La Femme de hasard

Jonathan Coe · Chapitre 9 sur 10

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La Femme de hasard

9 - Maria en exil

9

Maria en exil

 

Trois ans plus tard, il pleut toujours. C’est un mensonge, je sais, il y a eu du soleil entre-temps, mais cela est hors de propos. À présent, pour trouver Maria, il vous faudrait aller très loin au nord, car elle habite Chester. Une fort belle ville, je vous encourage vivement à la visiter un jour. Un jeudi d’automne, par exemple, ce serait idéal. Mais en l’occurrence on est un mardi d’été, et pourtant il pleut toujours, mais que voulez-vous, c’est l’Angleterre. Maria rentre à pied de son travail, et nous la surprenons, vous serez heureux de l’apprendre, dans un état d’esprit tout à fait intéressant. Non qu’elle fasse quoi que ce soit de spécial, à première vue, mais il nous faudrait choisir le moment soigneusement, très soigneusement vraiment, pour surprendre Maria en train de faire quoi que ce soit de spécial pendant son séjour à Chester. Si ses « jours heureux » à Londres ressemblaient à une mer d’huile, alors ses jours passés à Chester ressemblaient à un désert. Bien que la métaphore soit mal choisie, car elle ne prend pas en compte la pluie. Ce que j’essaie de dire au juste, comme vous n’aurez pas manqué de le remarquer, c’est qu’à ce stade Maria avait une vie complètement éteinte, et je n’entends pas simplement par là qu’il ne lui arrivait jamais rien d’intéressant, ce qui était effectivement le cas, mais qu’elle la vivait l’esprit éteint, qu’elle la percevait et l’éprouvait à travers une conscience peut-être irrémédiablement éteinte.

Bon, je sais ce qu’elle ressent, j’ai moi-même de mauvais souvenirs de Chester, mais ce n’est pas la faute de l’endroit, quand même, il suffit de regarder tous ces beaux édi ces anciens, et cette splendide cathédrale. Maria avait une tendresse particulière pour la cathédrale, ce qui est étrange, parce qu’elle n’était pas naturellement d’un tempérament religieux. C’était néanmoins l’un de ses rares plaisirs d’entrer dans la cathédrale par une claire soirée d’été, quand elle était pleine de gens, la plupart d’entre eux dans une attitude de prière, de s’agenouiller à côté de quelqu’un, et alors, si elle se sentait en ammée, de hurler des insultes à la face de son créateur, ou, si elle se sentait calme, de l’accuser, avec force arguments raisonnés et dûment étayés, d’incompétence professionnelle. Le tout en silence, bien sûr, pour ne pas déranger les autres dèles. Maria, qui était fondamentalement d’une nature con ante, avait toujours cru en Dieu, mais en revanche elle n’avait pas la moindre preuve qu’il croie en elle. Tel un spectre, elle hantait la cathédrale, ainsi que son parc, car elle passait bien des soirs et certains après-midi dans le Jardin du souvenir, un lieu ténébreux qui ne vaut guère que par son nom. Quel beau prétexte à métaphore ! Malheureusement, nous n’avons pas le temps. Il y a là un banc adossé au mur de l’église, où souvent l’on aurait pu voir Maria assise, apparemment absorbée dans ses pensées, ou perdue dans des souvenirs mélancoliques, ou engloutie dans une rêverie amoureuse, alors qu’en réalité elle avait l’esprit vide, à moins qu’elle ne se demandât si au dîner elle mangerait des ravioli ou des tortellini. Mainte soirée, et maint après-midi, des jeunes gens solitaires s’arrêtaient pour la contempler d’un regard adorateur, ou s’asseyaient à côté d’elle pour engager une conversation suggestive, ou l’agressaient sexuellement pendant que personne ne les regardait. Même ici, parmi les morts, Maria ne pouvait pas garantir qu’on la laisserait seule, alors que c’était tout ce qu’elle désirait désormais, tout ce qu’elle espérait du monde. Bien sûr, comme jamais de toute sa vie on ne l’avait laissée vraiment seule, elle n’était pas en mesure de savoir si c’était effectivement ce qu’elle voulait, et, puisque l’heure semble être à l’exactitude, il serait plus juste sans doute de dire que tout ce que Maria voulait, c’était l’occasion de véri er si ça lui convenait qu’on la laisse seule. Après tout, rien d’autre ne lui convenait.

Mais elle vit seule, de toute façon, allez-vous protester, du moins le feriez-vous si je vous avais dit qu’elle vivait seule, et si je ne l’ai pas dit c’est parce que, voyez-vous, j’ai pensé que tout lecteur un tant soit peu intelligent l’aurait déjà deviné. Oui, Maria vivait seule, et donc libre de goûter autant de solitude qu’elle en rêvait, pourrait-on croire. Et pourtant, c’était loin d’être le cas. Par pure perversité, probablement. L’explication est bien simple, je vous assure : jamais Maria ne se sentait moins seule que quand elle était livrée à elle-même, dans sa maison. C’était à elle-même, à son moi qu’elle voulait par-dessus tout échapper. Ça paraît assez bateau, dit comme ça, pas vrai ? Nous devons toutefois reconnaître que ce que Maria (ou était-ce l’auteur ?) appelait son moi incluait une foule de gens qui n’avaient rien à y faire. Inutile de vous rappeler leurs noms, vous les connaissez tous ; je vous ai présenté tous les protagonistes au l de l’histoire. Ces gens, ex-amis, ex-maris, ex-collègues, frères, mères, pères et ls, refusaient tout bonnement de la laisser seule, à plus forte raison quand à tous autres égards elle l’était. Leurs voix, leurs visages, leurs corps parfois emplissaient ses pensées, dominaient ses sentiments et éteignaient ses sens jusqu’au dernier. Ils étaient devenus si inséparables de son moi qu’elle était obligée de les trimbaler avec elle partout où elle allait, alors qu’ils pesaient une tonne, et que rien ne lui aurait plu davantage que de pouvoir les balancer sur le bas-côté.

C’est dans l’espoir de s’en débarrasser qu’elle était venue à Chester. Pourquoi Chester, demanderez-vous ? S’il est vrai qu’elle avait choisi la ville plus ou moins au hasard, il y avait en sa faveur un argument de poids : ni Maria, ni personne de sa connaissance n’avait le moindre lien avec cette ville. Voyez-vous, dans la simplicité de son âme, Maria avait résolu de commencer une nouvelle vie. Apparemment, elle croyait qu’il lui suffirait d’instaurer une distance géographique entre elle-même et tous ces gens, tous ces endroits qu’elle souhaitait laisser derrière elle, pour qu’ils cessent d’exister. Ou en tout cas, si elle n’y croyait pas littéralement, car je dois admettre que ça paraît improbable, elle pensait que ça valait au moins le coup d’essayer. Ce qui vous donnera une idée de l’égarement qui était le sien à l’époque. Elle ne s’attendait certainement pas à ce qu’ils l’accompagnent tous, et à ce qu’ils s’installent comme autant de fantômes dans sa maison et dans son esprit.

Mais voyez comme je saute des étapes, à parler ainsi de la maison de Maria sans même avoir expliqué où elle était ni à quoi elle ressemblait. Maria vivait donc dans une grande maison mitoyenne située dans une rue de grandes maisons mitoyennes, non loin du stade. La maison comptait trois étages et pas moins de huit pièces, dont elle n’utilisait que cinq. Les trois autres, elle aurait pu les louer, si elle avait voulu, si elle avait envie de compagnie, disons, ou si elle avait besoin d’argent, mais elle n’avait ni envie de compagnie ni besoin d’argent. Elle avait un emploi bien payé. Elle travaillait dans un centre d’accueil pour femmes, un petit ensemble de maisons dans un quartier tranquille, dont l’emplacement exact était tenu rigoureusement secret. Les femmes contraintes de quitter leur mari à cause de sa cruauté, de sa violence, ou de tout autre effet secondaire de la vie conjugale, pouvaient s’y réfugier quelque temps, avec leurs enfants si nécessaire, sans avoir à craindre d’être retrouvées par leur persécuteur. N’en déduisez pas pour autant, je le dis au passage, que Maria ait soudain acquis une conscience sociale. Elle s’était portée candidate parce qu’elle avait vu l’annonce, et elle avait accepté le poste parce qu’on le lui avait proposé, un point c’est tout. Au début, elle était contente de ce travail, en partie parce qu’il lui donnait l’occasion de penser à autre chose qu’à son passé, et en partie parce qu’elle en avait marre de ne pas avoir assez d’argent pour vivre. À son arrivée à Chester, elle n’avait pas d’argent du tout, hormis ses maigres économies londoniennes, qu’il lui avait fallu déposer en caution auprès de son propriétaire en attendant de recevoir ses premières allocations. Elle vivait alors au quatrième étage d’un immeuble modeste mais extraordinairement sordide et mal tenu près du centre ville.

Ce fut un curieux épisode de sa vie. Elle découvrit que la plupart des autres locataires étaient soit étudiants en droit, soit élèves enseignants. Ils avaient tous une dizaine d’années de moins qu’elle. Ce n’étaient pas les meilleurs auspices pour débuter une nouvelle vie, qui à vrai dire prit presque aussitôt l’aspect d’une simple continuation de l’ancienne. Mais bon, si elle voulait imposer des distinctions absurdes, elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. La nuit, elle n’arrivait pas à dormir, à cause de la musique tonitruante qui venait d’à côté et d’en dessous, et le jour elle était dérangée par l’incessant babil de voix juvéniles et joyeuses, dans l’escalier, dans les couloirs et dans les autres appartements. Non qu’elle fût dérangée dans quoi que ce soit d’important, le plus souvent elle se contentait de regarder par la fenêtre ; c’est néanmoins contrariant de ne même pas pouvoir faire ça en silence. Pourtant, elle ne se plaignait jamais du bruit. À vrai dire, je ne suis pas sûr qu’elle ait jamais adressé la parole aux autres locataires, à une (importante) exception près. Il y avait un homme, que dis-je, un garçon plutôt, qui habitait juste en face de chez elle, qui s’appelait George, et qui s’était plus ou moins entiché d’elle. Il était grand, brun, et globalement, se disait-elle, pas désagréable à regarder, n’était le grand sourire absurde qu’il arborait en permanence, et qu’aucune catastrophe ne semblait pouvoir effacer. Comme si dans sa jeunesse une banane s’était coincée en travers de ses joues et qu’il ne s’en était jamais remis. C’était la personne la plus obstinément joviale et heureuse de vivre que Maria eût jamais rencontrée. Il la rendait folle. Son mot préféré était « magni que ». Il trouvait que tout l’immeuble, par exemple, était magni que, que ce soit du point de vue de l’architecture, de l’ameublement, de l’hygiène ou de l’espace. Il considérait leur propriétaire, un ex-catcheur borgne qui avait manifestement des antécédents criminels, comme un modèle d’intégrité et d’équité. Il ne se lassait pas de complimenter Maria, appliquant sans discrimination l’épithète « magni que » à ses vêtements, à ses goûts littéraires et picturaux, à son intelligence, à sa cuisine, à sa beauté et même, un jour où la nécessité l’amena à utiliser ses toilettes, à son papier hygiénique. La vie semblait dénuée de toute horreur pour ce garçon, et rien ne paraissait pouvoir le déprimer. Lorsque Maria commença à travailler au centre d’accueil, elle lui racontait parfois l’histoire de femmes qu’elle y avait rencontrées, les humiliations et les mauvais traitements qu’elles fuyaient, et il réagissait invariablement en pérorant sur la magni que noblesse de sa vocation, comme il aimait à l’appeler, et sur la compassion d’une société qui autorisait l’existence de telles institutions. Il était maladivement honnête et disait toujours ce qu’il pensait. Si Maria, en lui servant à contrecœur du thé au salon, préférait ne pas s’asseoir à côté de lui sur le canapé, il lui demandait, sans aucune gêne, s’il sentait mauvais ou si elle avait peur qu’il lui fasse des avances. À cette dernière question, elle t un jour l’erreur de répondre non, sur quoi George, l’air soudain très sérieux, déclara : « Dans ce cas, dis-moi franchement : est-ce que tu voudrais que j’aie une attitude plus ouvertement sexuelle envers toi ? » Là-dessus, Maria, décrétant que ça suffisait comme ça, donna un préavis d’un mois et s’acheta une maison.

Elle y vivait seule. Elle ne voulait même plus avoir de chat. Tous ces vestiges de son ancienne vie avaient été mis au rebut car inefficaces. Elle n’écoutait plus de musique au cœur de la nuit, les yeux xés sur le voyant rouge du magnétophone. Elle préférait s’endormir tout de suite, le sommeil étant l’un des très rares aspects de l’existence pour lesquels elle ressentait encore quelque enthousiasme, sauf que parfois elle se surprenait à rêver, et rien ne pouvait la défriser davantage. Elle se réveillait avec le sentiment d’une immense arnaque. Il y a deux sortes de rêves, n’est-ce pas, les bons et les mauvais, classi cation fallacieuse entre toutes. Maria ne savait pas lesquels elle détestait le plus. Les rêves, on le sait, sont falsi és dès qu’on les raconte, il serait donc vain d’entrer dans les détails ; mais les mauvais, c’étaient ceux qui lui procuraient des sueurs froides de peur et de dégoût, et dont elle se réveillait encore plus vidée qu’en s’endormant, et les bons, c’étaient ceux qui l’emplissaient de vagues d’espoir et d’une sérénité sans nom, et dont elle se réveillait pour constater accablée que ces sensations délicieuses n’étaient nalement que des chimères. Mieux valait donc ne pas rêver du tout, de son point de vue. Et elle avait du moins la consolation, à cette période, de s’endormir assez facilement. Je ne vois pas de raison d’ajouter l’insomnie à la liste de ses tourments. Souvent, elle n’endurait guère que cinq minutes de conscience avant de sombrer et, si d’aventure une nuit la chance n’était pas avec elle, elle avait conçu toute une série d’exercices mentaux fort astucieux qui valaient tous les anesthésiques. Elle tentait de se remémorer, par ordre alphabétique, les noms de vingt-six maladies différentes, une par lettre, et à sa connaissance elle n’avait jamais eu à dépasser la gastro-entérite. Ce jeu se prêtait à des variations in nies, et aux maladies elle substituait parfois des villes, des légumes, des poètes, des races de chiens, des variétés de pommes, des couleurs, des footballeurs célèbres, des écoles philosophiques et théoriques, des instruments de musique, des cinéastes (même si dans ce cas elle butait toujours sur le N), des euves, des moyens de transport, des divinités classiques, des poissons, des sectes religieuses du dix-septième siècle, tout ce qui lui passait par la tête. Il fallait donc que ce soit une très mauvaise nuit pour qu’elle échoue à refouler de son esprit toute image du passé, le temps de basculer dans l’hébétude et l’épuisement. Une très mauvaise nuit. Et pourtant cela lui arriva, plus d’une fois. Des conversations, des voix, tambourinaient à la porte, suppliant qu’on leur ouvre. Et combien de fois, pendant ces secondes de veille, elle entendit les mots : un homme a appelé. Je ne me souviens pas. Est-ce qu’il a donné son nom, non. Est-ce qu’il a laissé un message, non.

Non.

Qu’est-ce que Maria appréciait le moins : les jours de semaine ou les week-ends ? Difficile à dire. Les week-ends étaient plus solitaires, parce qu’au travail elle parlait à ses collègues, et aux pensionnaires du centre d’accueil — généralement parce qu’elle y était obligée, et de loin en loin parce qu’elle en avait envie —, alors que le week-end elle ne parlait à personne, sinon aux jeunes gens qui l’agressaient derrière la cathédrale, ou aux caissières du supermarché où elle faisait ses courses hebdomadaires. Et elle parlait toute seule, aussi, pour ne pas perdre la main. Il lui semblait absurde de perdre la faculté de parler par simple manque de pratique, on ne sait jamais, ça pourrait lui être utile un jour. Par exemple, en faisant la queue au supermarché, elle laissait échapper de petits cris, de délicates protestations, telles que : « Fait chier, cette putain de saloperie de vie », ou : « Vomi, caca, caca vomi, tous les jours, toutes les nuits. » Par suite de ces remarques, on avait tendance à la regarder d’un drôle d’air. Et puisqu’on aborde ce sujet, il me paraît juste de dire que Maria était globalement impopulaire dans son quartier, et était généralement considérée avec une suspicion qui allait chez certains jusqu’à la haine violente. Elle n’offensait jamais personne délibérément, mais les voisins se mé aient d’elle parce qu’elle vivait seule, ne parlait pas, et parce que la voir rentrer chez elle les soirs de pluie, recroquevillée contre le froid, les cheveux protégés par un foulard en plastique, avait le don de les déprimer. Mais je crois comprendre leur point de vue, moi-même, rien que de l’écrire, ça me déprime.

Et maintenant, y a-t-il par hasard autre chose que vous ayez encore envie de savoir sur les années passées par Maria à Chester ? Est-ce qu’il lui arrivait jamais de quitter la ville, pour partir en vacances, aller à la mer ? Non, jamais. Est-ce qu’elle communiquait quand même avec sa famille, pendant tout ce temps ? Très rarement, par courrier, ou par téléphone. Elle n’avait donc jamais de visiteurs à accueillir chez elle, aucun de ces vieux amis qui envahissaient son imagination dans ses moments de tendre nostalgie ? Arrêtez vos sarcasmes. Non, bien sûr que non. Donc, assurément, je vous ai dit tout ce qu’il y avait à dire. Et pourtant, en le relisant, ce chapitre me paraît assez court. Mais bon, il n’y a pratiquement pas de dialogues, donc vous en avez quand même pour votre argent, si l’on peut dire. Honnêtement, je commence à en avoir marre de Maria, et de son histoire, tout comme Maria commence à en avoir marre de Maria, et de son histoire. Le peu de plaisir qu’on pouvait lui trouver, et y trouver, semble avoir complètement disparu, et je ne serais pas surpris d’apprendre que tout ce qu’elle désire, c’est que son histoire connaisse une n rapide et sans douleur. Avançons donc, car il ne me reste plus à relater qu’un seul épisode de la vie de Maria, et ensuite ce sera ni, et on pourra prendre congé.

Et voilà, on commence à bavarder avec le lecteur, et sans s’en rendre compte on perd complètement le l du récit. N’avais-je pas dit, en commençant le chapitre, qu’on était un mardi, et qu’il y avait quelque chose de particulièrement intéressant dans les pensées de Maria tandis qu’elle rentrait chez elle ? Sachez donc que ce jour-là Maria se sentait encore plus mal que d’habitude. Une nouvelle femme s’était réfugiée au centre d’accueil, avec son enfant. Le garçon avait neuf ans, et ils fuyaient un mari qui les avait agressés et battus dans un accès de fureur éthylique. Maria reconnut aussitôt Angela, son ancienne nounou, et son ls Edward.

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