Connaissance de la Déesse

Lucien Fabre · Chapitre 4 sur 35

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Connaissance de la Déesse

Ne sont pas tant ensevelies

Que des souvenirs trop cruels

 

Après d’absinthe et doux de miel,

N’aillent au profond de leur ciel

Les implorer… Voluptés saintes,

 

Vénus de leurs sables mouvants,

Voici que des voeux émouvants

Montent à nous comme des plaintes..

 

L’excès tremblant des douleurs feintes,

Pluie fragile, sur le jardin

De pleurs et de roses éteintes,

Mêlant les sons avec les teintes,

 

Jonche le marbre des gradins.

La peur d’éviter mes atteintes

Et les stupres de mon eden

Dévorant, vous ronge de crainte:

 

Ah! mortels, cessez de gémir:

Aux mirages du souvenir,

Craignez de voir épanouie

 

La fleur secrète évanouie

Où vont se fondre les langueurs

Qui s’accumulent dans ce cœur!

 

LA CONCUBINE.

 

Serai-je qu’une concubine?

Mortel Amour que je devine,

Fonds d’une brûlure divine

Les glaces d’un cœur renaissant.

 

Déjà tes rayons frissonnants.

D’une caresse si câline

Dorent mon ventre obéissant;

Aux golfes d’ombre, pâlissant

 

D’effleurer mon sein qui se livre

Ta lumière tremble et s’enivre,

Ah! mortels, mortels caressants,

 

Quelle divinité vous presse?