La chanson de la Bretagne
Chapitre I
Elle est vieille et vaste, la chambre.
Le lit de passage où je dors
A, ce soir de premier Novembre, Je ne sais quoi qui sent les morts.
Les rideaux, d’attitude roide, Descendent à plis empesés,
Et des souffles de tombe froide Rampent le long des draps glacés.
La pendule, verte de mousse,
Tinte des heures d’autrefois;
On dirait une voix qui tousse
Pour faire taire d’autres voix.
Et c’est bientôt un grand silence, Un silence lourd et profond
Où, dans le vide, se balance
Une ombre accrochée au plafond.
La chambre est vieille, vaste, haute…
Ce soir, si j’ai bien entendu, Les gens contaient à table d’hôte Une aventure de pendu…