Connaissance de la Déesse

Lucien Fabre · Chapitre 20 sur 35

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Connaissance de la Déesse

Troubler des rondes inconnues

Et les Pléiades toutes nues

Et les Soleils jamais lassés!

 

Moi!… glacé contre l’air glacé,

Faire jaillir des étincelles

De cet éther en mouvement,

Sous mes baisers! comme un amant…

Et, nous frottant au firmament,

Nous éparpiller en parcelles…

 

Ah! que deviendrais-tu, Désir?

 

Certain de pouvoir t’assouvir,

Ton pouvoir ne serait qu’un leurre

Puisque tu mourrais en naissant;

Et moi, je saurais, connaissant

Le bonheur que tu me procures,

Régler à mon gré l’aventure,

Et, pour accroître mon plaisir,

Dans cette ivresse que j’assume,

Mettre une goutte d’amertume

Comme d’un secret élixir.

 

Ah! que deviendrais-tu, Désir?

 

Hélas! tu saurais me saisir…

Que peut te faire mon vertige,

Ma chasse aux désirs renaissants?

Si je ne suis plus qu’un passant

Dont il ne reste pas vestige,

Empoisonnant mes souvenirs,

Tu m’inspireras le désir

D’interrompre ma parabole,

De voir ces mondes que je frôle

Sans espoir d’y jamais venir…

 

Hélas! je ne peux pas choisir!

Pour t’échapper, ô notre Maître

Puisque, parmi tous ces désirs,

Il n’en est pas qui puisse naître

 

Il ne me reste qu’à mourir…

 

CONNAISSANCE DE L’EXALTATION

 

À Adrienne Monnier.

 

CONNAISSANCE DE L’EXALTATION

 

Pour retrouver tes origines,

Et pour élucider tes fins,

Tu as tout consulté en vain:

Socrate, Pythagore et Pline,

 

Mais les témoignages humains

Depuis les métopes d’Egine,

Jusqu’aux caissons de la Sixtine

N’ont pas révélé leur dessein.

 

À ta réflexion chagrine,

Les vieux temples sur les collines

N’ont offert que des ballerines