Connaissance de la Déesse
Troubler des rondes inconnues
Et les Pléiades toutes nues
Et les Soleils jamais lassés!
Moi!… glacé contre l’air glacé,
Faire jaillir des étincelles
De cet éther en mouvement,
Sous mes baisers! comme un amant…
Et, nous frottant au firmament,
Nous éparpiller en parcelles…
Ah! que deviendrais-tu, Désir?
Certain de pouvoir t’assouvir,
Ton pouvoir ne serait qu’un leurre
Puisque tu mourrais en naissant;
Et moi, je saurais, connaissant
Le bonheur que tu me procures,
Régler à mon gré l’aventure,
Et, pour accroître mon plaisir,
Dans cette ivresse que j’assume,
Mettre une goutte d’amertume
Comme d’un secret élixir.
Ah! que deviendrais-tu, Désir?
Hélas! tu saurais me saisir…
Que peut te faire mon vertige,
Ma chasse aux désirs renaissants?
Si je ne suis plus qu’un passant
Dont il ne reste pas vestige,
Empoisonnant mes souvenirs,
Tu m’inspireras le désir
D’interrompre ma parabole,
De voir ces mondes que je frôle
Sans espoir d’y jamais venir…
Hélas! je ne peux pas choisir!
Pour t’échapper, ô notre Maître
Puisque, parmi tous ces désirs,
Il n’en est pas qui puisse naître
Il ne me reste qu’à mourir…
CONNAISSANCE DE L’EXALTATION
À Adrienne Monnier.
CONNAISSANCE DE L’EXALTATION
Pour retrouver tes origines,
Et pour élucider tes fins,
Tu as tout consulté en vain:
Socrate, Pythagore et Pline,
Mais les témoignages humains
Depuis les métopes d’Egine,
Jusqu’aux caissons de la Sixtine
N’ont pas révélé leur dessein.
À ta réflexion chagrine,
Les vieux temples sur les collines
N’ont offert que des ballerines