Connaissance de la Déesse
Ne sont pas tant ensevelies
Que des souvenirs trop cruels
Après d’absinthe et doux de miel,
N’aillent au profond de leur ciel
Les implorer… Voluptés saintes,
Vénus de leurs sables mouvants,
Voici que des voeux émouvants
Montent à nous comme des plaintes..
L’excès tremblant des douleurs feintes,
Pluie fragile, sur le jardin
De pleurs et de roses éteintes,
Mêlant les sons avec les teintes,
Jonche le marbre des gradins.
La peur d’éviter mes atteintes
Et les stupres de mon eden
Dévorant, vous ronge de crainte:
Ah! mortels, cessez de gémir:
Aux mirages du souvenir,
Craignez de voir épanouie
La fleur secrète évanouie
Où vont se fondre les langueurs
Qui s’accumulent dans ce cœur!
LA CONCUBINE.
Serai-je qu’une concubine?
Mortel Amour que je devine,
Fonds d’une brûlure divine
Les glaces d’un cœur renaissant.
Déjà tes rayons frissonnants.
D’une caresse si câline
Dorent mon ventre obéissant;
Aux golfes d’ombre, pâlissant
D’effleurer mon sein qui se livre
Ta lumière tremble et s’enivre,
Ah! mortels, mortels caressants,
Quelle divinité vous presse?