Faites revenir !
Dac et Anne-Chantal
qu’il surprend entre eux sur comment échapper aux impôts,
comment placer ses capitaux, comment ouvrir un compte dans
une banque suisse.
Jean-Jacques était un médecin qui se préoccupait de la santé de
ses malades, qui pensait que la médecine avait un rôle à jouer
pour améliorer la vie des hommes et des femmes. Médecin
jusqu’au bout des ongles, il ne pouvait pas croiser une connais-
sance dans la rue sans lui demander « comment ça va ? » et ce
n’était jamais une façon de parler. Ses immenses connaissances
ne l’ont jamais empêché d’écouter ses camarades avec respect et
attention.
Dac et Anne-Chantal
Nous rencontrons Dac au début des années 70, il tient un res-
taurant vietnamien sur la montagne Sainte Geneviève (5e ar-
rondissement de Paris). Un âge déjà avancé et une longue his-
toire : classé Amanite, il est venu en France avant la 2e guerre
mondiale. La guerre du Viêt-Nam n’est pas terminée et le res-
taurant participe au financement pour le compte de la Répu-
blique Démocratique. Après la guerre, le restaurant s’arrête et
Dac ouvre un lieu de rencontre, restaurant dans la rue des Bou-
langers. C’est un endroit pour se retrouver entre amis, entre
progressistes ; on y discute, la reconstruction du Viêt-Nam est
une grande interrogation ; on y mange, Dac est un très bon cui-
sinier. Il habite avec Anne-Chantal dans la même rue. Anne-
Chantal, diabétique, a peut-être la cinquantaine. Et nous habi-
tons alors rue Linné. Dac reste membre du Parti Vietnamien
mais nous retrouvons Anne-Chantal dans la cellule du quartier.
Anne-Chantal par son diabète devient peu à peu aveugle.
Après la défaite des États-Unis, ils sont partis en voyage dans ce
pays pour lequel ils s’étaient tant dépensés. Ils en sont revenus
– 43 – heureux de l’accueil mais sans cacher qu’ils ont vu d’énormes destructions et que l’avenir se heurte à de nombreux défis. Nous les perdons de vue quand nous changeons de quartier.