Connaissance de la Déesse

Lucien Fabre · Chapitre 15 sur 35

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Connaissance de la Déesse

Ton regard est si radieux

 

Qu’il illumine d’une flamme

Le doux abandon de mon âme

À ta bravoure, ô jeune dieu!

 

Le beau périple où tu m’entraînes,

Sinueux comme une toison,

Mène une chaîne qui m’enchaîne

Aux victimes de ton poison;

 

Nous reverrons leurs horizons,

Nous boirons aux mêmes fontaines,

Dans cette éternité lointaine

D’où tu fis surgir les Saisons…

 

Sinon toi, quel divin mystère

Du néant aspira la Terre,

Anima l’homme et le roseau?

 

Et ta forme fut la première

Où se révéla la lumière,

Quand l’Esprit flottait sur les eaux.

 

Jeune roi chargé de puissance,

Tendresse de l’insouciance,

Source vive de tout émoi,

Tes langueurs désarment les Lois.

 

La misérable expérience

Ne saurait pas vivre sans loi

Qui fais fleurir une espérance

Et nous séduis, ô jeune roi!