La maison haute
Chapitre 5
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SALLY
Le premier samedi de septembre, j’ai emmené Pauly au village, où l’épicerie-bureau de poste, fermant pour l’année, soldait ses dernières glaces. Nous nous sommes acheté un Cornetto chacun et, assis sur les balançoires, nous avons assisté au grand rangement. Tout autour de nous, les gens balayaient les allées, secouaient des tapis sur les pas de porte, chargeaient des voitures. Les visiteurs estivaux rentraient chez eux et je me suis surprise à penser aux hirondelles, à comment elles aussi, jadis, se seraient préparées à partir, se rassemblant en nuées dès les premiers jours de septembre, lasses, tout à coup, de l’immobilité de l’été.
Une femme installait un enfant dans un siège auto : Pauly la regardait tirer avec irritation sur les sangles pour les resserrer et faire les gros yeux au bébé qui gigotait.
— Est-ce qu’ils vont revenir ? a-t-il demandé. Est-ce qu’ils vont tous revenir, l’an prochain ?
Au même moment, j’ai entendu quelqu’un derrière moi dire :
— Je suppose qu’on ne reviendra pas…
Une mouette s’est posée sur la pelouse du petit parc. L’enfant dans le siège auto s’est mis à pleurer. Nous avons terminé nos glaces.
— Allez, Pauly. C’est l’heure de rentrer. Caro va se demander où on est passés.
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