Au rendez-vous de la passion

Kate Hardy · Chapitre 9 sur 12

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Au rendez-vous de la passion

Chapitre 9.

9.

 

 

Lorsque Jordan se gara devant chez elle, Alexandra poussa un soupir de soulagement. Enfin ! Jordan avait été aussi vite que le lui permettait le code de la route, mais cela avait été encore trop long pour elle.

Il l’embrassa sur la nuque pendant qu’elle ouvrait sa porte.

A peine celle-ci refermée, elle l’entraîna dans la chambre. Il vint se placer derrière elle et l’attira contre lui, lui caressant les seins tout en l’embrassant à la base du cou.

— Alex… j’ai envie de toi…

— Moi aussi…

Il lui enleva son T-shirt et son soutien-gorge, puis ouvrit sa braguette. Tout en lui mordillant la nuque, il referma la main sur un sein et glissa l’autre dans sa culotte. Ses caresses achevèrent de la rendre folle de désir.

— Jordan…

— Tourne-toi.

Il fit glisser son jean sur ses cuisses et le lui enleva.

Puis il s’écarta légèrement et la contempla.

— Mmm… Quel spectacle ! J’adore te voir nue…

— Et toi, tu as l’intention de rester habillé ? s’exclama-t-elle, vibrante de frustration.

Il rit.

— Rien ne t’empêche de remédier à cette situation.

— J’ai une meilleure idée.

Elle s’assit sur le lit.

— Je veux un strip-tease.

— Pas de problème.

Il s’exécuta avec une telle lenteur qu’elle faillit se jeter sur lui pour lui arracher ses vêtements.

Enfin il fut nu devant elle. Sublime.

Mais elle n’eut pas le temps de profiter du spectacle très longtemps car, déjà, il la renversait sur le lit et s’emparait de sa bouche avec avidité. Puis il quitta ses lèvres pour ses seins, dont il lécha et mordilla tour à tour les pointes durcies, tandis qu’elle enfonçait les doigts dans ses cheveux en gémissant.

Il poursuivit sa descente et couvrit son ventre de baisers avant de la débarrasser de sa culotte et d’explorer son sexe du bout de la langue.

— Oh oui, Jordan ! Oui… S’il te plaît…

Cette voix implorante était-elle bien la sienne ? Mais tant pis si elle le suppliait. Il avait attisé son désir toute la journée et le plaisir montait déjà du plus profond d’elle. Elle n’avait qu’une envie. S’y engloutir…

Jordan redoubla d’ardeur et elle perdit ses dernières bribes de lucidité. Plus rien n’existait que les sensations inouïes qui l’assaillaient de toutes parts. L’explosion qui la secoua lui coupa le souffle. Quand les ondes de choc finirent par diminuer d’intensité, Jordan se redressa.

— J’ai envie de toi, murmura-t-il en déposant un baiser sur ses lèvres.

Après avoir mis un préservatif, il la pénétra avec lenteur, prenant tout son temps. Puis il roula sur le dos, afin qu’elle le chevauche.

— A toi de jouer, maintenant.

Elle se mit à onduler des hanches avec une nonchalance délibérée, puis lui infligea de brusques changements de rythme. Il était en son pouvoir, et elle adorait cela. Electrisée par ses gémissements, elle fut bientôt incapable de brider la passion qui la dévorait. Elle s’abandonna et l’emporta dans un tourbillon irrésistible. A sa grande joie, elle vit ses yeux briller d’une lueur intense quand il bascula dans le plaisir quelques secondes avant elle. Puis il l’attira contre lui et referma les bras sur elle tandis que leurs deux cœurs battaient frénétiquement à l’unisson.

Elle resta là, blottit contre lui, la tête sur son épaule. Il lui prit la main et la posa sur son cœur, entrelaçant leurs doigts.

— Alexandra Bennett…

Il déposa un baiser sur sa tempe avant de demander :

— Pourquoi as-tu gardé son nom ?

Cette question était si inattendue qu’elle y répondit spontanément.

— Parce que je ne suis plus Alex Porter, adolescente innocente et naïve.

— Il t’a fait souffrir, n’est-ce pas ? Est-ce qu’il te battait ?

— Non.

C’était beaucoup plus subtil que ça. Tout sourires quand elle faisait ce qu’il voulait, mais dans le cas contraire il l’accablait de critiques acerbes.

— Je crois que, si j’ai gardé son nom, c’est pour ne pas oublier de ne plus jamais laisser personne m’imposer sa volonté.

— Tu as vécu des moments très pénibles, n’est-ce pas ?

— Oui.

— Comment l’as-tu rencontré ?

— A un arrêt de bus. Il pleuvait, mon parapluie s’est cassé et il m’a offert de partager le sien. Puis il m’a invitée à dîner le soir même.

Jordan resta impassible malgré la bouffée de jalousie qui l’assaillait.

— J’ai refusé. Je n’avais aucune envie de sortir avec un homme si peu de temps après… ce qui s’était passé. Mais il a renouvelé son invitation le lendemain. Puis le surlendemain. J’ai fini par me dire « Pourquoi pas ? » Il était très attentionné. Je pensais qu’il prendrait soin de moi. Qu’il me soutiendrait…

Elle laissa passer un petit silence avant de reprendre :

— Mais je n’ai pas envie de parler de lui.

Il n’insista pas, c’était sans doute mieux pour l’instant. Avec le temps elle finirait par se confier à lui. Il pourrait alors l’aider à se libérer définitivement de ce passé trouble. Il lui fallait être patient.

— Tu m’invites à passer la nuit avec toi ?

— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

Il masqua sa déception. Il lui fallait être patient, se répéta-t-il. Il devait lui prouver qu’il n’était pas comme Bennett. Qu’il n’avait pas l’intention de lui imposer sa volonté. Il déposa un baiser sur ses lèvres.

— D’accord. Accepteras-tu quand même de prendre le petit déjeuner avec moi ?

— Tu n’as pas l’intention de travailler demain non plus ?

— Pas le matin, non. Et je déjeune chez mes parents. Tu pourrais venir avec moi… Si ça te tente, bien sûr.

— Je doute que ta mère apprécie !

— Détrompe-toi. Quand je lui ai expliqué ce qui s’était passé autrefois, elle a été bouleversée. Depuis elle ne sait pas comment faire pour te présenter ses excuses. Ce serait l’occasion idéale.

Alexandra se redressa d’un bond dans le lit.

— Tu lui as parlé de moi ?

— Bien sûr. Elle s’est trompée à ton sujet. Il fallait bien que je mette les choses au clair. A l’époque elle a tiré des conclusions hâtives.

— A qui le dis-tu !

— Toi et moi nous en avons fait autant, après tout.

Il caressa la joue d’Alexandra.

— Elle m’a confié quelque chose que j’ignorais. Si je suis fils unique ce n’est pas parce que mes parents avaient décidé de privilégier leur vie professionnelle. Après moi, ma mère a fait quatre fausses couches. C’est pour oublier qu’elle s’est réfugiée dans le travail.

Alexandra était très troublée par les révélations que venait de lui faire Jordan. La mère de Jordan n’avait pas réussi à avoir d’autres enfants. Elle-même était bien placée pour savoir à quel point cette situation pouvait être douloureuse. Elle qui n’avait même pas réussi à en avoir un…

Mais Vanessa Smith espérait sûrement avoir un jour des petits-enfants. Et Jordan ? Avait-il envie de devenir père ?

— Et toi, comment se fait-il que tu n’aies pas d’enfants ?

Il laissa échapper un rire ironique.

— Lindsey et moi nous n’avons pas eu le temps d’atteindre cette étape.

— Mais tu en veux ?

— Je n’ai jamais vraiment réfléchi à la question. Après l’échec de mon mariage, le travail est devenu le centre de ma vie. Mais je reconnais que depuis que je t’ai retrouvée, il m’arrive d’y penser. Après tout, nous pourrions être parents, aujourd’hui…

Elle eut l’impression que son cœur se brisait. Si les choses s’étaient passées autrement… Si elle n’avait pas perdu son bébé… Elle n’aurait pas échoué à ses examens. Elle ne serait pas partie de chez elle. Jordan serait venu la voir, les malentendus auraient été dissipés, et ensemble ils se seraient débrouillés. Elle n’aurait jamais rencontré Nathan. Elle n’aurait jamais…

— Alex ?

Jordan déposa un baiser sur ses lèvres.

— Je vais y aller.

Il plongea son regard dans le sien avant de poursuivre :

— Et sache que je ne tenterai jamais de t’imposer ma volonté. Ce n’est pas mon genre.

Elle esquissa un sourire.

— Je sais. Demain je t’apporterai le petit déjeuner.

— D’accord. Reste au lit. Ce n’est pas la peine de te lever pour me raccompagner.

* * *

Quand Jordan ouvrit à Alexandra le lendemain matin, il était uniquement vêtu d’un jean moulant délavé.

Parcourue d’un long frisson, elle ne put s’empêcher de le dévorer des yeux. Mon Dieu, même ses pieds étaient sexy. Elle n’avait qu’une envie. Lui arracher ce jean !

Il l’embrassa longuement.

— Bonjour. Et merci d’avoir apporté le soleil.

Elle éclata de rire.

— Il pleut pratiquement sans arrêt depuis ce matin !

Elle avait été surprise par une averse en sortant du métro et ses cheveux étaient mouillés. Elle les secoua pour asperger le torse de Jordan..

— Ce n’est pas de ma faute, répliqua-t-il en riant lui aussi. Quand je te vois j’ai l’impression que le soleil brille. Même s’il pleut à verse !

Elle lui tendit les sacs qu’elle avait dans les mains.

— Tiens, le petit déjeuner.

— Voyons voir… Du vrai beurre, de la confiture artisanale, des croissants chauds…

Il lui jeta un regard intrigué.

— Mais je ne sens pas d’odeur de café.

— Dans l’autre sac.

Il inspecta le contenu du second sac.

— Un paquet de café ?

— Je suppose que tu as une cafetière et du lait ?

— Oui pour le lait. Non pour la cafetière. Chez moi je bois du café instantané. C’est plus pratique.

— Eh bien nous allons improviser. Tu as une passoire pour le thé ?

— Non.

Elle secoua la tête en prenant un air affligé.

— Va pour l’instantané.

Elle allait devoir lui offrir une cafetière. Le rayon Epicerie fine de Field’s proposait une trentaine de cafés différents et elle avait bien l’intention de tous les goûter. Avec lui. Pas pour une évaluation marketing. Juste pour le plaisir…

Tandis qu’elle mettait la table, il noua les bras autour de sa taille et l’embrassa sur la nuque.

— Maintenant tu sais pourquoi j’achète du café en gobelet le matin.

— Oui, en effet.

Il lui mordilla le lobe de l’oreille.

— Que dirais-tu de prendre le petit déjeuner au lit ?

— Ça dépend des arguments que tu comptes employer pour me convaincre.

Cinq minutes plus tard, ils étaient nus sous la couette dans les bras l’un de l’autre.

Un très long instant plus tard, Jordan se releva pour réchauffer les croissants et préparer le café. Lorsqu’il revint dans la chambre, il était armé d’un plateau et des journaux du dimanche, qu’elle avait apportés.

Le petit déjeuner fut encore l’occasion de nombreux baisers et de caresses les plus folles et les plus sensuelles… et le café fut froid bien avant qu’ils soient prêts à le boire.

— Je vais en refaire, déclara Jordan.

— Non, ce n’est pas la peine. Quand je suis occupée il m’arrive d’oublier mon café et de le boire froid.

— Quel manque de raffinement !

Elle l’embrassa.

— Je n’ai pas envie que tu te lèves. Reste là.

— C’est demandé si gentiment…

Ils passèrent la matinée à lire les journaux et à faire des mots croisés, le tout ponctué de caresses et de baisers. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas passé de moments aussi agréables.

— Il faut que j’y aille, finit par dire Jordan à contrecœur. Veux-tu venir déjeuner chez mes parents avec moi ?

— Je ne suis pas encore prête. Tu veux bien m’excuser auprès de ta mère ? Et dis-lui que j’apprécie son geste.

— Bien sûr.

— Merci. Laisse-moi trois minutes pour m’habiller et je débarrasse le plancher.

— Tu es venue en voiture ? J’ai oublié de te poser la question. Si tu as une contravention, je la paierai.

— Ne t’inquiète pas. J’ai pris le métro.

— Dans ce cas, je te raccompagne.

— Non, tu es déjà en retard.

— Que vas-tu faire cet après-midi ? Aller voir tes parents ?

Sûrement pas. Elle ne se rappelait même pas quand elle les avait eus pour la dernière fois au téléphone. Et encore moins quand elle les avait vus. Sans doute pour l’anniversaire de son père. Au fil des ans leurs relations s’étaient de plus en plus distendues. Et ce n’était pas Nathan qui l’avait encouragée à se réconcilier avec eux. Il était trop content de cette situation. « Tu n’as besoin de personne à part moi », répétait-il sans cesse. Ses parents n’avaient pas tenté non plus de se rapprocher d’elle après son divorce.

Si bien qu’elle avait appris à ne compter que sur elle-même et quelques amis proches. Qui seraient très inquiets pour sa santé mentale s’ils apprenaient qu’elle fréquentait de nouveau Jordan Smith…

— Non. Je pense que je vais faire un tour au Victoria & Albert Museum. Ensuite je rentrerai chez moi pour regarder un film de filles. Puis je préparerai un risotto pour le dîner.

— Un risotto pour deux ? demanda Jordan d’un air plein d’espoir.

Un instant, elle fut tentée d’accepter… Mais non, mieux valait garder encore un semblant de distance.

— Non.

Elle l’embrassa.

— Une autre fois.

* * *

Elle alla directement à Kensington sans repasser par chez elle. En parcourant les salles du Victoria & Albert Museum, elle ne put s’empêcher d’être distraite par la présence des autres visiteurs. Ils étaient tous en couple, en famille ou entre amis. Prenant conscience que Jordan lui manquait, elle se força à se ressaisir. Il était hors de question qu’elle retombe amoureuse de lui. Non seulement leur première relation s’était mal terminée mais elle avait été suivie par un mariage désastreux. Après deux ruptures, elle s’était promis de ne plus jamais lier sa vie à celle d’un homme.

Mais de retour chez elle, même son film favori ne parvint pas à capter son attention et le risotto lui sembla insipide.

Sans Jordan la vie manquait de piment. Ce qui était ridicule ! Elle venait de passer un après-midi très agréable à faire des choses qui lui plaisaient. Quelle importance si elle les avait faites seule ? Elle n’avait pas besoin de Jordan Smith pour s’épanouir.

* * *

Plus tard dans la soirée, il téléphona.

— Bonsoir. Resterait-il du risotto, par hasard ?

— Non.

— Tant pis. Tu as passé un bon moment au musée ? J’y serais bien allé avec toi.

— Peut-être, mais tu aurais détesté le film.

— Comment peux-tu en être sûre ? J’adore les films de filles.

Elle réprima un petit rire.

— Tu ne me feras pas croire ça !

— Il ne m’aurait peut-être pas captivé mais j’aurais été ravi de te tenir compagnie. Toi, moi, ton canapé… c’est un programme alléchant.

— Peut-être le week-end prochain.

— Je me contenterai de cet espoir. Dors bien.

* * *

Au cours des trois semaines qui suivirent, Jordan eut l’impression d’être sur un petit nuage. Les liens entre lui et Alexandra ne cessaient de se resserrer. Au bureau, il prenait soin de garder une attitude très professionnelle devant leurs collègues, mais il envoyait régulièrement des texto pleins d’humour à Alexandra. De son côté, elle lui offrit une cafetière, enveloppée dans du papier de soie blanc orné d’un ruban rouge.

Les petits déjeuners du week-end devinrent rituels, et le soir ils prirent l’habitude de dîner au restaurant italien ou chez elle. Il adorait regarder Alexandra faire la cuisine.

Cependant, elle refusait toujours systématiquement de passer la nuit avec lui. Même très tard, elle insistait pour rentrer chez elle ou le renvoyer chez lui.

Cette barrière entre eux, la dernière, était devenue une obsession chez lui. Il fallait la faire tomber. Il avait trop envie de dormir avec elle.

Le vendredi suivant, il annonça :

— Demain, nous quittons Londres pour la journée.

— Où allons-nous ?

— Surprise…

— Surprise ? Super. Comment faut-il s’habiller ?

— Ni trop décontracté ni trop chic. Chaussures confortables indispensables.

— M’emmènerais-tu au bord de la mer par hasard ? demanda-t-elle, les yeux brillants.

Il eut un sourire énigmatique.

— En quelque sorte. Je viendrai te chercher à 6 heures demain matin.

— 6 heures ?

— Oui. Et n’oublie pas ton passeport.

Elle ouvrit de grands yeux.

— Mon passeport ? Mais où allons-nous ?

— Surprise !

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