Coquine à croquer (Quand les jeunes filles timides étaient dévergondées t. 3) (French Edition)

Chapitre 5

Chapitre Cinq

 

Jonathan qui fronçait les sourcils, tant il était concentré, appuya sur la

poche à douille de glaçage à l’eau de rose qu’il avait préparé pour

s’entraîner à faire des roses en sucre. Il jeta un coup d’œil aux croquis qu’il

avait obtenus à Paris, qui détaillaient le travail du célèbre chef français,

Marie-Antoine Carême, et s’efforça de reproduire les mêmes effets. Carême

avait inventé la technique particulière de travail du sucre que Jonathan

utilisait, un peu plus d’une décennie auparavant. Son travail était très

demandé dans toute l’Europe et figurait sur les tables des rois. Il avait

même confectionné et décoré le gâteau de mariage de Napoléon Bonaparte.

Cet homme était une légende, et Jonathan espérait connaître le même

succès.

Il pressa délicatement la poche à douille, déposant le glaçage sur le

disque exactement de la façon que Carême recommandait pour

confectionner des fleurs réalistes. Les fleurs que réalisait Jonathan étaient

aussi belles que celles qui étaient représentées dans les illustrations de

Carême. Il savait qu’il avait le talent nécessaire pour exceller dans son art, à

l’instar de son héros. Mais il était aussi conscient que le talent ne suffisait

guère. Carême était sorti de l’anonymat et de la pauvreté, du travail de

simple commis dans les cuisines de Paris aux honneurs des palais. Le père

de Jonathan était riche et respecté, dans les Caraïbes et à Londres. Mais si

pauvre qu’ait été Carême, il avait une chose à laquelle Jonathan ne pourrait

jamais prétendre. Ou plutôt, Jonathan avait une tare qui le plaçait derrière

tous les autres. Son père était un aristocrate, mais sa mère avait été une

esclave.

Il souffla enfin alors qu’il terminait sa rose en glaçage, puis tint à bout

de bras sa création. Elle atteignait la perfection. Les touches de couleur

qu’il avait ajoutées au glaçage donnaient aux pétales une teinte rose et

chaude qui lui rappelait la peau de Sophie.

Il sourit et plaça la rose qu’il venait de terminer avec les autres. Tant

qu’il vivrait, il n’oublierait jamais les courbes délicieuses du corps nu de

Sophie ou sa silhouette saupoudrée de sucre. Il était sorti assez ces deux

derniers jours pour entendre les rumeurs qui circulaient à son sujet et qui

étaient sur les lèvres de tous les hommes qui avaient assisté à son banquet.

Il avait écouté discrètement tandis que la nudité de Sophie se voyait décrite

avec toute une gamme de mots allant de l’artistique au charnel. Il en

convenait, elle était la chose la plus érotique qu’aucun d’entre eux ait

jamais vue – un tel érotisme confinait à l’obscénité.

Il en convenait, mais en même temps, aucun des hommes qu’il avait

entendus fantasmer à son sujet au cours des deux derniers jours ne pouvait

imaginer l’érotisme dont Sophie avait fait preuve pour lui seul. Son esprit

était assailli de souvenirs tous plus érotiques les uns que les autres, les

frissons qui avaient parcouru son corps pendant qu’il lui donnait du plaisir,

les petits cris plaintifs qu’elle avait émis dans l’attente de l’extase, ou le

goût de sa fleur humide de rosée quand elle s’était épanouie sous sa langue.

Ces souvenirs étaient si puissants et affolants qu’il s’était caressé jusqu’à

l’orgasme plus de fois qu’il ne pouvait compter au cours des deux derniers

jours, juste pour se soulager un peu et se concentrer sur son travail. Non

seulement devait-il s’occuper des expéditions et des affaires commerciales

pendant la journée, mais il avait reçu quelques commissions après le

banquet, quoique pas autant qu’il l’avait espéré.

L’horloge posée sur la cheminée de sa salle de travail sonna neuf heures,

et Jonathan posa la poche de glaçage. La soirée était bien entamée, et

Sophie n’avait pas frappé à sa porte. Peut-être avait-elle coutume de sortir

tard comme les gens à la mode et apparaîtrait-elle à minuit ou même plus

tard, mais il doutait que ce fût son cas. Elle avait été très ponctuelle à son

banquet, et, bien qu’il n’ait pas précisé à quelle heure elle devait arriver

chez lui, elle serait sûrement déjà venue si elle avait prévu de se montrer.

Il soupira et se dirigea vers le broc et la bassine qui se trouvaient au

bout du comptoir qui bordait le mur du fond de la salle de travail. Il n’avait

pas vraiment cru qu’elle respecterait son engagement. Les jeunes femmes

innocentes comme Sophie ne prenaient pas rendez-vous pour livrer leur corps à de simples commerçants, bâtards de surcroît. Il se lava les mains et

les essuya, arborant un sourire malicieux malgré tout. Il s’était fait une fête

de ces ébats avec Sophie, leurs corps luisant de sueur alors qu’ils

s’exploraient l’un l’autre dans les moindres recoins. Elle l’avait surpris par

sa bravoure au banquet, et il espérait qu’elle le surprendrait d’une autre

manière. À tout le moins, elle l’aurait distrait de ses ennuis – à la fois la

confiserie et les pertes que subissait l’affaire de son père à cause des

attaques incessantes des pirates français.

Espions. Jonathan se retourna et s’appuya contre le comptoir. Sophie

avait dit le mot « espions » quelques instants avant qu’il ne lui fasse perdre

la tête de passion. Qu’avait-elle voulu dire par là ? La question l’avait

obsédé presque autant que les rêveries érotiques où il la voyait nue et se

tortillant de désir sous lui. Pourquoi avait-elle dit cela à la fin du banquet ?

Cela n’avait aucun sens.

Un coup timide fut frappé à la porte d’entrée de la boutique, située à

l’avant du rez-de-chaussée de sa maison. L’espoir bondit dans sa poitrine, et

la possibilité que ce soit Sophie fit également bondir autre chose. Il

s’éloigna du comptoir, prit la lanterne qui se trouvait sur le bord de la table

et passa de l’atelier à la pâtisserie.

Quand il put distinguer le visage de Sophie derrière la vitrine de la

boutique, Jonathan sourit. Elle était venue en fin de compte. Connaissant le

but de sa visite, son cœur cognait dans sa poitrine, et son membre était au

garde-à-vous. Ignorant la vague de sentiments qui l’envahit soudain, il

arbora son sourire le plus séducteur alors qu’il déverrouillait la porte et

l’ouvrait.

— Bonsoir, Miss Sophie, la salua-t-il.

Son accueil sensuel tomba à plat un instant plus tard alors que Sophie

entrait dans la boutique en courant comme si quelqu’un la poursuivait.

— Vite. Fermez la porte et verrouillez-la. Avez-vous des rideaux ? Il

faut les fermer.

Elle était hors d’haleine comme si elle avait couru depuis Mayfair.

Jonathan se sentit désespéré.

— Vous avez honte que l’on vous voie entrer dans mon établissement ?

demanda-t-il, déçu.

— Non, se récria Sophie, arrêtant de s’agiter l’espace d’un instant.

Jamais je n’aurais honte que l’on me voie avec quelqu’un d’aussi talentueux que vous. C’est juste que je crois qu’on me suit, et après la soirée que j’ai

eue…

Elle avait du mal à reprendre son souffle et pressait la main contre sa

poitrine.

— S’il vous plaît, tirez les rideaux.

Intrigué, Jonathan posa sa lanterne sur le comptoir et se déplaça pour

tirer les rideaux devant la vitrine de sa boutique. Il aimait les garder ouverts

la nuit, en partie au moins, à la fois pour montrer son travail aux badauds

qui pourraient passer le soir et pour démontrer qu’il n’y avait pas d’argent

liquide, donc que le magasin ne valait pas la peine d’être cambriolé. Non

pas que Soho fût un repaire de voleurs comme l’étaient d’autres parties de

Londres.

— Dieu merci ! souffla Sophie dès que les rideaux furent fermés. J’étais

à moitié folle de peur.

Jonathan revint vers elle, l’étudiant attentivement.

— Quelqu’un vous a-t-il suivie ? Si quelqu’un vous harcelait ou voulait

vous faire du mal, il aurait affaire à moi.

Il fut le premier surpris quand il entendit ce qu’il disait. Il ne se

considérait pas comme un homme agressif, mais il se serait battu contre une

armée pour défendre Sophie.

Mais Sophie secoua la tête. Elle déglutit comme si elle se forçait à se

calmer.

— C’est une longue histoire, dit-elle. Une histoire qu’il vaut mieux

raconter dans un endroit sûr.

— Alors, venez avec moi.

Jonathan lui prit la main et la conduisit dans la salle de travail. Il se

contenta d’y faire une halte, cependant. Il prit l’autre lanterne qui éclairait

l’espace, la tendit à Sophie, puis il grimpa un escalier qui menait à ses

appartements.

— C’est ici que vous vivez ? demanda Sophie, jetant un coup d’œil

autour d’elle tandis qu’ils pénétraient dans la suite principale de la petite

maison de ville.

— Oui, répondit Jonathan en posant sa lanterne sur la table d’appoint

dans le salon. C’est humble, comparé à la maison de mon père à Mayfair, je

sais, mais je préfère vivre au-dessus de ma boutique que dans l’opulence,

d’autant plus que je vis seul.

Il lui prit la deuxième lanterne et la porta jusqu’à une paire de portes

coulissantes. D’un mouvement fluide, il ouvrit les portes, révélant sa

chambre, et posa la lampe sur sa table de toilette. Lorsqu’il se retourna vers

le salon, Sophie faisait le tour de la pièce et examinait les meubles.

— C’est magnifique, dit-elle avec une admiration naïve. Certes, c’est

petit, mais cela me semble être de taille parfaite. Et je sais que des meubles

comme ceux-ci ne sont pas bon marché.

— Non, dit Jonathan en riant et en s’avançant vers elle.

À vrai dire, meubler ce modeste appartement lui avait coûté plus cher

que d’acheter toute la bâtisse. Il avait beau avoir du sens pratique, il ne

voulait pas vivre comme un moine. Même en faisant un gros effort

d’imagination. Ce qui le ramena à Sophie.

— Qui vous poursuivait ?

Sophie inspira comme si quelque chose la surprenait et se retourna pour

lui faire face.

— Les espions, dit-elle en se précipitant à sa rencontre sous l’arche

laissée par les portes coulissantes ouvertes. Je sais qui ils sont.

Malgré la chaleur de l’attente qui ne cessait de grandir en lui, le pouls

de Jonathan s’accéléra.

— Quels espions ? Que vouliez-vous dire par « espions » après le

banquet ?

— Je les ai entendus, dit-elle, se rapprochant de lui et lui saisissant le

bras. Pendant que j’étais exposée. Ils se tenaient juste à côté de moi et

parlaient en français.

La combinaison des mots « espions » et « français » déclencha chez lui

une bouffée de colère inattendue.

— S’il vous plaît, dites-moi que vous parlez français.

— Oui, dit Sophie. Même s’ils étaient convaincus que je ne le parle pas.

Ils se croyaient plus intelligents que vous ou moi. Ils envisagent de vous

commander des confiseries dans lesquelles ils dissimuleront des

informations concernant les navires en partance pour Paris et les routes

commerciales qu’ils emprunteront.

Jonathan écarquilla les yeux. Il parcourut mentalement les listes de

commandes qui avaient été passées au cours des deux derniers jours. Il n’y

en avait qu’une poignée, mais aucune d’entre elles ne semblait suspecte.

Il cligna des yeux lorsque les paroles de Sophie lui revinrent.

— Avez-vous dit que vous saviez qui ils sont ?

— Oui, affirma-t-elle en resserrant sa prise sur son bras. C’est Lord

James Grey et Lady Mary Burgess.

Jonathan, qui s’était pris à espérer, vit ses espoirs s’effondrer.

— Lord Grey est pire qu’une anguille. Il a failli plumer votre beau-

frère, Sebastian, et lui escroquer sa fortune. Même notre ami, Nigel Kent,

officier de police de son état, qui fait partie des Coureurs de Bow Street, n’a

pas pu intenter de poursuites judiciaires contre lui, bien que Grey ait dû

renoncer à la fortune.

— Mais votre ami pourrait sûrement agir en cas de trahison, déclara

Sophie. Même les pairs les plus puissants du royaume sont punis comme il

se doit si la trahison est avérée.

Elle avait raison, mais Jonathan ne voulait pas agir de façon précipitée.

— Êtes-vous sûre que c’était eux ?

— Je reconnaîtrais leurs voix n’importe où, déclara-t-elle. Je les ai

reconnus lorsqu’ils dévoilaient leur plan à voix basse tout en me regardant,

déclara-t-elle avant de sursauter et de porter une main à sa bouche. Je ne me

serais pas doutée que des gens aussi méchants me regardaient, allongée nue

devant eux.

Jonathan ne put réprimer un sourire. La moitié des gens qui avaient

salivé sur le corps nu de Sophie au banquet étaient cent fois plus méchants

que Lord Grey, mais il préférait la laisser dans l’ignorance. Quoique la

rougeur de son visage et ce qu’elle dit ensuite portaient à croire qu’elle

n’était pas aussi ignorante qu’il l’avait pensé.

— Lord Grey a un zizi tout petit, dit-elle, les yeux dansant soudain de

joie. Lady Mary était à genoux et elle lui faisait la chose que fait une femme

quand elle le met dans sa bouche.

Elle éclata de rire.

Jonathan fut pris d’une bouffée de désir fulgurant. Quoi qu’elle ait vu,

Sophie savait de quoi il s’agissait. Elle avait été témoin de quelque chose

qui aurait fait pleurer la plupart des jeunes femmes de son rang, et elle riait.

— Pardonnez-moi, dit-il en souriant d’une oreille à l’autre et en glissant

un bras le long de sa hanche jusqu’à ce que sa main se pose sur ses reins. Je

vous prends pour une jeune fille innocente, mais vous passez votre temps à

me prouver le contraire.

— Je suis innocente, répondit-elle, le souffle court et les joues en feu.

C’est-à-dire que les connaissances que m’ont transmises mes sœurs et mon

amie Rebecca, la sœur de Lady Mary, dépassent de loin mon expérience.

— Tiens donc ? demanda-t-il, l’attirant plus près et contemplant ses

lèvres, se souvenant de leur goût.

Elle hocha la tête d’un air incertain.

— Je crains que vous ne soyez la somme totale de mon expérience.

Mais quelle expérience glorieuse ce fut.

Elle s’arrêta, le souffle court. Sa poitrine se soulevait et redescendait

aussitôt, ses seins se pressaient contre le tissu de son corsage d’une manière

on ne peut plus séduisante.

— Que diriez-vous de poursuivre cette expérience ? demanda-t-il.

Il n’était qu’un voyou de la pire espèce de profiter d’elle alors qu’elle

était en émoi, mais comment résister à ces yeux brillant d’excitation ?

Son désir se fit impérieux lorsqu’elle se mordit la lèvre et le regarda

avec un soupçon de timidité.

— Promettez-vous de ne pas vous arrêter cette fois ? demanda-t-elle

d’une petite voix.

— Je ne me suis pas arrêté la dernière fois, dit-il, glissant son autre

main le long de sa hanche pour prendre son sein en coupe.

— Mais si, dit-elle, d’une voix douce que démentait le feu de ses yeux.

Je me suis sentie si bien, mais vous n’avez pas… vous n’avez pas…

— Je n’ai pas quoi ? demanda-t-il, se régalant bien plus qu’il n’aurait dû

de cet éveil timide.

Il voulait l’entendre dire à haute voix l’indicible.

— Vous savez, murmura-t-elle.

— Je sais ?

Sa respiration était rapide et ses tétons durs et dressés sous le tissu fin

de sa robe. Il ne put s’empêcher de passer le dos de ses doigts sur un de ses

tétons. Elle haleta et se leva sur ses orteils.

— Vous vous êtes répandu sur la table, soupira-t-elle.

— Et ?

Il haussa un sourcil alors qu’il la voyait de nouveau mourir de désir

comme pendant le banquet.

— Et je voulais que vous vous répandiez en moi, avoua-t-elle.

Son cœur battait si fort qu’il était certain qu’elle pouvait l’entendre. Le

désir lui faisait battre le sang et le rendait si dur qu’il regrettait que son

membre soit prisonnier de sa culotte.

— Et si vous n’aimiez pas cela ? demanda-t-il.

— Si, haleta-t-elle. Je sais que j’aimerais. J’en mourais d’envie.

— Et si je suis trop volumineux pour vous ? Cela pourrait faire mal.

— Verity et Honor disent qu’on ne sent pas la douleur, et qu’elle

disparaît rapidement, répondit-elle.

Elle ne se rendait pas compte qu’elle le rendait fou avec son désir

innocent. Il ne doutait pas qu’elle fût vierge, mais il n’avait jamais connu

une vierge si avide de passion.

— Et si je vous engrosse ? demanda-t-il, glissant ses mains derrière son

dos pour détacher les lacets de son corsage.

— Peu m’importe, dit-elle en le suppliant presque. J’adorerais avoir un

bébé, mais Verity dit qu’il existe des moyens d’empêcher que cela se

produise.

Assailli par le désir et un sentiment nouveau, Jonathan s’arrêta d’ôter

son corsage. Il regarda Sophie dans les yeux pour s’assurer qu’elle était

sincère, mais il n’y avait pas le moindre soupçon de mensonge dans sa voix.

Elle aurait accueilli son enfant en elle en dépit de qui il était, en dépit de ce

à quoi cet enfant pouvait ressembler. Et d’une manière ou d’une autre, il

savait qu’elle n’était pas ignorante ou qu’elle ne disait pas ce qu’elle pensait

qu’il voulait entendre pour le convaincre de coucher avec elle. Elle porterait

volontiers son enfant s’il en mettait un en elle. Ce qui, bien sûr, lui donnait

terriblement envie de le faire.

— Voudriez-vous me faire ce que vous avez vu Lady Mary faire à

Grey ? demanda-t-il en dégageant ses épaules puis ses seins de son corsage.

Quand il lâcha prise, sa robe glissa sur le sol.

— Je veux le faire, murmura-t-elle. Verity et Honor disent qu’elles

aiment le faire, et elles m’ont dit comment m’y prendre.

Mon Dieu ! Au rythme où elle allait, il allait jouir avant de pouvoir se

dévêtir. C’était peut-être une bénédiction qu’il se soit occupé de lui

quelques heures auparavant en pensant à elle. Il prit une de ses mains et la

posa sur son membre en érection, toujours prisonnier de sa culotte. Le

plaisir était à peine supportable.

— Vous êtes sûre de vous ? demanda-t-il en se frottant contre sa main.

Comme vous pouvez le voir, il n’est pas de petite taille, comme Grey.

— Non, dit-elle, la voix tremblante. C’est certain.

— Alors, ne dites pas que je ne vous ai pas prévenue.

SOPHIE MOURAIT de désir alors que Jonathan délaçait son corset. Elle sentait

la chaleur de ses parties intimes irradier dans sa main. Même à travers sa

culotte, elle se rendait compte qu’il n’exagérait pas quand il disait qu’il était

volumineux. Cela lui faisait un peu peur, mais ça l’excitait terriblement.

Quand il eut délacé tout son corset jusqu’au dernier œillet et le laissa

tomber, elle ne put s’empêcher d’avancer la main vers les attaches de sa

culotte.

Il sursauta de surprise, inspirant profondément, quand elle desserra et

poussa sa culotte le long de ses hanches. Son membre surgit soudain, et elle

s’empressa de le toucher. Il était dur et épais, largement aussi épais que les

barreaux de la balustrade du grand escalier de Thomas. Elle tremblait à

l’idée de le mettre en elle. Peut-être que ça lui ferait mal, mais elle n’en

avait pas moins envie de le sentir remuer en elle.

Tandis qu’elle s’appliquait à le caresser et à l’explorer, il déboutonna

son gilet, puis l’enleva ainsi que sa chemise. Alors qu’il les lançait de côté,

il émit un grognement d’appréciation en regardant ce que faisait sa main.

Ses doigts étaient d’un rose pétale contre le caramel rouge de sa verge. Elle

aimait ce contraste, mais elle en voulait plus.

Imitant ce qu’elle avait vu faire chez Rebecca, elle se mit à genoux. Son

corset glissa de ses épaules, et sa chemise s’ouvrit. Elle s’extirpa des deux,

lui dévoilant ses seins aux pointes dures. Puis elle se pencha en avant,

fermant une main autour de la base de son membre et l’amenant à sa

bouche.

Elle fut parcourue de frissons, malgré elle, cependant qu’elle le prenait

dans sa bouche. Il avait un goût singulier et musqué. Elle le goûta du bout

des lèvres, lécha les gouttes qui s’y étaient formées. Elle avait l’impression

d’être en terrain familier, mais pas au point d’avoir confiance en elle. Elle

prodigua toute son attention à l’extrémité rose vif de son membre, taquinant

le dessous de sa langue et le suçant lentement, comme si elle mangeait un

bonbon.

— Dieux du ciel, Sophie ! s’exclama Jonathan d’une voix étranglée.

Il la surprit en saisissant une pleine poignée de ses cheveux – un peu

comme ce qu’elle avait vu Lord Grey faire à Lady Mary, mais sans les

grossièretés – et l’exhorta à le prendre plus avant. Un frisson de plaisir la

parcourut toute quand elle prit cette verge massive de plus en plus

profondément dans sa bouche. Il était si épais qu’elle en eut les larmes aux

yeux. Mais son corps réclamait ce membre à cor et à cri, quitte à s’étouffer. Il y avait quelque chose de si suprêmement érotique à avoir sa verge

engorgée au fond de sa bouche qu’elle gémit de plaisir.

Jonathan recula légèrement, mais seulement pour pouvoir remuer dans

sa bouche.

— C’est si bon, dit-il d’une voix étranglée, baissant les yeux vers elle

comme s’il voulait l’imprimer dans sa mémoire alors qu’il s’enfonçait entre

ses lèvres. Tu me donnes envie d’être un diable, haleta-t-il.

Elle était sur le point de se soumettre à sa volonté quand il fit un pas en

arrière. Son membre glissa hors de sa bouche, et elle haleta pour reprendre

son souffle, sans se rendre compte qu’elle était elle-même folle de désir. Les

seins sortis de sa chemise qui bouffait à sa taille, lourds et sensibles à la

fois, elle aurait voulu arracher le reste de ses vêtements tant c’était

insupportable.

— Ce serait du gâchis de finir ainsi, dit Jonathan en la mettant sur ses

pieds. Puisque vous me voulez dans votre chatte, vous allez m’avoir.

Il prit un moment pour enlever ses chaussures et défaire entièrement sa

culotte. Sophie se débarrassa en hâte du reste de ses vêtements. Elle n’eut

pas le temps d’ôter ses bas, mais Jonathan ne semblait pas s’en soucier. Il la

souleva et la porta jusqu’à son lit, l’étendit sur la couverture et lui écarta

tellement les jambes que les muscles de ses cuisses se contractèrent en

signe de protestation. Elle essaya de les fermer un peu, mais il les lui

maintint ouvertes de force.

— Non, lui dit-il fermement. Votre corps est à moi, et je fais ce que je

veux avec.

Le frisson qui la parcourait était dix fois plus fort que ce qu’elle avait

ressenti lorsqu’il l’avait positionnée pour le banquet. La soumission prit un

sens nouveau dans son esprit. Elle voulait lui appartenir, elle voulait qu’il la

façonne et la modèle à sa guise, et elle voulait qu’il lui fasse des vilaines

choses. Elle ne savait pas très bien de quoi il pouvait s’agir, elle voulait

qu’il lui fasse des choses qui feraient s’évanouir d’horreur les traînées

arrogantes de la haute société.

— Vous êtes une œuvre d’art, dit-il d’une voix gourmande,

s’agenouillant entre ses jambes écartées et posant ses mains de chaque côté

de ses épaules. Si je pouvais vous peindre ainsi, je le ferais.

Il se baissa pour l’embrasser avec force.

— Mieux encore, je vous poserais ainsi sur un socle et je vous

regarderais pendant des heures en me caressant. Mes yeux se régaleraient de vos seins si doux avec leurs mamelons aux allures d’amandes enrobées

de sucre.

Il se déplaça pour prendre en bouche un de ses seins, promenant sa

langue sur son téton comme s’il s’agissait d’un bonbon qu’il voulait sucer

jusqu’à ce qu’il fonde. Le subtil mélange de chaleur et de pression fit gémir

Sophie de désir.

Il passa une main sur son ventre tout en gardant son équilibre avec

l’autre. Ses doigts effleurèrent la chair encore lisse de son sexe.

— Je vous veux toujours aussi lisse, dit-il. Rien ne doit vous empêcher

de sentir pleinement mes caresses. Je veux que vous soyez trempée de désir

comme une fontaine dont s’écoule du sirop de sucre.

Joignant le geste à la parole, il introduisit ses doigts dans sa fente

humide et la caressa en prenant son temps, tendre et désireux de l’exciter. Il

effleura sa fente avec suffisamment de pression pour qu’elle la sente, mais

pas assez pour apporter une quelconque libération. Puis il taquina la pointe

de son clitoris juste assez pour l’amener aux portes du plaisir et s’en

s’éloigner aussitôt. Ses doigts fouillèrent un peu plus profondément dans

ses replis, puis il joua à nouveau avec son clitoris. De nouveau, il la mena

au bord de l’extase puis la lui refusa, traçant le contour frémissant de son

sexe. Il répéta l’exquise torture, mais cette fois elle était si près de jouir

qu’elle poussa un petit cri de protestation quand il lui refusa de nouveau le

plaisir.

Il continua à la taquiner, glissant deux doigts en elle comme s’il la

testait.

— S’il vous plaît, le supplia-t-elle, éperdue de désir.

— Faites-moi confiance, dit-il, glissant ses doigts pour effleurer à

nouveau son clitoris. Ce sera mille fois mieux ainsi.

Il la caressa, l’amenant au bord de l’extase, puis s’arrêta de nouveau.

Sophie crut qu’elle allait pleurer, tant son désir était intense.

— Je vous veux, supplia-t-elle. À l’intérieur de moi. S’il vous plaît.

— Et si je m’en allais ? demanda-t-il en la touchant, mais pas assez.

Est-ce que vous mettriez fin à ce supplice en vous caressant, ou feriez-vous

ce que je dis et attendriez-vous ?

— Je ferais ce que vous dites, reconnut-elle, à la fois folle de désir pour

lui et terrifiée de constater à quel point elle avait besoin de se soumettre à

ses caprices.

— Vraiment ? demanda-t-il.

Il se pencha en avant, caressant son sexe avec sa bouche et passant sa

langue sur son clitoris. Le doux tourment du plaisir atteignit des sommets

impossibles, et elle était certaine qu’elle allait jouir enfin.

Mais brusquement il se recula, descendit du lit et la laissa en suspens au

point de rupture. Sophie gémit de frustration, mais garda son corps

exactement comme il l’avait laissé. Elle brûlait de désir. Elle avait mal. Elle

sentait qu’il la regardait, ainsi offerte, exposée et soumise à l’exquise

torture. Elle le voyait juste assez pour apercevoir la lueur de désir primal

qui dansait dans ses yeux alors qu’il se penchait sur elle.

Quand il saisit son membre et commença à se caresser, elle gémit de

frustration. Il allait s’achever et la laisser le désirer. Il allait lui refuser le

plaisir qu’elle voulait, et elle serait incapable de faire autre chose que de se

tordre d’incomplétude. C’était enivrant et beau, et elle avait mille fois plus

envie de l’avoir en elle.

Et puis, comme si elle lui avait prouvé quelque chose, il accourut vers

elle, monta sur le lit et se glissa entre ses jambes. Elle cria de surprise

lorsqu’il la pénétra, puis gémit sans retenue lorsqu’il s’enfonça, peu à peu,

jusqu’à la garde. Elle ressentit une douleur lorsque son corps cessa toute

résistance, fulgurante, mais minime en fin de compte. Elle avait enfin ce

qu’elle voulait, il la remplissait, il la pilonnait au plus profond, et elle ne

désirait rien d’autre.

— Ma Sophie, soupira-t-il, aussi soulagé et passionné qu’elle. Ma

douce.

Il commença à la labourer, à grands coups de hanche, il s’enfonçait de

plus en plus en elle. Les sons qu’il produisait ne formaient plus des mots,

mais ils en disaient long.

Elle l’enlaça de ses bras et de ses jambes, enfonçant ses ongles dans les

muscles de son dos alors qu’il les amenait à toute allure vers le plaisir. Son

corps était si bien préparé, si prêt à le recevoir, qu’elle fut parcourue d’un

orgasme si glorieux qu’il la fit crier. Elle se sentait se contracter de manière

incontrôlable autour de son membre, et quand il grogna et se tendit,

déversant en elle sa semence, elle aurait juré qu’elle était morte et qu’elle

avait atteint le septième ciel… peut-être pas le paradis qu’on lui avait

inculqué dans son enfance, mais quoi qu’il en soit, elle voulait y rester pour

toujours.

Bien trop tôt, l’intensité de la jouissance céda la place à une impression

diffuse de contentement et de bien-être. Jonathan, détendu, reposait sur elle, et elle continuait à l’enlacer, sans vouloir qu’il se retire. C’était comme s’ils

étaient unis corps et âme, et elle n’était pas prête à renoncer à ce plaisir.

— Je ne veux pas t’écraser, dit-il enfin en roulant sur le côté.

— Écrase-moi, s’il te plaît, soupira-t-elle, roulant avec lui. Mon corps

t’appartient, après tout.

Il rit à voix basse et retira les couvertures pour qu’ils puissent glisser

entre les draps.

— Tu dis ça maintenant, mais tu verras les choses différemment quand

tu te seras remise de tes émotions.

— Tu crois ? demanda-t-elle en se blottissant contre lui et en fermant

les yeux, prête à dormir.

Il ne répondit pas, et, au bout de quelques instants, elle ne l’aurait pas

entendu s’il lui avait répondu. Elle s’était endormie, certaine, sans l’ombre

d’un doute, qu’elle avait trouvé exactement où elle voulait être.

 

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