Connaissance de la Déesse
Dansant au rythme des syrinx
Et la sagesse alexandrine
Evoque en souriant le sphinx!
Or un soir vide et sans pensée,
Toi-même à toi-même ravi,
Lasse de dispute insensée
Et des chemins longtemps suivis,
Ton âme captive et blessée,
Nostalgique des paradis,
Rêvait d’un merveilleux Persée…
Mais les demi-dieux de jadis
Sont retournés à la matière;
D’eux, n’espère plus la lumière,
Les flots lourds des spleens triomphants
Te noient de muettes cohortes,
Leurs nénuphars sur tes eaux mortes
Dorment un sommeil étouffant.
Ô proie des passions extrêmes,
Par quel sublime enchaînement
De l’effort et du tremblement,
Te recherchas-tu en toi-même?
Dans cette retraite suprême,
Tu connus le recueillement.
Tu méditas si longuement
Du soir ardent au matin blême,
Que tu pressentis le soleil:
Longeant les étangs du sommeil
Tu fis surgir des gouffres glauques
Le double obscur qui t’est pareil:
Vous eûtes d émouvants colloques!
Mais tu redoutes le Réveil.
Déjà, au fond de ta pensée,
Ton image ressuscitée,
Pâlissante, te dit adieu:
C’est qu’elle m’infuse sa vie,
Je suis autour de toi, ravie,