Hérésie

Charles Willeford · Chapitre 14 sur 14

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Hérésie

Chapitre 4

relevai la capote, puis je fis vrombir le moteur.

Deux semaines plus tard, de retour à New York, alors que je nettoyais la

voiture afin de la vendre, je découvris un des doigts de Berenice, un bout de

doigt plus exactement : les deux premières phalanges et l’ongle couleur

Chen Yu. Elle avait dû se le faire trancher en voulant se protéger la tête

dans la voiture. J’enveloppai le bout de doigt dans un mouchoir et le

rangeai en lieu sûr. Un jour viendrait peut-être où je pourrais regarder ce

doigt sans peur, sans douleur ni remords.

 

4

 

La photo de Debierue en train de “lire” l’exemplaire enflammé du Miami

Herald qui illustrait mon article dans Fine Arts : The Americas fut reprise

dans Look, Neewsweek et dans la rubrique beaux-arts du Sunday New York

Times. UPI, après avoir marchandé avec mon agent, acheta finalement mon

cliché pour l’envoyer à tous ses abonnés. L’argent que me rapporta cette

photo me permit de m’acheter mon premier costume sur mesure. Pantalon

et veste, quatre cents dollars.

Sur le chemin qui me ramenait à New York, j’avais fait un petit crochet

par Baltimore pour déposer les bagages de Berenice dans deux casiers

automatiques de consigne à la gare des cars Greyhound (y compris son sac

à main et ses traveller’s chèques en songeant que sa mère pourrait dépenser

cet argent un jour, si jamais quelqu’un réclamait les bagages). Cette brève

halte exceptée, je traversai la ville sans m’arrêter.

Cinq messages m’attendaient à mon bureau pour me demander de

rappeler sur-le-champ Mr. Cassidy, en PCV. Ce que je fis avant toute autre

chose.

— Vous avez le tableau ? demanda-t-il.

— Évidemment.

— Bien ! Bien ! Gardez-le encore quelques jours avant de me l’envoyer.

Je veux d’abord installer Mr. Debierue dans une bonne maison de retraite,

vous comprenez… il ne sait pas que vous avez le tableau, si ?

— Non, et il est préférable qu’il ne le sache pas. Je parle du tableau dans

mon article, bien que je ne mette pas de photo. Avant de vous l’envoyer à

Palm Beach, j’ai l’intention de faire quelques bons clichés en couleur de L’Hérésie orange ocre dans l’optique d’une publication éventuelle, si vous

voyez ce que je veux dire…

— Naturellement. C’est le titre du tableau, L’Hérésie orange ocre ?

Formidable !

— Ouais. On lui ajoutera sans doute un autre titre : Autoportrait.

— Bon sang, James, je suis impatient de le voir !

— Dites-moi quand vous serez prêt, Mr. Cassidy, je vous l’enverrai par

avion cargo.

— Ne vous en faites pas, je vous appellerai. Croyez-moi, James, je

n’oublierai jamais ce que vous avez fait. Lorsque le jour viendra de montrer

le tableau, vous aurez l’exclusivité pour couvrir le vernissage.

— Merci.

— Le plus dur maintenant, c’est de convaincre Debierue d’aller en

maison de retraite. Il est trop âgé pour rester seul. S’il avait été en train de

dormir quand l’incendie s’est déclaré, il serait mort, vous savez. Quand je

pense à tous ces tableaux qui sont partis en fumée… mon Dieu !

— Il ne vous en a pas parlé ?

— Pas un mot. Vous le connaissez. Rien ne semble le déconcerter. Il

passe le plus clair de son temps assis devant la télé à regarder des vieux

films en buvant du jus d’orange. Il pourrait faire la même chose dans une

maison de retraite. Enfin… Je vous contacterai. Les appels interurbains

coûtent cher.

— Je comprends. À plus tard.

Cassidy ne me rappela pas. Il m’envoya une lettre recommandée après

qu’il eut installé Debierue dans la maison de retraite de Regal Pines, près de

Melbourne en Floride. Je lui envoyai le tableau par avion en port dû, bien

qu’il me fallût payer d’avance les frais d’assurance afin qu’ils acceptent de

l’acheminer.

L’accueil critique vis-à-vis de mon article, lorsqu’il parut dans Fine Art :

The Americas, correspondit au schéma que j’avais prévu. Canaday dans le

Times émit des réserves. Perreault dans le Village Voice était enthousiaste ;

un entrefilet de deux paragraphes dans le L.A. Free Press recommandait la

lecture de mon article à tous les prétendus peintres révolutionnaires de

Californie du Sud. Je ne m’attendais pas à autant d’échos dans les journaux.

Je me préoccupais surtout des ondes concentriques dans les revues d’art

et gazettes spécialisées. La réaction fut longue à venir, car elle nécessitait

une bonne dose de réflexion. Le meilleur article, qui déclencha une avalanche de lettres dans la rubrique du courrier des lecteurs, fut publié

dans Spectre et il émanait de Pierre Montrand. Français et chauvin, il voyait

dans la période “coloniale américaine” de Debierue un rejet socialiste du

gaullisme. C’était une idée absurde, mais exposée avec brio et terriblement

sujette à controverse.

Pour accompagner ma photo de Debierue, de nombreux journaux

publièrent le récit incomplet de la mystérieuse installation du peintre aux

États-Unis, mais je tins ma promesse faite à Cassidy et au vieil homme. Je

refusai de divulguer l’adresse de Debierue en Floride après que Cassidy

l’eut fait admettre sous un faux nom à la maison de retraite de Regal Pines,

masquant si bien sa trace que les journalistes ne le retrouvèrent jamais.

J’envoyai à Debierue un exemplaire de mon article, une douzaine de tirages

18 × 24 de la photo avec le journal en train de brûler, ainsi qu’un

exemplaire dédicacé de mon ouvrage L’Art et l’Enfant d’âge préscolaire. Il

ne répondit pas à mon envoi, mais je sus qu’il l’avait reçu, car j’avais

accompagné mon paquet d’un accusé de réception.

Durant la première semaine qui suivit mon retour à New York, j’achetai

chaque jour l’Atlanta Journal-Constitution (“Il couvre les États du Sud

comme la rosée”) et le feuilletai pour savoir si on y parlait de la découverte

d’un cadavre près de Valdosta. Mais je n’aimais pas ce journal, et le fait de

guetter ce genre de nouvelle tous les jours me rendait morbide. Je cessai de

l’acheter. S’ils la découvraient, ils la découvraient, je ne pouvais rien y

faire. Inévitablement, une réaction se produisit dans mon psychisme, causée

tout naturellement par la mort de Berenice. Non pas que ma conscience me

harcèle, bien que cela participe de ma réaction. C’était l’intrusion

rétrospective du doute, un sentiment d’ambivalence qui viciait mes

jugements de valeur sur les nouvelles œuvres que j’avais devant les yeux. Je

surmontai ce sentiment, ou plutôt cette réaction excessive, en

compartimentant Debierue dans un coin de mon esprit. Je parvins à me

débarrasser de mon ambivalence en séparant Debierue, peintre unique, des

autres artistes, et en évitant de le relier au courant majeur de l’art

contemporain. Il me suffit de quelques semaines pour m’habituer à cette

suggestion mentale. Je pus à nouveau fonctionner normalement dans mes

tâches quotidiennes de critique.

Ma réputation de critique ne connut pas un fabuleux essor, mais ma

charge de travail doubla, et avec elle, mes revenus. Tom Russel m’accorda

une augmentation de quinze dollars, ce qui porta mon salaire mensuel à quarante-cinq dollars au magazine. Mon tarif de conférence augmenta aussi,

et j’en donnai davantage, y compris une conférence à l’université de

Columbia sur “Les nouvelles tendances de l’art contemporain” pour les

étudiants en art ; exposé pour lequel le département des Beaux-Arts m’offrit

six cents dollars. Donner une conférence dans mon ancienne université, là

où j’avais été un étudiant fauché, me procura peut-être ma plus grande joie

de l’année.

Mon agent refila des vieux articles invendus que j’avais écrits des mois

auparavant, dont deux à des revues qui me les avaient refusés

précédemment.

J’avais toujours fait partie d’un certain nombre de jurys dans des

expositions, avec “frais payés” uniquement et sans aucun dédommagement

la plupart du temps. Je commençais maintenant à recevoir des propositions

correctes pour faire partie du jury dans des expositions importantes dans de

grands musées. Lors d’un concours organisé à Hartford, un tableau de Herb

Westcott se trouva en compétition. Westcott avait changé de style au profit

du Réalisme Romantique, et son talent de dessinateur, presque raffiné,

convenait parfaitement à sa nouvelle manière. L’exposition de Hartford

tournant autour du thème de la lutte contre la pollution, Westcott avait peint

un gigantesque agrandissement d’une carte postale de 1925 montrant les

chutes du Niagara. Le tableau n’entrait pas dans la catégorie des Premiers

Prix, mais je réussis à convaincre les autres membres du jury (le directeur

du musée et Maury Katz, un peintre agressif) d’accorder au tableau de

Westcott une mention honorable et une cote de mille dollars. Je m’étais

montré assez grossier envers Westcott à Palm Beach, je l’avais planté là lors

du vernissage à la galerie de Gloria, et j’étais ravi de pouvoir lui donner un

coup de pouce ; il le méritait de toute façon.

Désormais, parmi les livres qu’on me donnait à critiquer se trouvaient des

ouvrages que le directeur de la rédaction se réservait habituellement, de

magnifiques livres superbement illustrés, de ceux qu’on laisse en évidence

sur les tables basses, coûtant parfois jusqu’à cinquante dollars. Une fois la

critique rédigée, on peut revendre ces livres à moitié prix à des

bouquinistes. L’argent de poche ainsi gagné échappe aux inspecteurs du

fisc.

Je dormais mal. J’avais même perdu le sommeil.

Je savais que Debierue avait lu mon article ; j’avais toutes les raisons de

croire qu’il ne dirait rien, mais je ne pouvais être absolument certain qu’il continuerait à garder le silence. J’avais osé supposer que quatre éminents

critiques d’art européens avaient eux aussi inventé des tableaux peints par

Debierue afin de les commenter. Mais eux ne pouvaient pas me dénoncer.

Seul Debierue le pouvait, mais grâce à l’incendie que j’avais allumé, il ne

possédait aucune preuve.

Malgré tout, en pleine nuit, je m’éveillais souvent d’un sommeil agité,

couvert de sueur. Assis au bord de mon lit dans l’obscurité, essayant de

faire le vide dans mon esprit, je fumais cigarette sur cigarette, craignant de

me rendormir. Avec le temps, me disais-je, avec le temps mes cauchemars

suivraient leur cours et cesseraient.

Un an plus tard, presque jour pour jour après mon retour à New York,

Debierue mourut en Floride. Mr. Cassidy m’envoya un télégramme pour me

convier aux funérailles, mais j’étais retenu par un travail et ne pouvais partir

si précipitamment. En Floride, les morts doivent être enterrés dans les

vingt-quatre heures conformément à la législation de l’État. Évidemment,

c’est moi qui rédigeai pour mon magazine la notice nécrologique – un

hommage d’une page cernée de noir – étant donné que j’étais le spécialiste

reconnu de Debierue, et que j’avais déjà écrit la notice définitive le

concernant dans l’International Encyclopedia of Fine Arts à paraître.

Dix jours après le décès de Debierue, je reçus au magazine un long et

volumineux paquet. En l’ouvrant, je fus surpris de découvrir le cadre

baroque démonté qui avait été autrefois le célèbre No. One de Debierue. Ce

cadeau d’outre-tombe inattendu m’arracha des larmes, c’était la première

fois que je pleurais depuis des mois. Aucune carte, aucun mot

n’accompagnait le cadre. Debierue avait sans doute chargé quelqu’un à la

maison de retraite de me l’envoyer après sa mort. Mais le fait qu’il m’ait

envoyé ce cadre était synonyme d’absolution. Et pas seulement, cela

prouvait qu’il avait apprécié mon article sur sa période “coloniale

américaine”. Parmi ses nombreux exégètes, Debierue m’avait choisi comme

légataire de No. One.

Évidemment, le cadre démonté ne possédait aucune valeur intrinsèque.

J’aurais sans doute pu le vendre quelque part ou en faire don au Musée

d’Art Moderne en tant que curiosité, mais je ne pouvais pas faire ça au vieil

homme. Son geste me touchait profondément.

Je sortis dans le couloir pour aller jeter le cadre dans l’incinérateur. Au

moment où j’ouvrais la porte métallique, je remarquai une petit mouche

morte fixée avec du ruban adhésif sur un des côtés du cadre. Le vieux peintre, malgré son âge, avait conservé une excellente mémoire. Après

avoir vu cette mouche, je ne pouvais plus jeter les morceaux du cadre dans

le toboggan. En rentrant chez moi ce soir-là, j’abandonnai le cadre emballé

sous mon siège dans le métro.

J’échangeai quelques lettres avec Joseph Cassidy au sujet de L’Hérésie

orange ocre. Il me demandait de lui suggérer le meilleur endroit pour le

dévoiler au public, New York ou Chicago. Je lui conseillai d’attendre et

d’exposer plutôt le tableau à Palm Beach, à l’ouverture de la prochaine

saison, afin que cela coïncide, autant que possible, avec la publication de

l’International Encyclopedia of Fine Arts dans laquelle se trouvait une

reproduction couleur pleine page du tableau, face à ma notice définitive sur

le peintre…

 

… J’ouvris l’épais volume et découvris ma notice sur Jacques Debierue.

La planche en couleurs de L’Hérésie orange ocre était une magnifique

reproduction du tableau. Réduites, les photos couleurs rendent souvent

mieux que les originaux. Et cette photo sur papier glacé étincelait comme

de l’or poli.

Je lus mon article avec attention. Il n’y avait ni faute d’orthographe ni

erreur de typographie. Mon nom était orthographié correctement à la fin de

l’article. Suivait une courte bibliographie des ouvrages et des articles les

plus importants sur Debierue imprimée en corps 5 1/2 gras. Aucune

coquille non plus dans la bibliographie.

Satisfait, je me mis à feuilleter certains des autres volumes de

l’Encylopédie afin de vérifier la qualité des textes et de la présentation. Je

lus les articles concernant certains de mes peintres préférés : Goya,

El Greco, Piranese, Michel-Ange.

Je commençai à avoir la nausée, je fus soudain envahi d’une étrange

prémonition. Tous les articles que j’avais lus étaient bien documentés et

bien écrits, surtout celui sur Piranese, mais c’était comme si on m’avait

bourré l’estomac d’une pâte à pain non cuite qui commençait à lever et à

gonfler en moi. J’ouvris mon tiroir et sortis ma règle en cuivre. Sans me

presser, afin d’éviter tout risque d’erreur, je mesurai la longueur des articles

dans l’Encyclopédie pour savoir combien de centimètres on avait consacrés

respectivement à Goya, El Greco, Piranese, Michel-Ange et Debierue.

Goya avait droit à vingt centimètres. El Greco à vingt-quatre. Piranese en

avait seize. Michel-Ange presque trente. Mais Debierue avait droit à un article de trente-quatre centimètres ! Le vieil homme, pour ce qui est de la

place occupée, avait surpassé les plus grands artistes de tous les temps.

Je refermai les ouvrages, tous, et les rangeai dans la caisse. J’allumai une

cigarette et marchai jusqu’à la fenêtre. Le soleil onctueux de Palm Beach

semait des pièces d’or sous le poinciana devant ma fenêtre. L’herbe vert

foncé dans le jardin de la résidence était encore mouillée de l’eau des

arroseurs que le jardinier venait d’arrêter. Le ciel bleu pâle, sans nuage, non

pollué par les fumées des usines, était aussi clair qu’une eau mise en

bouteille à grands frais. Je ne me laissais pas abuser par l’air conditionné de

la pièce. Dehors, en plein soleil, il faisait plus chaud qu’en enfer.

Mais mon travail était terminé. Debierue avait triomphé de tout le monde,

et moi aussi. Il n’y aurait jamais d’autre Jacques Debierue, pas de mon

vivant, et je n’aimerais pas rencontrer un semblable individu s’il existait un

jour. Je ne pouvais aller nulle part ailleurs en tant que critique d’art.

Comment pouvais-je me surpasser ? Impossible en ce bas monde.

Et Berenice Hollis ? Étais-je capable de passer le test ? Dans une boîte à

cigares dans le tiroir du bas de mon bureau, avec une photo de mon père

quand il avait sept ans, et une coquille de bigorneau sèche et rêche ramassée

sur une plage quand j’étais enfant (pour me souvenir que j’étais né à Porto-

Rico), se trouvait le doigt séché de Berenice, enveloppé dans un mouchoir

de lin. Je dépliai le mouchoir et regardai le doigt ratatiné. Le vernis à ongle

Chen Yu rouge sang s’était terni et légèrement écaillé. Je contemplai

longuement le doigt… sans peur, ni douleur ni remords.

Debierue, et son œuvre, en valaient la peine ; il ne me restait plus rien à

faire. Quelqu’un d’autre, un autre critique, pourrait couvrir la présentation

par Cassidy, à l’Everglades Club, de la seule toile signée de Debierue. Le

moment était venu pour moi de payer mon dû pour la mort de Berenice

Hollis.

Je pris une douche, me rasai et mis mon costume sur mesure, avec une

chemise blanche, une cravate large à rayures bleu blanc rouge, des

chaussettes de soie noire et une paire de cordouans cirées.

Sans me presser, d’un pas nonchalant, je marchai à travers les rues en

cette fin d’après-midi jusqu’au poste de police de Palm Beach, une

construction de style espagnol. Nul ne connaîtrait jamais la vérité au sujet

de Debierue et nul autre que moi ne saurait quel rôle j’avais joué dans son

apothéose. Et je ne dirais jamais rien, jamais, mais je devais payer à cause

de Berenice. Celui qui connaît le succès en Amérique doit en payer le prix. C’est la loi américaine, et personne ne connaît celte réalité mieux que moi,

un Portoricain désinsularisé.

Il y avait un officier et deux agents de police à l’intérieur du poste. Un

des agents prenait son service tandis que l’autre rentrait chez lui, mais ils

avaient tous les deux l’air si propres et soignés qu’on n’aurait pu les

différencier. Les trois flics regardaient un numéro de Palm Beach Life, le

magazine saisonnier sur papier glacé qui parle de la haute société de Palm

Beach. L’agent qui quittait son service avait sa photo dans le magazine, on

le voyait sourire au second plan sur un cliché montrant un groupe de

femmes en promenade dans un parc.

— Bonjour, monsieur, dit poliment le sergent en se levant. Je peux vous

aider ?

J’acquiesçai.

— Bonjour, sergent, répondis-je. (Je dépliai le mouchoir ; le doigt de

Berenice roula sur le comptoir.) Je viens avouer un crime passionnel.

 

1. e Manifest Destiny : terme se référant à l’“inévitable expansion territoriale des États-Unis” (19

siècle).

 

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Achevé d’imprimer le 26 février 1993

sur les presses de l’Imprimerie « La Source d’Or »

63200 Marsat

Dépôt légal Février 1993

Imprimeur No 4641

3 e édition

 

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