La chanson de la Bretagne

Anatole Le Braz · Chapitre 8 sur 24

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La chanson de la Bretagne

Chapitre II

«Fine aube de séminariste,

Dis à celui qui te mettra

Qu’en te lavant Jeanne était triste, Qu’en te lavant Jeanne pleura.

 

«Dis-lui que l’ajonc, dans la lande, En séchant persiste à fleurir; Dis-lui qu’une amour forte et grande Peut saigner longtemps sans mourir.

 

«Quand par-dessus toi, pour la messe, Il mettra la chasuble d’or,

Dis-lui qu’en sa jeune promesse Mon amour trompé croit encor.

 

«Jean Garel, du pays de Vannes, Voudrait mon cœur avec ma main; Mais l’eau s’écoule où sont les vannes; Le cœur aussi n’a qu’un chemin.

 

«Mon cœur, mon triste cœur chemine Obstinément, par le sentier

Où mon doux clerc à fière mine M’aima pendant un soir entier; «Et de ce soir mon âme est pleine; Mon âme est comme un champ vermeil Où s’exhale en plaintive haleine Le dernier souffle du soleil!»