Coquine à croquer (Quand les jeunes filles timides étaient dévergondées t. 3) (French Edition)

Chapitre 3

Chapitre Trois

 

 

Sophie, prise de panique, entendit des dizaines de personnes s’engouffrer

dans la pièce. À aucun moment, elle n’avait pris le temps de réfléchir au

nombre de convives qui assisteraient au banquet de Jonathan. Elle s’était

imaginé qu’ils seraient une poignée tout au plus, mais une véritable cohue

de dames et de messieurs entrait dans la pièce en jacassant, en s’exclamant

et en s’émerveillant de tout ce qu’ils voyaient.

— Ne vous inquiétez pas, dit Jonathan.

Sophie l’entendit faire disparaître sous la table l’escabeau qu’elle avait

utilisé pour grimper sur son perchoir.

— Je me tiendrai à proximité, tout comme Freddy.

Elle présuma qu’il faisait référence à l’un de ses assistants.

— Si quelqu’un fait un geste pour vous toucher, nous l’en empêcherons.

Sophie hocha légèrement la tête, mais la peur et la nécessité de rester

parfaitement immobile, pour ne pas fissurer les décorations qui la

recouvraient, lui interdisaient tout mouvement.

Elle sentit Jonathan s’éloigner, et, à mesure qu’il s’écartait, des

exclamations de surprise parcoururent la salle. Comme elle avait les yeux

couverts par la pièce de soie, elle ne pouvait pas voir grand-chose, mais elle

se rendait compte qu’elle avait été remarquée.

— Doux Jésus ! Regardez-moi ça, dit une voix masculine, se précipitant

vers elle.

Sophie sentit les gens approcher. Son cœur cognait si fort contre sa

poitrine qu’elle était certaine que tous ceux qui la regardaient nue le

voyaient. Puis, à mesure que les commentaires chuchotés à voix basse parvenaient à ses oreilles, elle prit conscience que ce n’était pas son rythme

cardiaque que les gens regardaient.

— Ces tétons ont l’air délicieux, dit un homme d’un ton grivois.

— Ils sont à croquer, vous voulez dire, répondit son ami avec un petit

rire.

— Ils ne sont pas à croquer, déclara un troisième. Mais à téter et

savourer.

Les trois hommes rirent. Si grossiers qu’étaient leurs commentaires, ils

eurent pour effet, paradoxalement, d’attiser le feu du désir que Jonathan

avait allumé en Sophie.

Plus les convives s’approchaient pour la contempler, plus s’éveillait sa

sensualité.

— C’est obscène, s’écria une femme, et Sophie sentit un souffle d’air,

comme si elle s’éventait. Tout est exposé. Tout.

— Vous pouvez le dire, dit un homme d’une voix beaucoup plus

admirative.

Sophie sentit que la femme poursuivait son chemin et entendit l’homme

murmurer à quelqu’un :

— Cette chatte me semble être un régal, ma foi.

Une femme dit en riant d’une voix de gorge.

— Cela vous plairait-il de regarder, tandis que je la gobe, cette

coquine ?

Les sourcils de Sophie se haussèrent sous la soie qui lui cachait le

visage.

L’homme poussa un grognement de désir.

— Nous ferions mieux de nous éloigner, sinon je vais m’embarrasser.

La femme partit d’un grand rire, et ils s’éloignèrent tous deux. Ils furent

cependant vite remplacés par d’autres. Au bout de quelques minutes,

Sophie avait compris ce que signifiait être la pièce maîtresse du banquet.

— C’est une vraie fille ? demanda un homme à quelques mètres

seulement. Je ne pense pas.

— Bien sûr que c’est une vraie jeune fille, déclara une femme.

Regardez attentivement, et vous verrez qu’elle respire.

Sophie retint instantanément son souffle.

— Elle ne bouge pas du tout. Je ne pense pas que ce soit une vraie jeune

fille, dit l’homme.

— S’il vous plaît, ne touchez pas, monseigneur, dit la voix ferme de

Jonathan juste au moment où Sophie sentait une main près de son ventre.

C’est une vraie personne.

— Mon Dieu, dit l’homme. Elle est nue.

— Vous ne vous en rendez compte que maintenant ? demanda la femme

qui l’accompagnait.

— Je pensais qu’elle était en sucre avant, poursuivit l’homme. Mais

c’est… c’est extraordinaire.

D’autres personnes passèrent. Sophie commençait à se détendre dans

son rôle. Elle sentait leurs yeux braqués sur elle, sentait le désir qu’ils

éprouvaient. Plus de la moitié des commentaires chuchotés à côté d’elle

étaient admiratifs et sensuels, mais certaines personnes se sentaient

terriblement offusquées. Sophie ne leur prêtait guère attention. Elle espérait

sincèrement que Jonathan pourrait faire des affaires grâce à son exposition.

— George. George, venez donc ici, dit un homme qui se trouvait à

hauteur de ses pieds.

Sophie eut un moment de panique en imaginant que son frère George la

voyait dans le plus simple appareil.

— Mon Dieu, on peut voir sa chatte comme si on y était, s’exclama

l’homme en question, vraisemblablement George.

Sophie poussa un soupir de soulagement dans son for intérieur. Ce

n’était pas son frère. Beaucoup d’hommes s’appelaient George.

— Est-ce que c’est du sirop de sucre ou est-ce qu’elle est mouillée ?

chuchota George à son ami.

— Mon Dieu, je crois bien qu’elle mouille, déclara l’ami. Cette petite

coquine aime qu’on la reluque.

— Ha ! Coquine, grogna George, avant d’ajouter : Nom d’un chien,

mon ami, enlevez votre main de votre culotte. La salle est pleine de monde.

— Il doit bien y avoir une pièce où l’on peut se retrouver dans l’intimité

quelque part dans cette maison, répliqua l’ami de George, comme s’il avait

un besoin pressant, avant de s’éloigner à toute vitesse.

Sophie avait envie de rire, mais elle resta parfaitement immobile. Qui

aurait pensé que Sophie Barnes, mise au ban de la société et devenue

invisible, pourrait inciter des messieurs à se masturber lors d’une

exposition ? Peu importait qu’ils ne sachent pas qui elle était.

— 1 Ça y est. C’est parfait, dit un homme à côté de Sophie.

Elle le sentit se pencher vers elle.

— S’il vous plaît, ne touchez pas, monseigneur, déclara Jonathan pour

ce qui semblait être la centième fois de la soirée.

— Je ne touchais pas, répondit l’homme dans un anglais irréprochable,

sans accent.

La voix était familière, mais Sophie n’arrivait pas à la situer.

— Que voulez-vous dire par « c’est parfait », demanda une voix de

femme en parlant très bas.

Sophie reconnaissait également cette voix, mais comme elle ne voyait

rien, elle n’avait aucune idée de qui parlait.

— En français. C’est plus sûr de cette façon, poursuivit l’homme.

— Plus sûr ? dit la femme en français. La moitié des personnes

présentes dans la salle parlent français.

— Je doute qu’il sache parler français, déclara l’homme, faisant sans

aucun doute référence à Jonathan. Pas plus que cette putain d’ailleurs.

Les tripes de Sophie se nouèrent, mais elle ne pouvait rien faire d’autre

que rester étendue sans remuer et écouter. Elle avait pris des cours intensifs

de français avant que George ne renvoie sa gouvernante, et le parlait

comme sa langue maternelle. Maintes fois, elle avait passé l’après-midi à

converser uniquement en français avec Rebecca et ses amies.

Elle fut tirée de ses réflexions indignées lorsque l’homme poursuivit :

— Les confiseries. Vous ne voyez pas ? Ce sera parfait pour ce que

nous voulons faire.

— Je ne vois pas comment, dit la femme.

— Les autorités se méfient, poursuivit l’homme. Ils ont failli identifier

l’origine des informations que nous avons envoyées à Langlais à plusieurs

reprises.

— Je n’ai jamais fait confiance à cet homme, déclara la femme. Je me

fiche qu’il travaille pour le gouvernement français ou non, cet homme est

un pirate sanguinaire.

Sophie faillit pousser un cri à cette remarque. Son cœur cognait dans sa

poitrine, et il lui était plus difficile que jamais de rester immobile.

— Poussez-vous donc, réclama quelqu’un derrière l’homme et la

femme. Nous voulons jeter un coup d’œil aux tétines de sucre.

— Attendez votre tour, grogna l’homme.

Sophie le sentit se retourner vers la table avant de dire à la femme en

français :

— Regardez tous ces bonbons, ces gâteaux et ces tartes. C’est

précisément le genre de choses que les Français adorent. Ce serait un jeu

d’enfant de faire une commande à envoyer à Paris.

— À quelle fin ? demanda la femme.

— Nous écrivons les noms et les itinéraires des navires marchands sur

de petits bouts de papier et les insérons dans des gâteaux. Mon homme a

obtenu des informations concernant une douzaine ou plus de navires des

Indes orientales et les itinéraires qu’ils envisagent de suivre. Langlais

paiera généreusement pour de telles informations.

— Cela le rendrait plus riche qu’un sultan, convint la femme. Nous

aussi. Et tout ce que nous aurions à faire, c’est planquer nos messages dans

des gâteaux.

— Si le pire se produisait, poursuivit l’homme, nous pourrions tout

mettre sur le dos du mulâtre. Personne ne nous soupçonnerait si nous

rejetions le blâme sur lui.

— Quelle idée de génie ! dit la femme. J’ai toujours su que vous étiez

intelligent.

— Avancez donc, dit l’homme qui se tenait derrière le couple, et qui

était à bout de patience.

— D’accord, d’accord, répondit l’homme sèchement. Nous en avons

assez de regarder cette coquine de bas étage de toute façon.

Le couple poursuivit son chemin, mais Sophie aurait bien aimé qu’ils

s’attardent encore un peu. Elle avait envie de retirer la pièce de soie de ses

yeux pour voir qui ils étaient. C’étaient des espions, peut-être les mêmes

espions qui avaient fourni des informations aux pirates français dont tout le

monde avait parlé à la fête de mariage d’Honor et Sebastian. Sophie en était

certaine, et pourtant, elle ne pouvait rien faire pour les arrêter.

 

JONATHAN SE TENAIT à la tête de la table où Sophie était allongée, et il avait

toutes les peines du monde à réprimer ses émotions. Son banquet montrait

tous les signes d’un énorme succès. Près de deux cents invitations avaient

été envoyées, promettant douceurs et surprises, pour mettre en valeur son

talent de pâtissier. C’était encourageant de voir qu’au moins les deux tiers

des personnes qu’il avait invitées étaient venues. Ses assistants l’avaient

informé que plusieurs personnes s’étaient présentées sans invitation, mais comme il s’agissait de clients potentiels, Jonathan avait été plus qu’heureux

de les laisser entrer.

Néanmoins, même si toutes ces personnes fortunées et privilégiées

restaient bouche bée et s’extasiaient d’admiration, même s’ils poussaient

des grognements de plaisir quand ils goûtaient les gâteaux que ses assistants

distribuaient, peu d’entre eux lui avaient demandé des menus et des listes de

prix. Il voulait que ce banquet soit plus qu’un spectacle. S’il voulait faire

son propre chemin et ne pas être seulement le représentant de son père à

Londres, il devait se faire une place dans le monde de la cuisine, l’art qui

donnait un sens à sa vie.

Mais en regardant Sophie, il recouvra son calme et son courage. Sa

bouche pincée retrouva le sourire. Il était impressionné. Plus

qu’impressionné. Il avait pris un énorme risque en invitant la virginale Miss

Sophie Barnes à devenir la pièce maîtresse de son banquet. Quand il l’avait

vue pour la première fois au mariage de Sebastian, elle lui avait semblé

douce, naïve, un peu triste et fragile. Sebastian et Thomas lui avaient

raconté dans quelles circonstances elle avait été mise au ban de la haute

société, mais jamais il n’aurait cru qu’elle accepterait de se dénuder pour

lui. Au mariage, il n’avait vu que ses courbes splendides et ses lèvres

sensuelles.

Elle avait un corps magnifique. Il n’aurait pas pu demander une toile

plus délicate. Elle avait le ventre plat et la taille fine. Ses seins, lourds et

voluptueux, se dressaient si fièrement qu’il était tout aussi excité que les

convives qui restaient devant elle, bouche bée de convoitise. Ses cuisses

étaient assez généreuses pour être galbées. Et quand elle s’était dénudée et

qu’il avait vu son sexe doux comme la soie, il n’avait plus eu qu’une envie :

oublier le banquet pour pouvoir la toucher, la goûter à loisir, et passer le

reste de la soirée à s’enfouir au plus profond de cette douceur. Il avait même

failli s’embarrasser et jouir dans sa culotte quand il avait découvert à quel

point elle était mouillée tandis qu’il la décorait.

— Monsieur Foster, c’est une véritable œuvre d’art.

Un duc qui approchait tira Jonathan de ses pensées de plus en plus

passionnées, et il en fut reconnaissant.

— Merci, Votre Grâce, dit-il, s’inclinant avec respect.

Le duc se rapprocha de lui et murmura :

— La fille est-elle à vendre ? Vous savez, pour un festin d’après-

banquet, dit-il avec un clin d’œil lubrique.

— Je crains qu’elle ne le soit pas, Votre Grâce, déclara Jonathan, l’air

impassible. Mais toutes les autres pièces sont à vendre, tout comme mes

services pour en créer d’autres pour une réception ou toute autre occasion

de ce genre.

Le duc poussa un soupir de déception.

— C’est dommage, dit-il, puis il prit un air malicieux. Même pas pour

une guinée ?

— Je suis désolé, Votre Grâce, dit Jonathan.

Le duc se rapprocha encore et lâcha dans un murmure :

— Dix livres. Je vous donnerai dix livres pour ôter le sucre et la déflorer

à la fin du banquet.

Jonathan se découvrit soudain jaloux et possessif. Si quelqu’un devait

déflorer Sophie à la fin du banquet, ce serait lui. Si quelqu’un avait le droit

de disposer de son corps, y compris après le banquet, ce serait lui. Il en fut

le premier surpris, mais il voulait Sophie pour lui tout seul.

Il réfléchit rapidement, adressant au duc un regard conspirateur.

— Votre Grâce, je ne voulais pas le révéler. En fait, j’ai fait la promesse

solennelle de ne rien dire sous peine de mort, mais il est fort possible que la

dame en question soit un membre de la famille royale.

Le duc recula, les yeux écarquillés.

— Non, dit-il dans un souffle, puis il rit et jeta un coup d’œil à Sophie.

De toute évidence, il croyait au mensonge de Jonathan.

— Cela ne me surprend pas, gloussa-t-il, frappant Jonathan dans le dos.

Quel coup ! Quel coup ! Le vieux George deviendrait plus fou qu’il ne l’est

déjà s’il entendait cela.

Le duc s’éloigna en riant. Jonathan sourit jusqu’à ce qu’il soit certain

que l’homme ne faisait plus attention à lui, puis son visage se rembrunit. Le

bougre n’avait pas posé de questions sur les gâteaux ni même laissé

entendre qu’il aimerait recourir à ses services. Sa carrière serait lancée si un

homme de l’importance du duc lui avait demandé de fournir des

mignardises ne serait-ce que pour un seul événement, mais non. Tout ce

qu’ils voulaient, c’était Sophie.

— Monsieur Foster, il est dix heures, l’informa Freddy.

Jonathan hocha la tête.

— Faites sortir les convives de la salle de banquet. Veillez à ce que

chaque invité reparte avec une brochure détaillant nos services et quelques

gâteaux à emporter.

Offrir gratuitement toutes ces sucreries était une dépense faramineuse,

mais s’il pouvait remporter quelques contrats, cela en valait la peine.

— Mesdames et messieurs, si vous pouviez vous diriger vers la sortie,

annonça Freddy près de la porte.

Lentement, la foule des grands et des puissants s’éloigna des tables –

dont la plupart avaient été scrupuleusement pillées et mises à sac – et

s’achemina vers la sortie. Quelques personnes s’attardèrent, faisant mine de

flâner, et Jonathan repéra au moins un homme qui fourrait autant de tartes et

de bonbons qu’il le pouvait dans un sac mal dissimulé. Jonathan secoua la

tête, mais il ne pouvait pas risquer une scène là où il se trouvait. Il jeta un

coup d’œil à Freddy à travers la pièce et désigna le voleur du regard à son

assistant, lui faisant confiance pour prendre les précautions nécessaires.

Lui-même avait autre chose à faire.

— Nous nettoierons demain matin, annonça-t-il à son personnel, dont

certains avaient déjà commencé à ramasser les quelques restes éparpillés et

à retirer les décorations non comestibles des tables. Pour l’heure, vous

pouvez tous rentrer chez vous. Vous avez bien travaillé ce soir.

— Merci, monsieur, répondirent quelques-uns d’entre eux avant de

terminer quelques corvées de rangement et de sortir de la pièce.

Jonathan soupçonnait qu’ils savaient très bien pourquoi il voulait qu’ils

quittent la pièce. Il se tourna vers Sophie avec un sourire de gourmandise. Il

ne regrettait guère la tension et l’incertitude de ces dernières heures, sachant

qu’une telle gâterie l’attendait. Il se dirigea vers le centre de la table et

souleva le bandeau de soie de son visage.

Sophie ouvrit les yeux, mais resta sans bouger.

— Vous avez été splendide, lui dit-il, rayonnant de fierté et palpitant

d’un désir qu’il avait eu du mal à maîtriser pendant toute la soirée. Je suis

étonné que vous ayez pu rester immobile si longtemps.

Elle remua la bouche pour parler, mais le chocolat qu’il avait peint sur

ses lèvres plus tôt lui avait uni les lèvres. Le chocolat se fissura, et elle fit

un bruit, mais elle ne pouvait pas parler. Pour l’instant.

— Laissez-moi vous aider, mon ange, dit-il.

Toutes les douceurs qui se trouvaient devant Sophie avaient été

emportées. Jonathan balaya de la main quelques fleurs et bouquets de soie

qui restaient et s’assit sur le côté de la table. S’appuyant sur un bras de

l’autre côté de Sophie, il se pencha sur elle et s’appliqua à ôter le chocolat

de sa bouche en la grignotant et en l’embrassant.

C’était la friandise la plus délicieuse qu’il ait jamais goûtée. Le chocolat

fondait dans sa bouche, mais c’était le goût plus salé de ses lèvres qui le

captivait. Il lui lécha le menton et passa la langue sur les miettes de sucre

autour de sa bouche. Sophie remua enfin, tout son corps se tendant vers lui

dans une giration lente et subtile.

Dès que ses lèvres furent libérées, elle prit une inspiration et les

entrouvrit. Profitant de cet instant, Jonathan glissa la langue dans sa bouche

pour jouer avec la sienne. Il s’attendait quelque peu à ce qu’elle se plaigne

et le repousse et cesse de garder la pose. Au lieu de cela, elle gémit et le

taquina de sa langue, l’embrassant en retour.

— Vous êtes à moi, ma douce, murmura-t-il, embrassant et léchant les

fleurs en sucre peintes dans son cou. Je suis resté là toute la soirée à

regarder les hommes vous convoiter, sachant que je serais celui qui vous

goûterait enfin.

— Jonathan, dit-elle dans un soupir, qui fit instantanément se dresser sa

virilité. Je…

— Dites-moi si vous voulez que j’arrête, murmura-t-il en se nichant

dans son cou et en brossant les bijoux de sucre dont il lui avait fait un

collier, pour mieux lécher le sucre en poudre.

— Non, je… oh !

Elle soupira tandis qu’il se frayait un chemin de baisers depuis le haut

de sa poitrine avant de refermer sa bouche autour de son téton enrobé de

fondant.

Le mélange du salé et du sucré le rendait fou. Cela semblait dommage

de gaspiller une décoration aussi soignée en passant une main sur son

ventre et en la refermant autour de son autre sein, mais il ne put s’en

empêcher. Il voulait lui donner du plaisir autant qu’il voulait se régaler

d’elle et alimenter le feu en lui. Tous les invités qui avaient vanté la beauté

de ses seins tout au long de la soirée avaient absolument raison. Ils étaient

généreux, amples et doux avec de larges aréoles et des tétons qui se

dressaient avec fierté et durcissaient alors qu’il la suçait et la taquinait. Il en

caressa un de la langue jusqu’à ce que Sophie, pantelante et le souffle court,

gémisse de plaisir.

— Tu aimes ça, ma douce, dit-il, la voix rauque de désir.

Inutile de demander si elle voulait de lui, de ses caresses. Il le savait. Il

l’avait vu dès qu’elle avait enlevé sa robe. Elle voulait désespérément

s’abandonner au plaisir et se dévergonder.

Conscient qu’il ne pourrait pas tenir toute la nuit, dans un sursaut

d’énergie, il monta tout à fait sur la table, lui écarta largement les jambes, et

se positionna entre elles. Le cœur battant, transpirant sous ses beaux

vêtements, il se pencha pour lécher le sucre sur son ventre, suivre les vignes

grimpantes qu’il avait peintes et qui menaient à son sexe.

Perdu dans le goût qu’elle avait et l’ardeur du désir, il fut tout à fait

désorienté lorsqu’elle dit le mot « espions » en haletant.

Il s’arrêta, la bouche à quelques centimètres du but.

— Des espions ?

— Ils étaient là, dit-elle. Il fallait que je le dise avant… avant…,

s’interrompit-elle, sa poitrine se soulevant et s’abaissant au rythme de sa

respiration saccadée. Je peux sentir votre souffle contre mon sexe, dit-elle

en pleurant presque.

Jonathan sourit.

— Oui ?

Il pencha la tête vers le bas et souffla doucement sur les plis sucrés de sa

féminité.

Elle émit un son disant son désespoir, mais resta miraculeusement

immobile. Ses bras étaient toujours positionnés au-dessus de sa tête, là où il

les avait mis. Jonathan comprit tout à coup qu’elle s’était complètement

soumise à lui de son plein gré. Son corps était là où il l’avait mis, et malgré

sa mine tourmentée et sa respiration saccadée, elle était à sa merci. Il

n’avait rien demandé. Ils n’en avaient pas discuté à l’avance. Elle s’était

naturellement mise en son pouvoir.

— Est-ce agréable ? demanda-t-il en écartant ses jambes et en

s’abaissant. Cette douleur que vous ressentez ?

— Oui, dit-elle en soupirant profondément. Si bon.

Il se pencha vers sa chatte et ramassa les minuscules roses en sucre avec

lesquelles il avait décoré sa peau.

Elle frissonna et pencha la tête en arrière, mais malgré la tension qu’il

pouvait sentir irradier d’elle, elle ne bougea pas ses hanches de l’endroit où

il les avait placées.

— Vous voulez jouir, n’est-ce pas, dit-il, se sentant comme un roi.

— Oui, miaula-t-elle, son désespoir palpable.

Il lécha doucement le sucre de ses seins nus, et elle retint son souffle,

tandis qu’un petit cri lui échappait, trahissant l’intensité de son plaisir.

— Cela vous rend folle, n’est-ce pas ? demanda-t-il en soufflant sur sa

peau humide.

Elle émit un miaulement de désir en réponse, incapable de mettre des

mots sur cette torture exquise. Son visage était tourmenté, ses yeux fermés.

Il se pencha à nouveau vers elle, glissant sa langue sur sa fente humide.

La douceur qu’il goûtait était toute à elle. Elle retint son souffle et laissa

échapper une supplique passionnée.

— Que ferais-tu, ma douce, si je te maintenais ainsi en suspens toute la

nuit ? demanda-t-il, fortement tenté par cette idée. En proie à un désir sans

fin ?

— Je deviendrais folle, dit-elle d’une petite voix.

C’était la chose la plus honnête qu’on ait jamais dite à Jonathan. Elle

deviendrait folle de désir, et lui aussi, s’il ne faisait pas attention. La

capacité de Sophie à se soumettre à ses caresses, même si elle n’y tenait

plus, était terriblement érotique. Il se demanda si elle se rendait compte

qu’à tout moment elle pouvait bouger, se toucher, exiger qu’il en finisse,

bref, obtenir un soulagement quelconque. Au lieu de cela, elle était

allongée, consumée par le désir, dans l’attente.

— Je vous aime ainsi, grogna-t-il, glissant ses mains sur l’intérieur de

ses cuisses et détruisant les décorations soignées qu’il avait peintes. Je vous

aime, brûlant de désir et offerte. Vous vous rendez compte qu’un duc m’a

proposé dix livres pour coucher avec vous ce soir. Dois-je le rappeler ? Je

vois que vous n’attendez que cela.

— Non, dit-elle, pantelante, incapable de rester immobile davantage.

Vous. C’est vous que je veux. Seulement vous.

Sa réponse le toucha. Elle le préférait à une belle somme d’argent et un

amant d’un rang bien supérieur au sien. Il ne pouvait plus refuser. Il passa à

nouveau sa langue sur la chair chaude et humide de son sexe, mais au lieu

de la taquiner, cette fois il fouilla profondément. Il s’enfonça dans sa fente,

trouva son clitoris et le caressa de la langue jusqu’à ce qu’elle jouisse.

Elle cria, terrassée par l’orgasme et, pour changer, il dut lui tenir

fermement les cuisses pour l’empêcher de se soulever de la table et de se

tordre de plaisir. Sa chatte se serra fort, encore et encore pendant une

éternité. Il mourait d’envie de défaire sa culotte et d’enfouir son membre au

plus profond de sa vulve pour jouir à son tour, il en était si près. Il n’en

pouvait plus, mais il voulait qu’elle ait le choix, et il n’était pas un voyou

sans scrupule pour profiter de l’émoi dans lequel elle se trouvait.

Alors il ouvrit sa culotte à tâtons et en sortit son membre. En équilibre

entre ses jambes, il se prit énergiquement en main. Une mâle clameur de

passion s’échappa de lui alors que sa semence se répandait sur la soie entre

ses jambes. Il aurait donné n’importe quoi pour la déverser à l’intérieur de

Sophie, mais elle sortait des abîmes de la jouissance, il y aurait du temps

pour cela plus tard.

Il lâcha son membre amolli, mais ne prit pas la peine de le ranger alors

qu’il se repositionnait au-dessus d’elle. Il posa ses mains de chaque côté de

ses bras toujours tendus et approcha son visage à quelques centimètres du

sien.

— Si vous me voulez vraiment, dit-il, tandis que sa poitrine se soulevait

et s’abaissait et qu’il reprenait son souffle, si vous voulez que je vous baise

si bien et si fort que vous ne voudrez plus un autre homme pour le reste de

votre vie, venez dans mon appartement à Soho dans deux jours.

Sophie sembla retrouver un tant soit peu la raison.

— Vous n’habitez pas ici ?

— C’est la maison de mon père, déclara Jonathan. Je vous veux chez

moi.

Elle le regarda d’un air surpris, mais ses yeux exprimaient la satiété et

un désir renouvelé tout à la fois. Elle le voulait toujours, peut-être

davantage encore, après tout ce qu’il lui avait fait éprouver. Il eut un regain

de désir et de passion. Et pourtant, il ne pouvait s’empêcher d’avoir

l’impression qu’il y avait plus que du désir dans son engouement pour

Sophie Barnes. Il n’avait jamais rencontré quelqu’un comme elle, et il était

prêt à tout pour la faire sienne.

 

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