ce qui était assez doux pour la région. Du coup, Daniel n’avait pas encore eu à porter sa grosse parka ; il l’emporterait, toutefois, à la montagne.
Alors qu’il atteignait les portes des urgences, il dut se rabattre sur le côté pour laisser passer une équipe du SAMU qui venait de bondir en dehors de son véhicule, dont la sirène hurlait à tue-tête. « Trauma crânien, score Glasgow 12 ! », cria un des urgentistes en poussant un homme ensanglanté à l’intérieur.
Daniel leur emboîta le pas. Le pied à peine posé dans la salle d’attente, il fut ébloui par l’éclairage et agressé par le volume sonore. Les quintes de toux n’en finissaient pas, et une femme graillonnait tant qu’elle menaçait visiblement de recracher un poumon. Sur ses genoux était assis un bébé qui braillait à s’en déchirer les cordes vocales. Un homme, ivre mort, lui faisait concurrence et hurlait des invectives à qui voulait l’entendre – tous les sièges autour de lui étaient vacants, alors que les urgences étaient bondées de monde.
L’odeur de désinfectant agressa les narines de Daniel, pourtant elle ne fut pas suffisamment forte pour masquer les relents de… ouaip ! Un bon gros dégueulis dans le coin de la pièce. Quelques pauvres décorations de Noël étaient suspendues au-dessus de l’accueil ; l’une des guirlandes traînait lamentablement au sol. Un poinsettia jaunissant était posé devant l’ordinateur de la réceptionniste.
Hors de question que Daniel touche à quoi que ce soit !
Derrière l’ordinateur, une femme d’un certain âge releva la tête. Sa coloration n’avait pas dû voir un coiffeur depuis de longs mois.
— Je peux vous aider ?
— Oui, je suis là pour Cole Smith. Enfin, Nicholas Smith. Apparemment, une ambulance l’a déposé dans cet hôpital cet après-midi.
— Vous êtes de la famille ? demanda-t-elle en pianotant sur son clavier.
Bien placé pour le savoir avec son job aux ressources humaines, seuls les membres de la famille pouvaient avoir accès au dossier d’un patient, il mentit en souriant de toutes ses dents :
— C’est mon frère.
— Box sept.
— Ça veut dire qu’il va bien ? s’informa Daniel. Vu qu’il n’est pas en salle d’opération ou en salle d’éveil ou je ne sais où…
— Oui, oui, il va bien, répondit-elle en lisant son écran. Fracture de l’avant-bras. Légère commotion. Il va pouvoir sortir.
— Merci beaucoup.
Et merci mon Dieu !
— Je vous en prie. Le box se trouve derrière la porte à double battant, sur votre droite.
Un enfant poussa un cri strident, et les autres marmots le suivirent de concert. Daniel frémit.
— C’est toujours comme ça ? demanda-t-il à la réceptionniste.
— Uniquement les nuits de pleine lune, répondit-elle, un sourire vissé au coin des lèvres.
Daniel la salua et, suivant ses instructions, passa la porte à double battant. Heureusement, lorsqu’elles se refermèrent derrière lui, elles bloquèrent la cacophonie ambiante de la salle d’attente. Une jeune femme sortit le nez de ses dossiers, et il s’adressa à elle :
— Box sept ?
— Prenez sur votre gauche et suivez les numéros.
Dans le couloir, à part quelques gémissements et « bip » de machines, le silence était de mise. Il avança lentement, hésitant à marcher sur la pointe des pieds.
Des portes défilaient, certaines étaient closes, d’autres ouvertes. Il vit un patient allongé sur un lit, des électrodes placées sur sa poitrine. À ses côtés, une femme grisonnante était assise sur une chaise en plastique et lui tenait la main. Quand il croisa son regard, il lui sourit aussi gentiment que possible. Elle lui rendit un rictus triste et posa à nouveau les yeux sur l’homme qui dormait.
Le box sept était fermé. Daniel resta planté devant un long moment. Puis, il se racla la gorge et entrouvrit légèrement la porte.
— Cole ? Tu es là ?
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