La fleur du désert - Une saison pour aimer

Cindy Kirk · Chapitre 18 sur 27

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La fleur du désert - Une saison pour aimer

Seth remerciait le ciel d’avoir été assis…

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Seth remerciait le ciel d’avoir été assis à cet instant. Car la vague de désir qui déferla sur lui l’aurait probablement renversé à terre.

Qu’une femme aussi ravissante que Lauren Van Meveren lui offre de faire l’amour avec lui sans rien exiger en retour était un rêve merveilleux. Et aussi son pire cauchemar. Parce que, même s’il était incroyablement tenté d’accepter sa proposition sur le simple plan physique, il ne pouvait en aucun cas accepter ce qu’elle suggérait.

– Je suis extrêmement flatté, répondit-il d’un ton prudent. Tu es une femme aussi belle que brillante. Et il y a cette sorte d’alchimie entre nous. Mais…

Le sourire de Lauren se figea sur ses lèvres.

– Mais ?

– Je ne peux pas accepter.

– Pourquoi est-ce un problème ?

Il reposa son verre sur la table basse, résistant à grand-peine à son désir de la prendre dans ses bras.

– Le problème, c’est moi, répondit-il d’une voix douce. Je suis père, et je veux être un bon exemple pour ma fille. Je souhaite qu’elle grandisse dans l’idée que l’amour est un acte très spécial entre un homme et une femme qui s’aiment et qui s’engagent l’un envers l’autre.

– Je ne suggérais pas que Dani doive être informée de ce que nous ferions, répliqua Lauren d’un ton froid.

– Oui, je le sais. Mais les enfants devinent toujours. Et même si ce n’était pas le cas, j’aurais l’impression de me conduire en hypocrite en pratiquant le contraire de ce que je lui prêcherai dans quelques années.

Lauren porta son verre à ses lèvres et avala une généreuse gorgée de vin.

– Tu as raison, déclara-t–elle. Oublie ce que j’ai dit.

Il lut la souffrance dans ses yeux et s’en voulut immédiatement. Dans un élan irraisonné, il prit sa main entre les siennes.

Malgré la proximité des flammes de la cheminée, elles étaient glacées.

– Je te remercie tout de même pour ton offre, murmura-t–il.

Il avait craint que Lauren ne le repousse, mais elle le surprit de nouveau. Ils demeurèrent un long moment, leurs doigts entrelacés, unis dans une communion silencieuse.

Il aurait voulu pouvoir lui dire que c’était cela qui lui manquait le plus : être assis devant le feu, la main d’une femme dans la sienne. Raconter sa journée et écouter l’autre raconter la sienne. La douce intimité. Mais pour être honnête, il devait reconnaître que le sexe lui manquait également. Après tout, il était un homme, et rien n’égalait le fait de donner et de recevoir du plaisir, de s’abandonner dans les bras de l’être aimé.

Ce fut justement ce désir d’intimité qui lui fit lâcher la main de Lauren.

Chacune de ses paroles avait été sincère, mais il ne se sentait pas très fort à cette seconde précise. Les réactions de son corps lui suggéraient qu’il était plus prudent de mettre un peu de distance entre eux.

Il se leva.

– Je crois qu’il est temps pour moi de te souhaiter une bonne nuit.

– Il est grand temps en effet que nous allions tous deux nous reposer, déclara Lauren en se levant vivement à son tour.

Elle fit quelques pas en direction de l’escalier puis se retourna vers lui, rougissante.

– Merci, Seth, dit-elle d’une voix hésitante. Je veux que tu saches que ce Noël a été le plus merveilleux de toute ma vie.

– Pour moi aussi, murmura-t–il. Pour moi aussi.

Il la suivit des yeux tandis qu’elle montait l’escalier, en proie à des sentiments contradictoires.

Il ne savait plus trop s’il méritait la médaille du père le plus méritant ou celle du plus grand idiot de la planète.

***

 

 

Lauren contempla un instant son sac de voyage ouvert sur le lit.

A son arrivée, la veille, elle bouillait d’excitation à l’idée de ce Noël, mais à présent, dans la froide lumière du jour, il lui apparaissait clairement que la magie de Noël l’avait temporairement privée de sa capacité de raisonner.

Elle ferma le sac et se laissa tomber sur le lit.

Le soleil qui entrait à flots par la fenêtre ne lui procurait aucune chaleur. Que devait penser d’elle Seth, aujourd’hui ? Elle s’était jetée à son cou comme une… Une Messaline.

Bon, ce n’était pas un drame, mais désormais elle ne pouvait plus envisager de devenir la nounou de Dani. Chaque fois qu’elle croiserait le regard de Seth, chaque fois que leurs mains s’effleureraient, il s’imaginerait qu’elle tentait de le séduire. Et ce n’était pas le pire. Il n’avait pas compris ses relations passées avec Ruiz et Dirk. Hier soir, le temps d’un éclair, elle avait lu de la pitié dans ses yeux magnifiques.

Certes, les liaisons basées uniquement sur le plaisir sexuel finissaient souvent par faire souffrir l’un des deux, mais dans son cas, cela n’avait pas été vrai. Elle en avait tiré une satisfaction égale à celle de ses partenaires.

Enfin, elle comprenait parfaitement qu’un cow-boy du Montana ait quelque difficulté à assimiler un tel concept.

Quelques coups discrets frappés à la porte de sa chambre la firent sursauter.

– Lauren, c’est moi, Anna. Puis-je entrer ?

Ouf. Le temps d’une seconde, elle avait cru que c’était Seth qui frappait à sa porte ! Tôt ou tard, il leur faudrait bien reprendre leur conversation de la veille. Mais au moins, grâce à la présence d’Anna, ce serait après qu’elle eut pris son café.

Se sentant beaucoup mieux, elle alla ouvrir à son amie.

– Depuis quand as-tu besoin de me demander ma permission avant d’entrer dans ma chambre ?

Comme toujours, Anna avait l’air d’une gravure de mode. Tout était parfait chez elle, de ses bottes de cuir fauve à talons hauts à sa jupe de tweed et à son pull de cachemire. Même le désordre apparent de sa coiffure était artistiquement organisé. Mais c’était son sourire radieux que l’on remarquait en premier lieu. Depuis que Mitch et elle étaient de nouveau réunis, son amie rayonnait de bonheur.

Lauren se surprit à réprimer un pincement d’envie.

Que ressentait-on lorsque l’on aimait et que l’on était aimée en retour ?

– Joyeux Noël plus un jour ! s’exclama Anna en la serrant dans ses bras avec effusion. J’ai beaucoup regretté de ne pouvoir être avec vous, hier.

– J’ai appris que Mitch et toi étiez restés bloqués dans les congères ?

– Je n’ai jamais vu une pareille quantité de neige. C’était comme si les cieux s’étaient ouverts en grand pour déverser des tonnes de flocons sur la maison.

– Vous nous avez manqué, tous les deux.

– C’est gentil, mais je suis sûre que tu t’es très bien débrouillée sans moi.

Anna la contempla un instant, un sourire complice aux lèvres avant d’ajouter :

– Seth a déclaré que vous aviez passé un Noël fabuleux. Je veux que tu me racontes tout, jusqu’au dernier détail.

« Un Noël fabuleux » ? Qu’est-ce que Seth lui avait dit d’autre à son sujet ?

– Où est ton frère ? questionna Lauren, cherchant à gagner un peu de temps.

– Je me réjouis que tu aies posé la question, déclara Anna en la prenant par la main pour l’entraîner en direction du couloir. Mitch et lui sont partis à l’écurie soigner un cheval malade. Je leur ai promis que nous préparerions le petit déjeuner avant qu’ils ne nous emmènent en ville.

– En ville ? répéta Lauren, au comble de la confusion. Pourquoi en ville ? Et où est Dani ?

– Elle est en bas avec un album de coloriage, et extrêmement excitée à l’idée que tu vas être sa nounou. Tu as produit une très forte impression sur ma nièce.

– Dani est une enfant adorable, murmura-t–elle, la gorge serrée.

Sur qui Seth pourrait-il compter, à présent, pour veiller sur sa fille ? Elle avait beau se répéter que ce n’était plus son problème, elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter à leur sujet.

– Descendons vite voir la petite princesse et préparer ce petit déjeuner, la pressa Anna en l’entraînant presque au pas de course sur le palier.

– Pourquoi tant de hâte ?

– Dès que nous aurons pris notre petit déjeuner, je dois filer. J’ai promis à Cassie que je l’aiderais à tenir la boutique durant les soldes d’après Noël.

– J’ignorais tout de ces soldes.

– C’est une idée de Cassie, expliqua Anna sans se retourner. Je ne suis pas sûre que cela attire les foules, mais ça vaut la peine d’essayer.

– Tante Anna va m’emmener avec elle à sa boutique, annonça fièrement Dani depuis la porte de la cuisine. Elle va me faire travailler. Hein, c’est vrai, tante Anna ?

Anna sourit.

– C’est exact, mon ange. Tu vas m’aider à organiser les présentoirs.

Il devenait de plus en plus évident pour Lauren qu’elle allait devoir attendre un peu avant de mettre la petite fille au courant des changements de plan concernant ses fonctions de nounou.

Anna déposa un gros baiser sur le front de sa nièce et alla sortir une poêle du tiroir placé sous le four.

Pendant qu’elle y disposait de longues tranches de bacon et cassait des œufs dans un grand bol, Lauren alla remplir le percolateur. Elle s’affairait à cette tâche lorsque Seth et Mitch entrèrent dans la cuisine.

Un sourire radieux aux lèvres, Anna se détourna des fourneaux pour nouer ses bras autour du cou de Mitch.

Il y avait tant d’émotion, tant de passion dans leur baiser que Lauren détourna les yeux, saisie d’un curieux malaise.

– C’est exactement comme cela que le Père Noël a embrassé Lauren ! cria la petite voix de Dani.

Lauren fit mine de s’intéresser au percolateur. A la limite de sa vision, elle vit qu’Anna pivotait dans les bras de son mari pour la dévisager.

– Comment ça ?

– J’aurais dû être endormie, expliqua la petite fille d’une voix rendue plus aiguë par l’excitation. Mais en entendant les clochettes, j’ai su que c’était le Père Noël qui arrivait. Je me suis levée et j’ai avancé jusqu’à la porte, et c’est ainsi que je l’ai vu embrasser Lauren.

– Incroyable ! remarqua Anna, le regard fixé sur son frère. Je parie que c’était très excitant.

– Je crois que le petit déjeuner est prêt, intervint Lauren précipitamment. Qui est volontaire pour mettre la table ?

– Je m’en occupe, répondit Anna.

Déposant un dernier baiser sur les lèvres de son mari, elle ouvrit le tiroir aux couverts avant d’ajouter avec un sourire :

– J’aimerais que tu m’en dises un peu plus sur cet interlude romantique avec… euh… le Père Noël ?

– Je ne pense pas que cette discussion soit vraiment appropriée, intervint Seth.

– Economise ta salive, Seth, l’interrompit Anna en riant. Tu es seulement contrarié parce que tu n’étais pas là pour assister à la scène. Car tu étais ailleurs, n’est-ce pas ?

– J’étais dans ma chambre, marmonna Seth en décochant à sa sœur un regard meurtrier.

– Dans ta chambre ? ironisa Anna. Comme c’est pratique !

Dani leva les yeux pour les considérer l’un après l’autre d’un regard perplexe.

– Qu’est-ce qui est pratique ?

Seth se tourna vers Mitch, quêtant son appui, mais ce dernier se contenta de hausser les épaules d’un air amusé.

– Je voulais seulement dire que c’était dommage que ton papa n’ait pas pu voir le Père Noël lui aussi, persifla Anna.

Lauren commençait à croire que le gros de l’orage était passé, lorsque le regard de son amie revint se poser sur elle.

– Et si tu nous racontais tout en détail, Lauren ? Est-ce que le Père Noël embrasse bien ?

Lorsqu’elle était enfant, Lauren avait toujours rêvé d’avoir une petite sœur. Mais en voyant le malin plaisir que prenait Anna à torturer son frère, elle commençait à comprendre que l’amour fraternel n’avait pas que des avantages.

– Heu… Assez bien, oui, reconnut-elle d’une voix éteinte.

– Je crois que Lauren aimait beaucoup le Père Noël, remarqua Dani, s’adressant à sa tante. Elle le serrait très, très fort dans ses bras.

– Intéressant, observa Anna en disposant les assiettes sur la table. Je meurs d’impatience de connaître les détails. Rappelle-moi de reprendre bientôt cette conversation.

Lauren soupira.

– Je doute que tu me permettes de l’oublier.

– Je vois que nous nous comprenons, ma petite Lauren, répliqua Anna, riant de son expression déconfite. Tu as parfaitement lu dans mes pensées.