La maison haute
Pauly
Mes souvenirs commencent, par bribes, avec le voyage. Le bruit de ferraille du train, les oiseaux par la fenêtre – une aigrette sur une rivière, des faisans dans un champ. Et puis les mouettes, suspendues au-dessus d’une moissonneuse-batteuse. Je me souviens de ma main ouverte plaquée sur la fenêtre, du froid de la vitre contre mon front. De Caro déballant des sandwichs. De la voiture qui se vide petit à petit, gare après gare, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Caro et moi, et une femme qui nous regarde en fronçant les sourcils – et puis ensuite il n’y a vraiment plus que nous, et quand le train s’arrête contre les butoirs au bout de la ligne, il n’y a personne pour descendre sur l’unique quai, seulement nous. On cligne des yeux au soleil en respirant l’odeur de terre et de cochons. Derrière nous, le train siffle, puis se tait. Les portes se ferment. J’entends une alouette, mais je ne la vois pas.
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