Initiation avec mon meilleur ennemi

Jocabel C. Caballero · Chapitre 6 sur 39

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Initiation avec mon meilleur ennemi

Chapitre 6

 

Max

 

Je soupire et m’assois sur le tas de couvertures. Bordel, comment est-ce qu’on s’est retrouvés dans cette situation ?! Les mecs vont me tuer pour avoir dévoilé cet endroit à une fille. Mais qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ? Si le coach tombait sur Haylee, elle ne risquait pas que des heures de colle. J’imagine que ça aurait été inscrit sur son dossier parfait et on en aurait parlé dans tout le lycée. Les rumeurs vont bon train sur les nanas qui s’amusent à se faufiler dans les vestiaires dès que le coach a le dos tourné. Je ne veux surtout pas qu’Haylee se retrouve dans cette position. Je doute que ça ait un quelconque impact sur son avenir, après tout, elle a de super notes dans toutes les matières, mais je préfère éviter qu’on répande cet incident dans le lycée. Ça n’aurait fait qu’intéresser davantage les cons comme Josh. Pas question. Bien sûr, je vais devoir m’assurer que les mecs se tiennent à carreau après ça. Mais je ne crains pas qu’ils en parlent. Enfin, ils en discuteront entre eux, mais ça ne devrait pas sortir du vestiaire. Parce que le bro code l’interdit. Après tout, ce qu’il se dit dans les vestiaires et tout ce qu’il s’y passe n’en sort pas. C’est ainsi.

Levant les yeux vers mon problème actuel, j’attends qu’elle se pose, mais Haylee se raidit et ne semble pas décidée à bouger.

– On va être coincés ici un moment, alors pose ton putain de cul quelque part ! grogné-je, contrarié.

Haylee me jette un regard noir, du moins je crois puisqu’on n’y voit pas grand-chose avec cette lumière d’ambiance.

– Je ne vais pas m’asseoir sur ce matelas. Dieu seul sait ce que toi et ceux au courant pour cette pièce avez fait dessus !

Le dégoût dans sa voix me ferait presque rire si elle n’avait pas complètement tort sur une chose : je n’ai jamais utilisé cette pièce. Je n’oserai jamais amener une fille ici pour un coup vite fait. Parce que malgré ma réputation de séducteur, je respecte mes partenaires et je veux qu’elles se sentent à l’aise. Bon, il m’est arrivé d’en baiser une ou deux dans leur voiture et d’avoir droit à quelques gâteries en pleine nature, mais uniquement à leur demande. Autrement, je préfère largement le confort et l’intimité d’une chambre. Serrant les dents, je me lève d’un coup et pose un tas de coussins et d’autres couvertures sur le matelas.

– Voilà, maintenant, pose ton cul.

– C’est si gentiment demandé, grommelle-t-elle, tandis que je jure.

– Si j’étais toi, je baisserais d’un ton. Parce que je peux tout à fait changer d’avis et te laisser te démerder avec le coach plutôt que de me casser le cul à te cacher ! Tu sais le risque que j’ai pris à te montrer cette putain de pièce ? soupiré-je pour me calmer. Alors, boucle-la et reste tranquille, OK ?

Un lourd silence me répond. Parfait. Prenant une profonde inspiration, je sors mon téléphone et écris un message à Warren pour le prévenir que sa copine se balade dans l’annexe sportive. J’imagine que Taylor est assez futée pour se débrouiller toute seule, mais mieux vaut prévenir que guérir. J’ai à peine envoyé mon message qu’une réponse arrive.

 

[Je sais. Je viens de l’en faire sortir.]

 

[Par la grande porte ? Le coach est toujours là ?]

[Ouais, j’ai prétendu qu’elle était

venue pour un entretien avec les cheers…

Je te préviens dès que la voie est libre.]

 

Je soupire et en informe Haylee. Elle semble immédiatement soulagée.

– Quand le coach partira, je te ferai sortir d’ici.

Dans l’ombre de la lumière, je la vois opiner du chef. Ramenant ses genoux contre sa poitrine, elle pose la tête sur ces derniers et soupire.

– Alors les rumeurs sont vraies.

Je comprends qu’elle fait référence à la pièce où nous nous trouvons et marmonne un « ouais ».

– Je te serais reconnaissant si tu n’en parlais à personne, ajouté-je.

– Tu ne vas pas me faire croire qu’aucune fille n’est venue ici ? ricane-t-elle avec dégoût.

– Ça, je n’en sais rien, mais dans tous les cas, je n’étais pas censé montrer comment trouver l’endroit à quelqu’un. Un secret ne reste secret que si peu de personnes le partagent.

De nouveau, le silence s’installe. Haylee m’observe, sourcils froncés. Je sens toute ma frustration s’envoler lorsque je vois ce petit pli sur son front. Elle réfléchit. Je ne sais pas à quoi, mais de toute évidence, quelque chose l’intrigue. Et la connaissant depuis des années, je sais qu’elle ne va pas tarder à me bombarder de questions. Ma minimoy est ainsi. Curieuse de tout. Avide de savoir et de réponses. C’est sans doute pour cela qu’elle est autant obsédée par l’astronomie. Tout ce qu’il y a par-delà notre ciel recèle encore tellement de mystères que sa curiosité y trouve son bonheur. Et j’aime ça. Son côté grognon et curieux est celui que je préfère.

– Alors, pourquoi m’avoir montré le chemin ?

Traduction : pourquoi est-ce que je l’ai aidée ? Cette fois-ci, je souris. Même si l’on se cherche constamment, elle n’a vraiment aucune idée de ce que je pourrais faire pour elle.

– « Voyeuse » ne ferait pas très bon sur ton dossier pour la fac.

– Je ne suis pas une voyeuse, souffle-t-elle m’arrachant un sourire.

– Ça ne t’a pourtant pas empêchée de mater Josh.

Le regard que ce crétin lui a lancé me revient à l’esprit et m’agace. Mais le pire a sûrement été la réaction d’Haylee. Elle l’a maté… Suffisamment longtemps pour que Josh comprenne et qu’il s’en enorgueillisse. Suffisamment longtemps pour rougir comme une vierge effarouchée et attiser l’intérêt de ce crétin aimant les défis. Je soupire, las. Je vais devoir garder un œil sur lui parce qu’il est hors de question qu’il s’approche d’Haylee.

– Si vous ne montrez pas le chemin qui mène à votre planque de cul, comment est-ce que vous ramenez les filles dans cet endroit glauque ? Ne me dites pas que vous les kidnappez ?!

Je ris et secoue la tête. Elle change de sujet. Tant mieux, je n’ai pas envie de gâcher le bien-être que sa voix pétillante m’apporte. Haylee a toujours cet effet-là sur moi. J’imagine que malgré le temps et notre relation ami-ennemi, je la vois encore comme la petite fille qui me consolait dans notre petite cabane entre les haies de nos maisons. Elle ne doit pas se souvenir des raisons pour lesquelles j’étais un gamin apeuré et pleurnichard dans cette fichue cabane, mais c’est mieux ainsi.

– Il n’y a pas de « vous » qui tienne, Haylee. Je n’ai jamais ramené qui que ce soit ici. Hormis toi maintenant, plaisanté-je en étouffant un rire quand elle renifle, dégoûtée. Mais j’imagine que pour répondre à ta question, les mecs bandent les yeux de leurs dulcinées.

– De plus en plus glauque…

– Le danger excite certaines filles. Tout comme l’adrénaline de se faire surprendre si l’on crie trop fort.

L’observant avec attention, je la vois triturer ses cheveux, pensive.

– Donc, les garçons comme toi aiment ça ? Vous aimez les filles entreprenantes ?

– Euh… Non… Oui… Enfin, ça dépend des mecs, je pense…

Gigotant, je tire sur mon tee-shirt trempé et essaie de me défaire de ce malaise qui me colle à la peau depuis qu’elle a lancé cette conversation.

– Dans ton monde, est-ce que seul le fait d’être dans le club des uniformes compte pour vous ?

Mon monde. Le club des uniformes. Elle parle des footballeurs et des cheerleaders… J’ouvre la bouche pour répondre, mais aucun son n’en sort. Je me rends compte du sujet glissant vers lequel on s’enfonce. Je n’arrive pas à croire que j’ai ce type de conversation avec elle. D’habitude, elle ne supporte pas d’échanger sur les sujets les plus banals de notre quotidien, alors je ne m’attendais pas à avoir une discussion sur les garçons avec elle. Jamais. Qu’est-ce qui lui prend ?

– Non, je fais en me raclant la gorge. Ce n’est pas ce qui compte. La preuve, Warren sort avec Taylor et ce n’est pas une cheer.

Silence. OK, là, je suis complètement paumé. Alors j’attends. Parce que je vois qu’elle hésite à me demander autre chose.

– On est… plus ou moins… amis, non ?

Non, pas du tout. Enfin, pour moi, Haylee est toujours restée mon amie d’enfance. Mais je sais qu’elle ne me considère pas comme son ami. Pas depuis des années en tout cas. Alors le fait qu’elle en parle me fout les pétoches. Je me demande ce qu’elle a derrière la tête. Comme je ne réponds pas, elle soupire et continue.

– Ouais, bon, on ne l’est pas… Mais un jour, tu m’as dit que ma famille était comme la tienne. Ce qui fait de nous des cousins éloignés ou une connerie de ce genre.

– J’ai dit que je te considérais comme ma petite sœur casse-couilles, la reprends-je.

Elle fronce les sourcils et m’observe bizarrement.

– Alors si je te demandais de m’aider pour un truc, tu le ferais ?

Je me crispe et gigote. Je commence à m’inquiéter là.

– Ça dépend, dis-je enfin, en jouant la carte de l’honnêteté. Tu veux que je casse la gueule à quelqu’un ?

Haylee soupire et bouge pour s’installer en tailleur sur le matelas, puis saisit une mèche de ses cheveux. Je l’observe, fasciné. Ils ont poussé, ça ne fait aucun doute. Et je reconnais que depuis qu’elle est rentrée de sa colo, l’envie de tirer sur ses mèches blond cendré bouclées me titille. J’adore les filles avec les cheveux longs. Rien de sexiste là-dedans, je trouve simplement ça fascinant la façon dont je peux jouer avec pendant que je prends leur propriétaire jusqu’à ce qu’elle hurle de plaisir. Mais mes pensées s’éloignent du sujet… Je secoue la tête pour revenir à la conversation la plus étrange que j’aie eue avec Haylee. Si elle veut que je casse la figure à quelqu’un, ou si quelqu’un lui a fait du mal, elle n’aurait pas besoin d’insister. Je m’exécuterais volontiers parce que l’idée qu’on la blesse me révolte. Et puis par le passé, j’ai déjà eu mon lot de bagarres. Alors cela ne m’effraie pas. Mais, vu son malaise et son hésitation, je doute qu’elle désire faire appel à moi pour une vendetta digne de ce nom.

– J’ai besoin de ton aide pour ça, dit-elle enfin en sortant un bout de papier de la poche de son jean.

Perplexe, je comprends qu’il s’agit du papier qu’elle a caché plus tôt dans la journée. Celui qu’elle refusait de me montrer. Je le récupère et y jette un coup d’œil. Tout l’air dans mes poumons s’évapore. Merde, je crois comprendre à quoi riment ses questions. Je me crispe en lisant cette to do list insolite :

Expériences à vivre avant la fac :

- Participer à des soirées

- S’investir dans une activité extrascolaire sportive

- Avoir un petit ami

- Embrasser quelqu’un

Je relis cette liste saugrenue et lève lentement les yeux vers Haylee. Mon cœur s’emballe, paniquant complet, lorsque je vois qu’elle a bougé. Son visage n’est qu’à quelques centimètres du mien et je plonge immédiatement dans ses yeux gris clair. Agenouillée devant moi, elle attend que je dise quelque chose. Mais je ne vois pas encore de quoi il s’agit. Parce que… bordel, elle ne peut pas être en train de me demander de faire ces trucs avec elle ! Je ne pourrai jamais ! Parce que même si elle est devenue foutrement sexy, je n’ai pas le droit de la toucher. La panique doit se lire sur mon visage parce qu’elle éclate de rire avant de mettre sa main contre sa bouche pour étouffer le bruit.

– Oh, non ! Je ne te demande pas de m’aider de cette façon ! Seigneur, non, beurk ! En fait… j’aimerais vivre certaines choses avant d’aller à la fac. Pas forcément tout ce qu’il y a sur cette liste, mais… est-ce que tu m’aiderais à savoir quoi faire et quoi dire avec un garçon ? Je n’y arrive pas toute seule. Je ne sais pas comment engager une conversation si l’on n’a pas les mêmes centres d’intérêt et ça me bloque.

Me ramenant à l’instant présent, la voix hésitante d’Haylee me pousse à regarder de nouveau cette fameuse liste d’expériences. À l’évidence, elle est beaucoup plus naïve que je ne l’imaginais. Quelle fille ferait appel à un mec pour l’aider à… séduire un garçon ? Se faire sauter ? Est-ce qu’elle est au moins consciente de ce qu’elle me demande ?!

– Pourquoi cette soudaine envie ?

Ma voix fait état de mon malaise. Malgré le peu de lumière qui nous enveloppe, je la vois rougir et comprends aussitôt. Les pièces du puzzle se mettent en place une à une. Ses questions sur mon monde, sur les joueurs et les filles qui intéressent les mecs comme moi. Elle a quelqu’un en vue. Et bordel, ce n’est pas l’un de ces gentils boy-scouts que je peux aisément m’amuser à déstabiliser. Fuck.

– Pas question, grogné-je aussitôt. Tu es trop naïve pour ce genre de mecs. Si tu veux un copain, trouves-en un parmi les autres. Les gentils garçons.

– Naïve ? s’offusque-t-elle les yeux flamboyant de contrariété. N’importe quoi ! Et je n’ai pas besoin de ta permission, Maximilien ! Je te demandais juste d’être une sorte de…

– De prof de sexe, l’interromps-je, tandis qu’elle fronce les sourcils. Quoi ? Tu t’attends à des déclarations à l’eau de rose de la part des sportifs du campus ? Eh bien, ça montre à quel point tu ne les connais pas. Tu ferais aussi bien de marquer « me faire baiser » sur cette liste !

Contrarié, je la froisse et la jette. Haylee rattrape la boule de papier et me fusille du regard.

– Je ne veux pas d’un prof de sexe, mais d’un… d’un entremetteur, grogne-t-elle. Tous les mecs ne pensent pas qu’au cul comme toi !

– Crois-moi sur parole, si le type à qui tu songes porte cette veste, fais-je en désignant mon survêt de football, il pensera au cul. Je connais chaque gars de l’équipe, Haylee. Pas question que tu t’approches d’eux. Ils ne feraient qu’une bouchée d’une fille qui… n’a même pas embrassé un mec !

D’ailleurs, cette expérience de sa liste me dérange. Parce qu’elle est complètement fausse. Haylee a déjà embrassé un garçon. Moi. Lorsque j’avais 10 ans, je l’ai embrassée dans notre cabane pour mon anniversaire. Nous n’étions que des gamins, soit, mais ça compte. Mais elle ne se souvient pas non plus de ça visiblement. Ni de ce qui s’est passé par la suite. Je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou non.

– Tu sais quoi, laisse tomber. Taylor avait tort.

Parce que c’est elle qui l’a poussée à me demander conseil à moi ? Bordel, Taylor va m’entendre. Mais il y a plus urgent maintenant. Ce n’est pas parce qu’elle a renoncé à l’idée que je l’aide à séduire un mec de mon équipe qu’elle va laisser tomber. Je le vois dans son putain de regard déterminé.

– Ne t’approche pas de mon équipe, Haylee.

– Je fais ce que je veux, Maximilien, réplique-t-elle en me tenant tête. Et tu ne pourras pas non plus leur interdire de me parler.

Elle tient vraiment à savoir ce qu’un mec comme moi peut attendre d’elle ? Parfait, elle va être servie ! Une petite voix au fond de ma tête me dit que je vais regretter mon geste, mais la frustration prend le pas sur le reste. Sans me soucier d’être tendre, je la repousse contre le matelas et utilise mon poids pour l’empêcher de fuir. Un petit cri surpris lui échappe, mais elle n’a pas le temps de se débattre. Je suis trop rapide pour elle. Trop fort. Je me retrouve en deux temps trois mouvements au-dessus d’elle, sur le matelas dégoûtant qu’elle refusait de toucher, tenant fermement ses poignets au-dessus de sa tête et la collant comme je ne l’ai jamais fait auparavant. Dans cette position, les formes rebondies de ses seins se compriment contre mon torse et je perds momentanément mon sang-froid. Je sens sa chaleur traverser nos vêtements et ses cuisses qui gigotent entre mes jambes pour se dégager de mon étreinte font se frotter son bassin contre le mien. Merde… C’est un appel à la tentation… Respire Max, respire. Secouant la tête, je me force à revenir au but premier de ma démonstration. Levant les yeux, je croise son regard flamboyant. Le gris de ses yeux brûle d’une haine profonde. Voilà, parfait. Ce genre de regard me refroidit suffisamment pour continuer.

– Tu veux que je te fasse comprendre ce qu’un mec comme moi cherche ? soufflé-je, un brin mauvais. Haylee, les mecs comme moi vont tôt ou tard vouloir se retrouver dans cette position avec toi. Certains ne se soucieront même pas du fait que ça sera ta première fois. C’est ça le genre d’expérience que tu souhaites vivre ?

Je n’ai pas besoin qu’elle le confirme, je sais qu’elle est vierge. Du moins, aucun garçon n’est suffisamment resté dans le périmètre pour qu’elle se lance. Et le rouge sur ses joues me prouve que j’ai raison. Il n’y a qu’une vierge pour être gênée de la sorte lorsqu’on aborde le sujet. Cela me prouve une nouvelle fois qu’elle est candide et qu’elle se fera manger toute crue par le mec qu’elle cherche à séduire. Au risque de le regretter plus tard… Et ça, je ne suis pas d’accord.

– Ils ne sont pas tous des connards comme toi !

– Tu raisonnes comme une vierge, dis-je en souriant méchamment. Un mec a besoin de cul, c’est scientifique. Toi qui es une tête, tu devrais le savoir. Et si tu ne lui donnes pas ce qu’il veut, il ira le chercher ailleurs.

J’arrête là mon monologue cruel en la voyant pâlir. Bon, j’exagère peut-être un peu, tous les gars ne sont pas comme ça… mais, c’est vrai qu’elle n’a aucune idée du véritable visage de certains. Je pourrai lui faire un exposé détaillé de la personnalité de chaque joueur jusqu’à trouver celui qui l’intéresse, mais ça serait contre-productif. Parce que même si, à cet instant précis, je suis en grande partie en train de les traiter tous de connards à cause d’Haylee et de son envie soudaine de s’en taper un, ce sont mes amis. S’il ne s’agissait pas d’elle, je n’aurais pas eu de problème à l’aider à se maquer avec l’un d’entre eux… Mais là, pas question.

– Tu es vraiment naïve, minimoy.

Restant dans mon rôle, je cale mon visage dans son cou. L’odeur de son shampoing à la noix de coco envahit mes narines. Même si j’essaie de la mettre en garde, ce petit jeu commence à apporter son lot de problèmes de mon côté. Son parfum me plaît. Ce n’est plus la même odeur que quand on était gamins, mais c’est plus féminin, plus sensuel… Reste concentré Max, bordel ! C’est Haylee. Effleurant son oreille de mes lèvres, je la sens frémir et mon corps répond au sien. Inconsciemment, ma main se détache de son poignet et va se perdre dans ses cheveux. Comme je rêve de le faire depuis la rentrée, je joue avec la longueur de ses mèches. L’esprit embrumé par sa proximité et sa fragrance, je ne peux m’empêcher d’être doux dans chacun de mes gestes. Sa poitrine se soulève au rythme de sa respiration saccadée et un soupir lui échappe lorsque ma main descend vers ses lèvres rosées et foutrement tentantes. Bordel… Il faut que je mette un terme rapide à ce petit avertissement, parce que c’est en train de se retourner contre moi.

– Ne t’approche pas d’eux. Ils te boufferont toute crue. Crois-moi sur parole, parce qu’ils sont comme moi… Et c’est ce que je ferais à leur place, ajouté-je tout en suivant une impulsion et en lui mordant le lobe de l’oreille.

Haylee pousse un petit hoquet de stupeur et me dévisage les joues rouge pivoine et une pointe d’appréhension dans le regard. Parfait. Je pense que le message est passé. Me redressant, je la libère et lui fais signe qu’on peut y aller. Parce que, coach ou pas à la sortie, je ne vais pas pouvoir rester plus longtemps dans cet endroit exigu avec elle. Pas après avoir posé ma bouche sur sa peau douce et savoureuse et avoir senti chaque parcelle de son corps collé au mien.

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