Au rendez-vous de la passion

Kate Hardy · Chapitre 8 sur 12

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Au rendez-vous de la passion

Chapitre 8.

8.

 

Le lendemain matin, Alexandra appela Jordan à 8 heures. Il décrocha à la première sonnerie.

— Tu viens seulement de te réveiller ? lui demanda-t-il avant toute chose.

— Non, je suis debout depuis une heure.

Elle n’avait pratiquement pas dormi. Mais il était hors de question de le lui avouer !

— Moi aussi. Pourquoi ne m’as-tu pas appelé plus tôt ?

— Parce que je ne voulais pas être trop envahissante.

Il éclata de rire.

— J’ai failli venir à 6 heures sans prévenir ! Si j’avais su… J’arrive dans vingt minutes avec le petit déjeuner.

— D’accord.

Cela lui laissait le temps de remettre de l’ordre dans l’appartement pour la énième fois, de brancher la bouilloire et de mettre la table… Elle s’affaira, son anxiété et son excitation grimpant de minute en minute. Dans quoi s’embarquait-elle ?

Jordan arriva exactement vingt minutes plus tard avec deux sacs pleins.

— Je suis garé devant l’immeuble, en stationnement interdit. As-tu une carte visiteurs ?

— Oui. Il faut juste que tu indiques la date et ton numéro d’immatriculation.

Il la suivit dans la cuisine. Elle prit une carte dans un tiroir et la lui tendit.

— Merci. Tu peux peut-être t’occuper des courses pendant que je redescends ? suggéra-t-il en posant les sacs sur la table.

Ces derniers contenaient plusieurs feuilletés encore chauds, des nectarines, un pot de yaourt grec, deux grands gobelets de café. Et une rose rouge.

— En quel honneur, la rose ? demanda-t-elle quand il revint.

Il sourit.

— Je voulais t’apporter un bouquet mais je me suis dit que tu allais protester. Alors qu’une rose unique, c’est indissociable d’un plateau de petit déjeuner. Et comme je t’ai apporté le petit déjeuner… Il manque le plateau, mais bon.

— Merci, elle est magnifique. En revanche, je suis scandalisée que tu aies acheté du café en gobelet ! Et même tout le reste, tu aurais pu t’en dispenser.

Elle mit les poings sur les hanches, l’air faussement réprobateur avant de continuer :

— Il se trouve que contrairement à vous, monsieur Smith, j’ai un réfrigérateur correctement rempli.

— Je n’en doute pas, madame Bennett. Mais il était convenu que j’apporte le petit déjeuner. Et je vous assure que ce café est excellent.

Il coupa une nectarine en morceaux et du jus se répandit dans l’assiette.

— Parfait, déclara-t-il avec un large sourire. C’est encore mieux que je ne l’espérais.

— Que veux-tu dire ?

Elle comprit tout de suite lorsqu’il lui mit un morceau dans la bouche en prenant soin de laisser couler du jus au coin de ses lèvres. Puis il lécha celui-ci du bout de la langue.

— Alors ? demanda-t-il d’une voix enjôleuse.

— Tu triches, murmura-t-elle dans un souffle. Nous sommes juste censés prendre le petit déjeuner.

Il l’embrassa langoureusement, puis ils s’assirent.

— Que veux-tu faire aujourd’hui ? demanda-t-il en buvant une gorgée de café.

— Je ne sais pas.

— Tu te souviens, notre promenade au bord de la Tamise ? Ce jour-là tu m’as dit que tu n’avais pas vu la mer depuis des années. Que dirais-tu de remédier à cela ?

— Sérieusement ?

— Bien sûr.

— Je vais chercher une serviette de bain.

Jordan arqua les sourcils.

— Tu as l’intention de barboter ? Au mois de mars ?

Avec un peu de chance, l’eau froide l’aiderait à retrouver la raison, songea-t-elle avant de répliquer :

— Comment ne pas barboter à la plage par une belle journée ensoleillée ?

— Alors va vite chercher tes affaires.

* * *

Pendant qu’Alexandra se préparait, Jordan fit la vaisselle. Il eut un sourire attendri en l’entendant siffloter dans une pièce voisine. Elle restait très discrète sur son mariage, mais il semblait évident que son ex-mari l’avait fait souffrir et que cette souffrance avait laissé des traces. Ce qui expliquait sans doute pourquoi elle ne vivait que pour son travail. Il allait mettre de la joie dans sa vie.

— Jordan, il ne fallait pas ! s’exclama-t-elle en revenant avec un sac plein à craquer.

— C’était parfaitement normal.

— Merci.

— Allons-y.

Quand Alexandra découvrit sa décapotable, elle s’exclama :

— Je n’arrive pas à croire que tu as une voiture aussi extravagante !

— J’ai bien le droit d’avoir un vice.

— Pourquoi ne la prends-tu pas pour venir au travail ?

— J’habite assez près pour venir à pied. Ça m’éclaircit les idées le matin.

Elle s’installa à l’avant et posa son sac sur la banquette arrière.

— Choisis la station que tu veux, dit-il en indiquant l’autoradio.

Elle sélectionna une radio de musique pop et se cala dans son siège.

— Où allons-nous ? demanda-t-elle quand ils quittèrent la ville.

— Brighton est la destination la plus directe. Ça te va ou tu préfères aller ailleurs ?

— Va pour Brighton. Je n’y suis pas allée depuis des années…

Assaillie par les souvenirs, Alexandra fut incapable de terminer sa phrase.

La dernière fois c’était avec lui. Le souvenir de leur escapade était gravé à tout jamais dans sa mémoire. Le samedi qui avait suivi son dix-huitième anniversaire, ils avaient passé la journée à Brighton. Ils avaient barboté dans l’eau, puis ils s’étaient promenés sur la jetée et avaient mangé des fish and chips avant de rentrer à Londres. Pendant tout le trajet, la main de Jordan n’avait quitté sa cuisse que pour les changements de vitesse. Au fil des kilomètres, le désir était monté en elle, inexorable. Sans qu’ils en aient parlé, elle savait ce qui allait se passer.

Dieu merci, ses parents étaient sortis…

Ils étaient montés directement dans sa chambre, ils s’étaient déshabillés fébrilement et ils avaient fait l’amour pour la première fois.

Jordan posa brièvement la main sur sa cuisse. Le message était clair : il lui disait que lui aussi se souvenait. Mais quelles étaient ses intentions ? Avait-il décidé de leur faire revivre cette journée ? Ils ne pouvaient pas revenir en arrière, il devait quand même bien le savoir…

Comme s’il lisait dans ses pensées, il murmura d’une voix apaisante :

— Ne te pose pas trop de questions. Aujourd’hui nous allons juste passer une bonne journée à la plage, d’accord ?

— D’accord.

* * *

Ils commencèrent par se promener sur la jetée, main dans la main, et Jordan savourait les sensations que cette journée éveillait en lui. Comme tout cela était étrange ! C’était comme un retour à l’adolescence. Un peu perturbant, mais très libérateur. Aujourd’hui, il s’agissait de savourer l’instant en oubliant le gâchis du passé.

Après avoir mangé une glace, ils descendirent sur la plage de galets. Alexandra enleva ses chaussures puis elle l’entraîna vers la mer. Elle remonta son jean jusqu’aux genoux.

— C’est froid ? demanda-t-il en la voyant sautiller sur place, le souffle coupé.

Elle arbora un sourire serein.

— Pas du tout. Viens, elle est délicieuse.

Il secoua la tête. Très peu pour lui.

— Tu es folle.

— Et toi tu es une poule mouillée. On est presque en été !

— Au mois de mars ?

Il enleva ses chaussures et ses chaussettes, puis remonta son pantalon. Mais il évita soigneusement de mettre les pieds dans l’eau.

Mais elle ne l’entendait visiblement pas de cette oreille, car elle se mit à l’asperger.

— Houlà ! Elle est gelée !

Tout en éclatant de rire, il plongea les mains dans l’eau et éclaboussa Alexandra. Puis il contempla son œuvre avec un sourire satisfait.

— Dans un concours de T-shirts mouillés, je t’accorderais la victoire sans hésiter.

Elle baissa les yeux sur ses seins et rougit en découvrant que l’eau avait rendu son T-shirt totalement transparent. Ses tétons pointaient clairement sous le frêle tissu.

— Tu exagères ! Je t’ai juste lancé quelques gouttes.

Elle lança de grands coups de pied dans l’eau et bientôt il se retrouva avec le jean trempé. Il riposta aussitôt. Ils s’éclaboussèrent mutuellement et furent bientôt aussi trempés l’un que l’autre.

— Je suppose que tu n’as pas emporté de vêtements de rechange ? demanda-t-il.

— Non.

— Alors on va en acheter.

— Aucune boutique ne nous laissera franchir la porte dans cet état.

— Il ne nous reste plus qu’à nous sécher au soleil.

Il lui prit la main et l’entraîna plus haut sur la plage.

— Excuse-moi. J’ai exagéré.

— Pas du tout, répondit-elle. Ça fait une éternité que je ne m’étais pas autant amusée.

Les yeux pétillants de malice, il déclara :

— La semaine prochaine, nous devons recevoir des pistolets à eau pour le rayon jouets. Je pense qu’il serait judicieux de les tester. Ça te dirait ? Toi et moi, à Hampstead Heath pour un duel au pistolet à eau, le week-end prochain ?

— Tu es en pleine régression ! lança-t-elle en riant.

— On peut dire ça.

Il étala la serviette sur les galets et ils s’allongèrent dessus.

— Toi, moi, le soleil et la mer… C’est le paradis ! lâcha-il avec un soupir d’aise.

— Tu as oublié les mouettes.

Il se redressa sur un coude et vola un baiser furtif à Alexandra. Puis il s’empara de sa bouche avec gourmandise.

— Jordan, c’est une plage familiale !

— C’est bien dommage. Imagine que nous soyons seuls…

Alexandra ne chercha même pas à ignorer l’image qui s’imposa à elle. Ils étaient tous les deux sur une plage déserte. Seuls. Nus au soleil. Et elle n’avait aucune raison de se refréner tandis que Jordan l’embrassait, la caressait…

Elle laissa échapper un gémissement de frustration.

— Si tu as juré de me rendre folle, c’est réussi !

— C’est de ta faute. Tu es beaucoup trop sexy…

Il déposa un baiser sur ses lèvres avant de lui murmurer à l’oreille :

— Comment veux-tu que je n’aie pas envie de te faire l’amour ? Dès que nous serons secs, nous rentrerons à Londres.

— D’ici là, j’aurai perdu la raison ! Ne restons pas allongés. J’ai besoin de bouger.

— Excellente idée. Que dirais-tu d’une nouvelle tournée de fish and chips ?

Ils se donnèrent la becquée, ce qui déclencha des petits jeux qui exacerbèrent encore un peu plus leur désir.

— Nous ne sommes pas encore secs mais tant pis pour ma voiture, décida Jordan lorsqu’ils eurent terminé. Nous rentrons à Londres.

Il vola un dernier baiser à Alexandra.

— Tout de suite.

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