Faites revenir !
Kléber
l’occasion de rendre hommage à son dévouement, à son courage
et de lui dire merci.
Kléber
Kléber, c’est son prénom. Une poignée de main énergique, une
franchise brutale, il offre sa sympathie immédiate et sans ar-
rière-pensée.
Sa jeunesse à travailler dans les carrières. Pour un travail érein-
tant, on puisait sa force dans le vin, plusieurs litres par jour.
Jusqu’à l’alcoolisme et plusieurs années pour en sortir. Sortir et
du vin et de l’ignorance par la porte du marxisme. Comprendre
et agir, indissociables. Se heurter au réel. Parfois durement : les
ligues fascistes, la guerre nazie. Mais comprendre le monde et le
remettre en cause ainsi que soi-même, sans a priori et sans ta-
bou.
Et à 70 ans passés, il s’est remarié à une journaliste en retraite
de la presse bourgeoise. Il nous étonne, Kléber, et son enthou-
siasme nous pousse comme il s’est poussé lui-même de l’obscur
terrassement à la clarté du savoir, à la liberté de choisir l’avenir.
Le décès d’un camarade
Bonjour, je suis bien contente de vous rencontrer ; je voulais
vous dire : « inutile de préparer un discours pour les funérailles,
la famille n’en veut pas. Vous pourrez dire qu’il est resté fidèle à
– 35 – votre Parti et à ses idées jusqu’au bout, jusqu’à l’absurde. Mais il était le seul dans la famille où tout le monde est socialiste main-tenant. Ah oui, vous pourrez le dire, qu’il y est resté fidèle, mais pas maintenant et pas à nous ».