Au pied du sapin

Keira ANDREWS · Chapitre 7 sur 13

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Au pied du sapin

Chapitre 6

Affaissé contre la porte close de leur chambre, Daniel respirait comme un taureau enragé.

— Comment ai-je pu croire une seule seconde que j’appréciais ce gars ? baragouinait-il. Une partie à trois ? Sérieux ! Il ferait bien d’aller trouver Trevor celui-là, ils formeraient un super couple !

Cole avait été sur le point d’éteindre la lampe de chevet, mais hésita. Peut-être que Daniel était enfin prêt à se confier ? Ou peut-être qu’au contraire, il voulait qu’on le laisse tranquille ?

Daniel sembla sortir de sa transe et le dévisagea les yeux ronds. Il venait de prendre conscience qu’il avait parlé à voix haute.

— Je vais aller prendre une douche, s’empressa-t-il de dire. Est-ce que tu as besoin de quelque chose avant ?

— Que s’est-il passé avec Trevor ? fut la seule réponse qu’il reçut. Je sais que tu n’as pas envie d’en parler, mais peut-être que ça te ferait du bien de le faire justement ?

Évidemment, une part de Cole était curieuse et voulait savoir, mais l’autre désirait tout simplement aider Daniel. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir à quel point cette rupture l’avait fait souffrir.

Daniel s’arrêta sur le pas de la porte de la salle de bains et se tourna à peine dans sa direction. Cole s’assit pour lui montrer qu’il avait toute son attention, même s’il lui permettait de garder ses distances.

— De quoi te souviens-tu à propos de Trevor ?

— Eh bien… Je me rappelle que quand tu es venu vivre chez nous avec ta mère, tu as dû changer de lycée et de club de hockey. C’est là que tu as rencontré Trevor. Tu traînais beaucoup avec lui, puis, un soir, tu l’as ramené à la maison pour le dîner et tu as fait ton coming out. Par la suite, tu as eu ton bac, et vous êtes partis tous les deux dans l’Ouest canadien. Claudia a quitté notre foyer un peu après toi, pour Thanksgiving et, si je l’ai revue à quelques reprises, toi tu as disparu des radars. Alors, je ne sais rien de plus.

Cole avait les mains moites, ce qui était ridicule ; c’était Daniel qui allait se confier à lui, pas le contraire. Daniel finit par s’appuyer sur le chambranle de la porte et croisa les bras. Il était horriblement sexy dans cette position, la lumière de la salle de bains éclairant ses larges épaules et ses hanches étroites.

— Eh bien… Ma relation avec Trevor a été merveilleuse durant quelques années, j’étais tellement amoureux de lui. J’avais l’impression qu’il me comprenait vraiment. On n’avait pas besoin de se parler pour être sur la même longueur d’onde, tu vois ce que je veux dire ?

— En théorie, oui. Je suis sorti avec quelques mecs à l’université, mais je n’ai jamais ressenti quelque chose d’aussi fort.

Certainement jamais rien d’aussi fort que ce qu’il avait éprouvé pour Daniel.

— C’est vraiment quelque chose d’unique. Nous étions parfaits l’un pour l’autre ou, en tout cas, je le croyais… Nous avions notre appartement en dehors du campus, et c’était très bien comme ça. Pourtant, durant notre quatrième année, Trevor a voulu aller à une soirée donnée dans les dortoirs de la fac. En général, on sortait plutôt dans des pubs, alors j’ai trouvé ça bizarre qu’il soit aussi insistant pour s’y rendre. Mais bon, je l’y ai accompagné, pour lui faire plaisir.

Cole retenait son souffle. Quand Daniel ne fit pas mine de continuer, il expira :

— OK, et ?

— Et la soirée s’est bien passée. On s’est amusés, on a trop bu et j’avais envie de retourner chez nous. Mais il y avait ce gars que Trevor connaissait, Alex, qui nous a proposé de descendre une bouteille de vodka dans sa chambre. Vu que Trevor s’obstinait, j’ai accepté.

— Pour lui faire plaisir.

— Oui, murmura Daniel, à peine audible.

Si les autres faisaient la fête quelque part dans le chalet, la bâtisse était fichtrement bien insonorisée, car, à part la respiration haletante de Daniel, Cole n’entendait rien. Les rideaux tirés, ils étaient comme dans un cocon.

— Que s’est-il passé ? demanda-t-il.

— Putain… C’est tellement ridicule. Quand je t’aurai tout raconté, tu vas penser que je fais tout un plat de rien du tout…

— Bien sûr que non !

— Pour faire court : Trevor voulait avoir un plan à trois avec Alex. Je n’ai pas su refuser, parce que ça avait l’air vraiment important pour lui. Je me suis dit qu’une fois qu’il aurait réalisé ce fantasme, ça lui passerait. Que tout redeviendrait comme avant. Que ce serait à nouveau lui et… moi.

— Mais ça ne s’est pas déroulé comme ça… devina Cole, attristé.

— Pas du tout, reconnut Daniel dans un rire sans joie. Nous avons eu plusieurs plans à trois, mais ça n’était jamais suffisant. Trevor voulait toujours plus, il aimait coucher avec de parfaits inconnus, alors que moi non ! Je ne critique pas… Si ça rend les autres heureux, tant mieux pour eux ! Je ne juge pas, mais…

— Je comprends, acquiesça Cole pour soutenir Daniel. Chacun son truc. Moi non plus, ce n’est pas mon kif.

Daniel se tut un long moment et le fixa droit dans les yeux.

— Est-ce que tu dis ça pour me remonter le moral ?

— Quoi ? Bien sûr que non ! Je ne vais pas te mentir : quand un mec me plaît vraiment, je bande. Il m’est déjà arrivé de faire des branlettes à des mecs dans les toilettes, de coucher avec d’autres dès le premier soir. Mais ce n’est qu’un plaisir éphémère. Je veux plus maintenant. Je voudrais avoir une vraie relation, avec des sentiments.

Je te veux toi, pensa-t-il. Ça a toujours été toi.

— Je sais que beaucoup de gens peuvent être excités par de parfaits inconnus, mais, moi, ça ne m’est jamais arrivé. Quand Justin me draguait, il a insisté pour me sucer, mais… je n’ai cédé que pour lui faire plaisir. Franchement, ça ne m’a pas vraiment émoustillé. Merde ! Pourquoi je te raconte ça ? Tu as sûrement mieux à faire que d’entendre mes histoires pathétiques. Il faudrait peut-être que je prenne un psy…

— Daniel, je suis là pour toi, insista Cole. Si tu as envie de te confier, je t’écoute.

— Je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça, reconnut Daniel, perdu.

— Parce que les manières princières de Justin ont fait remonter des souvenirs à la surface ?

— Peut-être bien. Quand je pense que je suis supposément « mort de l’intérieur » !

— Quoi ? Pourquoi tu dis une chose pareille ?

— C’est ce que dit toujours Pam, expliqua Daniel. Comme je suis tout le temps imperturbable, stoïque et… acharné de travail, elle estime que je suis « mort de l’intérieur ».

— Reconnaître ses travers est la première étape, sourit Cole, d’un ton qui se voulait léger.

— C’est ça, c’est ça ! grommela Daniel. En tout cas, je suis désolé, j’ai plus de retenue habituellement.

— Tu sais, ça fait du bien d’ouvrir les vannes parfois.

— Super pour toi, hein ? On ne s’est pas vus depuis dix ans, et lorsque tu me retrouves, tu es aux premières loges quand le barrage cède ! Je ne suis rien de plus qu’un obsédé du travail, qui n’aime pas le sexe pour le sexe !

— Et alors ? Que tous ceux qui prétendent que c’est mieux de kiffer les aventures sans lendemain aillent se faire foutre ! Tu fais encore ce que tu veux, et tu aimes ce que tu aimes.

— Pourtant, j’ai le sentiment d’être une bête de foire. Je ne suis pas comme les autres mecs, qui s’éclatent en sortant, en changeant de partenaires tous les jours, qui ne diraient jamais non à une orgie… Moi, tout ça, ça ne m’intéresse pas.

— Et alors ? J’ai une amie qui est demi, et ça ne lui pose pas de problème.

— Demi ?

— Demisexuelle, expliqua Cole. Ça veut dire qu’elle ne ressent de l’attirance sexuelle qu’après avoir créé des liens forts avec une personne.

Daniel se redressa et revint vers le lit à pas hésitants.

— Je ne savais pas qu’il y avait un mot pour définir ça.

— Oh, de nos jours, il y a un mot pour tout. On a besoin de mettre des étiquettes pour confirmer que ça existe.

— À vrai dire… souffla Daniel en s’asseyant à côté de lui, je ne savais même pas que ça existait. Je ne dis pas que je ne suis pas attiré par les hommes. Par exemple, quand je vois la tablette de chocolat de Chris Hemsworth, je la trouve fort appréciable, mais je n’ai pas envie de lui sauter dessus pour lui faire subir les pires outrages.

— Je comprends.

— Est-ce que ça signifie… que je suis demisexuel ?

— Je ne peux pas répondre à cette question à ta place. Tout dépend de ton ressenti, de ton besoin, ou non, de t’y identifier. Mais, si tu le souhaites, je peux demander à mon amie si elle connaît des sites sérieux ou de bons forums sur le sujet ?

— S’il te plaît, oui, je voudrais y jeter un œil, souffla Daniel, honteux. Mais, tu sais, c’est pas comme si je n’aimais pas le sexe ! J’aime ça !

— Tu n’as pas à te justifier, l’interrompit Cole. Je te crois.

Écouter Daniel parler de sexe sans provoquer une éruption dans son pyjama relevait du défi. Cole aurait tant souhaité être un mec bien, prendre Daniel dans ses bras pour le consoler, le réconforter – mais il n’était pas sûr, après des années à fantasmer sur lui, de parvenir à maintenir ses mains au-dessus de sa ceinture. Il fallait qu’il garde le contrôle de la situation et de ses mains, ce n’était pas le bon moment pour tenter une ouverture avec Daniel. Il n’y aurait, d’ailleurs, probablement jamais de bon moment.

— Je n’en reviens pas de t’avoir tout révélé, soupira Daniel, mortifié. Je perds vraiment la boule.

— Je pense que nous devrions tous être plus ouverts sur la question, répondit sérieusement Cole. Ce n’est pas normal que certains aient à subir le poids des exigences d’une société conformiste. Qui a dit que les gays devaient tous avoir des mœurs légères ? Chacun a le droit d’être qui il est et qui il veut être.

— Ce concept de demisexualité est en train de me retourner le cerveau, commenta Daniel. Quand je pense à toutes ces années où j’ai cru être un alien !

— T’es sûr que c’est pas à cause de tes space opera ? plaisanta-t-il, avant de prendre une voix de robot. « Nous sommes le Borg. Abaissez vos frocs et penchez-vous en avant sans condition. Toute résistance serait futile. »

— T’es trop con ! s’esclaffa Daniel, ayant reconnu la fameuse citation de Star Trek.

Il lui mit un petit coup de coude joueur, qui eut pour effet de faire bondir Cole hors du matelas.

— Merde ! J’avais complètement oublié ton plâtre ! s’excusa Daniel.

— Ça va aller, inspira difficilement Cole. Je suis juste un peu fragile pour le moment.

— Tu es sûr ? s’assura Daniel, contrit.

— Certain… sourit-il, courageusement. Avant ma parfaite imitation du Borg, tu me parlais de Trevor. Je sais que vous avez fini par rompre, mais je ne sais pas pourquoi.

Daniel était si près de lui que Cole eut toutes les peines du monde à ne pas poser la main sur sa hanche pour le rapprocher plus encore. Il le respectait bien trop pour ça ; il ne serait pas le genre d’homme à franchir ses limites, il ne serait pas ces Trevor et ces Justin.

Le visage anéanti de Daniel quand il avait compris qu’il n’était rien de plus qu’un pari stupide, son regard hanté quand Justin leur avait proposé un plan à trois resteraient à jamais gravés dans sa mémoire. Daniel méritait plus qu’eux tous réunis.

Daniel le fixait dans le blanc des yeux comme s’il le voyait pour la première fois.

— Tu n’es pas obligé de me le dire si tu ne veux pas, reprit-il.

— Je… J’ai envie de t’en parler, ça me fait du bien. Et puis, je sais que tu n’iras pas le crier sur tous les toits, je te fais confiance.

Le cœur de Cole fit un bond dans sa poitrine, alors qu’il détaillait l’élégant profil de Daniel, éclairé par la lumière de la salle de bains.

— Je te fais confiance aussi.

Quand Daniel posa à nouveau les yeux sur lui, un léger sourire aux lèvres et des boucles sombres chatouillant son front, Cole crut que son cœur allait exploser. Plus jeune, sans même savoir ce qu’était ce sentiment, il avait été amoureux de lui. Aujourd’hui, il n’était pas bien plus expérimenté, mais il était convaincu que ce qu’il éprouvait était de l’amour. L’Amour.

Super, il était bel et bien foutu !

Daniel détourna le regard et sembla se perdre dans la contemplation de la porte de la salle de bains. Cole ne pipa mot et attendit patiemment. Il était convaincu que Daniel ne lui avait pas encore tout raconté et, sans savoir pourquoi, il se doutait déjà que ce qu’il allait lui annoncer le ferait détester Trevor Chartrand de toutes ses forces !

Quand Daniel reprit la parole, sa voix était posée :

— Nous avons continué à avoir des plans à trois, car j’aurais fait n’importe quoi pour faire plaisir à Trevor. J’étais quand même heureux, nous avions toujours nos moments passionnels, juste nous deux. Et puis, un jour, j’ai appris que Trevor couchait à droite et à gauche derrière mon dos – il me trompait depuis la fin du lycée.

— Mais quel enculé ! s’emporta Cole, avant de se racler la gorge, gêné. Désolé de m’être égaré.

— Tu n’as aucune raison de t’excuser, c’est un gros enculé. Il m’a fait cocu durant des années et s’est dit que s’il me faisait goûter au sexe à trois, j’en ressortirais converti. Il pensait visiblement qu’après de telles expériences, j’en déduirais que la monogamie n’était qu’une aberration. Un truc d’hétéros. Il a voulu me culpabiliser, il disait que c’était moi qui avais un problème… Et, je suppose… que je l’ai cru.

Agacé, Cole grogna. Il changea de position pour pouvoir placer une main réconfortante sur l’épaule de Daniel.

— Tu n’as aucun problème, articula-t-il. Trevor est un gros enculé qui peut aller se faire foutre.

Les yeux de Daniel étaient humides et il s’empressa de les essuyer du dos de la main.

— Mais, franchement, souffla-t-il, qu’est-ce que tu en penses ? Tu peux être honnête avec moi.

— Qu’est-ce que je pense de l’autre enculé ? répliqua Cole, malicieux, pour détendre l’atmosphère. Oh, mais j’ai plein d’adjectifs dont je pourrais l’affubler ! Tu as envie de les entendre ?

— Merci, mais non merci, sourit enfin Daniel. Je n’ai jamais parlé de ça à personne. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris de déballer mon sac comme ça. C’est moi qui suis supposé prendre soin de toi, pas le contraire !

— Je ne suis plus un enfant, et le docteur n’a pas dit que nous n’avions pas le droit de prendre soin l’un de l’autre.

La main qu’il avait posée sur l’épaule de Daniel le démangeait. Comme il aurait voulu la glisser sur sa nuque et lui caresser le cou pour l’apaiser ! Il se contenta, toutefois, de lui mettre un petit coup de poing comme le font des potes entre eux.

Un bruit de verre brisé retentit dans le chalet.

— Merde à la fin, Justin ! s’exclama Mel.

— En parlant de personnes qui peuvent aller se faire foutre… reprit Cole.

— Je ne te le fais pas dire.

Ils éclatèrent tous deux de rire. Puis, le calme revint et ils restèrent assis en silence. Il y avait tant de choses que Cole souhaitait dire à Daniel, mais ce n’était pas le moment. Alors, il changea de sujet :

— Je me sens vraiment crasseux. Mais, franchement, je ne me vois pas prendre une douche avec ce truc. Je crois que je vais tenter le gant. Ça ne te dérangerait pas de m’aider ?

Daniel le dévisagea, bouche bée.

— Tu veux que je te fasse la toilette ?

— Non ! s’écria Cole, les joues en feu, avant de rire nerveusement. Je pensais plutôt que tu pourrais m’ouvrir le gel douche et m’assister pour retirer mon T-shirt. La dernière fois que j’ai essayé, j’ai failli m’étrangler.

— Pas de problème !

Daniel s’élançait déjà vers la salle de bains. Cole l’y suivit.

— Désolé du dérangement, soupira-t-il.

— Tu ne me déranges pas, affirma Daniel, qui évitait son regard et fixait les robinets. Tu veux que je te remplisse la vasque ?

— Oui, bonne idée.

Pendant que Daniel lui préparait une « bassine », visiblement encore embarrassé par ses confessions, Cole fouilla l’armoire et trouva un gant de toilette. Quand il revint, la vasque débordait presque tant Daniel y avait ajouté de gel douche : il y avait une montagne de mousse.

— Est-ce que… tu auras besoin d’aide ? demanda-t-il.

— Si ça ne t’ennuie pas…

Cole leva les bras pour se faire comprendre, et Daniel entreprit immédiatement de le déshabiller. Ses doigts chauds frôlèrent ses côtes, et Cole retint sa respiration. Après tout, respirer, c’était très surfait ! Daniel prit son temps pour libérer son bras droit, puis il passa le T-shirt par-dessus sa tête pour enfin le laisser glisser le long de son bras plâtré. Il le traitait avec tant d’égards ! Face à face, Cole sentit le souffle de Daniel lui caresser le visage.

Le vêtement froissé dans son poing, Daniel releva les yeux vers lui : son regard chocolat était voilé. Cole crut un instant y détecter du désir. Impossible. Il devait se faire des idées. Daniel devait être encore troublé par les secrets qu’il lui avait révélés.

— Ça va ? couina-t-il malgré lui.

Daniel posa le T-shirt sur la console et prit une longue inspiration.

— Et toi ? Ça va aller pour le reste ?

Cole acquiesça. Heureusement pour lui, il s’était fait la main pour baisser son pyjama tout seul, comme un grand. Quand Daniel sortit de la salle de bains en refermant la porte derrière lui, il s’affaissa contre la console. Malheureusement pour lui, il y avait bien une personne sur laquelle il ne se ferait jamais la main, et c’était la personne que son cœur réclamait à cor et à cri.

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