Connaissance de la Déesse

Lucien Fabre · Chapitre 21 sur 35

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Connaissance de la Déesse

Dansant au rythme des syrinx

Et la sagesse alexandrine

Evoque en souriant le sphinx!

 

Or un soir vide et sans pensée,

Toi-même à toi-même ravi,

Lasse de dispute insensée

Et des chemins longtemps suivis,

 

Ton âme captive et blessée,

Nostalgique des paradis,

Rêvait d’un merveilleux Persée…

Mais les demi-dieux de jadis

 

Sont retournés à la matière;

D’eux, n’espère plus la lumière,

Les flots lourds des spleens triomphants

 

Te noient de muettes cohortes,

Leurs nénuphars sur tes eaux mortes

Dorment un sommeil étouffant.

 

Ô proie des passions extrêmes,

Par quel sublime enchaînement

De l’effort et du tremblement,

Te recherchas-tu en toi-même?

 

Dans cette retraite suprême,

Tu connus le recueillement.

Tu méditas si longuement

Du soir ardent au matin blême,

 

Que tu pressentis le soleil:

Longeant les étangs du sommeil

Tu fis surgir des gouffres glauques

 

Le double obscur qui t’est pareil:

Vous eûtes d émouvants colloques!

Mais tu redoutes le Réveil.

 

Déjà, au fond de ta pensée,

Ton image ressuscitée,

Pâlissante, te dit adieu:

C’est qu’elle m’infuse sa vie,

Je suis autour de toi, ravie,