Au rendez-vous de la passion
Chapitre 12.
12.
Une semaine plus tard, Jordan disposait d’une étagère dans la salle de bains d’Alexandra, ainsi que de plusieurs cintres dans sa penderie. Et réciproquement.
Dire qu’elle s’était promis qu’ils ne passeraient la nuit ensemble que de temps en temps ! En fait, c’était devenu une habitude quotidienne. Depuis qu’ils avaient goûté au bonheur de dormir ensemble, ils ne supportaient plus d’être séparés.
Chaque jour, elle était un peu plus amoureuse de lui.
Il fallait qu’elle lui parle au plus vite. Plus elle attendrait plus ce serait difficile pour tous les deux.
Le vendredi, elle partit tôt du bureau. Jordan devait la rejoindre chez elle pour le dîner et ce serait sans doute le moment propice.
En arrivant, il l’embrassa longuement.
— Ça va ?
Elle eut un sourire crispé.
— Oui. Juste un peu fatiguée.
Elle avait l’estomac si noué qu’elle mangea du bout des dents. Jordan finit par poser ses couverts pour lui prendre la main.
— Qu’est-ce qui ne va pas ?
— Il faut que nous parlions.
— Je me doutais que tu allais dire ça. Cela fait une semaine que tu ne sembles pas dans ton état normal.
Il lui pressa doucement la main. Elle ne la retira pas.
— Dis-moi.
— C’est à propos de Nathan.
— Il a pris contact avec toi ?
— Non. Il faut que je t’explique pourquoi mon mariage a échoué.
— Je croyais que c’était parce qu’il régentait ta vie et que tu ne pouvais jamais rien décider seule.
— C’est en partie à cause de ça, mais les torts étaient partagés. Je l’ai déçu.
— Que veux-tu dire ?
— Je n’ai pas pu lui donner d’enfants.
Elle prit une profonde inspiration. C’était si dur…
— Notre bébé… ce n’est pas le seul que j’ai perdu. J’ai aussi perdu le sien. Mais cette fois, je ne savais pas que j’étais enceinte.
Elle déglutit péniblement. Remuer ces souvenirs était extrêmement douloureux mais indispensable.
— Un jour au travail, j’ai ressenti de violentes douleurs et je me suis évanouie. J’ai tout de suite compris. Ces douleurs étaient malheureusement familières. Je suis arrivée à l’hôpital trop tard. J’ai perdu le bébé… et l’autre trompe a été endommagée.
Elle releva le menton en refoulant ses larmes.
— C’est ça qu’il faut que tu saches. Je ne peux plus avoir d’enfants sans recourir à la fécondation in vitro.
Elle ferma les yeux, incapable d’affronter le regard de Jordan.
— Et après deux grossesses extra-utérines, je n’en ai pas le courage.
Jordan lui lâcha la main. Comme elle s’y attendait… Pas plus que Nathan il ne pouvait accepter cette situation. Le cœur serré, elle garda les yeux fermés. Voir la pitié et la déception sur son visage, elle ne le supporterait pas…
Mais à sa grande stupeur, elle se sentit soudain soulevée de son siège.
— Que fais-tu ?
— Je pense que tu as besoin de réconfort, répliqua-t-il en prenant sa place et en la forçant à s’asseoir sur ses genoux. Alors j’essaie de t’en apporter.
— Tu n’as pas entendu ce que je viens de te dire ? Je ne peux pas avoir d’enfants !
— Et alors ?
Comment pouvait-il prendre ça avec une telle désinvolture ? se demanda-t-elle avec stupéfaction.
— Tu ne veux pas d’enfants ?
— Pas forcément.
— Mais…
— Alex, je t’aime et je n’ai jamais aimé que toi. Même quand je croyais te détester. Je n’ai jamais aimé Lindsey. C’est sans aucun doute la véritable raison de l’échec de mon mariage. Elle n’était pas toi. Je n’aurais jamais dû l’épouser.
Elle eut du mal à trouver ses mots tant l’émotion lui nouait la gorge. Il l’aimait…
— Moi aussi, je t’aime. Mais je ne pourrai pas te donner d’enfant sans avoir recours à des traitements très lourds, et il n’est même pas certain que ça marche. Nathan a insisté pour que nous fassions plusieurs tentatives. Elles ont toutes échoué.
Elle se mordit la lèvre en se rappelant tout ce qu’elle avait enduré à l’époque.
— Je ne supporterais pas un autre échec.
— Alex, je ne suis pas Nathan. Je ne t’imposerai jamais rien. Je suppose qu’il ne t’a pas soutenue quand tu as perdu le bébé ?
— Il m’a reproché de lui avoir menti par omission. Ce qui était vrai. J’aurais dû lui parler de notre bébé. J’aurais dû être plus prudente. J’aurais dû faire un test de grossesse. Mes règles étaient beaucoup moins abondantes que d’habitude et j’aurais dû vérifier si j’étais enceinte.
Jordan sentait la colère bouillonner en lui. Comment cet homme avait-il réussi à la persuader qu’elle était coupable de tout ? Pourquoi ne lui avait-il pas témoigné la moindre compassion à un moment où elle était particulièrement vulnérable ?
— Tu n’as absolument rien à te reprocher. C’est lui qui n’a pas été à la hauteur. Il aurait dû te soutenir au lieu de te culpabiliser.
— La première année il était adorable avec moi. J’ai cru que je pourrais être heureuse. Et puis petit à petit, il est devenu de plus en plus autoritaire.
— Pourquoi ne l’as-tu pas quitté ?
— Parce que je n’avais plus aucune volonté. Jour après jour je m’étais enfoncée un peu plus dans la soumission. Quand c’est aussi progressif, on ne se rend compte de la gravité de la situation qu’après avoir touché le fond. J’ai tellement honte de m’être laissé dominer comme ça… Je m’inclinais devant lui pour tout. Je n’arrive pas à croire que j’ai pu être aussi faible…
— Tu étais jeune. Et vulnérable à cause de l’échec de notre relation. Quand tu as fini par réagir et décidé de reprendre ta vie en main, il ne l’a pas supporté. Le problème venait de lui, pas de toi.
— Il m’en voulait de ne pas lui donner d’enfant. Il disait que je n’étais pas une bonne épouse. Que si je l’aimais, je suivrais un traitement en clinique.
— C’est lui qui ne t’aimait pas. S’il t’avait vraiment aimée, il ne t’aurait jamais demandé ça. Sauf si tu avais eu toi aussi très envie d’avoir un enfant. Mais ce n’est pas un traitement facile à supporter. Et comme tu l’as dit, le succès n’est jamais assuré.
— Il revenait sans arrêt à la charge. Sans une de mes clientes je serais devenue folle.
— Une de tes clientes ?
— Tu n’as pas lu mon CV avant de me recevoir pour l’entretien ? J’ai travaillé comme aide-ménagère pendant trois ans.
— Je ne me souviens pas avoir noté ça.
— L’agence a sans doute trouvé un intitulé plus flatteur du genre « gestion de services à domicile ». Après être partie de chez mes parents j’ai travaillé pour une agence. J’allais chez les gens pour faire un peu de ménage, quelques courses et éventuellement préparer un repas.
Une fois de plus il prit conscience de ce par quoi Alexandra était passée après leur séparation, et cela lui fit mal au cœur. Comment en avait-elle été réduite à exercer un métier si peu en rapport avec ses goûts et ses ambitions ?
Comme si elle lisait dans ses pensées, Alexandra ajouta d’une voix douce :
— Jordan, j’avais besoin de gagner ma vie et je venais de rater mes examens. Je n’avais pas les moyens de faire la difficile. De toute façon, ce travail ne me déplaisait pas. Je rencontrais des gens très différents et j’avais de bons rapports avec eux. En particulier avec Jude. C’était une ancienne actrice. Elle avait un perroquet qui s’appelait Jasper et qui citait Shakespeare toute la journée. Elle n’arrivait pas à garder ses aides-ménagères parce qu’il faisait exprès de les terroriser en se perchant sur leur épaule pour leur pincer l’oreille. Avec moi ça s’est bien passé. J’aimais l’écouter chanter ou citer Shakespeare.
Alexandra ne put s’empêcher de sourire à ce souvenir.
— Un jour, j’ai terminé machinalement la réplique dont il avait cité le début.
Il sourit à son tour. C’était un jeu auquel ils jouaient souvent autrefois quand il l’aidait à réviser ses examens.
— Jude m’a entendue. Elle m’a invitée à prendre une tasse de thé et m’a demandé comment il se faisait que je connaissais aussi bien Le Conte d’hiver. J’ai fini par tout lui raconter et elle m’a encouragée à reprendre ma vie en mains. L’amie avec qui je suivais les cours du soir aussi. C’est elle qui m’a incitée à passer les tests d’orientation. Pour me prouver à moi-même que je valais mieux que ce que prétendait Nathan.
— C’est évident !
— Ça ne l’était pas pour moi à l’époque. Il voulait un bébé et j’étais incapable de le lui donner. Quand je lui ai annoncé que j’avais l’intention d’entreprendre une formation, il a objecté que je ne pouvais pas étudier et avoir un enfant en même temps. Je lui ai dit que je n’avais pas l’intention d’essayer la fécondation in vitro. Après deux grossesses extra-utérines, je n’avais pas le courage de suivre pendant des mois un traitement aussi contraignant, alors que les chances de réussite étaient aussi réduites. La perspective de subir de nouveaux échecs, cycle après cycle, m’était insupportable.
Il la serra contre lui.
— Bien sûr.
— Les choses se sont encore envenimées. Il m’a dit que j’étais une mauvaise épouse et qu’il allait demander le divorce pour violation grave des devoirs et obligations du mariage.
— Quoi ? Mais c’était lui qui violait les devoirs du mariage !
— Un matin j’ai attendu qu’il parte au travail, j’ai fait mes valises et j’ai quitté notre domicile. Je lui ai laissé une lettre pour lui dire que j’étais désolée mais que je ne pouvais pas rester mariée avec lui plus longtemps et que je lui souhaitais de trouver une femme avec qui il pourrait fonder une famille.
« Il est venu m’attendre à la sortie de mon travail et il m’a ordonné de revenir. J’ai refusé, alors il s’est emporté. Mon patron a entendu les éclats de voix, il est sorti, Nathan a menacé de le frapper et ça a dégénéré… Il a été emmené en garde à vue. J’ai obtenu une injonction d’éloignement et je me suis juré de ne plus jamais laisser personne décider de ma vie à ma place. »
— Sache que je te trouve très courageuse, dit-il en lui caressant la joue.
Et c’était vrai, jamais il n’avait autant aimé, ni admiré quelqu’un qu’Alexandra.
— Sache aussi que je t’aime et que je t’aimerai toujours, ajouta-t-il. Je suis tombé éperdument amoureux de toi quand tu avais dix-sept ans et je t’aime encore davantage aujourd’hui.
— Moi aussi je t’aime, Jordan. Mais tu as besoin d’une femme avec qui tu pourras fonder une famille.
— Nous avons déjà discuté de ça. Je ne suis pas Bennett. Je ne te demanderai jamais de te soumettre à un traitement contraignant. Si tu veux des enfants, il existe d’autres solutions. L’adoption, par exemple. Ou bien la maternité de substitution. Et bien sûr, nous pouvons aussi ne pas avoir d’enfants du tout. Ça ne nous empêchera pas d’être heureux.
— Comment peux-tu être sûr de ne jamais regretter cette décision ? Peut-être pas tout de suite, mais plus tard…
Il la réduisit au silence par un baiser.
— S’il te plaît, ne crois pas que les hommes sont tous les mêmes. Et je veux que tu me fasses une promesse. Si à l’avenir je dis ou je fais quelque chose qui te rend malheureuse, dis-le moi aussitôt. Que ce soit un malentendu ou bien une maladresse, si nous en parlons nous règlerons le problème. Il est très important que chacun de nous écoute l’autre. Ou du moins essaye. Après tout, nous ne sommes parfaits ni l’un ni l’autre.
— A qui le dis-tu !
— Je t’aime.
— Moi aussi, je t’aime, répondit Alexandra en se blottissant contre lui. Mais j’ai très peur de ne pas te suffire.
— Il n’y a que toi qui comptes pour moi. C’est toi que je veux et rien que toi. Je te le répéterai jour après jour, jusqu’à ce que tu finisses par me croire.
La lueur inquiète qui brillait dans les yeux était toujours là. Elle avait envie de le croire mais elle n’y arrivait pas, comprit-il. Pas encore.
Il fallait qu’elle apprenne à lui faire confiance. Et ça prendrait du temps, mais il ferait tout pour qu’elle y parvienne.
* * *
Le week-end suivant, en rentrant du bureau, Jordan trouva Alexandra en proie à une grande nervosité. Elle cherchait des idées pour un projet à la table de sa cuisine et s’efforçait de ne rien laisser paraître, mais il fut alerté par l’irrégularité inhabituelle de son écriture. De toute évidence, quelque chose la contrariait.
— Qu’est-ce qui ne va pas ? demanda-t-il.
— Rien. Je suis juste en train de réfléchir.
— Si c’était vraiment rien, tu ne fuirais pas mon regard.
Elle soupira.
— Ecoute, ce matin, j’ai parlé à mes parents. Je te dois des excuses. Papa ne t’a pas appelé de l’hôpital, lors de mon hospitalisation. Il a décidé de ne pas te prévenir parce qu’il estimait que tu m’avais trop fait souffrir.
Il comprit pourquoi elle était aussi agitée. A présent, elle se demandait ce qui se serait passé si son père lui avait téléphoné comme elle le lui avait demandé. Il passa un bras autour de ses épaules.
— On ne peut pas revenir sur le passé. Il faut lui pardonner. Il cherchait à te protéger. Il a fait ce qu’il croyait être le mieux pour toi à l’époque. Il n’a pas agi par malveillance mais par amour.
Elle eut l’air un peu dubitative.
— Tu as peut-être raison.
— Tu étais proche de tes parents autrefois et je pense qu’ils te manquent. Je suis sûr que c’est réciproque, mais qu’ils ne savent pas comment s’y prendre pour se réconcilier avec toi. Ils craignent sans doute de commettre une maladresse et d’aggraver encore la situation.
— Qu’essaies-tu de me dire ?
Il prit la place d’Alexandra et la fit asseoir sur ses genoux.
— Personne n’est parfait. Le moment est peut-être venu de faire des efforts et d’aller vers eux. De donner à tout le monde une chance de tourner la page sur les erreurs passées. Je sais que ma mère est prête à tout pour se réconcilier avec toi et je suis sûre que tes parents aussi.
— Il faudrait que je fasse le premier pas ?
— Pas toi, nous. Tu n’es plus seule, Alex. Je suis avec toi.
Il l’embrassa.
— Ce n’est pas urgent, mais à mon avis c’est indispensable.
— Tu as raison. Je vais les appeler.
— C’est aussi pour ça que je t’aime. Pour ton courage.
— Je ne suis pas courageuse.
— Si. Et je t’aime.
* * *
Au cours du mois qui suivit, Jordan déclara son amour à Alexandra de mille façons. En faisant porter une rose rouge à son bureau. En recopiant à la main un sonnet de Shakespeare sur du papier parchemin. En gravant un CD de chansons romantiques. En lui offrant des napolitains sur lesquels était gravé JS AB. S’il renonça à la banderole tirée par avion, ce fut uniquement pour éviter les critiques sur son bilan carbone. Mais chaque jour, il trouvait un nouveau moyen de lui dire qu’il l’aimait.
Et chaque nuit, il le lui murmurait à l’oreille. Juste avant qu’elle s’endorme dans ses bras.
Au fil des semaines, il vit s’estomper la lueur d’incrédulité dans ses yeux. Jusqu’au jour où elle disparut complètement.
Un matin, alors qu’il se rendait au travail en compagnie d’Alexandra, il eut comme une révélation : le moment était arrivé. Il referma les doigts sur l’écrin qu’il cachait dans sa poche depuis plus d’une semaine. Pourvu qu’elle réagisse comme il l’espérait…
Une fois dans son bureau, il s’isola et passa un coup de téléphone pour régler les détails pratiques de son plan. A présent, le plus difficile restait à faire.
Il envoya un e-mail à Alexandra.
Ce soir nous sortons. Peux-tu être prête à 19 h 30 ?
Deux minutes plus tard, elle frappa à la porte de son bureau.
— Où allons-nous ?
— C’est une surprise.
— Peux-tu au moins me dire comment je dois m’habiller ?
— Tu es très bien telle que tu es.
Il lui envoya un baiser avant d’ajouter :
— Maintenant, file et arrête de me distraire.
— Bien chef, répliqua-t-elle en faisant un salut militaire.
Il sourit, puis juste avant qu’elle disparaisse dans le couloir, dit d’une voix douce :
— Alex ?
Elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule.
— Oui ?
— Je t’aime.
Elle lui rendit son sourire.
— Je t’aime aussi.
Il sentit alors son cœur se gonfler d’espoir.
* * *
Le taxi arriva à 19 h 30 précises. Pendant tout le trajet, Jordan refusa de dévoiler leur destination. Cela faisait partie du plan. Au détour d’une rue, la grande roue du London Eye apparut, tout illuminée.
— Nous avons un billet pour le dernier tour de la soirée, annonça-t-il. J’ai pensé que ça pouvait être amusant.
— Tu sais quoi ? Je ne suis jamais montée sur le London Eye. Décidément, tu es très doué pour les surprises, Jordan Smith. Merci.
Il s’efforça de garder un air détaché. En réalité, ce n’était pas vraiment ça, la surprise… Pourvu que tout se passe comme il l’espérait !
Ils franchirent l’entrée d’embarquement prioritaire et montèrent dans une capsule. Une seule autre personne s’y trouvait.
— Comment se fait-il qu’il n’y ait pas plus de gens ? demanda Alexandra.
— C’est une capsule privée. En dehors de notre hôte, dont la présence — très discrète — est obligatoire pour des raisons de sécurité, nous serons seuls.
Jordan attendit que la capsule s’élève au-dessus des lumières de Londres, puis il prit une profonde inspiration et se lança :
— J’ai quelque chose à te dire… A vingt ans je voulais me marier avec la fille que j’aimais. Il se trouve que ça n’a pas marché et que nous nous sommes mariés chacun de notre côté. Cependant, nos mariages respectifs se sont soldés par des échecs. Ni l’un ni l’autre nous n’avons épousé la bonne personne, parce que nous étions faits l’un pour l’autre.
« Alex, nous avons tous les deux commis des erreurs et je comprendrais très bien que tu ne veuilles plus jamais te marier. Je ne te demande donc pas de m’épouser. Seulement de vivre avec moi. »
Il posa un genou à terre et prit la main d’Alexandra.
— Je t’aime. Quand je suis avec toi, ma vie prend tout son sens. Je t’aime et je veux vivre avec toi.
Il sortit l’écrin de sa poche et l’ouvrit.
— Je serais très heureux de t’épouser, mais je ne veux rien t’imposer. Ceci n’est donc pas une bague de fiançailles. C’est juste un gage de mon amour. J’ai passé des semaines à la concevoir avec la styliste de chez Field’s.
— C’est pour ça qu’elle m’a demandé mon avis sur tout un tas de croquis de bijoux ? Je me demandais pourquoi elle éprouvait le besoin de me consulter !
— Je voulais te faire une surprise mais je voulais être sûr qu’elle te plairait vraiment.
Les yeux d’Alexandra se noyèrent de larmes.
— Oh ! Jordan !
— Je t’ai toujours aimée. Je t’aimerai toujours. Voilà ce que signifie cette bague. Ce n’est pas une chaîne, c’est une promesse. S’il t’arrive de douter de moi, il te suffira de regarder cette bague pour savoir que je t’aime pour l’éternité. Je ne tiens pas au mariage ni aux enfants. Ce qui compte pour moi, c’est d’être avec toi. Je t’aime et je pense que tu m’aimes aussi. Alors pourquoi ne pas nous donner une nouvelle chance d’être heureux ?
Alexandra hocha la tête.
Alors, il embrassa son annulaire droit et y glissa la bague.
— Jordan, elle est magnifique. Mais j’ai une question à te poser.
Alexandra plongea son regard dans le sien.
— Jordan Smith, veux-tu m’épouser ?
Stupéfait, il resta un instant sans voix.
— Tu es sérieuse ?
— Oui. C’est toi qui as raison. Si nos mariages ont échoué, c’est parce que nous n’avons pas épousé les bonnes personnes.
Alexandra caressa sa joue et il chercha son regard, trop bouleversé pour parler.
— Tu n’es pas Nathan. Tu n’essaieras jamais de régenter ma vie. J’ai confiance en toi.
Elle enleva la bague et la lui rendit.
— Tu veux bien faire les choses dans les règles, à présent ?
— Mais… ce n’est pas une bague de fiançailles.
— Elle est magnifique et elle correspond exactement à mes goûts. Si nous voulons inviter nos parents à célébrer nos fiançailles, c’est à la main gauche que je dois la porter. Tu ne crois pas ?
Il lui adressa un sourire radieux. Jamais il n’avait été si heureux. La voix vibrante d’émotion, il déclara :
— Alexandra, je t’aime. Veux-tu me faire l’honneur de devenir ma femme ?
— Oui.
Il glissa la bague à l’annulaire gauche d’Alexandra. Puis il se releva en riant et l’embrassa avec fougue.
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Vous avez terminé Au rendez-vous de la passion
Kate Hardy