La Conception Matérialiste De La Question Juive
Les rapports des juifs avec les autres classes de la société
L’image de ces malheureux portant rouelle et costumes les ridiculisant, payant comme des bêtes des taxes pour le passage des villes et des ponts, honnis et abaissés, s’est incrustée pour longtemps dans la mémoire des populations de l’Europe occi-dentale et centrale.
Les rapports des juifs avec les autres classes de la
société
L’évolution de la situation sociale et économique des Juifs fut d’une influence déterminante sur les rapports qui les liaient aux autres classes sociales. À l’époque de leur apogée commer-ciale, ils sont protégés avec sollicitude par les rois et les nobles. Leurs relations avec les paysans sont sans grande importance. Par contre, les rapports des Juifs avec la classe bourgeoise fu-rent hostiles dès son entrée sur la scène de l’histoire.
Éliminé du commerce, le « capital » juif se cantonne uni-quement dans l’usure. Cette nouvelle situation a pour résultat le changement d’attitude de la noblesse et de la royauté à l’égard des Juifs. Les seigneurs, dans l’obligation de défendre leurs propriétés menacées, passent souvent à une lutte impitoyable contre les usuriers qui les ruinent. Les rois continuent à « pro-téger les Juifs » mais en réalité, ils s’en servent pour pomper à
temps dans la ville entière. » Kriegk, Geschichte und Lage der Frankfur-ter Juden, cité par H. Cunow, op. cit.
Il ne faut pas confondre quartiers juifs et ghettos. Si les premiers sont connus à diverses époques de l’histoire juive, les derniers consti-tuent une institution née de la période où le Juif devient un « petit usu-rier ». Ainsi, en Pologne, le ghetto constitue une exception et non une règle. Ce qui n’a pas empêché la barbarie hitlérienne de « renvoyer » les Juifs polonais dans les ghettos.
– 104 – leur profit les ressources du pays. Mais aussi longtemps que l’économie échangiste n’a pas encore pénétré dans le domaine rural, la situation des Juifs demeure encore relativement sup-portable.