La marque, c’est moi

Marie Beauchesne · Chapitre 14 sur 37

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La marque, c’est moi

Partie 2 Je parle de moi

PARTIE 2

 

 

Je parle de moi

 

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Pour parler de soi, encore faut-il savoir de quoi on parle. L’introspection et la connaissance de soi sont des leviers fondamentaux pour construire son histoire : celle que nous allons nous raconter et celle que nous allons offrir au monde. Tout l’enjeu est de passer de connaissance de soi à expression de soi. Car « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ». Et c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire.

Lorsque j’ai rencontré Alexia à un stage de développement personnel, nous nous sommes tout de suite très bien entendues. Nous partageons un parcours entrepreneurial, un intérêt pour le développement personnel et une envie de transformer les entreprises en passant par les individus. Alexia est spécialiste en marketing RH et en e-learning et a également suivi une formation de coach. Autant dire que les bilans de compétences et la connaissance de soi sont loin d’être des sujets abstraits pour elle. Alexia se connaît bien, elle connaît ses forces, ses faiblesses et travaille dessus. Pourtant, parler d’elle en trois minutes, ou bien rédiger sa bio LinkedIn s’est avéré étonnamment bloquant. Pourquoi rédiger cinq lignes et un titre sur soi s’avère-t-il si difficile ?

Commençons par évacuer la question de la longueur : ce n’est pas parce que c’est court que c’est plus simple. Plus c’est court, plus c’est complexe. Pensez aux slogans de marque. Si la valeur du « Just Do It » de Nike correspondait au temps nécessaire pour l’écrire sur une feuille de papier il ne vaudrait pas un euro. Pourtant, résumer l’essence d’une marque en une phrase, ou dans votre cas en un qualificatif ou un paragraphe, c’est du travail. C’est aussi potentiellement frustrant car vous êtes bien obligé de faire un choix. Et choisir c’est dire non, c’est renoncer à tout dire, c’est choisir une formule plutôt qu’une autre. Nous sommes des individus complexes, plein de nuances, aux parcours souvent

protéiformes, de plus en plus 1 slashers et multicarrière – ce qui ne facilite pas la tâche – mais lorsque nous rencontrons quelqu’un ou lorsque nous nous présentons au monde, il est important de leur faciliter la tâche, et d’accepter de laisser une partie de nous au placard, pour le moment. Cela ne veut pas dire que vous n’avez pas le droit d’avoir plusieurs activités (et je serais mal placée pour donner ce conseil) ou plusieurs carrières, mais ça signifie simplement qu’il faut trouver une ombrelle claire pour en parler, ou accepter de mettre en avant une activité plutôt qu’une autre à un moment donné.

Parler de soi ne s’arrête pas à la définition et l’expression de soi. Tout comme une marque, vous êtes une identité en action. Et vice versa. Parler de soi est un exercice quotidien qui vous pousse aux frontières de votre zone de confort. Mais par pitié, arrêtez de vouloir en sortir ! En revanche, employez-vous à l’élargir autant que possible, en partant de ce que vous aimez faire, de ce que vous savez faire. Capitalisez sur vos atouts plutôt que vous lamenter sur ce que vous ne savez pas (encore) faire. Cette démarche, avec régularité, vous permettra non seulement d’être plus en accord avec vous-même mais de devenir qui vous voulez. La communication, les mots, ont une dimension performatrice et il ne tient qu’à vous de les utiliser. Parler de soi commence par un regard sur soi mais doit aussi être confronté à la perception des autres. Développer une bonne communication personnelle nécessite ainsi de passer de la marque au marketing, du positionnement aux modes d’expression récurrents avec des mots mais aussi des images, en ligne et hors ligne. Les moyens à notre disposition sont nombreux, pourtant la partie émergée de l’iceberg – ce qui est visible sur les réseaux sociaux – masque souvent les autres manières de développer sa communication personnelle. Trouver son mode d’expression c’est d’abord se trouver soi et définir son objectif, puis l’exprimer à travers un mode d’expression qui empruntera sûrement des canaux connus, mais qui vous sera propre.

Après avoir exposé les raisons qui font de la communication personnelle un besoin individuel, économique et sociétal, cette deuxième partie s’intéresse au « comment ». Comment parler de soi avec justesse ? Comment faire le lien entre communication verbale et non-verbale ? Et comment utiliser la communication personnelle pour donner vie au « moi » de demain et transformer nos rêves en projets, concrets et réalisés ? Et concrètement, par où commencer, avec quels exercices ? Je vous propose une démarche, qui commence par soi et intègre le feedback de votre entourage et les spécificités de votre environnement. C’est une démarche qui part de la marque – définir votre positionnement – pour aller vers le marketing – comment l’exprimer au quotidien, par quel mode d’expression, à quelle fréquence, sur quel canal. Je vous propose de commencer par les mots mais de ne pas oublier l’image et toutes les manières dont notre communication s’exprime. Nous sommes ce que nous disons être, mais notre apparence dit aussi beaucoup de nous. Prétendre que nous pouvons vivre dans un monde qui ne prête aucune importance à l’enveloppe est une douce utopie. Libre à nous de redéfinir ses codes et cette enveloppe mais je ne peux parler de socle d’identité de marque personnelle sans aborder un tant soit peu la question de nos identités visuelles.

Entre ce que nous pensons être, ce que nous voulons être et ce que nous renvoyons dans un contexte sociétal donné, le dialogue a de quoi donner le tournis. Dans cette partie, nous explorons notre identité

narrative par les mots et par les images. Je vous propose enfin d’alterner 2

réflexion et mise en action à travers des modèles et exercices qui ne sont pas exhaustifs mais que j’ai développés, adaptés ou utilisés au fil des années.

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